Valjean

Valjean
De Christophe Delessart
Mis en scène par Elsa Saladin
Avec Christophe Delessart
  • Christophe Delessart
  • Théâtre Essaïon
  • 6, rue Pierre-au-Lard
  • 75004 Paris
  • Rambuteau (l.11)
Itinéraire
Billets de 17,00 à 40,00
À l'affiche du :
23 août 2018 au 19 janvier 2019
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRE
    • 19:30
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Jean Valjean prend la plume pour livrer ses terribles secrets. Cosette est partie. Un seul en scène, une adaptation pure et intimiste des Misérables.

Cette adaptation des Misérables, pour la première fois sous la forme d'un monologue, nous donne une approche simple, essentielle et intimiste du chef-d'oeuvre de Victor Hugo. Valjean vit seul depuis le départ de Cosette qui vient d'épouser Marius.

Le vieil homme, reclus, décide d'écrire une lettre à son gendre pour lui révéler son identité : sa jeunesse, dix-neuf années de bagne, l'étonnante rédemption, la réussite sociale... et la traque à nouveau.

D'une haine farouche de l'espèce humaine à la découverte de l'amour, Valjean incarne une élévation de la conscience. Anti-héros devenu icône héroïque, il demeure avant tout un être humain et donc profondément vulnérable. 

 

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3 sept. 2018
8/10
5 0
J'ai rencontré Jean Valjean en chair et en os ! Oui car Christophe Delessart est la réincarnation de ce héros du roman de Victor Hugo.

J'appréhendais un peu cette version car la lecture des Misérables m'a laissé le souvenir d'avoir pleuré de nombreuses fois au cours des différents tomes de cette fresque hugolienne, sans doute l'ai-je lu un peu trop jeune... Mais quel bonheur d'écouter Christophe/jean nous raconter sa vie !

Hugo a écrit les Misérables pendant son exil, faisant écho à l'exil de Jean Valjean et à sa solitude. Hugo se projette dans Valjean, derrière le héros se cache l'auteur.

Valjean est proche du crépuscule de sa vie et il prend la plume pour coucher sur le papier les secrets de sa vie, secrets qu'il destine à son gendre Marius : du vol d'un pain qui le conduit au bagne au mariage de Cosette en passant par l'auberge des Thénardiers et ses relations avec Javert, nous revivons tous les épisodes d'une vie riche et tulmutueuse.

On est plongé au coeur de l'action car Valjean livrant ses secrets au papier, revit ses souvenirs avec force. L'adaptation, réalisée aussi par Christophe Delessart, est réussie : tous les épisodes importants de sa vie sont présents, résumés par des mots simples et des verbes d'action. Le récit est vivant !
En tant que comédien, Christophe Delessart joue son personnage avec force et conviction, il est Valjean !

De plus, la mise en scène d'Elsa Saladin et les lumières de Johanna Dilolo servent le jeu du comédien, mettant en exergue l'intensité des sentiments qui anime notre héros. La salle voutée de l'Essaïôn se prête pleinement à l'ambiance de la pièce. Un miroir posé en fond de scène nous renvoie l'image de Valjean qui est face à lui même pendant ses confessions. Un homme seul face au poids de ses secrets.

Un moment de théâtre à recommander.
29 août 2018
8/10
8 0
Valjean, honnête ouvrier, a dû un jour voler un pain pour nourrir sa famille. La sentence a été dure et injuste. Le bagne ! Là il a appris la haine, et quand il en sort, avec son « passeport jaune », il ne trouve que mépris, insulte. Sur sa route, pourtant il rencontre Monseigneur Myriel, Evêque, qui vit simplement dans une maison et non pas dans la demeure épiscopale. Ce saint homme accueille Valjean, celui-ci repart de chez lui en emportant l’argenterie… mais Myriel abusera les gendarmes en innocentant le bagnard et lui remet des chandeliers en argent ! Valjean aperçoit la lumière au bout du tunnel.

Christophe Delessart sous l’œil bienveillant de Elsa Saladin, devient Valjean, avec une palette d’émotions intenses, il est émouvant, humain, son message de pardon et d’amour nous touche au cœur.

Une belle adaptation du chef d’œuvre d’Hugo.
25 août 2018
8/10
22 0
Pour ceux qui ont eu le bonheur d’aller jusqu’au bout des cinq tomes qui constituent la fresque flamboyante de Victor Hugo, Les Misérables est un souvenir de lecture impérissable.

Chacun de ses personnages restent dans un coin de la tête et du cœur, tous sous la figure tutélaire de l’ex-bagnard Jean Valjean. Il est la figure qui nous fait rencontrer les autres personnages. Nous le suivons de sa libération de Toulon à ses derniers instants. C’est le roman d’une rédemption qui démarre par la clémence d’un évêque et le vol d’une pièce à un enfant. La suite, tout le monde la connaît dans les grandes lignes par les multiples adaptations : la promesse à Fantine, Cosette chez les Thénardiers, etc. C’est par le prisme de Valjean que le comédien Christophe Delessart et sa metteur en scène Elsa Saladin abordent cette saga foisonnante. Le pari est réussi haut la main.

Dès l’entrée dans la salle, les premières intentions de mise en scène apparaissent au spectateur : un bureau et un paravent habitent l’espace, et rien d’autre. Elsa Saladin opte pour un plateau épuré afin de faire écho à la solitude du personnage qui, bien qu’accompagné de Cosette, reste pourtant face à lui-même. Un miroir trônant au mur du fond appuie cette idée mais renvoie également l’image de Valjean au spectateur. Cette âme en errance, en quête de rédemption, c’est aussi un peu nous. La metteur en scène nous place face à ce que Hugo raconte de notre humanité et des blessures qui nous habitent. De concert, le texte et la scénographie mettent en exergue les thèmes essentiels de l’œuvre en l’espace d’une heure et quart. On avait vu plusieurs personnes s’y casser les dents, ce n’est pas le cas ici.

Elsa Saladin se permet même d’ajouter une autre grille de lecture à celle déjà présente dans l’œuvre. En faisant adopter à son comédien un physique proche du génie de la Place des Vosges, elle rappelle que l’histoire de Hugo et Valjean ne font qu’une. En exil durant l’écriture des Misérables, l’auteur se projette dans son personnage. Ainsi, la notion d’exil et de relation père / fille apparaissent avec plus de clarté dans cette adaptation. À travers l’œuvre se profile le créateur.

Mais toutes ces bonnes intentions ne seraient rien sans un comédien solide pour les porter. Christophe Delassart est cet homme providentiel. Ce n’est jamais facile de tenir un public pendant plus d’une heure avec un monologue, et encore moins quand il s’agit d’un classique que tout le monde pense connaître. Il incarne Jean Valjean avec force mais aussi des faiblesses internes qui transparaissent sous la carapace. Il nous mène avec lui dans la psyché du personnage. Puis, sans qu’on s’y attende, il tombe le masque pour jouer un tout autre personnage avec une voix, un phrasé et un physique différent. L’ensemble est crédible à chaque instant. Christophe Delassart est à la fois narrateur et acteur de cette histoire. Il la porte avec une passion communicative et une réelle maîtrise de son art.

Valjean se démarque dans le lot des adaptations hugoliennes par des interprétations très justes du roman. Elsa Saladin et Christophe Delassart ne se contentent pas de nous faire un résumé d’une histoire déjà connue, ils la questionnent et mettent au jour ce qu’elle a encore à nous raconter. Le soir de la première, le comédien rappelait ô combien nous avions besoin de Hugo à notre époque et nous ne pouvons que souscrire à cette remarque. Ce qu’il ne disait pas, par humilité, c’est que son spectacle est un sublime vecteur au discours du Maître. À ne pas rater !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor