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On purge Bébé, Émeline Bayart

On purge Bébé, Émeline Bayart
De Georges Feydeau
Mis en scène par Emeline Bayart
Avec Emeline Bayart
  • Emeline Bayart
  • Théâtre de l'Atelier
  • 1, place Charles-Dullin
  • 75018 Paris
  • Anvers (l.2)
Itinéraire
Billets de 19,00 à 39,00
À l'affiche du :
16 octobre 2020 au 15 novembre 2020
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 15:00
    • 18:30
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On purge bébé est une pièce en un acte pour sonder, décortiquer, dépouiller le couple par le biais de la cruauté et de la crudité mais avec l’arme imparable du comique de situation et des formules bien troussées.

Au cœur de la mésentente : l’accoutrement négligé de madame, ses eaux usées, le désordre de monsieur, ses pots de chambre en porcelaine qu’il tient à vendre à leur invité influent pour l’armée française, la purge destinée à leurs fils Toto, enfant-roi capricieux, tyrannique, et pour l’heure constipé.

Feydeau enferme ses personnages pour un huis clos à la fois terriblement tragique et terriblement comique et prend plaisir, disons-le crûment, à mettre en exergue « le sexe et la merde » mais avec une élégance irrésistible.

Comme à son habitude, il crée de vives tensions entre des personnages qui n’ont absolument pas les mêmes objectifs et que tout oppose.  

 

Je souhaite pousser le curseur de l’humour à son paroxysme en réintégrant un usage  qui s’est perdu depuis 1864: les couplets chantés dans les vaudevilles. En effet, lorsque les différents protagonistes cessent de dialoguer au risque de s'entretuer, j’ouvre une sorte d’antichambre métaphorique à travers laquelle ils peuvent exulter au public, par le biais de la chanson, tout ce qu’ils ne peuvent pas dire à l’autre. 

Emeline Bayart

4

La critique de la rédaction : 6.5/10. Ce n’est vraiment pas ma pièce préférée de Feydeau.

Je ne connaissais pas ce texte et ai trouvé que l’humour était très pipi-caca. Quelques passages sont malgré tout amusants.

J’ai aussi un avis contrasté sur la mise en scène avec de très bonnes idées (qu’il serait dommage de divulguer) et une direction d’acteurs qui n'est pas ma tasse de thé avec un jeu face au public et beaucoup de grimaces.

Les petites chansons sont assez drôles et bienvenues.

Une pièce adaptée au jeune public pour leur faire découvrir le théâtre.

Note rapide
7,4/10
pour 8 notes et 6 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
1 critique
Note de 4 à 7
38%
5 critiques
Note de 8 à 10
63%
Toutes les critiques
23 oct. 2020
9,5/10
0
Ah quel bonheur de voir un Feydeau aussi intelligent, aussi magistralement bien interprété!!!

Ici, du Feydeau tel que l'auteur le souhaite et l'imagine, des acteurs fiévreux, tous justes et terriblement drôles. J'ai ri du début jusqu'à la fin d'un rire franc et plein et en même temps, j'ai été troublé par la résonance avec la vraie vie, on se reconnaît ou on reconnaît ses pairs, sans aucun doute. La mise en scène est remarquable, simple, juste et sans fioritures. Le décor est magnifique.
Quelle excellente idée d'avoir injecté des moments chantés, souffle heureux et cruellement drôle! Courez-y, sûr, vous ne serez pas déçu. Un Feydeau comme on l'aime!!! Bravo bravo à toute la troupe, engagée jusqu'au bouts des ongles.
20 oct. 2020
7,5/10
1
Il y a quelque chose d'extraordinaire avec les pièces de Feydeau, elles sont intemporelles. Que cela soit au siècle dernier ou de nos jours, on rit toujours d'aussi bon coeur. Un rire franc, sincère qui raisonne dans toute la salle et qui est très communicatif. Par exemple avec cette scène improbable où M. Follavoine veut prouver que son pot de chambre en porcelaine est incassable. On le sait bien que ce n'est pas possible. Il jette le pot et il se brise. Surprise des deux hommes. Comment ne pas rigoler devant ça? On n'a beau savoir ce qui va se passer mais on rit tellement de l'incrédulité des personnages.

Cette comédie de moeurs ne met pas en valeur la femme, toujours excessive, qui fait des tonnes pour des petites choses. Est-ce que la situation de Georges Feydeau l'a influencé dans son écriture? On n'en doute peu. Il vient de se séparer de son épouse et laisse à la maison un jeune garçon assez turbulent. La source d'inspiration était bien là.

Emeline Bayart propose une mise en scène simple, efficace et très intelligemment organisée. Elle conserve le rythme qui est la clé de la comédie. Et surtout, elle intègre des chansons impertinentes présentes avant dans les vaudevilles à l'époque. Des choix de chansonnettes très bien choisis qui enchantent le public. On s'amuse de Daniel, sa femme et la tour Eiffel, de la Proserpine ou d'un heureux accident de fiacre. Emeline Bayart montre son talent aussi sur scène en incarnant le personnage phare, Mme Follavoine. Elle donne le ton, la force, l'énergie et la folie douce qui nous captive. L'impulsion du tourbillon vient de cette comédienne passionnée et passionnante.

Le comique en ressort aussi par la très jolie tout en extravagance présence de Manuel Le Lièvre en M. Chouilloux surtout à l'absorption de la purge de bébé.
19 oct. 2020
9/10
3
On purge Bébé, c’est un classique de Feydeau, vu à de nombreuses reprises mais c’est un Feydeau que j’apprécie beaucoup car le potentiel comique de la pièce est immense et le besoin de rire en ce moment est vital. C’est Emeline Bayart qui s’est emparée du texte et qui va lui donner toute sa dimension comique avec force rebondissements et autres quiproquos. C’est grace à son nom que je suis revenue pour voir une nouvelle fois On purge Bébé et je ne regrette absolument pas.

Madame Follavoine est une bourgeoise dont l’unique préoccupation est le transit de Toto, son bébé tyrannique de 7 ans. Monsieur Follavoine est quand à lui préoccupé par la signature imminente d’un contrat avec Monsieur Chouilloux pour fournir des pots de chambre de qualité à l’armée. Evidemment, il n’en faut pas plus pour contrarier Madame Follavoine, avec ses bas sur les chevilles et ses cheveux bataillant avec les bigoudis, qui tient absolument à ce que son mari administre un purgatif à fils. Il va y avoir des explosions…de rires.

Pour qu’un Feydeau fonctionne à plein régime, il faut une mise en scène pointue telle une mécanique de précision et Mademoiselle Bayart nous livre une prestation de haute qualité. En cadeau bonus, on chante accompagné par le talentueux pianiste Manuel Peskine ! Et je dois dire que c’est une totale réussite ces moments chantés.

Sur scène, Emeline Bayart donne vie à Julie Follavoine avec une sacrée énergie et un sens de la rupture tellement fort, passant d’une voix haut perchée à une voix grave en un instant, la moindre de ses mimiques nous fait rire. Elle est entourée par une équipe survitaminée pour être à la hauteur et suivre le rythme imposé. Le potentiel comique d’Eric Prat dans le rôle de Monsieur Follavoine est indéniable face à Manuel Le Lièvre en Monsieur Chouilloux totalement dépassé par les interventions de Madame Follavoine. Coup de projecteur sur Valentine Alaqui qui joue les rôles de l’impétueux Toto avec une candeur magnifique et de l’employée des Follavoine.
17 oct. 2020
10/10
3
Quel bonheur que cette pièce, un classique, quand elle est si merveilleusement mise en scène et jouée.

Emeline Bayart, metteuse en scène et interprète de mme Follavoine, réalise ici un travail d’orfèvre et renoue pour notre plus grand bonheur avec le théâtre ponctué de chansons dont on pourrait croire qu’elles font partie du texte original tant elles participent de la construction tragicomique de la pièce.

Tous les comédiens sont excellents, aucun rôle n’est en dessous. Cette pièce m’a tour à tour fait rire (beaucoup), sidéré par l’effet miroir sur la vie de couple, et fait réfléchir (j’y pense encore), que peut on attendre de mieux d’une pièce de théâtre?

Du théâtre populaire de grande grande classe à voir et à revoir !
15 oct. 2020
9,5/10
13
Le pot de faïence et le seau de tôle émaillée.
Bastien et Julie.
Les Follavoine dans l'une des scènes de ménage les plus célèbres et les plus longues du théâtre français.

En 1910, le grand Georges vient de se séparer de sa femme. Il vit et mène grand train à l'hôtel Maxim's où il a réservé une chambre à l'année...
Sa vision du monde change, et notamment celle de la bourgeoisie dont il va s'appliquer à décrire la médiocrité, notamment grâce au thème ancestral du cocu.

Emeline Bayart a donc eu l'excellente idée de s'emparer à bras le corps et de l'un des derniers vaudevilles de l'auteur.

Il y a décidément une patte, une méthode, un style Bayart.
Elle qui enchanta dernièrement les spectateurs caf-conc' Le Kibélé et surtout ceux de l'Opéra-Comique, celle-ci nous a concocté un mini-récital émaillant la pièce fait quelques chansons quasiment contemporaines de Feydeau. (Le fidèle Manuel Peskine est toujours au piano !)

Des titres que retrouvent pour leur plus grand bonheur les fans de la comédienne-chanteuse-metteure en scène.
C'est ainsi que nous retrouverons par exemple Proserpine, Je n'aurais pas dû, Si je puis m'exprimer ainsi, Ca n'vaut pas la Tour Eiffel, ou encore Le fiacre.

Ces chansons collent admirablement avec le texte de l'auteur, d'autant qu'avec la même incroyable force comique, la même hilarante vis comica, Melle Bayart enchaîne répliques de la pièce et paroles des chansons. (Elle n'est pas la seule à chanter, je vous laisse découvrir...)

Mais quelle énergie se dégage de cette entreprise artistique !

Quelle mécanique infernale et bien huilée, quelle puissance de jeu, quel tourbillon vont s'emparer du plateau de l'Atelier !

Voilà comment monter un Feydeau ! Voilà comment faire hurler de rire un public ! Voilà comment plonger une salle entière dans le plus grand bonheur.

Sa composition de cette femme qui a érigé la mauvaise foi en art de vivre, sa composition est magnifique.
En déshabillé, les bas qui tombent sur les chevilles, les cheveux en bataille avec quelques bigoudis, avec ses ruptures, ses regards, sa voix qui passe de l'aigu cristallin au rauque très grave en un instant, la comédienne est absolument drôlissime.

Oui, je l'écris une nouvelle fois, oui je me répète : je retrouve à chacune de ses compositions la phénoménale puissance à faire rire de Jacqueline Maillan.
Comme La Maillan, Melle Bayart a cette faculté et ce talent rares de déclencher en une fraction de secondes les rires voire les fou-rires des spectateurs en outrant subitement la gestuelle, la voix ou les mimiques.

Elle n'est pas seule sur scène. A ses côtés, se démène une troupe aux petits oignons.

Avec une perruque très années 1970, Eric Prat a un petit côté Jean le Poulain.
Lui aussi a un sacré abattage, un sacré talent comique. Il nous réserve de grands moments.
Lui aussi sait faire monter la sauce.

Il n'est pas donné à tout le monde d'interpréter un personnage principal dans un vaudeville feydolien.
Eric Prat parvient sans peine à nous faire croire à ce type qui est en permanence au bord de la catastrophe, et qui se démène dans un maelström qu'il a contribué à engendrer.

Le duo Bayart-Prat est redoutable et formidable d'efficacité.

Un autre qui ne donne pas sa part au chat, c'est Manuel Le Lièvre, qui avait déjà joué avec Emeline Bayart au Poche-Montparnasse, sous la direction de Jean-Louis Benoit.

Son Adhéaume Chouilloux est épatant de drôlerie. C'est une sorte de Bouzin que nous avons devant nous. L'une de ses scènes confine au surréalisme le plus hilarant.

Coup de chapeau appuyé également à Valentine Alaqui, dans un double rôle.
La jeune comédienne interprète la naïve employée de maison, et surtout le rôle de Toto, le tyrannique enfant-roi du couple Follavoine.

Melle Alaqui parvient à en faire une sorte de lutin-troll virevoltant, sautant, bondissant partout, lui conférant une belle ambivalence : cet enfant de 7 ans est à la fois attachant et repoussant.
Une très belle composition.

Thomas Ribière et Delphine Lacheteau incarnent quant à eux le couple Truchet de bien belle manière.

Emeline Bayart signe ici l'une des grandes réussites théâtrales de cet automne.
Voici un spectacle réglé au millimètre, avec une précision diaboliquement efficace, qui déchaîne les rires de la salle entière.
Une salle qui applaudit en cadence et à tout rompre, ovationnant grâce à de nombreux bravi les comédiens.

Feydeau peut décidément dormir sur ses deux oreilles !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor