Seasonal affective disorder

Seasonal affective disorder
  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-des-Champs
  • 75006 Paris
  • Notre-Dame-des-Champs (l.12)
Itinéraire
Billets de 16,00 à 35,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Dolly est une gamine capable de boire un chocolat chaud, de mâcher un chewing-gum et de fumer une clope en même temps.

Elle a des tatouages imaginaires et de vraies taches de sang dans le cou. Vlad est l’homme au nom qui porte malheur. C’est à l’Etap Hôtel de la Porte de Bagnolet qu’ils deviennent « Vlad et Dolly ».

Commence alors une cavale rock et amoureuse, faite de bagnoles, de flingues et de nuits passées dehors. Autour d’eux, la nature et le temps se dérèglent : le soleil ne se lève plus. Elle est sa petite lumière d’aube. Il est son sauveur.

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2 critiques
Note de 8 à 10
67%
Toutes les critiques
26 mars 2018
7/10
2 0
Seasonal Affective Disorder avait été lauréat du prix Lucernaire Laurent Terzieff - Pascale de Boysson 2017, et le texte fut lauréat des Journées de Lyon des Auteurs. Cette pièce cinématographique annoncée comme une cavale amoureuse est reprise depuis la date symbolique de la Saint-Valentin et jusqu'à la fin du mois de mars.

Au début de la pièce, Dolly (Anne-Lise Heimburger) est dans un bar, sa situation est extrêmement trouble, et il y a cet homme, Vlad (Laurent Sauvage), un peu moins paumé qu’elle, qui lui propose un toit pour la nuit puis de partir avec elle.

Lola Molina, l’auteure, voulait qu’il y ait dans cette substitution du rêve à la réalité quelque chose de la subversion, du désir qui l’emporte sur la loi. L'intention de Lélio Plotton, le metteur en scène était de plonger le spectateur dans un hors-piste poétique, palpitant et amoureux. Ensemble, ils ont fondé la Compagnie Léla en 2007 et travaillent à la création d’espaces privilégiés d’écoute collective lors de la création de spectacles et d’installations sonores.

J'ai été moins convaincue par le recours à la vidéo, surtout parce que j'ai été éblouie par un faisceau lumineux très dérangeant qui a traversé la toile toute la soirée (visible sur la photo des saluts).

L'environnement déréglé, à la fois berceau et lieu hostile est représenté par des images matiérées, qui se teintent d’aplats de couleurs vives et artificielles, censés accompagner les variations des états intérieurs des personnages.

Le recours à un micro devait permettre d’accentuer certains évènements, de créer des gros plans sonores et de donner du mouvement. Les différentes atmosphères des lieux traversés sont légèrement modifiées, amplifiées par la peur ou l’excitation de la cavale. Pour ce faire le théâtre a eu recours à une diffusion en multicanal, mais il est probable que l'endroit où le spectateur est assis est un paramètre qui entre en ligne de compte. Toujours est-il que je n'ai pas vécu l'expérience immersive qui était annoncée.

Je garderai, malgré ces réserves, le souvenir d'un road-trip électrique à la hauteur de la légende de Bonnie & Clyde, porté par deux grands comédiens au travers d'une interprétation sensible, nuancée et néanmoins puissante.

La prochaine installation sonore de la compagnie, Epouse-moi / Arrache-moi, sera une déambulation sonore à partir de poèmes de Laura Kasischke, réalisée par Lélio Plotton et Arnaud Chappatte, en août 2018 à l’Abbaye de Noirlac, Centre culturel de rencontre, jusqu'au 30 novembre 2018. Leur prochain spectacle Nous n’avons pas vu la nuit tomber, écrit par Lola Molina, mis en scène par Lélio Plotton est en cours de production.
9/10
3 0
Ce spectacle installe une attraction évidente dans laquelle se lover, se laisser prendre et porter par un récit extravagant aux accents âpres mais beaux d'un merveilleux d'aujourd'hui.
23 févr. 2018
8,5/10
28 0
Nous nous aimions, le temps d'une saison...
« Nous », ce sont Vlad et Dolly, que tout semble opposer.

Elle, ado plus ou moins mature ayant grandi trop vite, lui tatoueur désabusé, ayant pris nombre de coups et revenu de beaucoup de choses.

Les deux vont se rencontrer au comptoir d'un bar.
Elle a des tatouages imaginaires et des taches de sang sur elle. Lui, c'est presque le contraire.

Vlad et Dolly unissent leurs solitudes, leurs désespérances respectives.
Par la force des choses, commence une cavale amoureuse, un road-trip passionnel.

Pour ces deux-là, il s'agit d'aller au bout de leurs désirs, parce qu'ils n'ont plus grand chose à perdre.

Dolly a soif d'absolu, d'accomplissement, de pulsions à assouvir sur le champ, selon ses humeurs du moment.
Vlad regarde tout ça avec fatalisme, et peut-être avec envie, tout en essayant de canaliser du mieux qu'il peut sa jeune compagne.

Elle est complètement paumée, elle vient d'être confrontée à un drame, lui a un peu plus la tête sur les épaules.

L'écriture de Lola Molina est tranchante, acérée, sans concession, sans détours.
Elle va à l'essentiel, sans se perdre.
Des phrases courtes, des phrases chocs, comme une mise à plat de l'oralité. Une langue dépouillée et riche en même temps.

Avec une très belle façon de passer du dialogue à la narration dans un même paragraphe, voire dans une même phrase. Ce procédé littéraire convient tout à fait à la relation qui s'installe entre les deux personnages.

La mise en scène de Lélio Plotton est à l'image de ce dépouillement du verbe.

Ici, pas de décors, pas d'accessoires.
Seul un écran sur lequel seront projetées des images abstraites très lentement animées, plus ou moins colorées, plus ou moins enfumées.

Est-ce le réel, le quotidien à qui les deux héros veulent résolument tourner le dos ? On peut le penser très fortement.

Le texte se suffit à lui même, pas besoin d'objets inutiles.
Les armes, les verres à boire, les chambres d'hôtel, la piste de danse, la voiture, nous les voyons, bien qu'elles ne soient jamais devant nos yeux.

Et puis, bien entendu, les deux comédiens vont porter cette cavale.

Laurent Sauvage est Vlad.

Il sera très statique, se mouvant très lentement, les deux mains souvent dans les poches avant du pantalon.
Son ton, son débit, sa diction sont à l'image du personnage : il est posé, parlant très doucement, sans pratiquement jamais élever la voix.
Il incarne l'image du « hors-la-loi » presque malgré lui, poussé presque par les événements à franchir la ligne jaune.
Il m'a souvent fait penser à Bashung dans sa façon de se tenir, de parler, un peu félin, désabusé, fataliste.

Anna-Lise Heimburger incarne Dolly, l'ado plus ou moins consciente de ses actes.
Elle nous montre parfaitement le besoin du personnage de fuir la réalité, son besoin d'assouvir ses désirs, sans entraves, sans restrictions, sans limites.
La comédienne a un jeu beaucoup plus brutal, plus « rentre dedans » que son partenaire. Elle y va, elle envoie le bois, comme disent les musiciens. Elle bouge beaucoup plus, se couche sur le sol, danse. Elle électrise le plateau.
Le contraste fonctionne à merveille.

Le duo est tout à fait convaincant, la différence des caractères est parfaitement exprimée, leur complémentarité est manifeste.

Si l'idée de départ n'est pas forcément nouvelle, j'ai pensé à Sailor et Lula, de David Lynch, et dans une moindre mesure aux Valseuses, de Bertrand Blier, il n'en reste pas moins vrai que ce road-trip est de très bonne facture.
J'ai été totalement happé par l'action, et je me suis très rapidement pris d'intérêt pour ces Vlad et Dolly. Nous sommes vraiment pris par l'action et ces deux beaux personnages.

On comprend évidemment pourquoi ce spectacle a reçu le prix Lucernaire-Laurent Terzieff-Pascale de Boysson 2017.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor