Proces (Le Procès)

Proces (Le Procès)
De Franz Kafka
Mis en scène par Krystian Lupa
Avec Bożena Baranowska
  • Bożena Baranowska
  • Anna Ilczuk
  • Michał Opaliński
  • Marcin Pempuś
  • Maciej Charyton
  • Małgorzata Gorol
  • Mikołaj Jodliński
  • Andrzej Kłak
  • Dariusz Maj
  • Théâtre de l'Odéon (théâtre de l'Europe)
  • Place de l'Odéon
  • 75006 Paris
  • Odéon (l.4, l.10)
Itinéraire
Billets de 6,00 à 40,00
Evénement plus programmé pour le moment
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En abordant Kafka, Lupa revient à son dialogue avec les grands témoins spirituels de la modernité.

Son théâtre naît d’une rencontre unique : celle d’une troupe d’interprètes s’impliquant corps et âme dans une recherche pouvant durer plusieurs mois, avec un artiste tirant de monuments romanesques des spectacles où le temps s’étire et se condense, produisant des instants d’une intensité quasiment hypnotique.

Mais Lupa se doutait-il que ce travail résonnerait à ce point avec les circonstances ?

Note rapide
4,3/10
pour 3 notes et 3 critiques
2 critiques
Note de 1 à 3
67%
1 critique
Note de 4 à 7
33%
0 critique
Note de 8 à 10
0%
Toutes les critiques
28 sept. 2018
3/10
10 0
Spectacle incompréhensible, d'un ennui sinistre.

En bref, un homme, Joseph K est accusé sans savoir de quoi, et peu à peu la machine judiciaire s'emballe contre lui, sans même qu'il puisse se défendre. En parallèle, LUPA met en scène la vie de Franz Kafka, sa relation avec Felice Bauer et ses amis, qui l'ont inspiré (selon LUPA) pendant qu'il écrivait Le Procès.

Je n'ai pas compris grand chose à la pièce, en polonais surtitré français. Mais il y a eu quelques ratés, à mes yeux :
- la pièce est très lente, pour nous montrer je pense, l'extrême lenteur du système judiciaire qui épuise ses victimes ; sauf que du coup on s'ennuie terriblement
- on ne comprend pas qui sont les personnages, leur lien entre eux, je pense notamment à tout l'Acte I au cours duquel on assiste à des scènes derrière un voile, dans comprendre qui sont les personnages derrière le voile. On parvient cependant à saisir quelques personnages à la fin de l'Acte I. Je pense que cela est voulu par LUPA, qui souhaite nous montrer que Joseph K ne comprend pas non plus qui sont ses interlocuteurs
- la nudité, omniprésente dans la pièce, n'est pas nécessaire : pour LUPA, la machine judiciaire qui s'emballe rime avec violences sexuelles, je n'ai pas compris le lien. De plus, cela anéantit totalement l'esthétique de la pièce qui était déjà très décharnée. C'est pénible d'assister à un spectacle sans aucun sens esthétique, sans aucun ornement, on a uniquement la matière brute dans la mise en scène. Finalement, même pour les yeux ce spectacle est pénible
- la voix off tout au long de la pièce est angoissante, et inintelligible : j'ai dû écouter un podcast pour comprendre qu'il s'agit de la voix de LUPA, qui renvoie à la voix intérieure de Joseph K, mais ce qu'il (se) dit est mi polonais mi francais, mi murmuré, mi assumé
- lors du 2nd acte, les amis de Kafka lui font un procès d'intention, notamment Felice Bauer ; selon LUPA ces événements ont influencé Kafka dans l'écriture de sa pièce, or personnellement je n'ai pas compris le lien avec la pièce

Quelques passages qui font réfléchir tout de même, essentiellement sur la machine judiciaire :
- les gens jugent beaucoup à ce qu'ils voient : dès que Joseph entre dans le Tribunal, on entend les jurés dire "il a une nouvelle montre"
- l'idée persistante qu'aux yeux des gens, il y a forcément une infraction pour être inculpé, les gens ne veulent pas voir d'erreur dans le système judiciaire "mais on doit être un dangereux malfrat pour avoir une commission d'enquête sur le dos"
- les gens ne veulent pas voir non plus que les juges sont des hommes, et qu'ils condamnent au nom de leurs intérêts privés, et non au nom de l’intérêt général ; or Joseph pense à un moment "c'est terrible quand les petites personnes négligées ont du pouvoir"
- on peut devenir victime d'une personne à laquelle rien ne nous unit
- enfin, on voit les limites du système inquisitoire judiciaire : l'instruction est secrète, et l'inculpé comprend à la fin de l'enquête les faits qui lui sont reprochés

Si certains ont un avis radicalement divergent, je serais ravie d'en discuter,
Bon spectacle à tous !
24 sept. 2018
3,5/10
38 0
Désespérant de longueur et d'une narration incompréhensible, ce Procès ne m'a pas seulement laissée de marbre, il m'a ennuyée, il m'a agacée, il m'a épuisée.

Certains diront peut-être que je ne suis pas assez théâtrophile pour reconnaître le génie derrière cette couche épaisse de vide et de chaos qui se veut politique, qu'importe.

Ce fut très désagréable.
23 sept. 2018
6,5/10
17 1
Il est tout à fait logique d’adapter une oeuvre, de la réactualiser, de la mettre en parallèle avec la situation actuelle, comme ce fut le cas avec Krystian Lupa et sa troupe (et il a bien fait). Et c’est ce qui est génial avec ce chef d’oeuvre de Kafka, c’est qu’il le permet. J’aime aussi le pas de côté qu’a effectué Lupa en consacrant la deuxième partie de la pièce à Franz K(afka) lui-même, son désespoir, ses relations avec son ami Max Brod, son ancienne fiancée Felice Bauer et Grete Bloch amie de Felice et correspondante de Franz (oui, je les appelle par leur prénom), grâce à son journal intime, ses fameuses correspondances.

En fait, je crois que c’est ce que j’ai le plus aimé, alors que j’adore le roman, son adaptation par Orson Welles.... Je ne m’y suis pas ennuyé, il y avait des images terriblement belles et fascinantes : ces quatres lits d’hôpital, la projection de l’image filmée en direct reproduite à l’infini sur le mur, Kafka dans son lit de mort…

Tout ça pour dire que j’ai trouvé les première et dernière parties incroyablement lentes et ennuyeuses et qui m’ont mis face à ma supposée incapacité de comprendre et apprécier une certaine profondeur. Si bien qu’on avait envie de dire Krystian : « Mais les ciseaux, ça existe ! » (la pièce a duré 4h50 avec deux entractes – durée ressentie : le double). Alors je veux bien croire que c’est fait exprès, que c’est ça la méthode Lupa, l’intensité presque hypnotique (j’ai subi Salle d’attente et Des arbres à abattre, je suis maso, oui, mais c’est comme pour d’autres artistes qui sont loin d’être accessibles, comme Romeo Castellucci ou Claude Régy, il peut y avoir des moments de grâce qui nous bouleversent). Comme si F. Kafka avait annihilé tout intérêt pour l’histoire de Joseph K. Et même si Krystian Lupa semble nous (moi) avoir entendu pour l’ultime scène puisque nous connaissons la fin : pas de Joseph K. relevant la tête dans un dernier sursaut, un couteau dans le coeur, lâchant un dernier « Comme un chien », je ne peux m’empêcher que le mal était fait. Ça m’a déprimé au plus haut point, Lupa relevant une noirceur et un pessimisme d’un cran encore.

C’est un détail, mais aussi, entendre cette voix intérieure de Jésus… pardon de Joseph K., dite par Krystian Lupa lui-même dont on ne comprend qu’un mot sur cinq… (je suis celui qui ne termine pas ses phrases)
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor