Le Fils

Le Fils
  • Théâtre du Rond-Point
  • 2bis, Avenue Franklin D. Roosevelt
  • 75008 Paris
  • Franklin D. Roosevelt (l.1, l.9)
Itinéraire
Billets à 33,00
À l'affiche du :
19 mars 2019 au 14 avril 2019
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRE
    • 18:30
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Figée au milieu du plateau, accompagnée par un enfant au clavecin, l’actrice Emmanuelle Hiron nous raconte l’histoire d’une femme de nos jours, issue d’une petite bourgeoisie provinciale, pharmacienne et mère de deux enfants.

Par l’intermédiaire de son mari, elle est amenée à fréquenter des catholiques traditionalistes, dont le discours radical semble l’attirer. Par souci d’intégration et d’élévation sociale, elle en vient à se rendre plus assidûment à la messe, à lutter contre des spectacles dits blasphématoires, à s’engager dans des groupes anti-avortement ou anti-homo.

De plus en plus exaltée, elle tente d’embrigader ses proches dont son fils. C’est l’histoire de son glissement idéologique, de son aveuglement.

 

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8,5/10
83 0
22 juillet, 13h10, Avignon

Le texte de Marine Bachelot Nguyen est magnifiquement interprété par Emmanuelle Hiron. Le texte est puissant et beau malgré une interrogation qui me reste sur le passage régulier du « elle » au « je ». En effet, ni la mise en scène, ni l’intonation ou le jeu de la comédienne ne changent…
Le spectacle parle d’une mère homophobe. Elle s'appelle Cathy et va a toutes les manifestations contre le mariage homosexuel mais découvre l’homosexualité de son fils, Cyril.
Marine Bachelot Nguyen raconte donc le chemin de Cathy et de son fils. La mère va t-elle accepter l’orientation sexuel de son fils ? Cette nouveauté dans sa vie va t-elle la faire changer d’opinion ?
La mise en scène de David Gauchard est assez sobre. La comédienne s’adresse directement au public, tout au long du spectacle.
Un clavecin est placé au milieu de la scène. Un enfant, qui représente Cyril, vient en jouer par moment. On ne voit pas bien ce que cela apporte au texte qui est suffisant à lui seul …
30 mars 2017
8/10
97 0
Le fils, c’est l’histoire de Cathy, pharmacienne dans un joli bourg de Bretagne, qui a tout fait comme il faut pour s’insérer dans la petite bourgeoisie locale d’où est originaire son époux.
En Bretagne, on est catholique de père en fils et son mari ne fait pas exception, allant à la messe tous les dimanches, entrainant ainsi sa femme dans des rituels qui finissent par prendre du sens pour elle alors qu’elle avait une foi plutôt molle à leur rencontre.

Cathy, interprétée par une excellente Emmanuelle Hiron, se hissant dans la hiérarchie sociale de sa province, glisse petit à petit dans des croyances plus fortes, plus extrêmes… (quelque part la mécanique psychologique m’a fait penser à l’embrigadement des jeunes belges de Dhjiad, on joue sur les mêmes ressorts) Comme tout extrémisme, il y aura nécessairement des périodes fortes avec de l’exaltation et de la passion mais aussi des revers de médaille cinglants. Cathy est aussi mère de deux garçons qu’elle n’a pas vu changer et s’opposer l’un à l’autre.

Ce glissement va provoquer de nombreux changements…

C’est un morceau de vie racontée avec beaucoup de force où juste l’attitude physique et le ton de la voix nous indiquent à quelle niveau de la pente, Cathy se trouve.

J’ai beaucoup aimé l’interprétation, mais aussi la mise en lumière.
9,5/10
106 0
Dans une dignité pleine d’émotions, Catherine raconte son histoire, son déchirement irrémédiable, sa faille mortifère. C’est le début du reste de sa vie.

Cette femme a trouvé la foi comme on comble le vide des trous de sa vie. Elle va s’y plonger au risque de se perdre. L’aveuglement manifeste de la croyance poussée à l’extrême, au point de s’abstraire de tout jugement autonome qui ne soit validé par cette morale liberticide, est sans aucun doute la cause de sa transformation et des effets qu’elle déclenche autour d’elle.

Jeune pharmacienne déjà, après ses épousailles avec un jeune pharmacien et les naissances d’Anthony et de Cyrille, elle s’est appliquée à être conforme à l’éducation convenable et le train de la petite bourgeoisie de province. Arrêtant son travail pour s’occuper des enfants puis le retrouvant plus tard. La femme au foyer, le stéréotype même de la bonne épouse d’une bonne famille qui va à la messe chaque dimanche.

L’ennui aidant, la reconnaissance sociale obligeant, la voilà plongée dans un nouveau cercle de fréquentations. Le choix n’était pas difficile, la voie était tracée par la culture familiale dominante, celle du père de famille. Les notables du bourg sont catholiques traditionalistes, ils accueillent les nouveaux parmi eux.

Peu à peu, Catherine trouve du sens à sa croyance, gommant l’usure qui commence à envahir sa vie. La famille s’installe dans cette nouvelle donne pour jouer le jeu de la vie sociale ambiante. De croyants mous, ils deviennent pratiquants assidus, la mère en tête, le père et les deux fils aussi.

Puis l’actualité politique interpelle l'église et provoque l’ire scandalisée des milieux traditionalistes. La loi sur « le mariage pour tous » pointe le bout de son nez, souriant à la liberté, faisant la nique à toute obédience coercitive de la pensée. Trop c’est trop ! Après le spectacle Golgota picnic qui a déjà mobilisé tous les leurs, voici que les Homos vont se marier ! Mais où sont passées les valeurs fondamentales ?

Alors, le glissement s’opère. De la tranquille quête de sens à sa vie et l’obtention d’un nouveau statut social, le militantisme devient son activité principale et l’unique préoccupation qui l’anime. Oublie-t-elle l’essentiel de sa vie ? Qu'est devenu l’éthique de son métier qui lui fait refuser de vendre la pilule du lendemain ? Qu'en est-il de l’attention portée à ses enfants devenus jeunes adultes qu’elles ne voient pas évoluer ? L’un vers le catho pur et dur utilisant la violence pour convaincre ou punir, l’autre vers une homosexualité choisie et assumée ?

Tout cela finira comment ? Pas bien du tout…

Catherine devra–t-elle porter sa culpabilité toute sa vie comme un autre enfant dont elle n’accouchera pas ? Saura-t-elle réagir et redevenir elle-même ou s’engouffrera-t-elle plus loin encore dans la dévotion d’une transcendance de la réalité, pour s’en échapper tout à fait ?

L’interprétation de Catherine par Emmanuelle Hiron est forte, puissante même, nous livrant ce texte comme une confession, un cri, un effondrement. L’émotion, la compassion et la rage nous submergent.

La mise en scène de David Gauchard centre notre attention sur le texte adroit et efficace de Marine Bachelot Nguyen. Le jeu de la comédienne prévaut, accompagné par moments par la musique du jeune claveciniste présent sur le plateau. Musique qui nous fait penser à une forme d’élégance de la tradition, à d’autres temps que le présent, celui d’avant, celui de l’oubli.

Un temps de théâtre fort, un texte corrosif et digne, une interprétation impressionnante.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor