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Moi, soldat inconnu

Moi, soldat inconnu
De Grégory Duvall
Mis en scène par Philippe Ogouz
Avec Grégory Duvall
  • Grégory Duvall
  • Margaux Van Den Plas
  • Théâtre Montmartre Galabru
  • 4, rue de l'Armée d'Orient
  • 75018 Paris
  • Blanche (l.2)
Itinéraire
Billets de 16,00 à 30,00
Evénement plus programmé pour le moment

Seuls contre tous, deux soldats français qui ne se connaissaient pas vont devoir s’unir pour survivre.

Sous la plume d’un jeune auteur de 30 ans, « Moi, soldat inconnu » la pièce de Grégory Duvall nous fait vivre le quotidien de deux poilus dans une tranchée française et de la femme de l’un d’eux loin du front.

Cent ans après, la grande guerre aux millions de morts laissera des générations dans l’incompréhension et la haine de la guerre.

Une histoire émouvante portant un message d’espoir, d’entraide et d’humanité. Ce spectacle a reçu le label « Centenaire » délivré par la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale.

 

Note rapide
7,8/10
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33%
Toutes les critiques
Alors ?
Vous aimez Montmartre et ses bistrots un peu surannés ? Vous allez adorer passer la soirée au théâtre Montmartre Galabru... Remémorez-vous ce qu'il s'est passé il y a 100 ans. Le spectacle a reçu le label "Centenaire" délivré par la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale. Le rideau se lève et laisse place à une tranchée criante de réalisme. Ce décor, digne d'un film, se meut avec les jeux de lumières et la musique. Avec les chants de soldats qui tentent de réchauffer le coeur des troupes ou encore la si belle marseillaise, le spectateur est attendu pour rejoindre les rangs. Les seules trêves qu'offrent la pièce seront les battements de cils de Marie (Amala Landré), la femme du soldat (Grégory Duvall), fraiche et pétillante. Elle pousse la chansonnette et raconte par voie épistolaire des évènements futiles parisiens (pléonasme ?). Même quand elle raconte son travail, celui de fabriquer des obus à Puteaux, elle rit de s'appeler avec ses collègues "les munitionnettes" avant de constater qu' "avec joie, on met la mort en boite". Les soldats s'interrogent sur le sens de la guerre et sur l'engagement des Français au combat. Avaient-ils le choix ? "J'ai une arme, je détiens le pouvoir de tuer quelqu'un que je ne connais pas... par patriotisme". Le spectacle donne / rappelle quelques faits historiques tels l'âge des victimes ou le manque cruel de moyens des soldats, comme les casques. On leur répondra que "l'imprudence est la meilleure sûreté".

Une pièce nécessaire pour l'Histoire et pour la mémoire de nos soldats.
31 août 2018
7,5/10
43 0
Il y a encore plus inconnu que le soldat inconnu.
C'est sa femme.

Ces deux-là, pourtant, nous allons faire leur connaissance sur le plateau du théâtre Montmartre-Michel-Galabru.
Néanmoins, ils ne seront jamais ensemble. Forcément...

Le noir n'a pas encore envahi la salle que retentit à la trompette la sonnerie militaire « Aux morts ». Comme prémonitoire...

Immédiatement, ce qui va sauter aux yeux, une fois la scène éclairée, c'est la grande qualité historique de la reconstitution scénographique de l'espace clos qu'est la tranchée.

Rien ne manque, les fusils Lebel, les capotes bleu-horizon, les quarts en fer-blanc, les grenades d'ypérite, les masques-à-gaz... Au lointain, une perspective forcée représente un terrain-vague dévasté par les bombardements, avec un arbre mort. Lui aussi.
Un grand coup de chapeau à Nils Zachariasen.

Nous voici en compagnie de deux poilus. L'un, la vingtaine, dont on ne connaîtra jamais, et pour cause, l'identité, est un conscrit, un sans-grade.
L'autre, plus âgé, c'est Emile, caporal d'active. Lui s'est engagé à la place de son fils.
Ce sont les seuls rescapés de leur unité. Entre eux deux, s'est installée une belle relation, quasi filiale.
Ils n'ont pas choisi de faire la guerre, il n'ont jamais voulu être pratiquement enterrés vivants, sous le feu ennemi.

Un autre personnage, Marie, la promise du jeune piou-piou, nous racontera quant à elle sa vie de femme de soldat restée à Paris, à fabriquer des obus pour le front. Elle nous lira également certains des courriers échangés.

C'est cette vie absurde, c'est le quotidien de cette boucherie guerrière qu'a voulu raconter Grégory Duvall, l'auteur et comédien de la pièce.

Il a voulu nous montrer ce qui s'est passé, au plus fort de ce premier conflit mondial.

L'horreur, l'absurdité de la guerre, la vie dramatique et dérisoire des soldats, de leurs épouses.

Grégory Duvall n'est ni dupe ni angélique. Ses deux héros font le job. Ils ont tué. Et même beaucoup.
Pour autant, de grandes questions philosophiques et morales vont les assaillir.

Le libre arbitre, le meurtre autorisé par la société, "Et dieu dans tout ça ?", l'obéissance à des ordres imbéciles venus de vieilles badernes haut-gradées, (à ce propos, sera évoquée la mutinerie dont Kubrick a fait le sujet de son film "Les sentiers de la gloire", film de 1957, interdit en France, je le rappelle, jusqu'en... 1970... Si si...)

L'auteur et Jean-Claude Robbe, mis en scène de main de maître par Philippe Ogouz, sont ces deux soldats.

Tous deux, fort crédibles dans leurs rôles respectifs, nous racontent leur quotidien et leurs états d'âme. Bien vite, ils nous deviennent très attachants.
Il y a du Jacques Tardi dans leur façon de dire la guerre, avec les mots, avec les gestes.

Amala Landré interprète quant à elle Marie. Elle aussi est excellente, notamment lorsqu'elle chante une sublime version de la célèbre scie « Sous les ponts de Paris ».

C'est le soldat inconnu qui aura le dernier mot.
Tombé pour la France, mais surtout pour une paire de bottes prise à un soldat ennemi tué, il se relèvera. (Au théâtre, on peut se relever, lorsque l'on est mort.)

Il nous révélera alors comment il a été choisi pour reposer sous l'arc de triomphe. On pense alors au film de Bertrand Tavernier « La vie et rien d'autre ».
Mais surtout, il va nous asséner de terribles statistiques. Dix-neuf millions de morts, vingt-sept mille tués pour la seule journée du 22 août 1914, j'en passe et non des moindres...
Le public n'en mène alors pas large...

Je n'aurai garde d'oublier de mentionner la magnifique bande-son que l'on doit une nouvelle fois au spécialiste en la matière qu'est Michel Winogradoff.
Coups de feu, ambiances de combats, moteurs d'avions, cris... Du grand art.

Au final, le message passe et est bien compris : plus jamais ça !

Et l'on comprend évidemment pourquoi ce spectacle a reçu le label « centenaire » délivré par la Mission Centenaire 14/18.
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30 août 2018
6,5/10
7 0
Le comédien et auteur tenait à faire un travail de mémoire avec son spectacle. Avec une magnifique fin où ce jeune combattant deviendra le symbole de tous ces morts. Il est le soldat inconnu, place de l’Etoile où brûle à jamais une flamme.

Ce travail d’écriture se trouve mis en avant grâce à une mise en scène de Philippe Ogouz richement décoré avec précision et surtout grâce à une mise en son de Michel Winogradoff. La musique est une composante important du spectacle. Bruit de bombes qui éclatent, d’armes qui tirent, d’avions qui volent et parfois le bruit de la nature qui entoure les combattants. Des sons importants pour se sentir immerger au cœur de l’histoire. On pourrait presque assister au spectacle en fermant les yeux. Une création indispensable à la structuration de la représentation. Le souci lorsqu’on veut parler d’un sujet aussi complexe que la première guerre mondiale et en 1h15 on ne peut aborder tous les sujets. L’auteur a tenté d’aborder beaucoup trop de sujets allant du souci de la hiérarchie à la religion mais difficile de laisser la place à tout. Mais le résultat saura séduire autant les personnes qui s’intéressent à cette période que les scolaires qui l’étudient à l’école.

Un spectacle qui met au cœur de son récit les noirceurs de l’Homme au cœur d’un conflit sanglant et meurtrier. N’hésitez pas à vous plonger dans une page de l’histoire à la rencontre du soldat inconnu.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor