- Classique
- Laurette Théâtre
- Paris 10ème
Salomé

- Loic Rottenfus
- Léa Monne
- Hind Saâd
- Laurette Théâtre
- 36, rue Bichat
- 75010 Paris
- République (l.3, l.5, l.8, l.9, l.11)
Le drame érotique d'Oscar Wilde, fait de danse, de mots et de désirs, où se mêlent théâtre, musique et danse.
Dans le palais du tétrarque Hérode Antipas, dans une salle où la lumière de la nuit pénètre par le toit ouvert, la princesse Salomé fait une prière à la lune. La froide et chaste lune. Elle sait que son beau-père, le tétrarque, ne cesse de la regarder, et que sa mère, la reine Hérodiade, tente de prendre possession d'elle. Elle ne les écoute pas. Elle danse. Mais alors une voix terrible retentit, la voix du prophète Saint-Jean-Baptiste, qui hurle de sa prison : "Après moi viendra un autre encore plus puissant que moi..."
"Prise d'un soubresaut brûlant, sentant cette voix résonner à travers elle, Salomé veut faire sortir le prophète... mais il refuse. Alors, la princesse, se mourant d'amour et de désir, découvre son corps dans le miroir de son eau bénite. Les yeux grands ouverts, haletante, elle déploie sa puissance. "Je baiserai ta bouche, Jean-Baptiste. Je baiserai ta bouche..."
Suggestion à la direction du théâtre : faire la traditionnelle annonce "éteignez vos portables" et ne pas accepter d'arrivées tardives vu la configuration de la salle (comme cela est pratiqué dans les théâtres exigus).
En revanche l'accueil musical, dans l'attente des trois coups, est très agréable et nous installe dans une ambiance qui prédispose au drame antique.
Ceci dit bravo aux comédiens qui imperturbables sont allés au bout d'un texte exigeant, mention spéciale à la comédienne danseuse interprétant une Salomé convaincante. Hérode que les pulsions du désir mènent à la folie, bien dans son rôle. La reine Hérodiade un peu en retrait, manque de présence.
L'orientalisme dans le décor est insuffisant, la musique pourrait être plus sensuelle encore et diffusée un peu plus fort pour couvrir les bruits de la rue, perceptibles par moment.
Cette pièce est présentée dans le cadre d'un triptyque consacré à Oscar Wilde (Salomé, Le portrait de Dorian Gray, L'important d'être constant).
Quelques détails à parfaire, mais mérite d'être soutenue.
A la demande du metteur en scène qui réclame des critiques pour s'améliorer ...Lorsque Hérode demande qu'on lui apporte du vin, qu'il boit à la carafe et se couvre d'eau claire... Une eau colorée de rouge serait plus crédible...