Les Serge Gainsbourg Point Barre

Les Serge Gainsbourg Point Barre
De Stéphane Varupenne, Sébastien Pouderoux
  • Comédie Française - Studio Théâtre
  • 99, rue de Rivoli
  • 75001 Paris
  • Louvre-Rivoli (l.1)
Itinéraire
À l'affiche du :
16 mai 2019 au 30 octobre 2020
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Chacun porte en soi son propre Serge. Adulé ou détesté, pris en exemple ou en haine, Serge Gainsbourg a toujours résisté, tant à ceux qui voulaient le sanctuariser qu’aux autres qui auraient aimé le voir cloué au pilori.

« Je ne tiens pas à ce qu’on m’attrape » avait un jour déclaré Serge Gainsbourg à Georges Lautner. Mission largement accomplie : toute tentative de définition serait réductrice sinon à dire, plus de 25 ans après sa mort, que chacun porte en soi son propre Serge. Adulé ou détesté, pris en exemple ou en haine, il a toujours résisté tant à ceux qui voulaient le sanctuariser qu’aux autres qui auraient aimé le voir cloué au pilori. Provocateur ? Pas si sûr. Mais compositeur et auteur de génie sans aucun doute.
1973, interviewé par Michel Lancelot :
« — Si vous aviez à écrire un livre sur la chanson ?
— Il faudrait faire ce livre comme un cahier d’écolier. Ça situerait d’abord la chanson à son niveau exact. Il faudrait faire une marge et je serais en marge à chaque page. »
« J’ai toujours dit que le mot m’amenait à l’idée », disait aussi celui auquel Boris Vian avait permis d’admettre que, finalement, s’adonner à la chanson n’était peut-être pas si infamant. C’est à la recherche du bonhomme, pudique et éminent spécialiste du pas de côté, formé à l’école classique en musique comme en peinture, et dans la lignée des spectacles Comme une pierre qui... et L’Interlope (cabaret) que se lancent Stéphane Varupenne et Sébastien Pouderoux. Réunissant sur scène plusieurs de leurs camarades de la Troupe, également musiciens et chanteurs, ils interrogent l’entrée de chacun en « Gainsbourie ».

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3 critiques
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Toutes les critiques
26 mai 2019
5/10
1 0
J’étais en décalage avec le spectacle avant même qu’il ne commence : ce n’est que quelques jours avant de m’y rendre que j’ai compris le subtil jeu de mot qui composait le titre. Dans mon espoir de ne voir jouer sur scène que du Gainsbourg des débuts, et pas du Gainsbarre qui avait moins ma faveur, j’avais perçu dans le « point barre » la locution interjective signifiant qu’il n’y avait rien à ajouter : on y entendrait Gainsbourg, le seul et l’unique, et puis c’est tout. J’étais assez brave, il faut le reconnaître, mais j’aurais peut-être dû y sentir un signe.

Je suis une grande fan des cabarets du Français, et ce depuis leurs débuts : j’écoutais déjà les émissions de Philippe Meyer lorsque celui-ci a décidé de faire chanter les Comédiens Français, j’ai assisté aux premiers spectacles chantés sous sa direction, puis il a été plus ou moins écarté de ces spectacles repris progressivement par les comédiens eux-mêmes. J’avais été très emballée par L’Interlope l’année dernière, qui sortait des cabarets habituellement proposés au Français se composant d’une suite d’interprétations des textes d’un grand nom de la chanson française. Serge Bagdassarian, metteur en scène de L’Interlope, avait pensé son spectacle comme un tout et non une simple suite de chansons, avec une histoire comme fil directeur et des personnages davantage dessinés. Il avait réussi à insuffler une âme, créer une atmosphère, proposer au public quelque chose d’assez surprenant, à la fois gai et mélancolique. C’était brillant.

On sent venir un « mais… » à des kilomètres, le voici : je suis beaucoup moins séduite par Les Serge que j’aurais souhaité l’être. Le modèle diffère de ce qui pouvait exister les années précédentes : Serge Bagdassarian avait déjà créé quelque chose de différent, ils tentent encore une autre formule, plus proche du concert cette fois-ci. Seulement voilà : ce que je venais chercher dans les formes musicales proposées au Français, c’était avant tout une interprétation, car ces comédiens exceptionnels vivaient leur chanson différemment, si ce n’est davantage, que leur interprète originel. On avait là une véritable valeur ajoutée, qui permettait de compenser sans problème une absence de technique vocale.

Ici, ils ont choisi de créer un concert autour de Gainsbourg. Je vois dans cette idée deux problèmes majeurs qui, à mon avis, sont la source de ma déception. Le premier, c’est qu’ils se sont organisés entre instrumentistes de la Troupe : là où, d’habitude, ils étaient accompagnés par des musiciens, ici, ce sont eux qui font tout. Alors certes, ils ont dû absolument s’éclater à le faire, et c’est avec plaisir – et admiration ! – qu’on découvre les comédiens qu’on connaît capables de passer aisément du trombone à la guitare, de la guitare au piano, du piano à la basse. Mais d’un point de vue purement musical, je ne vois pas forcément l’intérêt de préférer ce concert à une écoute chez soi, si ce n’est peut-être pour la modernité de certaines adaptations.

Le deuxième, c’est le choix de Gainsbourg. Il se heurte directement à ce qui constituait, selon moi, la plus-value des cabarets du Français : l’interprétation. Car les chansons de Gainsbourg, contrairement à celles de Brassens, de Boris Vian, ou de Barbara, sont bien moins narratives ; qu’apportent alors les Comédiens-Français dans leur interprétation ? Pas grand chose – au contraire, les comédiens ayant été choisis pour leurs qualités de musiciens, ils ne sont pas toujours assurés vocalement et peinent à apporter à Gainsbourg ce que lui seul mettait dans ses chansons, et qui constituait un vrai travail de funambule : étrange, parfois titubant mais toujours abouti. S’il est vrai que Gainsbourg est loin d’être mon artiste préféré, je précise quand même que je connais plutôt bien son oeuvre – j’étais même assez contente que Black Trombone et Comme un boomerang, parmi mes chansons préférées, figurent au programme. Deux interprétations qui, finalement, ne me laisseront rien.

Seule Rebecca Marder tire vocalement son épingle du jeu – j’aurais probablement abondé davantage en compliments si le choix de la comédienne n’avait pas été présenté de manière si hypocrite. Dans le programme, on peut en effet lire que « Si Rebecca est la seule fille, c’est un choix purement pragmatique car elle est la seule comédienne instrumentiste de la Troupe. » Moi-même pianiste, j’ai observé Rebecca Marder pendant tout le spectacle : elle se retrouve deux fois au clavier, les mains mal positionnées, jouant mains gauche et droite toujours séparément. Le plus dur qui lui est demandé, c’est probablement ses trois accords à la main droite qu’elle joue avec deux doigts différents. C’est faire injure aux autres comédiennes de la Troupe que sous-entendre qu’elles n’auraient pu effectuer la même prouesse artistique. La prochaine fois, il faudra assumer le choix d’une comédienne jeune et jolie.

Enfin, le troisième problème vient du fait qu’ils n’ont pas su trouver un biais intéressant pour sortir du format de cabaret habituel. Comme pour justifier leur concert, les chansons sont entrecoupées d’extraits d’interviews de Gainsbourg avec ses folies, ses manières, ses bons mots. Ça aurait pu être intéressant mais cela casse le rythme du spectacle et, à la longue, finit par ennuyer. Ce qui en ressort, c’est un spectacle qui manque d’âme, qui ne réussit pas à créer l’atmosphère qu’il souhaiterait – l’alcool, les cigarettes et les repettos blanches ne suffisent pas à reproduire cette ambiance particulière – et qui apparaît finalement comme un peu fade. On lui reconnaîtra malgré tout une très jolie fin, qui reprend une « phrase-refrain », certes un peu artificielle mais qui a le mérite d’exister et d’articuler le spectacle, qui clôt agréablement le spectacle.
22 mai 2019
9/10
3 0
Un beau spectacle, de bons arrangements musicaux, des comédiens talentueux, bref un bel hommage.

J'avais hâte de le voir, j'ai été comblée ! Merci pour ces moments d'émotion.
18 mai 2019
10/10
1 0
J'ai vu Les Serge
Les Serge (GAINSBOURG POINT BARRE).
J'ai vu Les Serge
Les Serge au Studio Théâtre
J'ai jamais rien vu oh
J'ai jamais rien vu d'aussi beau
Oh! C’est beau, c'est beau Les Serge
Les Serge (GAINSBOURG POINT BARRE).

Stéphane Varupenne oh, c'est beau
Sébastien Pouderoux oh! C'est bon
Benjamin Lavernhe oh! C'est chaud
Noam Morgensztern oh! C'est show
Rebecca Marder oh, c'est bon
Yoann Gasiorowski oh, c'est beau

J'ai vu Les Serge
Les Serge (GAINSBOURG POINT BARRE).
J'ai vu Les Serge
Les Serge au Studio Théâtre
J'ai jamais rien vu oh
J'ai jamais rien vu d'aussi beau
Oh! C’est bon, c'est beau Les Serge
Les Serge (GAINSBOURG POINT BARRE).

Adaptation de New York - U.S.A @ Serge Gainsbourg
17 mai 2019
7,5/10
5 0
Toute tentative de définition de Serge Gainsbourg serait nécessairement incomplète, voir réductrice. Je pense que même si l’artiste ne laissait personne indifférent ; tout le monde, détracteurs comme fans, peuvent être d’accord avec cette observation.

Aussi le spectacle proposé par Stéphane Varupenne et Sébastien Pouderoux tous deux sociétaires de la Comédie Française est une variation autour de ce monument. Un spectacle à prendre comme une belle friandise, pause musicale originale mais pas que, car des extraits d’interview se glissent avec malice entre deux chansons et font revivre avec une diplomatie bienveillante des épisodes choc (l’interview avec Whitney ou le billet de 500 francs).

C’est le premier spectacle musical de la Comédie Française où tous les membres sur scène sont déjà des artistes de la Troupe et quels artistes ! A la fois comédiens, chanteurs et musiciens (et même multi instrumentistes pour la plupart) ! Quelle équipe ! Stéphane Varupenne, Sébastien Pouderoux, Benjamin Lavernhe, Noam Morgensztern, Yoann Gasiorowski et Rebecca Marder sont parfaitement à l’aise et se font plaisir.

C’est donc un bon moment qui est proposé sous forme de cover des chansons de l’homme à la tête de choux ! Etonnamment ce ne sont pas mes chansons préférées de l’artiste qui m’ont le plus touchée lors de cette soirée : j’ai adoré la version de ‘Love on the beat’ chantée par Rebecca Marder et puis ce chant façon chorale pour les ‘sucettes ‘ qui m’a procuré un plaisir fou, j’ai aussi beaucoup apprécié les interventions du trombone de Stéphane Varupenne.

Mais qui dit Gainsbourg, dit aussi un univers visuel un peu particulier et nous retrouvons des ingrédients qui font partie du personnage : de nombreux instruments de musique qui encombrent le plateau, des bouteilles d’alcool plus ou moins entamées et des cigarettes évidemment ! Que serait Gainsbourg sans ses cigarettes ? Il y a des choux aussi !

Ps : Si comme moi, vous êtes sensibles à la fumée, ne vous placez pas dans les premiers rangs du Studio.
10/10
1 0
... Un concert mais pas que, qui nous captive tout le long et nous enchante littéralement. Un moment de partage réussi que cette évocation-hommage de Gainsbourg. Il y a du beau talent dans tout ceci, il y a du très grand talent. Un spectacle incontournable que je recommande vivement.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor