Le Montespan

Le Montespan
De Jean Teulé
Avec Michael Hirsch
  • Michael Hirsch
  • Simon Larvaron
  • Salomé Villiers
  • Théâtre du Gymnase
  • 38, boulevard de Bonne-Nouvelle
  • 75010 Paris
  • Bonne Nouvelle (l.9)
Itinéraire
Billets de 20,00 à 30,00
À l'affiche du :
7 octobre 2022 au 7 mai 2023
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L’histoire du plus célèbre cocu de France…

En 1663, Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan, et la charmante Françoise de Rochechouart, tombent fous d’amour et se marient.

Les dettes s’accumulent et le Marquis doit absolument s’attirer les bonnes grâces du Roi-Soleil. Louis-Henri part donc en guerre pour Louis XIV, et se réjouit durant son absence que Françoise soit introduite à la cour auprès de la Reine. Mais c’est sans compter sur les appétits du roi pour sa tendre épouse. La nouvelle favorite !

Prêt à tout pour récupérer celle « qu’on n’aime qu’une fois dans une vie », il déclare une guerre sans relâche contre le monarque, refusant toutes faveurs attachées à sa condition de cocu royal, et allant même jusqu’à orner son carrosse de cornes gigantesques…

Les trois comédiens dépoussièrent le Grand Siècle : les saillies fusent, les trouvailles scéniques sont éclatantes et les péripéties de l’intrigue vont tambour battant.

 

 

 

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L'AVIS DE LA REDACTION : 8,5/10

Marquise d'amour vos beaux yeux me font souffrir !

Pauvre Louis Henri de Pardaillan, marquis de Montespan désargenté et déshonoré.

Le Roi Soleil lui fait de l'ombre. Il lui a barboté sa femme, la belle Athénaïs.

Il a beau s'échiner, s'évertuer, s'agiter pour la récupérer....il est malheureusement plus ingénu qu'ingénieux.

Et sa belle ne l'entend pas. Comme quoi, l'amour rend non seulement aveugle, mais sourd.

Voilà une formidable adaptation du roman de Jean Teulé, qui restitue avec talent son humour irrésistible et sa langue piquante et imagée.

Nous la devons à la talentueuse Salomé Villiers, qui s'offre par la même occasion le beau rôle de la Montespan, ainsi qu'une kyrielle d'autres, tous aussi savoureux.

Car ils ne sont que trois pour faire revivre avec truculence ces quelques 20 personnages qui tourbillonnent sous nos yeux.

A ses côtés, Simon Larvaron, gascon obstiné, raillé par tous, et amoureux transi de sa femme, souffre le martyr. Avec sa voix profonde et ses yeux inconsolables, il est "Le Montespan" pour notre plus grand bonheur.

Le troisième larron a délaissé son habit de one man show pour endosser celui d'une vingtaine de personnages. Michaël Hirsch, digne héritier de Sganarelle, est le trublion indispensable de ce trio magistral.

Mais cette aventure ne serait pas possible sans la baguette magique d'Etienne Launay, qui nous offre une mise en scène virevoltante, directement inspirée du théâtre de tréteaux, très en vogue à l'époque. Chef d'orchestre de cette partition brillante et rythmée, il réussit le pari de transformer la scène miniature du théâtre de la Huchette en atout ! Chapeau !

Depuis que nous l'avons vue, la pièce a parcouru un sacré chemin !

Molière de la révélation féminine pour Salomé Villiers.

Gloire Avignonnaise ....

Portée par son succès, elle va poser ses valises au Théâtre du Gymnase jusqu'au 29 décembre.

N'hésitez pas !

Sylvie Tuffier

Parole d'acteur : "Ca fait quand même chier de devoir tout payer avec des pièces à l'effigie de l'amant de sa femme" (Simon Larvaron)

Note rapide
8,6/10
13 pour 13 notes et 13 critiques
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1 critique
Note de 4 à 7
8%
12 critiques
Note de 8 à 10
92%
Toutes les critiques
13 nov. 2022
7/10
3
Je suis sortie perplexe de ce spectacle ....
J’avais réservé sans hésitations cette pièce au vu de ses excellentes critiques. De plus, mon compagnon avait beaucoup apprécié le livre de Jean Teule. Je ne l’avais pas lu car je n’ai jamais été attirée par le style de cet auteur. Et franchement, la pièce ne me donne pas envie de le lire. Que dire? Sinon que je me suis ennuyée.
Et pourtant… Le décor est beau et épuré. Les acteurs sont tous les 3 très bons, en particulier le 3eme larron qui joue un nombre incroyable de personnages… Ils se démènent, courent, pour jouer leurs multiples rôles. La mise en scène est plutôt réussie alors qu’il doit être compliqué de dérouler une vie entière en quelques scènes et quelques répliques. Mais je n’ai pas aimé. J’ai trouvé qu’il y avait des longueurs. Que ce n’était pas très drôle ( même si il y a quelques réparties amusantes). Je suis persuadée que ce Monsieur de Montespan est un bon sujet de livre.
Mais à mon avis, pas pour une pièce de théâtre.
22 oct. 2022
8/10
5
L’histoire du marquis de Montespan est l’histoire d’un homme sans grande envergure qui cherche le moyen de briller en échouant à chaque fois.
Le couple est amoureux fou mais sa femme deviendra, dans une cour impitoyable, la favorite de Louis XIV. Le marquis affichera au grand jour la tromperie dans des démonstrations qui entraineront les moqueries de tous. Il affichera à tous des cornes de cerf. Il devra par demande du roi partir de Paris et vivra sa vie dans son château natal en Guyenne.

L’histoire est sympathique, prise du point de vue du mari trompé. Les acteurs incarnent tous les rôles. C’est rythmé, enjoué, bien construit. Dans le style, le montage est bon. On s’amuse de voir les frasques de cet homme blessé, on compatit à la peine de ce mari amoureux.
Le texte est joli. Et évidemment, le salut final des acteurs a été émouvant car il a rendu hommage à Jean Teulé, auteur de la pièce, précocement disparu dans la semaine.

Leur émotion était sincère et leur hommage émouvant.
13 sept. 2022
10/10
11
« Le Montespan » de Jean Teulé adapté par Salomé Villers dans une mise en scène d’Etienne Launay à la Condition des soies est une visite de l’histoire par le petit bout de la lorgnette pour le plus célèbre cocu du XVIIe siècle.

La Montespan vous dit certainement quelque chose, la maîtresse, la favorite de Louis XIV. Eh bien cette histoire prend une tournure des plus cocasses avec les mésaventures de son mari.
Une belle histoire d’amour les unit pour le meilleur et pour le pire, un véritable coup de foudre entre Françoise de Rochechouart de Mortemart et Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan.
Pendant plusieurs années ils vont vivre une passion des plus folles, entre deux galipettes ils prendront le temps de respirer et auront deux enfants.

Seulement voilà cette vie insouciante ne remplit pas la bourse et les dettes s’accumulent.
Le marquis ne voit pas d’autre solution que d’aller faire la guerre au nom du roi, espérant des retombées financières. Tout ne se passe pas comme prévu et les dettes ne font qu’augmenter.
Cependant La Montespan par ses bons mots, son esprit, qui font merveilles dans le frivole Marais, devient la dame d’honneur de la reine. Une lueur d’espoir, avec cet honneur, naît pour renflouer les caisses.
Il ne reste plus qu’à gravir les échelons jusqu’à finir dans le lit du roi et par la même occasion lui fournir une descendance non prévue qu’il finira par reconnaître.

L’histoire serait bien simple, bien fade, si on s’en tenait à ces faits.
Le Montespan fou de jalousie, prêt à tout pour récupérer celle « qu’on aime qu’une fois dans sa vie », va déclarer une guerre sans merci au roi, allant même jusqu’à orner son carrosse de cornes gigantesques et s’habiller en habits de deuil. Des effets qui ne feront que le railler par la cour.
Sourd à une remarque qui lui disait que d’être cocu par le roi, c’était la chance de sa vie, qu’il ne fallait pas la rater, son épouse lui rétorquait qu’elle ne pouvait se dérober au désir du roi au risque d’être chassés de France.

Avec de multiples anecdotes mises en valeur dans un humour féroce, Etienne Launay a dans l’esprit du théâtre des tréteaux concocté une cavalcade de situations endiablées plus drôles les unes que les autres.
On rit beaucoup avec cette cuisinière aux accents de « zezette », ou encore avec le beau-père qui a vu sa dette effacée par le roi dans un délire à la de Funès avec sa cassette. Le clou de ces folies est celle du passage hilarant du jeune Don Carlos, complètement abruti, qui a beaucoup de mal avec l’Histoire : Olé !

Des scènes plus prenantes viennent émailler le récit avec notamment celle sur la fin de la vie de La Montespan, ou encore la messe noire sanglante et son décès.
Un Montespan qui avait beaucoup de mal à regarder la tête du roi sur les pièces de monnaie pour payer ses dettes, cela le faisait chier !

Simon Larvaron dans le rôle de Montespan donne toute son énergie pour faire vivre ce personnage au cœur meurtri mais fou de sa belle jusqu’à la tombe. Une belle présence émouvante.
Salomé Villiers dans ses multiples rôles dont celui de La Montespan nous charme avec son œil qui frise et son air coquin, pour une amoureuse des plus convaincantes. Une interprétation qui fut récompensée par le Molière 2022 de la révélation féminine.
Michaël Hirsch est à lui seul un tourbillon de rire avec ses pitreries dignes d’un bouffon du roi ou d’un arlequin. On ne s’ennuie pas une minute à le suivre dans le rôle de la cheville ouvrière.

Etienne Launay dans sa mise en scène démoniaque, au rythme très soutenu, assisté de Laura Favier, où l’on comprend dès la première scène que l’on va beaucoup s’amuser, s’est entouré d’une équipe remarquable pour mener à bien son projet : Virginie H pour les costumes, Emmanuel Charles pour le décor, Denis Koransky pour les lumières et Xavier Ferri pour la musique.

Un bonbon rafraîchissant qui se doit d’être dégusté avec enthousiasme, cette adaptation de Salomé Villiers est une vraie réussite et mérite votre détour.

Vue à Avignon
3 avr. 2022
9/10
8
En février 1663, sous les vo​û​tes de l'église Saint-Sulpice, huit jours après leur rencontre​ foudroyante​,​ le Gascon, ​ Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan, épouse Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemar​t​.
Rapidement, le couple qui aime​ sortir et mener la belle vie dans les salons du Marais, s'endette.

Pour subvenir aux besoins de la famille​,​ Athènais se fait introduire au Château et devient la ​dame​ d'honneur de​ la reine Marie-Thérèse prompte à chasser de son entourage les jeunes filles de moins bonne famille dont elle ​craint​ ​la légèreté et surtout ​que Louis X​I​V​ ​ne vienne piocher dans ce​ harem à disposition.

Si le destin de Madame de Montespan est connu de tous, devenant rapidement la favorite du roi, le Montespan s'attache à raconter le revers de la médaille, et s’intéresse à la figure du mari de la Montespan.

Le cocu le plus connu de France​,​ amoureux éperdu, ne trouvera jamais gloire au destin de sa femme. Impossible pour lui de tirer avantage d'une situation que pourtant beaucoup de maris lui envient.

De scandale​s​ en provocation​s​ le Montespan passera même quelque temps enfermé au Fort l'Evèque​.​
Salomé Villiers adapte le roman éponyme de Jean Teulé paru en 2008.
Sur la scène de la Huchette elle adapte non seulement l'histoire mais​ retranscrit magistralement tout le style de l'écriture si croustillante de Jean Teulé.
L'humour et l'ironie ​ jubilatoire ​​du roman ​ponctuent sans cesse l'adaptation​ de cette fraicheur et de ce ton gentiment impertinent.
Salomé Villiers, Simon Larvaron et Michaël Hirsch ​nous entraine​nt dans l'aventure pittoresque de cet antihéros, qui assume ​son statut de cocu en regardant la situation bien en face, ​​décidé à ne pas baisser les bras​ et à reconquérir le cœur de sa belle. ​
Toujours prêt à servir aux armées, il s'évertue à mener des batailles dont il ne sortira jamais victorieux.
Montespan y croit toujours et encore.

La mise en scène d’Étienne Launay suit le rythme effréné de cette histoire hors du commun et dessine à merveille la personnalité de Montespan.
Le décor, judicieusement changeant grâce aux lumières et aux projections sur les rideaux du mythique petit théâtre ​de la Huchette, nous plonge dans les années fastes du roi soleil.​
Pas besoin de voir le carrosse orné de cornes pour imaginer toute l'effronterie acerbe de ce Montespan au caractère bien forgé qui nous fait rire par sa ténacité autant qu'il nous émeut.

L'esprit du conte farcesque nous emporte avec délice dans les tourments d'un homme dont l'infortune confirme qu'il mérite vraiment d'avoir à son tour son nom écrit dans l'histoire !
Une adaptation brillante et pleine d'humour !
28 mars 2022
10/10
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Au moment où nous nous sommes rendus au théatre de la Huchette, cela devait être la dernière représentation de la pièce adaptée du livre de Jean Teulé. Depuis, le bouche à oreille a fait son office car entre la critique du Canard Enchainé, puis celle du Figaro, les éloges pleuvent. Et c'est amplement mérité.

Les trois comédiens sont inspirés, heureux d'être là et de nous faire partager leur adaptation. On est dans une toute petite salle et cette proximité avec ces derniers est jouissive. En dehors de l'interprète du marquis de Montespan, les deux autres comédiens endossent plusieurs rôles avec une mention particulière pour Michael Hirsch que nous retrouvons ici après l'avoir découvert il y a longtemps dans un one man show sur les mots. La comédienne Salomé Villiers est à l'origine de cette adaptation. Elle en a gardé l'humour et la truculence qui ont fait la marque de fabrique de Jean Teulé.

Elle incarne une marquise de Montespan, amoureuse de son époux (mariage d'amour) au début puis écartelée entre sa nouvelle vie de favorite et les privilèges attachés à sa nouvelle condition. C'est dynamique, enlevé et on est très touché par le désespoir et les tentative du marquis pour reconquérir sa femme. Le succès de la pièce aidant, elle a été reconduite et reste donc encore à l'affiche pour quelque temps encore.

Nous vous la recommandons vivement.
Votre critique endiablée
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor