Sulki et Sulku ont des conversations intelligentes

Sulki et Sulku ont des conversations intelligentes
De Jean-Michel Ribes
Mis en scène par Jean-Michel Ribes
Avec Romain Cottard
  • Romain Cottard
  • Damien Zanoly
  • Théâtre du Rond-Point
  • 2bis, Avenue Franklin D. Roosevelt
  • 75008 Paris
  • Franklin D. Roosevelt (l.1, l.9)
Itinéraire
Billets à 33,00
Evénement plus programmé pour le moment
Réservation de tickets

Crois-moi, se sentir idiot, c’est une belle découverte.

Sortis de la pièce Musée haut, musée bas, Sulki et Sulku ont ressenti le besoin de continuer à discuter : « Je ne suis pas parvenu à les en empêcher » dit Jean-Michel Ribes, qui a retranscrit leurs conversations.

 

Note rapide
9/10
pour 4 notes et 4 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
0 critique
Note de 4 à 7
0%
4 critiques
Note de 8 à 10
100%
Toutes les critiques
10 déc. 2017
9/10
2 0
L’echange entre ces deux œuvres d’art traduit une finesse d’esprit.

Sulki et Sulku passent d’une interrogation à une autre avec subtilité, pertinence. À la fois, drôle et absurde, nous avons aimé cette parenthèse intelligente et colorée.
20 nov. 2017
9/10
8 0
Le texte est très précis et spirituel, les acteurs d'un flegme imperturbable, les costumes délicieusement colorés.

J'ai adoré l'humour de ce spectacle et vais certainement retourner le voir !
9/10
16 0
Ce spectacle est un consommé de plaisirs décapants à l’élégance fine de bons mots saillants et ravageurs, provocants et incongrus.

SULKI ET SULKU ont vraiment des conversations intelligentes. De celles qui nous empêchent de penser trop sérieusement, qui fait son lot du ridicule de nos discours pontifiants et dégueulant de leur prétention crasse sur l’art, la vie, le lait frais et l’amour. Sur tout et n’importe quoi mais « tellement-important-tu-vois ? ».

Comme à chaque fois avec Jean-Michel Ribes, nous savons que nous allons rire sans savoir de quoi ou peut-être alors un peu de nous-même. On préfère ne pas savoir avant, espérant y échapper.

Son écriture cingle et provoque, saisit et surprend. De la fantaisie toujours, du sourire tout le temps, du rire souvent. De ce rire intelligent qui bouscule l’ordre établi des idées, des poncifs et des courants de la pensée dominante, bienpensante assurément et vide de progrès tellement elle s’alourdit d’elle-même et ne peut plus avancer.

Sulki et Sulku, personnages sortis de la pièce « musée haut, musée bas » sont deux œuvres d’art vivantes. Bavards comme des guides de musée qui s’ennuient, ils parlent de tout et de tout, sans rien de rien oublier.

Ils dérangent la réalité sociale qu’ils observent pour mieux en faire ressortir son ridicule par des décalages incessants de mots ou de situations comme des collages poétiques et loufoques dadaïstes, des saillies sorties d’une absurdie romanesque et grotesque ou des propositions de non-sens à la logique implacable.

Le tout dit ou montré avec un sérieux déconcertant qui dépouille l’entendement, bouscule la crédulité, invite à l’échappée onirique et désopilante. Nous laissant ivres de déroute, voguant dans cette étrange embarcation spectaculaire où la gite est importante et la peur du naufrage envahissante. Alors nous rions pour résister à l’instant, aux propos et à nos pensées qui chavirent.

Joué par Romain Cottard et Damien Zanoly, avec la naïveté cynique et les postures strictes dans leur extravagance, le sérieux qui plane et qui explose est rendu par ces deux comédiens avec brio et un abattage savoureux et efficace.

Que c’est bon de rire ainsi, d’être surpris tout à coup et de fou-rire aussi, de se laisser emporter dans ce voyage merveilleux et hilarant au pays de l’incongru qui pense, de l’irrespect cru mais toujours élégant. Une pièce de Jean-Michel au Rond-Point d’à côté se révèle chaque fois une soirée mémorable, un bon moment de bonheur théâtral.
10 nov. 2017
9/10
40 0
Sulki et Sulku sont sur un plateau.
Aucun ne tombera de haut !
Et pour cause : ils ont des conversations intelligentes, on vous dit !

« On » ?
« Il » nous le dit.

Jean-Michel Ribes nous fait retrouver pour notre plus grand plaisir deux personnages apparus dans « Musée haut, musée bas », écrit maintenant depuis presque dix ans.

Qui sont-ils ces deux-là ?
Vous, moi ? Deux œuvres d'art vivantes ? Deux griots des temps modernes ?
L'auteur le sait-il lui-même ?
« Louis XIV et Saint Augustin, Ma grand-mère et son gynécologue ? » s'interroge-t-il sur la quatrième de couverture du texte publié...

Quoi qu'il en soit, les deux personnages sont une nouvelle fois dans un musée. Ca, nous en sommes certains.
Ce texte, écrit dès sa création pour le théâtre, est constitué de douze conversations, douze dialogues décalés, par moment absurdes, surréalistes (un homme qui pisse du sans-plomb 95, c'est dans l'ensemble peu courant), des dialogues qui portent un regard très acéré, très pointu, très fin sur le monde dans lequel nous vivons.

Ce regard que l'on aime chez Ribes, un regard de quasi-sociologue, qui dépeint, décrit, qui détourne, et qui, tout en nous faisant beaucoup rire, nous fait réfléchir, nous fait nous interroger et finit par nous faire douter.
Bref, pas besoin de grands discours, la distanciation est là. En permanence.

Pour monter ce texte sur la scène, il fallait deux comédiens chevronnés, osant prendre des risques.

Un texte acéré, disais-je, une écriture ciselée, très précise, sans concession, rendent leurs partitions respectives très difficiles.

Rien de plus ardu, en effet, que d'interpréter ces répliques apparemment toutes simples, et en même temps si complexes.
Romain Cottard et Damien Zanoly, des nouveaux venus dans l'univers « ribesque », s'en sortent à merveille.

Les deux sont imperturbables de sérieux et de conviction à débiter ces propos outranciers, ces absurdités magnifiques, ces échanges volontairement emphatiques et délibérément fats.
En effet, MM Cottard et Zanoly ne jouent pas du tout dans le registre clownesque ou burlesque.
Leurs personnages sont on ne peut plus graves, pénétrés de l'importance de leur fonction et de leur discours.

C'est véritablement le texte qui est le vecteur du rire et de la dérision « distanciatrice ».
Le regard des comédiens, leurs yeux très expressifs, leurs mimiques, tout dégage cette impression de gravité pédante.
C'est une très belle performance d'acteur, car elle ne se voit pas.

Il faut noter les magnifiques costumes de Lydie Ladaux, dans la même veine que la pièce.
Oui, nous voyons bien que ce sont des costumes de coupe traditionnelle, mais très décalés eux aussi, très distanciés...
Ici aussi, c'est une vraie réussite visuelle et conceptuelle.

On le voit, Sulki et Sulku parlent beaucoup, mais ils n'agissent pas, sauf à prendre de temps en temps des poses.
Quel miroir de notre monde !
Quels instantanés de nos défauts collectifs !
Des défauts pourtant tellement tendances...

On l'aura compris, Jean-Michel Ribes fait du Jean-Michel Ribes.
Et c'est pour ça que je l'aime. Et comme nous sommes nombreux, à l'aimer !
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor