Providence

Providence
De Neil LaBute
  • Théâtre Les Déchargeurs
  • 3, rue des Déchargeurs
  • 75001 Paris
  • Chatelet (l.1, l.4, l.7, l.11, l.14)
Itinéraire
Billets à 18,00
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Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 à New York, un couple illégitime tente de profiter du chaos pour disparaître, changer d’état civil et vivre une nouvelle vie.

L’homme, marié, deux enfants, a choisi d’aller rejoindre la femme qu’il aime plutôt que de se rendre à son travail dans l’une des tours.

Ils se confrontent à cette tentation (tentative) de disparition fortuite plongés dans le chaos que vit leur pays, sinon dans le trouble que les événements ne manqueront pas de provoquer dans leur relation.

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Alors ?
Providence ou quand les attentats du 11 septembre deviennent un prétexte pour parler cul, rupture et fantasme au boulot.

Je ne m'y attendais pas et c'était une mauvaise surprise de tomber sur une histoire banale à un moment exceptionnel sur un couple adultérin qui n'a pas grand chose à se dire. Ils sont face à un dilemme mais batifolent et papotent de leurs petits problèmes d'égo : moi, moi, moi et les petits disparus du World Trade Center. Le retournement de situation sauve des hécatombes et on apprécie uniquement le jeu des comédiens quand ils ne se retournent pas eux-mêmes pour faire des rugissements de désirs assez importuns.
26 avr. 2018
7/10
2 0
Providence… sens premier du terme, c’est la volonté divine, et au second plan, le destin, le hasard.

Le 11 septembre 2001 c’est l’apocalypse à New York, mais pour Ben et Abby, c’est la Providence, le moment où jamais.

Dans l’appartement d’Abby, Ben est affalé sur le divan, on entend une sonnerie de portable, il ne répond pas, et pour cause. C’est le lendemain de l’attaque terroriste, il se trouve chez Abby sa maîtresse, normalement il aurait dû être dans une des tours. Que faire ? Rassurer sa femme et ses filles ? Il a un autre projet en tête.

La relation avec Ben n’est pas facile, il peut se montrer violent, et aussi drôle et mal à l’aise. Il propose à Abby de profiter de la situation providentielle qu’ils vivent pour recommencer ailleurs une nouvelle vie. Laisser croire qu’il fait partie des disparus, le prix à payer, c’est qu’il renonce à voir grandir ses filles. Quant à Abby, elle est sa supérieure hiérarchique, elle a bataillé pour avoir un poste important, laissera-t-elle tout tomber par amour ?

Un duo de comédiens exceptionnels, des dialogues souvent crus, et comme toujours avec LaBute un final auquel on ne s’attend pas.

J’aime l’écriture et l’univers de cet auteur, j’avais beaucoup aimé « La forme des choses » (The shape of things) donnée à Paris en 2008 et Bash en 2014 (adaptation de Pierre Laville).
22 avr. 2018
4/10
12 0
C’est avant tout pour Xavier Gallais que j’ai retrouvé les Déchargeurs, ce soir-là. Le comédien, que je vais voir le plus souvent possible lorsqu’il se produit est Paris, est pour moi une valeur sûre. Même dans tes textes qui ne me paraissent pas fondamentaux, comme pouvaient l’être Des hommes en devenir la saison dernière à La Villette, ses personnages ont toujours une saveur particulière et laissent un bel écho intérieur qui dure longtemps. Dans Providence, et malgré une belle performance, la magie ne prendra pas.

A l’entrée en salle, pas de doute possible sur la situation initiale. On est à New-York, un certain 11 septembre 2001. L’atmosphère est poussiéreuse ; le tableau initial assez glaçant. Très vite, la situation s’installe : alors que Ben aurait dû aller travailler dans les tours ce matin, il a décidé de plutôt se rendre chez sa maîtresse – et accessoirement sa chef – et ainsi éviter la catastrophe. Porté disparu, une question se pose alors : va-t-il profiter de cette situation pour partir incognito et s’installer avec celle qu’il aime en cachette depuis 3 ans maintenant, ou va-t-il répondre aux appels désespérés de sa femme et rejoindre sa famille et ses enfants ?

On s’éloigne finalement très vite du sujet initial. Après avoir présenté le contexte de l’histoire, c’est le sexe qui prend le dessus : pendant une longue demi-heure, les deux amants choisissent de discuter de la qualité de leur vie sexuelle, sous tous les angles, et me perdent alors presque totalement. Lorsqu’elle déclare faire sa liste de course pendant l’amour, je ris intérieurement : c’est précisément ce que j’étais en train de faire. Le texte n’avance pas, et j’ai du mal à percevoir le réel impact du 11 septembre dans cette histoire. J’en viens à avoir de la peine pour l’enfant assise devant moi et dont les parents, gênés, doivent soudainement regretter la présence.

C’est finalement une histoire très indécente qui nous est présentée. Au vu de l’horreur que représentent les attentats du 11 septembre, j’ai du mal à concevoir qu’on puisse s’en servir comme prétexte à des dialogues pareils, tournant beaucoup trop autour d’histoires de fesses sans lien aucun avec l’événement initial. Il y aurait eu peut-être plus de profondeur du côté d’un débat sur les « héros » de cet attentat, mais on ne fait que tourner autour des « je ferai tout pour toi » et « est-ce que tu m’aimes ? » sans fin. Le temps a rarement passé aussi lentement que ce soir-là, aux Déchargeurs.

Je dois dire aussi que c’est lassant d’entendre une femme déclarer qu’elle se fait baiser et que parfois pour changer elle suce son partenaire… c’est un peu has been non, en plus d’être inutilement vulgaire ? On ne croit pas une seconde au désir qui devrait exister entre les deux amants, ce qui n’aide pas la mayonnaise. Quant à cette histoire sortie de nulle part dans laquelle elle parle d’un fantasme mettant en scène la femme de Ben la pénétrant armée d’un instrument à lanières qu’on trouve dans un sexshop… Que cherche Neil Labute ? Sûrement pas à nous intéresser. A nous choquer, peut-être ? Échec.

Pourtant, Xavier Gallais rester le grand acteur qu’on connaît. Tout au long du spectacle, il semble jouer sur une ambiguïté assez terrifiante, si bien qu’on se demande finalement s’il ne va pas tuer la femme qu’il aime. Ses yeux sont fous, il est agité, imprévisible, il manipule sa partenaire avec une violence soudainement réfrénée, il évolue en prenant peu à peu le dessus sur la relation alors même que la hiérarchie voudrait le contraire. Se réinventant sans cesse malgré un texte bien fade, il est ce qui a empêché mes yeux de se fermer. A ses côtés, Marie-Christine Letort n’est pas en reste, défendant du mieux que possible son personnage en essayant de lui donner plus de substance que la simple marionnette sexuelle à laquelle le texte la réduit.
8 avr. 2018
4/10
5 0
Que dire ? Heureusement qu'il y a Xavier Gallais mais il n'est pas servi à sa juste valeur : d'abord par un texte assez bizarre sur comment ont pu réagir ces deux personnes, couple illégitime, après les attentats du 11 Septembre. Faut il se faire passer pour mort auprès de sa famille, pour démarrer une nouvelle vie sans tout casser et sans procédure judiciaire ?

Et puis la comédienne qui lui donne la réplique, son amante, sa boss,... Elle surjoue beaucoup, son ton est souvent à coté de la plaque. Bref, je ne recommande pas cette sortie.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor