Samo, a tribute to Basquiat

Samo, a tribute to Basquiat
De Koffi Kwahulé
Mis en scène par Laëtitia Guédon
  • Théâtre de la Tempête
  • Route du Champ-de-Manœuvre
  • 75012 Paris
  • Château de vincennes (l.1)
Itinéraire
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SAMO, A Tribute to Basquiat est une œuvre indisciplinée, écrite pour deux musiciens, un acteur et un danseur, sur le célèbre peintre noir américain. Né en 1960 à Brooklyn, issu de la middle class new-yorkaise, Jean-Michel Basquiat devient dans les années 80, une des figures de proue de mouvement underground new-yorkais.

Laëtitia Guédon s’associe à Koffi Kwahulé pour rendre hommage à cet Icare du monde de l’art contemporain. Basquiat meurt à 27 ans d’une overdose d’héroïne.

 

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Toutes les critiques
12 janv. 2019
9/10
35 0
SAMO ! SAMe Old shit !
Toujours la même merde !

"Le but, ce n'est pas de prendre des coups, c'est de les esquiver !", nous dit le personnage principal de la pièce.
Nous, nous n'allons pas l'esquiver, et c'est tant mieux, ce salutaire coup de poing dramaturgique que nous assènent l'auteur Koffi Kwahulé et la metteure en scène Laëtitia Guédon.
Un magnifique coup de poing dramaturgique !

A l'heure où il est impossible d'ignorer qu'une importante exposition consacrée à Jean-Michel Basquiat est organisée en ce moment-même à Paris, Melle Guédon a choisi quant à elle d'évoquer la période d'errance de l'artiste, l'avant-célébrité, la construction de ce qui fera la démarche et le style de ce génie.

Dans une mise en scène très physique, très organique, elle nous donne à entendre les mots de l'auteur, mais également elle nous permet de les voir.
Parce qu'elle va faire en sorte que ces mots-là déclenchent des chocs visuels.

Pour autant, l'un des parti-pris les plus judicieux de cette mise-en-scène est de ne jamais montrer une œuvre. Nous ne sommes pas là pour ça.

Ce qui nous sera montré sera beaucoup plus évocateur.
Nous allons voir New-York.
Nous comprenons pourquoi c'est dans Big Apple que le jeune a pu forger ce qui constituera son « faire » pictural.
Brooklyn, Manahattan, Soho... Les premiers grafs... Sur un grand écran, snt projetées des images stylisées qui évoquent le mouvement incessant de la mégapole, la pluie, le métro, la pluie...

Nous verrons également le père du jeune homme.
La figure d'un père sévère, violent...
C'est Eriq Ebouaney qui l'incarne cette figure de commandeur... Le comédien est glaçant, jusqu'au moment où son personnage comprend...

Et puis surtout, surtout, nous verrons Yohann Pisiou !
Torse nu, musculature asséchée au maximum, coupe de cheveux semblable à celle du jeune Jean-Michel, avec ou sans gants de boxe, il est véritablement impressionnant !
C'est une boule d'énergie incandescente qui se tient devant nous. Les gouttes de sueur font rapidement leur apparition.
Il décoche les mots de l'auteur avec une rage et une hargne phénoménales, notamment lorsqu'il évoque les questions identitaires, les figures des luttes pour l'égalité des droits civiques aux USA.

Il devient alors un incroyable écorché vif. Quelle remarquable prestation !

Laëtita Guédon va également nous démontrer que l'environnement culturel new-yorkais des années 80 va permettre l'éclosion du style Basquiat.
Nous serons en présence d'un riche creuset artistique.

La danse sera évoquée grâce au talentueux Willy Pierre-Joseph, qui interprète une magnifique chorégraphie hip-hop, avec des mouvements corporels assez hallucinants.

Et puis la musique.
Le jazz « classique », bien entendu, mais également les musiques dites urbaines, le hip-hop, trip-hop, mais aussi le funk, l'acid jazz, le new jack swing...

L'excellent musicien Nicolas Baudino a apporté sur le plateau de la salle Copi ses instruments.
Le sax ténor (on pense à Bird), le sax soprano, (Ornette Coleman n'est pas loin...), la flûte traversière, mais aussi un contrôleur à vent électronique qui lui permet de « jouer » de la trompette bouchée qui évoque celle de Miles Davis.
Sans oublier le clavier-maître, qui lui permet de jouer sur des loops et des samples rythmiques du musicien Blade Mc/AliMBaye. (Merci à l'excellent et incontournable progiciel allemand Live-ABLETON.)
Impossible de ne pas avoir envie de bouger. L'environnement sonore et musical devient aussi important que les mots.

On l'aura compris, ces soixante-dix minutes constituent donc un moment impressionnant de théâtre.
Je vous engage vivement à assister à ce spectacle qui nous plonge dans une création artistique globale, et qui permet d'appréhender la genèse d'une démarche picturale extra-ordinaire.
12 avr. 2017
7,5/10
4 0
C’est quoi exactement, SAMO ? L’acronyme de the same old shit. Encore et toujours la vieille merde : le cri de révolte dont Jean-Michel Basquiat envahissait les rues de Brooklyn, âgé d’à peine 18 ans.

C’est cette jeunesse rebelle, entre fugues et premiers tags sur les murs de Soho, que la jeune metteuse en scène Laëtitia Guedon a souhaité mettre en lumière. On découvre le futur artiste coincé entre un père violent et une mère folle, l’accident de voiture dans lequel il perd sa rate, les premiers gribouillis, graffitis, les multiples rencontres dans les clubs new-yorkais, sur fond de jazz et de hip-hop.
On assiste à l’éclosion de son art, et l’on comprend à quel point la quête identitaire fut le socle fondateur de son œuvre, et plus largement, de l’émergence du street-art.
Pour incarner les différents visages de Jean-Michel Basquiat, pour célébrer la multidisciplinarité de son art, Laëtita Guedon fait appel à un musicien, un danseur et un « comédien-conteur ». Ajoutez à ce joyeux mélange une touche de vidéo projetant quelques tags de l’artiste et vous obtenez une mosaÏque ultra sensible et métissée qui est tout sauf the same old shit…
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor