L'école des Femmes (Rigas)

L'école des Femmes (Rigas)
De Molière
  • Théâtre Déjazet
  • 41, boulevard du Temple
  • 75003 Paris
  • République (l.3, l.5, l.8, l.9, l.11)
Itinéraire
À l'affiche du :
1 décembre 2018 au 31 décembre 2018
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 16:00
    • 20:45
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Arnolphe, riche bourgeois, n’a qu’une hantise : se marier à une femme qui le fasse cocu.

Pour remédier à cela, il a élevé à l’écart du monde et dans l’ignorance la plus totale une jeune demoiselle, de plus de vingt ans sa cadette, dans l’espoir d’en faire une épouse « modèle ».

Mais les plans de notre homme ne se déroulent pas comme prévu, et lorsque l’Amour, sous les traits d’un jeune amant, frappe le cœur d’Agnès, Arnolphe découvre à ses dépens « que jamais, par la force, on entra dans un cœur ». Une nouvelle fois Molière nous offre une Comédie de génie, « a ceci d’original qu’elle mêle à la pièce quelques airs des Contes d’Hoffmann , faisant un lien entre Arnolphe et les diables d’Offenbach, Agnès et les femmes de l’opéra (Olympia, Antonia, Giulietta) »

– Le Figaro.
Molière parvient, comme avec tous ses chefs-d’œuvre, à mettre en scène toutes les facettes de notre humanité si complexe, et à nous en faire rire ! Il nous parle ici de la place des femmes, du détournement de la religion et de concepts moraux à des fins personnels, on y parle aussi d’orgueil, d’amour, de pouvoir, de mensonge, autant de thèmes et de sujets qui font de Molière notre contemporain.

Pour donner vie à ce chef-d’œuvre, Nicolas Rigas nous plonge dans un univers où se mêlent le Théâtre, la Farce et l’Opéra.

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Il y a 23 heures
8/10
1 0
J’ai très peu réfléchi avant de prendre ma place pour cette École des Femmes mise en scène par Nicolas Rigas. Certes, je ne connaissais aucun des noms sur l’affiche, et mon expérience passée au Dejazet n’était pas vraiment encourageante, mais j’avais déjà une autre École des Femmes de réservée et je n’étais que trop tentée d’en voir deux versions en peu de temps. Au-delà de la simple comparaison, cela me permet aussi de voir quels détails chaque metteur en scène a mis en avant, quelle interprétation il tire de chacun des personnages, quelle interrogation il mène en montant cette pièce. Et le résultat est intéressant.

Arnolphe a choisi Agnès dès l’âge de quatre ans après l’avoir quasiment achetée à une paysanne, l’a tenue depuis toujours à l’écart du monde tout en maintenant des vues sur elle, et souhaite à présent l’épouser. C’est un homme d’âge mûr, elle est une jeune fille. Il la croit naïve, elle ne l’est peut-être pas tant que ça. C’est en tout cas ce qu’il découvre lorsqu’il apprend, à son retour d’un voyage, que la jeune femme a fréquenté un homme, Horace, durant son absence. Elle est amoureuse, et souhaite à tout prix l’épouser, ce qui n’est pas du tout conforme au plan initial d’Arnolphe…

La mise en scène, parfois peut-être un peu trop appuyée, doit quand même être saluée. Ses accentuations ne sont pas dommageables puisqu’elles servent sans doute une dimension plus pédagogique et que, le soir où j’y étais, cela semblait combler tant les scolaires présents dans la salle que ma petite personne. Et, mine de rien, elle dissémine ici et là de belles idées : par exemple, le fait que Agnès soit voilée passe ici très bien et aurait même pu être davantage accentué. Les intermèdes musicaux issus d’Offenbach sont très bien choisis et permettent à certains comédiens de faire-valoir un autre de leurs talents.

Je pense également à la manière dont sont traités les personnages d’Alain et Georgette, les valets d’Arnolphe, qui sont présentés comme « simples » et qui, généralement, sont un peu laissés de côté de sorte que dès qu’ils apparaissent sur scène on s’enfonce dans son siège en se préparant à piquer du nez. C’est ici tout le contraire qui se produit : en proposant une version acrobatique des deux personnages, c’est avec joie qu’on les voit apparaître dans les différentes scènes et, enfin, on peut rire de leurs cabrioles !

Et c’est un fait : on rit beaucoup dans cette proposition de Nicolas Rigas qui endosse le rôle d’Arnolphe sans chanceler. Son interprétation est à l’image de sa mise en scène : pleine de rebonds. Tour à tour pervers et calculateur, trop confiant mais finalement pitoyable, son Arnolphe donne à entendre Molière, ce contre-modèle caricatural et misogyne qu’on a plaisir à détester. A ses côtés, la distribution peine un peu plus sans déshonorer pour autant : simplement, on reprochera ses alexandrins un peu soutenus à Martin Loizillon, dont la grande naïveté et le bon coeur saura quand même nous toucher, et une composition un peu timide de Amélie Tatti, avec qui on se réconciliera dès qu’elle fera entendre sa belle voix de Soprano !

Et on ne boudera pas notre plaisir lorsque la troupe salue, à la fin, et entonne la chanson du Théâtre du Petit Monde sous les applaudissements du public. Surprise et ravie d’apprendre d’ailleurs que la troupe existe depuis 1919, et qu’on a donc goûté un petit morceau d’une grande histoire théâtrale… Voilà qui m’en fait d’autant plus apprécier la saveur !
9,5/10
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... Un spectacle qui sert le chef-d’œuvre de Molière avec un brio plein de reliefs et de plaisirs, adroitement mis en scène et très bien joué. Un beau temps de théâtre, riche et agréable. À voir sans hésiter.
5 déc. 2018
9,5/10
24 0
Le petit chat d'Agnès va toujours aussi mal. (C'est un euphémisme...)
En revanche, nous, nous sortons du théâtre Déjazet en pleine forme, ravis, heureux, enchantés par cette Ecole des femmes-là.

En effet, Nicolas Rigas nous offre une euphorisante version du chef-d'œuvre de M. Poquelin.
Le metteur en scène a eu une toute première et formidable idée : rapprocher ce classique des contes d'Hoffmann, d'Offenbach, pour en faire une comédie-ballet lyrique. Trois musiciens accompagneront les protagonistes de la pièce.
Si ça fonctionne ? Et comment !
A se demander même pourquoi personne n'en avait eu l'idée avant lui !

Arnolphe aura des faux-airs d'un diable offenbachien, Agnès présentera bien des points communs avec Olympia, Antonia et Giuletta, Alain et Georgette nous feront penser à Spalanzani et Pittichianiccio.
Je me suis même surpris à penser que le compositeur de la Vie parisienne devait énormément apprécier la pièce de Molière...

Le deuxième parti-pris qui saute aux yeux est celui de la farce burlesque.
Les comédiens vont s'en donner à cœur-joie ! Avec par exemple les stupéfiants Roman Canonne et Jean Adrien, deux comédiens-acrobates incarnant les serviteurs du maître de maison.
Tout sera très physique, très survolté, sans temps-morts aucun.

J'ai même parfois pensé à un Rigas-De Funès, tellement son Arnolphe est souvent hilarant et énervé, parfois désespéré, avec des mimiques tristes on ne peut plus réjouissantes. (Ah ! Les sourcils en accent circonflexe !...)

Le comédien va déployer un abattage, une verve, un allant, un charisme, une force comique étonnants ! C'est souvent une tornade qui souffle sur le plateau pour notre plus grand plaisir, déclenchant d'innombrables éclats de rire dans la salle.
Lui aussi chante Offenbach, de sa belle voix de baryton.
Quel Arnolphe ! Quelle composition !

Autre parti-pris du metteur en scène Rigas : se ranger tout comme Molière du côté des femmes.
Si Agnès et Georgette portent le niqab, ce n'est pas par choix, c'est parce qu'un homme leur a imposé le port du voile.
Agnès s'en débarrassera, symbole de son émancipation. Un beau symbole.

Agnès, c'est Amélie Tatti, soprano lyrique de son état, qu'on a souvent pu entendre dans des rôles mozartiens.
Melle Tatti est tout à fait convaincante dans son rôle d'ingénue découvrant « les choses de la vie ».

La progression de cette émancipation est tout en subtilité et en finesse. Que ce soit dans le texte ou dans la partie lyrique, la comédienne m'a vraiment séduit.

Martin Loizillon est Horace.
Le César 2016 de la révélation masculine campe un galant tout à fait irrésistible.
Ses duos avec Nicolas Rigas sont des petits bijoux dramaturgiques, de très beaux moments de comédie.
Le comédien est tout aussi convaincant dans sa relation avec Agnès-Amérie Tatti. On croit totalement à leur histoire d'amour pur et innocente.

Martin Loizillon lui aussi chantera.

Même si l'on sent bien que l'art lyrique n'est pas sa spécialité première, sa prestation est néanmoins tout à fait séduisante.

Quant à Salvatore Ingoglia, il est un Chrysalde qui n'a rien à envier au Maître Panisse de Pagnol. Son personnage est lui aussi très réussi.
Je n'aurai garde d'oublier de mentionner l'excellent Raphaël Schwob dans le court rôle d'Oronte.

Je voudrais terminer en mentionnant un tout petit mais subtil détail vestimentaire, un petit détail dans lequel, dit-on, se niche le diable.
Arnolphe, devenu M. de la Souche, a trouvé un moyen infaillible de manifester son accession à la noblesse bling-bling de l'époque : il a peint ses talons plats en rouge. Comme c'est bien vu !

Cette Ecole des Femmes est donc une totale et incontournable réussite. Il faut vraiment aller applaudir la petite troupe, menée tambour battant par Nicolas Rigas.
C'est une enthousiasmante et passionnante proposition !

C'est ce qu'a bien compris Madame Fieschi, Enseignante de l'Ecole alsacienne du 6ème arrondissement, qui avait eu la riche idée d'emmener hier soir ses ouailles au Déjazet.

Les lycéens sont ressortis complètement enthousiastes.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor