Les Amoureux de Goldoni

Les Amoureux de Goldoni
De Carlo Goldoni
  • Théâtre Déjazet
  • 41, boulevard du Temple
  • 75003 Paris
  • République (l.3, l.5, l.8, l.9, l.11)
Itinéraire
Billets de 23,00 à 40,00
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Amour, quand tu nous tiens !

Les Amoureux se cherchent des poux dans la tête et s’écharpent joyeusement, au sein d’une famille non moins loufoque, entre pures scènes de Commedia dell’arte et chorégraphies déjantées façon 60’s…

 

Une pièce de jeunesse du "Molière italien": drôle, exotique, romanesque et dynamitée par le "maestro" Marco Pisano, venu de Rome pour l’occasion.

Venez rire et pleurer avec ces amoureux, à moins que ne ce soit Goldoni lui-même qui se joue un peu de nous tous ? 

 

Note rapide
Toutes les critiques
28 févr. 2017
8/10
35 0
Pour notre plus grande joie, le texte coloré de Goldoni rebondit : « Il n’y a pas un mot où mon coeur va se briser de tendresse. » « Je ne reviendrais plus jamais ! » s’exclame l’amoureux. Le langage du corps n’est pas en reste. Benoit Soles joue de son corps élastique. On découvre un Gaston Lagaffe qui aurait bu une dizaine de cafés noirs très très forts. Les spectateurs s’amusent comme des petits fous dans ce divertissement un poil fatiguant. Comme un air méditerranéen d’Italie à Paris sur un grand huit de fête foraine…
7,5/10
30 0
Goldoni écrit cette pièce en 1759, reprenant les thèmes qui lui sont chers et qui fondent les comédies italiennes et françaises de cette période classique. Nous y retrouvons ici la fougue des approches amoureuses, le calcul des mariages arrangés, l’autorité parentale implacable et liberticide des vieux parents, oncles ou tuteurs opprimant les jeunes gens, les tromperies et autres duperies, les arlequinades et les pantalonnades.

Chez nos jeunes amants, du caprice à la posture, le lien est ténu. Nous ne savons pas si Eugénie joue avec Fulgence comme avec son ours en peluche ou si elle ressent vraiment la jalousie qu’elle invoque avec la même sincérité des sentiments amoureux qui semblent les lier tous les deux. Une vraie tête à claque en face d’une vraie tête de mule, voilà nos amoureux. Heureusement, la sœur de l’une et l’ami de l’autre vont agir prestement pour camoufler les risques, déjouer les calculs du tuteur et les velléités d’un comte aux abois.

Voici un Goldoni au burlesque appuyé jusqu’au désopilant aux allures de fantaisie théâtrale actualisée dans les années sixties avec moult clins d’œil musicaux et dansés.

L‘adaptation et la mise en scène de Marco Pisano privilégie la farce au chapon, le rire au sourire, le visuel à la réplique, nous faisant penser au théâtre de tréteaux voire à la Commedia dell’arte.

L’ensemble fonctionne plutôt bien malgré plusieurs ruptures de rythmes dans les enchainements de situations et quelques monologues un peu lourds et trop lents. Mais la farandole de gags et d’astuces scéniques bienvenues, jouée savoureusement par une distribution enthousiaste, est entraînée par les remarquables Benoit Solès, Yoann Sover et Sophie Nicollas, qui, reconnaissons-le, sauvent la mise.

Les rires parsèment le spectacle au fil des surprises farcesques et des situations délicieusement jouées. Le plaisir du théâtre malin et joyeux de Goldoni est bien rendu.
28 janv. 2017
7/10
34 0
La performance de Benoît Solès (Fulgance) mérite à elle seule d'aller voir cette pièce.

Son jeu de corps et ses expressions faciales dégagent une telle énergie. Il pousse loin son jeu mais il reste juste. Les personnages masculin sont une réussite. David Halevim incarne un parfait oncle fantasque et sans le sou. Yoann Sover est parfait dans cette interprétation très 60s du meilleur ami de Fulgance.
Je suis moins enthousiaste vis à vis des personnages féminins qui ne m'ont pas réellement charmé.

Une histoire assez banale, pas trop longue et pas prise de tête (pour les spectateurs), qui permet de passer une agréable soirée.
16 janv. 2017
8/10
65 0
Ils sont beaux les amoureux, ils sont beaux !!

Venez écouter et voir l'histoire (qui n'a pas vieilli depuis 1750) du couple infernal formé par Eugénie et Fulgence qui sont aussi jaloux et susceptibles l'un que l'autre... On ne s'ennuie jamais avec ces deux là entre deux brèves réconciliations.

Œuvre de jeunesse de Goldoni, il n'en demeure pas moins qu'on sent déjà la patte d'un grand auteur : "le Molière italien".

Une mise en scène efficace et enlevée dans un décor succinct qui pourtant se suffit à lui même et des comédiens survoltés tant le couple phare formé par Aphrodite De Lorraine et Benoit Soles que les autres rôles avec ma préférence pour l'oncle sans le sou.

La pièce a un goût 'moderne' et c'est donc un pari réussi pour Marco Pisano : la salle rit aux éclats.
15 janv. 2017
8/10
92 0
Eugénie et Fulgence s'aiment.
Eugénie et Fulgence sont aussi bipolaires l'un que l'autre.

Dans ces conditions, leur amour est fait de hauts et de bas, de félicités et de querelles, de moments délicieux et d'autres épouvantables, d'éloignements et de retrouvailles.
Jalousies, sautes d'humeur, emportements soudains et suspicions permanentes viennent contrarier un amour pourtant sincère et véritable.

C'est une pièce de jeunesse goldonienne qu'a décidé d'adapter et de mettre en scène le transalpin Marco Pisano.
Le jeune Goldoni n'a pas encore trouvé vraiment sa « marque de fabrique », à savoir une étude minutieuse et sociétale de son époque qui pointe les dysfonctionnements de la société dans laquelle il vit.
Nous sommes encore ici dans une histoire d'amour « simple », même si l'on sent bien pointer des thèmes qu'il approfondira par la suite, comme les différences de conditions sociales ou bien encore la place de la femme et la condition féminine dans l'Italie dans les années 1750.

Pour cette relecture, Pisano a transposé l'action milanaise du XVIIIème siècle dans un appartement bourgeois dans les années 60.
Tous les codes de l'époque sont là : costumes, musique, coiffures...

Mais de décor point, ou très très peu : quelques très grands cadres vides en fond de scène évoquant la collection de toiles du maître de maison, une commode très « Mondrian » et quelques chaises.

Le texte et le propos suffisent amplement.

Cette transposition très réussie est évidemment la confirmation, s'il en était encore besoin, de la modernité de l'auteur vénitien.
Le texte de Goldoni n'a pas pris une ride.
Je me demande même pourquoi la pièce n'est pas jouée plus souvent.
Frilosité artistique ambiante ?

Une autre caractéristique de cette mise en scène est le jeu demandé aux acteurs.
Nous sommes vraiment dans l'une de ces comédies remarquables qu'on pouvait voir (c'était mon cas étant tout minot...) au « Théâtre ce soir ».
Il y a vraiment ce clin d'oeil à ce théâtre apparemment "facile" mais qui demande beaucoup d'exigence.

A cet égard, les deux comédiens interprétant les deux personnages principaux, Benoît Soles et Aphrodite de Lorraine m'ont fait penser au célèbre couple De Funès – Claude Gensac (qui vient de nous quitter très récemment).

Oui, Benoît Soles et Aphrodite de Lorraine s'en donnent à cœur joie sur le plateau, dans des moments outranciers mais totalement assumés qui font énormément rire les spectateurs.
Ces deux-là ne ménagent pas leur peine, servis qu'ils sont par une mise en scène vive, alerte et précise.
Ils vont, viennent, s'attirent, se repoussent, s'étreignent, se quittent.
Il y a quelque chose de viscéral dans le jeu qu'on leur a demandé.

Les seconds rôles sont à l'avenant, avec notamment Yoann Sover incarnant Rodolphe, l'ami de Fulgence, un Yoann Sover qui lui aussi fait preuve d'énormément de vivacité et de drôlerie.

David Halevim en tonton fauché, Sophie Nicollas en soeur-confidente, Rotem Jackman en comte pédant et bégayant sont également parfaits.

Marco Pisano, en décidant d'exhumer et de dépoussiérer ces « Amoureux » a complètement réussi son pari.
Il ne s'est rien interdit, il a tout osé et tout ceci fonctionne parfaitement.
On rit beaucoup, on s'amuse vraiment et comme dit Fulgence-Benoît Soles à la toute fin de la pièce, en s'adressant au public (autre caractéristique goldonienne) :

« Oh ils doivent être nombreux ceux ceux qui se sont reconnus en nous. »

A en juger par les applaudissements nourris ce soir-là, c'était évidemment le cas !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor