• Classique
  • Théâtre de l'Atelier
  • Paris 18ème
top5 (2)

On purge Bébé, Émeline Bayart

On purge Bébé, Émeline Bayart
De Georges Feydeau
Mis en scène par Emeline Bayart
Avec Emeline Bayart
  • Emeline Bayart
  • Théâtre de l'Atelier
  • 1, place Charles-Dullin
  • 75018 Paris
  • Anvers (l.2)
Itinéraire
Billets de 19,00 à 39,00
Evénement plus programmé pour le moment
Achat de Tickets

On purge bébé est une pièce en un acte pour sonder, décortiquer, dépouiller le couple par le biais de la cruauté et de la crudité mais avec l’arme imparable du comique de situation et des formules bien troussées.

Au cœur de la mésentente : l’accoutrement négligé de madame, ses eaux usées, le désordre de monsieur, ses pots de chambre en porcelaine qu’il tient à vendre à leur invité influent pour l’armée française, la purge destinée à leurs fils Toto, enfant-roi capricieux, tyrannique, et pour l’heure constipé.

Feydeau enferme ses personnages pour un huis clos à la fois terriblement tragique et terriblement comique et prend plaisir, disons-le crûment, à mettre en exergue « le sexe et la merde » mais avec une élégance irrésistible.

Comme à son habitude, il crée de vives tensions entre des personnages qui n’ont absolument pas les mêmes objectifs et que tout oppose.  

 

Je souhaite pousser le curseur de l’humour à son paroxysme en réintégrant un usage  qui s’est perdu depuis 1864: les couplets chantés dans les vaudevilles. En effet, lorsque les différents protagonistes cessent de dialoguer au risque de s'entretuer, j’ouvre une sorte d’antichambre métaphorique à travers laquelle ils peuvent exulter au public, par le biais de la chanson, tout ce qu’ils ne peuvent pas dire à l’autre. 

Emeline Bayart

23

La critique de la rédaction : 6.5/10. Ce n’est vraiment pas ma pièce préférée de Feydeau.

Je ne connaissais pas ce texte et ai trouvé que l’humour était très pipi-caca. Quelques passages sont malgré tout amusants.

J’ai aussi un avis contrasté sur la mise en scène avec de très bonnes idées (qu’il serait dommage de divulguer) et une direction d’acteurs qui n'est pas ma tasse de thé avec un jeu face au public et beaucoup de grimaces.

Les petites chansons sont assez drôles et bienvenues.

Une pièce adaptée au jeune public pour leur faire découvrir le théâtre.

Note rapide
7,4/10
pour 9 notes et 7 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
1 critique
Note de 4 à 7
33%
6 critiques
Note de 8 à 10
67%
Toutes les critiques
31 déc. 2020
8,5/10
1
Quelle atmosphère hier soir devant le Théâtre de l'Atelier où chaque spectateur a conscience que c'est peut-être une des dernières fois avant longtemps qu'il se rend au théâtre à un horaire "classique".

C'est en effet ce soir là que le gouvernement va annoncer de nouvelles mesures pour lutter contre la propagation du Covid.

Mais avant cela, place à la comédie avec On purge bébé ? dont la présentation vient d’avoir lieu devant le public parisien, après une création au théâtre Montansier de Versailles. J’ajoute qu’une longue tournée est d’ores et déjà prévue, avec notamment pour étape le Théâtre Firmin Gémier La Piscine de Chatenay-Malabry (92) qui est un des co-producteurs.

L’ouvreuse n’insiste plus longuement sur les interdictions d’usage du téléphone portable. Ce sont les restrictions sanitaires qui priment, la dernière étant la recommandation de sortir, à la fin du spectacle, comme les avions, par l’arrière, en commençant par le dernier rang et de nous répartir ensuite rapidement sur l’ensemble de la place Charles Dullin en évitant les attroupements. Une atmosphère de clandestinité s’installe subrepticement. On se croirait dans une scène du film Le Dernier Métro.

Encore heureux d’assister à une comédie. Cela va nous détendre.

Le décor n’est pas engageant à première vue. Un voile en masque l’essentiel derrière une chaise de velours bleu, abandonnée de travers au bord de la scène. Je remarque à Cour, sur un piano droit (qui sera un des éléments essentiels du spectacle), une Tour Eiffel qui me parait incongrue mais dont la présence va se justifier dans quelques instants.


Emeline Bayart n’est pas aussi célèbre que ce monument mais je pense pouvoir dire qu’elle sera bientôt reconnue comme une grande actrice comique. Il est tentant, en l’écoutant chanter, simplement vêtue d’un déshabillé peu flatteur alors qu’elle est ce qu’on appelle "une belle femme", d’y voir une sorte d’acte de bravoure. Elle sait tout faire. Jouer bien sûr, chanter évidemment, et aussi mettre en scène, comme elle le démontre avec cette pièce de Georges Feydeau, appartenant au répertoire du vaudeville.
Elle m’avait épatée il y a deux ans, au cinéma, dans le rôle-titre du film de Bruno Podalydès, Bécassine. Je l’avais déjà fort appréciée l’année suivante au Poche Montparnasse où elle jouait Tchekhov à la Folie dans la mise en scène de Jean-Louis Benoît (une des farces sera d’ailleurs interprétée plus tard sur cette même scène par Jacques Weber dans la soirée au cours du spectacle Crise de nerfs). Je devais ensuite l’entendre chanter mais la crise a tout bouleversé.

Dans On purge bébé ???? elle interprète les chansons en direct et sa voix a une belle amplitude. La première célèbre la Tour Eiffel, d’où la présence de la statuette, que son personnage juge magique. La comédienne déclenche des cascades de rires quand le monument est qualifié d’obélisque à l’instar de la colonne de la Place Vendôme. Rien ne lui "arrive à la cheville" fait-elle remarquer à son époux Daniel, en sous-entendant des allusions coquines à sa virilité.

Les dialogues aussi nourrissent les rires. Par exemple à propos de la définition suivante : De la terre entourée d’eau, c’est de la boue ou une île ? On ne trouve rien dans ce dictionnaire se plaindra le mari qui estime que n’y figure que ce dont on n’a pas besoin. J’ai essayé de m’en tirer par la tangente, avouera-t-il.


Madame Follavoine n’est pas moins caricaturale, elle qui justifie d’avoir une bonne au fait que tant qu’elle la regarde elle lui sert (sous-entendu à quelque chose). Elle revendique être "femme d’intérieur, bonne ménagère, ... parce qu’on ne sait jamais dans la vie si on aura toujours des gens pour nous servir".
Au-delà de ses jugements à l’emporte-pièce, c’est surtout son caractère hystérique qui la caractérise et son amour démesuré pour son fils sans doute trop chéri, qu’elle appelle toujours Bébé (Valentine Alaqui, qui est aussi la bonne) et qui a tout de même sept ans. L’enfant est, on l’aura deviné, parfaitement caractériel. L’enfant chéri serait atteint de constipation, une situation avec laquelle il ne faut jamais plaisanter, insiste la mère, en appuyant lourdement sur le "a" du mot constipation. Et comme elle est tordante quand elle mime d’avaler de l’huile de ricin !


Le mari (Éric Prat) est pressé de conclure avec monsieur Chouilloux (Manuel Le Lièvre) un marché portant sur la vente de pots de chambre pour tous les soldats de l’Armée française, auxquels le gouvernement a promis un vase de nuit personnel gravé à son matricule, dans l’objectif d’améliorer leur sort. Le temps passe et sa femme déambule toujours en nuisette, pas gênée pour un sou alors que la perspective d’être étiquetée comme femme du marchand de pots de chambre ne lui convient pas du tout.
Les rebondissements s’enchaînent en multipliant les paradoxes. Jusqu’à l’invitation du client avec sa femme, et l’amant de celle-ci, comme si l’adultère "au grand complet" appartenait aux convenances.


Le jeu des comédiens est efficace, avec concours de grimaces, d’accents et de mimes. On chante, on se contorsionne et on s‘encouicouine. L’un mime parfaitement la colique et l’autre le désespoir.

On pense à une autre pièce de Feydeau, Mais ne te promène donc pas toute nue, qu’interpréta Arletty. On songe aussi à Jacqueline Maillan. Bref, on passe un bon début de soirée. Et on en a bien besoin.
23 oct. 2020
9,5/10
5
Ah quel bonheur de voir un Feydeau aussi intelligent, aussi magistralement bien interprété!!!

Ici, du Feydeau tel que l'auteur le souhaite et l'imagine, des acteurs fiévreux, tous justes et terriblement drôles. J'ai ri du début jusqu'à la fin d'un rire franc et plein et en même temps, j'ai été troublé par la résonance avec la vraie vie, on se reconnaît ou on reconnaît ses pairs, sans aucun doute. La mise en scène est remarquable, simple, juste et sans fioritures. Le décor est magnifique.
Quelle excellente idée d'avoir injecté des moments chantés, souffle heureux et cruellement drôle! Courez-y, sûr, vous ne serez pas déçu. Un Feydeau comme on l'aime!!! Bravo bravo à toute la troupe, engagée jusqu'au bouts des ongles.
20 oct. 2020
7,5/10
10
Il y a quelque chose d'extraordinaire avec les pièces de Feydeau, elles sont intemporelles. Que cela soit au siècle dernier ou de nos jours, on rit toujours d'aussi bon coeur. Un rire franc, sincère qui raisonne dans toute la salle et qui est très communicatif. Par exemple avec cette scène improbable où M. Follavoine veut prouver que son pot de chambre en porcelaine est incassable. On le sait bien que ce n'est pas possible. Il jette le pot et il se brise. Surprise des deux hommes. Comment ne pas rigoler devant ça? On n'a beau savoir ce qui va se passer mais on rit tellement de l'incrédulité des personnages.

Cette comédie de moeurs ne met pas en valeur la femme, toujours excessive, qui fait des tonnes pour des petites choses. Est-ce que la situation de Georges Feydeau l'a influencé dans son écriture? On n'en doute peu. Il vient de se séparer de son épouse et laisse à la maison un jeune garçon assez turbulent. La source d'inspiration était bien là.

Emeline Bayart propose une mise en scène simple, efficace et très intelligemment organisée. Elle conserve le rythme qui est la clé de la comédie. Et surtout, elle intègre des chansons impertinentes présentes avant dans les vaudevilles à l'époque. Des choix de chansonnettes très bien choisis qui enchantent le public. On s'amuse de Daniel, sa femme et la tour Eiffel, de la Proserpine ou d'un heureux accident de fiacre. Emeline Bayart montre son talent aussi sur scène en incarnant le personnage phare, Mme Follavoine. Elle donne le ton, la force, l'énergie et la folie douce qui nous captive. L'impulsion du tourbillon vient de cette comédienne passionnée et passionnante.

Le comique en ressort aussi par la très jolie tout en extravagance présence de Manuel Le Lièvre en M. Chouilloux surtout à l'absorption de la purge de bébé.
19 oct. 2020
9/10
13
On purge Bébé, c’est un classique de Feydeau, vu à de nombreuses reprises mais c’est un Feydeau que j’apprécie beaucoup car le potentiel comique de la pièce est immense et le besoin de rire en ce moment est vital. C’est Emeline Bayart qui s’est emparée du texte et qui va lui donner toute sa dimension comique avec force rebondissements et autres quiproquos. C’est grace à son nom que je suis revenue pour voir une nouvelle fois On purge Bébé et je ne regrette absolument pas.

Madame Follavoine est une bourgeoise dont l’unique préoccupation est le transit de Toto, son bébé tyrannique de 7 ans. Monsieur Follavoine est quand à lui préoccupé par la signature imminente d’un contrat avec Monsieur Chouilloux pour fournir des pots de chambre de qualité à l’armée. Evidemment, il n’en faut pas plus pour contrarier Madame Follavoine, avec ses bas sur les chevilles et ses cheveux bataillant avec les bigoudis, qui tient absolument à ce que son mari administre un purgatif à fils. Il va y avoir des explosions…de rires.

Pour qu’un Feydeau fonctionne à plein régime, il faut une mise en scène pointue telle une mécanique de précision et Mademoiselle Bayart nous livre une prestation de haute qualité. En cadeau bonus, on chante accompagné par le talentueux pianiste Manuel Peskine ! Et je dois dire que c’est une totale réussite ces moments chantés.

Sur scène, Emeline Bayart donne vie à Julie Follavoine avec une sacrée énergie et un sens de la rupture tellement fort, passant d’une voix haut perchée à une voix grave en un instant, la moindre de ses mimiques nous fait rire. Elle est entourée par une équipe survitaminée pour être à la hauteur et suivre le rythme imposé. Le potentiel comique d’Eric Prat dans le rôle de Monsieur Follavoine est indéniable face à Manuel Le Lièvre en Monsieur Chouilloux totalement dépassé par les interventions de Madame Follavoine. Coup de projecteur sur Valentine Alaqui qui joue les rôles de l’impétueux Toto avec une candeur magnifique et de l’employée des Follavoine.
17 oct. 2020
10/10
6
Quel bonheur que cette pièce, un classique, quand elle est si merveilleusement mise en scène et jouée.

Emeline Bayart, metteuse en scène et interprète de mme Follavoine, réalise ici un travail d’orfèvre et renoue pour notre plus grand bonheur avec le théâtre ponctué de chansons dont on pourrait croire qu’elles font partie du texte original tant elles participent de la construction tragicomique de la pièce.

Tous les comédiens sont excellents, aucun rôle n’est en dessous. Cette pièce m’a tour à tour fait rire (beaucoup), sidéré par l’effet miroir sur la vie de couple, et fait réfléchir (j’y pense encore), que peut on attendre de mieux d’une pièce de théâtre?

Du théâtre populaire de grande grande classe à voir et à revoir !
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor