Vous n'aurez pas ma haine

Vous n'aurez pas ma haine
De Antoine Leiris
Mis en scène par Benjamin Guillard
Avec Raphaël Personnaz
  • Raphaël Personnaz
  • Théâtre de l'Œuvre
  • 55, rue de Clichy
  • 75009 Paris
  • Place de Clichy (l.2, l.13)
Itinéraire
Billets à 33,00
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Maman est là.

Bataclan 2015, Hélène Leiris tombe sous les balles des terroristes. Antoine Leiris, journaliste et écrivain, signe alors une lettre qu’il titrera Vous n’aurez pas ma haine.

Raphaël Personnaz raconte un combat intérieur, une reconstruction.

  

 

Pour ce seul en scène, Raphaël Personnaz a été récompensé d'un Molière (2018).

Note rapide
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3 critiques
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24 mars 2018
9/10
37 0
J'avais été bouleversée par l'entretien entre Antoine Leiris et Laurent Ruquier après les attentats du Bataclan. Dès que j'ai su que son texte allait être adapté au théâtre et que c'est Raphael Personnaz qui allait endosser son rôle, je me suis précipitée pour prendre mes places au théâtre du Rond Point.

Plus qu'un spectacle, c'est un témoignage, minute par minute de ce qui s'est passé cette nuit là dans la vie d'Antoine Leiris et les conséquences que cela a ensuite eu sur sa vie avec son fils.
J'en suis sortie aussi bouleversée que lorsque j'avais vu son passage à On n'est pas couché à l'époque.
Cela dépasse tellement l'horreur et tout ce que nous avons connu. Certes, on passe par la même grille de sentiments que ce journaliste mais en plus de l'empathie, on est bluffé par son courage, sa bienveillance et son objectivité.

Vous n'aurez pas ma haine est un texte magnifique, sublimé par Raphael Personnaz qui s'efface derrière pour nous livrer la puissance des mots de son auteur. Bouleversant.
13 mars 2018
8,5/10
40 0
Ce message 'vous n'aurez pas ma haine', posté quelques jours après les attentats du 13 Novembre 2015 sur Facebook, je me souviens encore comment je l'ai découvert sur les réseaux sociaux alors que nous nous remettions doucement de nos blessures.

C'est donc ce texte et la vie changée à jamais d'Antoine Leiris et son fils de 18 mois que nous découvrons. Une pointe d'appréhension m'étreint la gorge avant que le rideau ne se lève, je ne sais pas si je suis prête à entendre parler de ce qu'il s'est passé... La plaie est encore fraiche pour des raisons personnelles.

Raphaël Personnaz arrive sur scène habillé comme monsieur tout le monde en jean et tee shirt à manches longues. Il commence à parler et je comprends que nous allons assister au cheminement d'Antoine pour réapprendre à vivre après cette épreuve car comme cela est dit très justement, la vie ne s'arrête pas même après un décès d'un proche, il faut continuer à manger, dormir, et aussi organiser les funérailles...Bien sûr la nuit des horreurs est évoquée à plusieurs reprises mais avec retenue.

Sur scène, quelques chaises vides et des origamis qui symbolisent les jouets que son fils a reçu en cadeau spontané des gens qui ont pris à cœur cette tragédie. Il y a juste un piano qui l'accompagne en douceur, et quelques discrets jeux de lumière, c'est suffisant. Le reste n'est qu'émotion. Le récit que nous livre Raphael Personnaz est empreint d'humanité, il y a même quelques pointes souriantes mais l'émotion est toujours présente.

D'ailleurs au moment des saluts, l’émotion de Raphaël Personnaz est bien visible et nous avons aussi les yeux humides.
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30 nov. 2017
9/10
35 0
Antoine Leiris est ce journaliste qui, au lendemain de l’horreur du 13 novembre et à la suite de la perte de sa femme, a publié sur Facebook un écrit intitulé « Vous n’aurez pas ma haine », dans lequel il s’adressait d’abord aux assassins, arguant que « répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes » et concluant sur son fils, comme la seule force qui lui restait : « Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus. » Ce texte a été partagé plus de 200 000 fois.

Je trouve qu’adapter ce texte au théâtre est une belle idée : quoi de mieux que le théâtre pour faire ressentir ainsi un sentiment de partage ? Nous qui sommes réunis ici, n’avons-nous pas souffert ensemble, attendu ensemble, pleuré ensemble ? Ne venons-nous pas chercher ici des réponses à nos questions ? Et vivre ce moment, ensemble. Ce n’est pas juste une retrouvaille avec soi, mais un partage chaleureux entre nous. D’ailleurs, ce soir-là, un silence religieux régnait dans la petite salle du Théâtre du Rond-Point. Venir voir Vous n’aurez pas ma haine est une démarche spéciale, nous n’avons pas poussé la porte par hasard, et ça se ressent.

Contrairement à ce à quoi je pouvais m’attendre, ce spectacle n’est pas mélancolique. Au contraire, j’ai trouvé qu’il avait quelque chose de presque serein. Apaisé. Même si l’indignation est là, et la tristesse, et la peur, toujours présentes, on a aussi réussi à relever la tête, à faire face au monde tel qu’il est et, sans accepter l’horreur, nous avons réappris à vivre. Sans l’autoriser, sans oublier, mais tout simplement car c’était la meilleure des réponses. Cette démarche-là, Raphaël Personnaz la rend avec beaucoup d’humanité : de la déchirure initiale à ce départ dans cette nouvelle vie, la démarche est dure et il l’affronte avec à la fois une forme de simplicité enfantine et l’amertume d’un homme qui a souffert. Il a ce regard insouciant, presque naïf, tendre, doux, un regard où on voit le pire au fond de la pupille, mais qui ne va pas abandonner. Le regard d’un homme qui ne s’est jamais laissé le choix. La jolie scénographie de Benjamin Guillard appuie la dualité homme-enfant qui accompagne le spectacle : par terre, des origamis : ce qu’au départ je prenais pour les corps éparpillés sont en fait les témoins des soutiens reçus par Leiris, et ont pris la forme de jouets pour enfants. L’accompagnement au piano, enfin, est très intelligent et la fin en point d’orgue serre le coeur par la beauté et l’espoir qu’elle dégage.

Revivre cette nuit d’horreur m’effrayait, mais le spectacle – et il l’emprunte au livre, probablement – évoque avec pudeur ce moment refoulé. Là n’est pas du tout la question ; il s’agit de vie, d’espoir, et d’amour. Quelle naïveté ! me direz-vous. Quelle vérité ! vous répondrais-je. A travers son histoire, Leiris raconte cette démarche de reconstruction dans laquelle tous, nous nous reconnaissons. Pour parvenir à vivre après cet événement, tous nous nous sommes accrochés à l’amour de nos proches, tous nous avons dû ressentir à quel point nous étions attachés à ce monde par leurs liens, pour éviter de le fuir par lâcheté. Et si, comme Leiris le ressent, ils sont finalement toujours 3 à être ensemble, ce soir, dans la salle, nous étions 130 à applaudir.
17 nov. 2017
7,5/10
37 0
Le texte est très poignant et R. Personnaz le récite parfaitement pour le rendre vibrant.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor