Névrotik Hôtel

Névrotik Hôtel
De Christian Siméon
Mis en scène par Michel Fau
Avec Michel Fau
  • Michel Fau
  • Antoine Kahan
  • Théâtre des Bouffes du Nord
  • 37 bis, boulevard de la Chapelle
  • 75010 Paris
Itinéraire
Billets à 30,00
Evénement plus programmé pour le moment

Arthur Rimbaud disait : « Rien n’est beau que le faux, le faux seul est aimable. »

Une certaine théâtralité factice me fascine, me fait rire et m’inquiète. Je veux continuer mon travail sur le travestissement et sur la voix transformée, par des chemins différents. C’est pourquoi, et en compagnie du charismatique Antoine Kahan, je vais tenter d’incarner la vérité de l’artifice…

À partir de chansons inédites de Michel Rivgauche et d’autres, sur des musiques mélancoliques et raffinées de Jean-Pierre Stora, j’ai demandé à Christian Siméon d’inventer un conte maléfique et pathétique : l’étrange histoire d’une vieille dame dévastée par la vie, seule dans une chambre d’hôtel en bord de mer, qui propose à un joli groom agaçant un contrat funèbre et délicat.

Cela ressemble à une vertigineuse mise en abyme des clichés humains, mais c’est aussi un hommage décalé et poignant à la grande chanson française. « Ma vie visible ne fut que feintes bien masquées » disait Jean Genet…

Michel Fau

Note rapide
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24 mai 2018
9/10
18 0
Margaret arrive à l'hôtel. Vraie diva, elle propose un contrat au groom pour passer ses pauses avec elle afin de jouer chaque jour des scènes. Voilà le prétexte à des scenettes de ce couple totalement improbable.
Burlesque, caricatural.
Michel Fau fait du très grand Fau mais c'est copieusement drôle. On rit, on s'amuse des stéréotypes et c'est sacrément efficace.
La mise en scène est précise dans un lieu qui est bien évidemment magique.
A voir pour s'amuser et rire franchement.
21 mai 2018
4/10
24 0
C’était le spectacle de la dernière chance. Ceux qui lisent régulièrement mes chroniques connaissent mon admiration pour Michel Fau et cette lente déchéance depuis quelques spectacles – depuis ce Fleur de Cactus si décevant la saison dernière. Depuis, je vais de déception en déception. Je misais beaucoup sur ce Névrotik-Hôtel qui semblait déjà plus fidèle au Fau que j’aimais, plus éloigné de ses dernières lubies, et j’y suis allée pleine d’espoir. J’en ressors le coeur gros, avec l’impression qu’une étoile s’est éteinte à tout jamais. Cette année, son Tartuffe à la Porte Saint-Martin s’était entièrement déroulé sans moi. Il en sera de même pour Fric Frac la saison prochaine au Théâtre de Paris. C’est la fin d’une époque. La fin du Fau.

Excitée, donc, je l’étais, en me rendant au Théâtre des Bouffes du Nord ce soir-là. Ce Névrotik-Hôtel semblait surfer sur la vague de son merveilleux Récital Emphatique : il aura malheureusement du mal à supporter la comparaison. Je suis quand même rassurée en constatant que le texte n’est pas de Fau : cela signifie qu’une fois encore, c’est bien son appréciation du texte qui est en cause, et non pas son talent. Quelque part, cela m’apaise. On se retrouve dans cet Hôtel où une diva – Michel Fau, qui d’autre ? – utilisera son talent monétaire en achetant le boy Antoine pour qu’il satisfasse ses plus étranges désirs. Ce que ce spectacle semble oublier, c’est que, quelque part, même l’extravagance a ses règles.

Décor rose acidulé qui pique les yeux, jusque-là rien de choquant. Michel Fau a toujours eu un goût particulier pour les couleurs flashys, c’est aussi pour ça qu’on l’aime. Les choses commencent à se gâter à son entrée en scène : il est seul, et il a beau être lui, le texte est si vide que je sens un poids grossir dans ma gorge. Peut-être que, fort de ses précédents succès, il a fini par croire qu’il pouvait tout monter avec brio. Il faut dire qu’une partie du public sera avec lui ce soir-là ; une partie qui commence à rire à peu près à l’instant où il met un pied sur la scène. La deuxième partie, dont je suis, semble déjà plus boudeuse ; menton dans la main, yeux fermés, petit coup d’oeil sur la montre… Quant à la troisième partie, elle est tout simplement absente : on est samedi soir et pourtant je n’ai jamais vu les Bouffes du Nord aussi peu remplies…

Qu’importe le texte, je me rassure en me disant que je pourrai me raccrocher aux chansons. Sur la bible, il est indiqué que ce sont des chansons inédites : on comprend rapidement pourquoi. J’exagère un peu : certaines sont agréables à l’oreille et même plutôt entraînantes. Mais la plupart du temps, ce sont surtout des paroles désespérément creuses, si bien que seuls les arrangements de Jean-Pierre Stora prennent un véritable intérêt. Et dire que Michel Fau parle d’hommage décalé et poignant à la grande chanson française…

Alors bon, tout n’est pas si noir, mais tout n’est pas aussi rose que le voudrait le décor. Par instant, le Michel Fau d’avant revient. Dans une réplique, dans une grimace, dans un geste, je retrouve ce que j’étais venue chercher, cette grandiloquence assumée, cette originalité sans complexe, cette faulie unique. Alors je prends, comme une dernière offrande, les restes d’un être qui peu à peu s’efface, perdu dans la folie des théâtres privés qui lui ouvrent leurs portes.

Le truc, c’est que le personnage de diva de Michel Fau ne chante pas divinement bien – et son acolyte Antoine Kahan non plus. C’est un peu comme Miss Knife pour Olivier Py : on ne vient pas la voir parce qu’elle va ravir nos oreilles mais parce que c’est un personnage formidable de composition et, dans le cas de ce dernier, avec des paroles qui valent vraiment le détour. Si on enlève et les paroles et la composition, il est clair que le personnage perd beaucoup de son intérêt… Et c’est exactement ce qui se passe ici. Les chansons étant ce qu’elles sont, l’intrigue étant ce qu’elle est, les voix des deux comédiens étant ce qu’elles sont… qu’est-ce qui reste ?
18 mai 2018
7/10
22 0
La force de ce mélodrame loufoque outre l’excellent jeu du duo se trouve être dans les chansons inédites de Michel Rivgauche, de la musique signée Jean-Pierre Stora et les dialogues ciselés de Christian Siméon. Bonjour accablante mauvaise foi, jeux de dupes et stéréotypes dans un subtil mélange de music-hall, de théâtre de boulevard, un soupçon d’Harlequin et d’histoires de série Z. Une miscellanée iconoclaste étonnante, bien dosée pour surprendre le spectateur et le faire rire de bon cœur. On s’attache à ces personnages étranges et on les accompagne avec ravissement dans leur folie. Même ce personnage de standardiste harcelée par la diva, on l’adore tellement elle est traitée avec mépris et dérision.

Même si certaines chutes manquent de punch et que certains textes ne sont pas audibles à cause de réglages acoustiques, on passe un bon moment. Les sourires se dessinent sur tous les visages. Les applaudissements se veulent chaleureux et francs. Alors vous savez où aller pour passer un moment à part maintenant, au « Nevrotik Hotel ».
13 mai 2018
7/10
37 0
Cette comédie musicale de chambre (comme indiqué sur le programme) est une friandise rose (comme la dite chambre qui est en fait un loft), sucrée (le dosage est bon, là ça ne devient pas écoeurant!) et agréable.

Michel Fau, en diva blonde péroxydée très réussie, est Lady Margaret, une femme bien seule qui arrive dans un hôtel de Normandie et qui propose à un joli groom (Antoine Kahan en uniforme moulant rose aussi) un 'contrat' pour tromper sa solitude.

Monsieur Fau m'a bluffé, j ai cru revivre les belles années d' "au théâtre ce soir", il m'a fait penser à la Maillan dans ses grandes années que ce soit dans ses remarques ou ses attitudes. Un petit coté surrané pas désagréable du tout. Il est particulièrement à l'aise en robe de chambre satinée !!!

Qui dit comédie musicale, dit chansons ! Certaines sont particulièrement réussies (le syndrome de Stockholm est ma préférée) mais je n'ai pas pu apprécier toutes les chansons car les musiciens en live couvre par moment la voix des deux comparses, c'est un peu dommage. Niveau performance vocale, Michel Fau joue sur un large registre quand il force sa voix dans les aigus ou les graves, le public rit.

Dernier point, la proximité avec les comédiens dans ce théatre des Bouffes du Nord. Un vrai plus !
12 mai 2018
9/10
19 0
Très belle soirée de théâtre passée aux Bouffes du Nord pour cette création originale, jouée et chantée avec brio par Michel Fau (déjà vu cette année dans le Tartuffe, toujours aussi excellent quel que soit le registre) et son "boy" Antoine Kahan. Personnages hauts en couleur, chansons ciselées qui ne manquent pas de rappeler Brel, Prévert et la grande chanson française ... pour une histoire qui se révèle et prend sens délicatement scène après scène.
Ce que nous avons aimé : le jeu des acteurs, l'humour omniprésent mais jamais grossier et aussi les textes plus profonds, les chansons et la musique bien sûr (Mathieu El Fassi au piano, Laurent Derache à l'accordéon et Lionel Allemand au violoncelle, tous les 3 excellents) qui accompagne les acteurs avec précision et a propos. Une mention toute spéciale pour le tango et la "dernière danse".
Ce qui pourrait être amélioré : les réglages acoustiques pour mieux distinguer les textes sur certaines chansons mais on ne boude pas notre plaisir dans ce théâtre où l'on est proche des acteurs.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor