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Voyage en ascenseur

Voyage en ascenseur
De Sophie Forte
Mis en scène par Anne Bourgeois
Avec Corinne Touzet
  • Corinne Touzet
  • Jean-Erns Marie-Louise
  • Théâtre Rive Gauche
  • 6, rue de la Gaité
  • 75014 Paris
  • Edgard Quinet (l.6), Gaité (l.13)
Itinéraire
Billets de 19,00 à 40,00
À l'affiche du :
18 mai 2018 au 29 juillet 2018
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 15:00
    • 21:00
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C'est l'histoire d'une rencontre improbable entre Juliette et Moctawamba.

Vendredi soir, Juliette, la femme du Patron, angoissée, énergique, drôle, hystérique, abandonnée, complètement citadine, et l'homme de ménage Moctawamba, africain mutique, lunaire, poète, secret et père de famille, se retrouvent coincés au deuxième sous-sol de l'entreprise.

Ces deux univers que tout oppose vont permettre, peu à peu, d'agrandir cet espace de jeu pour s'ouvrir et s'enrichir, tout comme notre regard sur les autres.

Note rapide
7,4/10
pour 6 notes et 6 critiques
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3 critiques
Note de 4 à 7
50%
3 critiques
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Toutes les critiques
9 juin 2018
7/10
8 0
Bonne surprise.
J’ai passé une bonne soirée au théâtre.
Je ne vais pas au théâtre pour apprendre quelque chose, j’y vais pour ressentir l’émotion d'un moment partagé.
Superbe pièce qui vous tient entre rire et émotion du début à la fin.
Jeu magnifique des acteurs, on ne redescend sur terre qu’à la dernière réplique.
Mise en scène agréable.
Belle soirée.
6 juin 2018
8,5/10
25 0
On connaît l'ascension !

Sauf que dans le cas présent, l'ascenseur est en panne !

Dans la cabine « Roux et Combaluzier », se retrouvent contraints et forcés de cohabiter un long week-end deux êtres humains que tout ou presque oppose.

D'un côté, nous avons Moctawamba, l'homme de ménage noir, originaire du continent africain et pratiquant la religion boumaniste (je vous laisse découvrir...)

De l'autre, c'est Juliette, la cinquantenaire blanche, la grande bourgeoise dont la seule et sainte Trinité est constituée des entités très consubstantielles que sont Gucci, Prada et Chanel.

A partir de ces clichés, Sophie Forte, l'auteure de la pièce, va nous proposer une réelle et subtile réflexion sur l'altérité, l'empathie, sur l'humanité qui vont finalement réunir les deux naufragés de la technologie qui monte et qui descend.

Petit à petit, ces clichés vont tomber, les masques également, les différences s'estompent.
Le tout sans pathos de mauvais aloi, sans misérabilisme aucun. Pas de mièvrerie, pas d'insupportables pleurnicheries.
Certes, nous allons beaucoup rire, mais une vraie réflexion nous est proposée.

Bloqués durant quatre jours, en étant obligés par la force des choses de mieux se connaître, ces deux-là vont laisser de côté leurs préjugés respectifs.
Et donc nous aussi, par la même occasion. La catharsis va fonctionner.

De plus, de vrais thèmes sociétaux on ne peut plus d'actualité seront abordés : les migrations humaines, la mondialisation et ses ravages, notamment en Afrique, avec son terrible impact sur les économies locales.

Une nouvelle fois, l'écriture de Sophie Forte est drôle, spirituelle, mais également incisive, et empreinte d'un réel humanisme.

Anne Bourgeois, la metteure en scène réussit avec le talent qu'on lui connaît une sacrée gageure : créer le mouvement, la vie, le chaos parfois, dans cet huis ultra clos qu'est la cage d'ascenseur.
La belle scénographie de Jean-Michel Adam, un espace de seulement trois mères sur deux, va lui permettre de travailler d'un point de vue vertical, sans que le public ne soit visuellement lésé, même lorsque les corps des comédiens seront accroupis, allongés, en en encore en position quasi-foetale.

Les acteurs se baissant, se relevant, se hissant sur la pointe des pieds, l'une montant sur le dos de l'autre, la dimension verticale prend la place de ce qui ne peut être envisagé horizontalement.
C'est vraiment un travail de précision, tout en finesse et en délicatesse.
Tout ceci est fluide, aéré, et maîtrisé à la perfection.

Et puis, bien entendu, deux comédiens superbes portent le texte de meilleure des façons.

Juliette, c'est Corinne Touzet.
Pour donner, la comédienne donne. Elle ne ménage vraiment pas sa peine et son énergie.
Quelle délicieuse, présence, quelle puissance et en même temps quelle délicatesse.
Et quelle vis comica !
Combien de fou-rires déclenche-t-elle dans la salle. Votre serviteur ne s'en est pas privé.
La comédienne passera subitement du rôle de bourgeoise citadine à celui d'une femme fragile, meurtrie par des blessures qui remontent à l'enfance.
Ce basculement est tout à fait intéressant et impressionnant.
Par moment, et c'est évidemment un compliment, elle m'a fait penser à Sophie Desmaret.

L'excellent Jean-Erns Marie-Louise sera cet homme de ménage exilé, un employé également philosophe et poète à ses heures.

Prenant un bel et sonore accent africain, sans jamais tomber dans la caricature, lui aussi est très drôle.
Dans sa bouche, ses proverbes plus ou moins africains, ses aphorismes et ses plaisanteries sont irrésistibles.

Sans jamais quitter sa blouse, lui aussi enchante le public.

Et la fin, me direz-vous ?

Les deux comédiens vont donner à leur personnes respectifs beaucoup de tendresse
Anne Bourgeois fait alors subtilement émerger le caractère onirique des propos de Sophie Forte.
Ce trio de « belles personnes », pour reprendre l'action du personnage de Melle Touzet au moment des rappels, ce trio-là m'a beaucoup ému.
De l'émotion bien réelle, non feinte, non sans artifice.

Je vous conseille donc vivement ce très beau moment de théâtre, qui vous redonne confiance dans le genre humain.

Le dieu Boumane soit loué !
3 juin 2018
7,5/10
3 0
Ma grande angoisse portée sur scène : rester coincée dans un ascenseur ! Que ferai je ainsi confrontée à mes peurs ?

J'avais donc une appréhension personnelle avant de voir cette pièce et puis je ne connaissais pas le potentiel théâtral de Corinne Touzet (dont j'avais de fades souvenirs dans des séries télé assez bof), et je me demandais donc comment la pièce allait pouvoir durer 1h20 sans tourner en rond... Bref beaucoup d'incertitudes ! Alors je vous rassure de suite, on passe un bon moment dans ce huis-clos entre deux étages !

L'histoire : C'est la rencontre de deux univers que tout oppose. Début de week end de l’Ascension, Juliette, la femme du patron, chic, une blanche un peu déconnectée de la réalité et abandonnée, et en face il y a Moctawamba, l'homme de ménage noir, à la fois discret, adepte du yoga, poète et père d'une famille nombreuses, se retrouvent coincés au deuxième sous-sol de l'entreprise... Comment vont ils gérer ce long week end de pont ensemble ?

C'est Sophie Forte qui a écrit cette pièce savoureuse. Bien sur, il va y avoir l'opposition de style des deux personnages mais aussi la découverte de leur vie respective et de leurs peurs. Alors ça ressemble à une comédie et effectivement on rit mais le propos est plus profond que ça et c'est ce qui m'a plu dans cette pièce.

Pour la pièce puisse durer 1h20 on dépasse donc le stade de la comédie basée sur les stéréotypes qu'on imaginent facilement pour découvrir les deux protagonistes au travers d'histoires qu'ils se racontent et de moments plus ou moins gênants qui vont forger leur relation particulière. Cette expérience permet à chacun de découvrir l'autre mais aussi de se regarder soi même sans filtre et revoir ses propres certitudes.

Les deux comédiens Corinne Touzet et Jean-Ernst Marie-Louise sont magnifiques, j'ai été charmée par leur interprétation, chacun possédant un style propre qui lui va superbement !

Bref, cet incident d'ascenseur est un petit bonheur mais je ne vais pas tenter le diable, je continue à prendre les escaliers au travail et pas les ascenseurs !
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27 mai 2018
8/10
7 0
Juliette, distinguée, élégamment habillée de pied en cap, prend l’ascenseur en compagnie de Moctawamba, homme de ménage ou si vous préférez « technicien de sol » (restons politiquement correct), lui en blouse bleue, et instruments de ménage en mains.

Hélas, Juliette a bien mal choisi le moment pour faire une surprise à son PDG de mari, week-end de l’Ascension en ascenseur, il ne monte plus aux cieux mais reste bloqué en étage !

Juliette commence à paniquer, c’est normal, quant à l’homme il reste imperturbable. Hélas, le bouton d’appel se bloque, ils sont vraiment coincés, et plus personne pour les entendre ou les aider. Un week-end pareil les bureaux se vident très vite.

Juliette et Moctawamba vont devoir cohabiter et surtout se supporter l’un et l’autre, lui aura fort à faire, car la dame s’affole, ce que l’on peut comprendre, trépigne, frappe des poings sur les portes, devient hystérique. Lui, philosophe, stoïque, essaiera tant bien que mal de l’apprivoiser, mais il aura aussi ses « coups de gueule ».

Rien n’est tragique, et l’on s’amuse beaucoup des « gaffes » de la dame, de ses « plans B » pour se soulager, des « proverbes et citations » du monsieur pour chaque situation, ce qui énerve fortement Juliette. Histoire drôle, émouvante aussi. Anne Bourgeois réalise avec ses comédiens, une performance, puisque le cadre de l’histoire est quand même restreint.
24 mai 2018
7/10
3 0
Le jeu des acteurs et le décor sont parfaits.

Texte et mise en scène sont également intéressants.
Pourtant, le temps m'a paru un peu long dans ce huit clos.
Votre critique endiablée
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Rire
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor