Les hérétiques

Les hérétiques
  • Théâtre de l'Aquarium
  • route du Champ-de-Manœuvre
  • 75012 Paris
  • Château de Vincennes (l.1) puis bus 112
Itinéraire
Evénement plus programmé pour le moment
Achat de Tickets

Une femme dans le désarroi, perdue dans le noir. Cette citoyenne lambda qui ne sait plus à quel saint se vouer, qui veut agir, a rendez-vous avec trois femmes.

Des militantes qui ont réfléchi aux rapports entre État et religions, à ce qui les sépare, à ce qui les confond.

Des affranchies qui ont choisi de suivre leurs opinions, leur liberté de conscience contre tout conformisme. D’immortelles hérétiques condamnées, jetées aux lions, au bûcher. 

Note rapide
7/10
pour 2 notes et 2 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
1 critique
Note de 4 à 7
50%
1 critique
Note de 8 à 10
50%
Toutes les critiques
7/10
1 0
Alors ? Une femme désoeuvrée (Stéphanie Schwartzbrod), qui ne croit plus à l’éclairage public, erre dans le public à mesure que la pénombre arrive.

Elle se retrouve dans la fumée, où des voix peu rassurantes l’accueillent. Ce sont des sorcières, des imprévisibles terrifiantes. Elles répondent au nombre de trois et elles occupent une sorte de salle de classe carbonisée, le sol jonché de terre volcanique noire craquelée. L’instruction publique n’est pas à ses heures de gloire. Les discours religieux et laïcards s’opposent farouchement, les derniers reprochant à la religion de toujours empêcher quelqu’un de faire quelque chose.

Chaque camp fait du prosélytisme. Chacun prêche pour sa paroisse. Il y a « deux France ». Les sorcières avertissent l’épeurée du sort que les religions ont pu réserver aux femmes. « Ne me prenez pas pour une idiote, vous me parlez de choses qui n’existent plus » leur tient tête la femme d’une blondeur tranchante. Elle est le personnage le plus intéressant de la pièce, récupérant l’idée d’hérésie pour faire le choix de prendre son propre chemin et de continuer de cultiver son doute. Les trois mégères, corsetées dans leur tenue de sport, sont viriles malgré leurs poitrines et tétons apparents. A titre personnel, j’ai été agacée par le jeu d’une des sorcières (Christine Guénon), faisant toujours les mêmes gestes, lents puis nerveux, à mesure que sa voix subissait de grandes variations au détriment des fins de phrases, inaudibles. Le jeu d’une sorcière repentie (Lymia Vitte), bien plus posé mais pas moins malicieux, est plus intéressant à observer. Le cadre du parvis Saint-Jean, à Dijon, est absolument idéal : la mise en scène de François Rancillac semble avoir été conçue sur place, alors qu’il s’agit d’une création du théâtre de l’Aquarium à Paris.

Ce pamphlet laïcard proféré dans une enceinte religieuse ne manque pas de saveur. Néanmoins, on peut regretter l’éternelle caricature de la police cagoulée, très facile, et le débat sur le burkini qu’on espérait définitivement enterré ou traité avec plus de légèreté. La lourdeur est à déplorer aussi dans le discours très appuyé anti-récit national « ta petite France, ta petite crèche, tes petits santons, tes petits (…) » pour glisser vers les « petites croisades » et tout ce que l’on ressert inlassablement sur les plateaux TV d’un niveau intellectuel douteux. Peut-être était-ce le but ? Rien de nouveau sous le soleil, si ce n’est le ressassement.

Les sorcières semblent être à côté de la plaque à ce moment-là et il est difficile d’adhérer à leur discours. Elles sont détestables dans leurs propos et leurs actes. Pour l’auteure, Mariette Navarro, qui s’était fixée notamment comme consigne « d’éviter la bipolarité du débat médiatique », on repassera.
27 nov. 2018
9/10
1 0
Les Hérétiques de Mariette Navarro mise en scène François Rancillac.
Conte Fantastique, ensorcelant, profond.
« En Grèce, le mot Hérétique désignait ceux qui avaient librement fait le choix de s’inscrire dans tel ou tel mouvement de pensée, quitte à sortir des sentiers battus. »
Nous sommes en 2028 c’est le chaos entre les extrémistes et les laïques, l’avortement est interdit, la liberté d’expression est remise en jeu par les censures.
Une jeune femme se pose mille questions sur cette société en déroute. Elle ne trouve plus ses mots, elle est perdue. Elle ne retrouve plus la lumière…
C’est à qui priera le plus fort.
C’est à ceux qui seront les plus nombreux.
C’est à ceux qui seront les plus puissants.
Pour faire feu de toute cette obscurité.

Un jour au cours d’une manifestation, elle remarque une femme qui résiste, qui a le diable au corps et qui blasphème.
Elle décide de la retrouver…

Nous la suivons… L’obscurité se fait, une ambiance un peu surnaturelle nous envoute. Nous distinguons dans la pénombre une salle de classe du siècle dernier, lieu du savoir et de l’érudition.
Les sorcières apparaissent. Elles vont mener un interrogatoire sans merci à cette jeune femme.
Est-elle vraiment de leur côté ou est-ce une espionne ?

Bien des questions vont surgir, sur l’ordre établi.
La religion.
La place des femmes.
La misogynie.

Tout à coup, une apparition nous désoriente, Blandine. Sainte Blandine martyre chrétienne. Blandine qui croit en la lumière de Dieu.

Entre les sorcières agnostiques, assoiffées de vengeances et Blandine illuminée par sa foi.
Cette jeune femme retrouvera-t-elle ses mots ? Retrouvera-t-elle la lumière ?
*Comment peut-on faire cohabiter nos croyances ?
*Comment se remettre en question ?
La mise en scène de François Rancillac, les lumières en clair-obscur, les costumes, nous transportent dans un monde onirique, débordant de surprises, profond et plein de vérités.
Les comédiennes, Andrea El Azan, Christine Guênon, Yvette Petit, Stéphanie Schwartzbrod, Lymia Vitt sont émouvantes, investies dans leur rôle et talentueuses.
C’est emporté, plein d’énergies, magique et surprenant.
C’est un conte, un conte philosophique.
Agréable moment de théâtre qui nous ensorcelle, nous réjouit et nous questionne.
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor