Le Marchand de Venise

Le Marchand de Venise
De William Shakespeare
Mis en scène par Jacques Vincey
  • Théâtre 71 Malakoff
  • 71, passage du Théatre
  • 92240 Malakoff
Itinéraire
Billets de 11,00 à 35,00
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Victimes et persécuteurs jouent d'intrigues là où religion, argent et pouvoir n'exhortent décidément pas l'Humain à ses meilleurs sentiments...

À l'heure de la mondialisation, des flux migratoires et de la montée des extrémismes, Jacques Vincey pose avec force et nécessité la question : quelle valeur donnons-nous à l'existence humaine ?

Sans faux-fuyant, il puise dans Le Marchand de Venise et restitue une vision inédite qui mord férocement notre actualité. Tour à tour victimes et persécuteurs, les protagonistes de Shakespeare jouent d'intrigues dans une histoire où religion, argent et pouvoir n'exhortent décidément pas l'Humain à ses meilleurs sentiments...

 

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15 octobre, 16h, Malakoff

En entrant dans la salle on peut tout de suite voir l’imposante scénographie. Celle-ci représente un supermarché contemporain. Ce choix se veut une forme de dénonciation de la société contemporaine, une société basée sur la sur-consommation.
Un comédien, Pierre-François Doireau, entre en scène. il dit ce que sera le spectacle que nous allons voir. L’argent y est au centre, il précise que ce qu’il dit là ne fait pas partie du spectacle et que par conséquent nous gagnons de l’argent puisque la minute de spectacle est donc moins chère…
Il nous explique que ne sera pas joué Le Marchand de Venise de Shakespeare, mais « un produit dérivé », une sorte de modernisation afin que le public d’aujourd’hui y trouve plus d’écho avec notre société actuelle. Il ajoutel : « Shakespeare cela fait 400 ans que ça marche », ! Certes, mais alors pourquoi le moderniser ?? De plus, un tel texte n’est-il pas plus fort si nous percevons son intemporalité, autrement dit l'écho qu'il continue d'éveiller en nous malgré les siècles qui se sont écoulés ? En effet, les mots parlent d’eux-mêmes, nul besoin de ce surplus de commentaires dont nous accable Jacques Vincey. Ces derniers rendent le spectacle trop didactique, prenant en quelque sorte les spectateurs pour des âmes simples.
Shylock devient un simple gérant de supermarché. La marchandise dont il fait commerce est par conséquent simplifiée. Puisqu’en effet la dimension du corps comme marchandise n’est nullement prise en compte.
Cette modernisation confine au ridicule, notamment lorsque Pierre-François Doireau entre en courant et criant « Là je fais Lancelot ! » …
Ce ridicule, absent du texte, met une distance entre ce qu’il se passe sur le plateau et nous autres spectateurs. Nous ne ressentons ainsi aucune émotion devant ce que les personnages vivent. Aussi la dimension tragique du sort de Portia (présent dans le texte) est-elle gommée. On sait que son père, mort, veut la forcer à épouser l’homme qui choisira le coffre dans lequel se trouve le portrait de sa fille. Ses prétendants doivent choisir entre trois coffres. Le sort de Portia est donc laissé au hasard. Or, même si le hasard est souligné dans cette mise en scène, il est tellement caricatural qu'il en perd toute dimension tragique. En effet, il est présenté comme un jeu télévisé, un divertissement, un peu comme « Qui veut gagner des millions ? » que l’on pourrait ici transformer en « Qui veut gagner Portia ? ». De plus, elle-même semble s’amuser alors qu’en réalité jelle ne le devrait absolument pas. Dès lors, son sort ne nous touche pas !
Une proposition qui dénature le texte de Shakespeare alors que celui-ci est tellement beau et puissant … Un gâchis !
16 oct. 2017
6,5/10
5 0
Le Marchand de Venise est une pièce de William Shakespeare de 1597.

Antonio marchand chrétien, pour rendre service à son ami et protégé Bassanio, emprunte de l’argent à l’usurier juif Shylock. Certain de pouvoir le rembourser, il signe un contrat où il autorise son créancier à lui prélever une livre de chair en cas de défaut de paiement. Antonio ne peut faire face à son échéance et Shylock, qui veut se venger des humiliations que lui ont fait subir les chrétiens, insiste pour que le contrat soit appliqué à la lettre devant le Doge de Venise.

C’est une nouvelle adaptation du texte réalisée par Vanasay Khampommala mêlant modernité et quelques expressions anciennes, ce qui permet une bonne compréhension du texte. L’opposition entre Shylock et Antonio est posée dès les premières scènes et est la clé qui explique l’attitude vengeresse de Shylock.

Au début de la pièce, le grand plateau du théâtre est transformé en supérette qui est l’antre de l’usurier Shylock, sa fille Jessica et Lancelot son serviteur en sont les employés désabusés. La mise en scène est ingénieuse en utilisant le fond du plateau comme une seconde scène. La modernité du décor et du texte nous font ressentir que la pièce a toujours une résonnance actuelle. La loi du marché est la plus forte et malgré les efforts pour dissimuler ce fait, la pièce fait bien ressortir cet aspect. Tour à tour les protagonistes sont victimes et persécuteurs, L’argent, l’amour et la religion ne font pas ressortir le meilleur coté de l’homme. Autour, il y a la fuite d’une fille avec son amoureux, une énigme à résoudre pour obtenir la main d’une belle,… Eléments traditionnels d’une comédie romantique shakespearienne.

Seule ombre au tableau : la pièce est longue (près de 3 heures en comptant l’entracte) et risque d’en décourager certains.

Les comédiens sont bons surtout les deux rôles principaux Shylock : Jacques Vincey et Antonio : Jean René Lemoine. Les autres ne déméritent pas.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor