• Classique
  • Théâtre 14 Jean-Marie Serreau
  • Paris 14ème

Le double

Le double
De Fédor Dostoïevski
  • Théâtre 14 Jean-Marie Serreau
  • 20, Avenue Marc Sangnier
  • 75014 Paris
  • Porte de Vanves (l.13)
Itinéraire
À l'affiche du :
22 novembre 2018 au 29 décembre 2018
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 19:00
    • 20:30
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Monsieur Goliadkine, paisible fonctionnaire de Pétersbourg, voit sa vie bouleversée par l'apparition d'un double de lui-même.

Et il semble que cet autre Goliadkine intrigue pour lui prendre sa place !

Une histoire fantastique qui traite avec humour et empathie de la confusion d'un homme tiraillé entre sa timidité et sa fascination pour les autres.


Après LE REVIZOR, FAUST et LE ROMAN DE MONSIEUR MOLIÈRE, Ronan Rivière et son équipe s’emparent de ce conte poétique et drolatique de Dostoïevski. Pour la première fois en France, ce texte est adapté en une véritable pièce de théâtre, avec 6 comédiens et 1 pianiste sur scène. Il en ressort une comédie drôle, active, troublante, qui sème le trouble entre le rêve et la réalité, entre le fantastique et la folie.

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6 déc. 2018
8/10
2 0
Jacob Petrovitch Goliadkine est un nobliau et il s’en revendique hautement, mais il est bien obligé de travailler, il envoie son valet Pietrouchka acheter de nouvelles bottes, un costume et une livrée pour lui. C’est dans cet équipage grotesque qu’il se rend à son bureau, au Ministère. Son collègue Nikolai ainsi que le Directeur Olsoufi Ivanovitch s’amusent de lui, Jacob se rend bien compte qu’il est la risée de tous. La charmante Clara, fille du Directeur, l’invite à son anniversaire, elle fait tourner la tête à plus d’un…

Jacob honteux de sa tenue, de son manque d’envergure, refuse l’invitation. Il est sermonné par son valet et ils se rendent tous deux devant la maison d’Olsoufi, cadeau à la main, Jacob tremble, il commet impair sur impair ! Retournant chez lui à travers les rues, il semble voir son double ! Est-il sujet aux hallucinations ? Après tout entre la vie que l’on subit et le rêve, la frontière est infime, son « double » s’est-il matérialisé ?

Le double en question arrive au Ministère, il a la même allure et le même patronyme, ce qui prête à confusion. Le pauvre Jacob est manipulé par son double, celui-ci est le contraire de Jacob, aisance, habileté, charme. Et voilà notre Jacob bien embarrassé et chassé de son poste.

C’est un univers « fantastique » que nous présente Ronan Rivière, il aborde le rôle de façon burlesque au début et plus noire à la fin, grâce au piano, on se croirait dans les cinémas où l’on projetait les films muets avec accompagnement pour illustrer ou ponctuer certaines scènes.

Les décors modulables, ingénieux pour se retrouver chez Jacob, au Ministère, dans St Petersbourg, les lumières pour appuyer tel ou tel moment.

Jérôme Rodriguez, fidèle ami, Michaël Giorno-Cohen, bourru et attachant, Jean-Benoît Terral, fantoche attaché à ses privilèges, Laura Chetrit, charmante en robe « patineuse » ne doutant de rien, Antoine Prud’homme de la Boussinière, Double ou sortant de l’imagination de Jacob, en tout cas inquiétant à souhait ! sans oublier Olvier Mazal et son piano.

Une pièce intéressante et fort bien interprétée.
6 déc. 2018
8/10
22 0
Double ou quitte ?

Le roman de Dostoïevski nous présente Jacob Pétrovitch Goliadkine, un jeune homme occupant un poste obscur de fonctionnaire au sein d'un ministère tout aussi obscur à Saint-Pétersbourg.

Introverti, renfermé, solitaire, il se complaît dans son petit appartement de la rue des Six Boutiques, où il passe le plus clair de son temps à regarder la rue, à travers sa fenêtre aux vitres sales.

Son domestique Pietrouchka lui sert le thé, que lui-même ne sait pas préparer.
Au ministère, son univers se restreint à son bureau qu'il partage avec son collègue Nikolaï Sémionovitch. Tous les deux sont sous les ordres de chef de bureau Olsoufi Ivanovitch.

Un cheffaillon dont le principal mérite est d'avoir une fille, Clara Olsoufieva, qui occupe le bureau voisin.

Evidemment, notre héros en pince pour la belle Clara, mais n'ose pousser les choses plus avant...

Au moment où l'on s'y attend le moins, cette peinture sociétale d'une Russie bureaucratique va virer au conte fantastique.
Goliadkine va voir débarquer de nulle part un double, une sorte de jumeau physiquement identique, mais au caractère diamétralement opposé.

Ce double sera extraverti, séducteur, enjôleur, beau-parleur. N'en jetez plus !
Et ce qui devait arriver arrive !...

Ronan Rivière a choisi d'adapter ce roman qui nous fait douter de la réalité quotidienne, et qui nous plonge dans un univers fantastique, presque kafkaïen avant la lettre, un monde qui abordera même les contours de la folie.

Il en a tiré une comédie douce-amère, avec ses propres mots, avec sa propre dramaturgie.

Sur scène, nous découvrirons les deux univers de la pièce, l'appartement de Goliadkine et son bureau.
Nous passerons de l'un à l'autre grâce à un judicieux décor fait de panneaux mobiles sur roulettes, en perspective forcée, les six comédiens les changeant à vue en un clin d'œil.

L'adaptateur-metteur en scène interprète lui-même le personnage principal.
Il confère à Goliadkine une fragilité, une timidité, mais également une forme d'humour un peu désespéré qui rend le héros très touchant. Une forme d'empathie nous fait nous attacher à lui.

Parfois, face à son double interprété tout en force et jovialité par Antoine Prud'homme de la Boussinière, il donne presque une dimension psychanalytique à tout cela : « Je ne suis pas sûr d'avoir la force de me supporter... », nous lance-t-il, regardant son autre moi.

Par moment, son personnage aura de très brefs instants de révolte. Ces moments-là sont particulièrement réussis.

Laura Chetrit incarne la belle Clara.
Elle parvient à rendre son personnage très ambigu, repoussant avec un certain mépris Goliadkine, accueillant à bras ouvert son irrésistible double.

Elle m'a beaucoup amusé lorsqu'elle entreprend de faire boire un petit remontant à son pauvre collègue : « J'ai toujours une flasque sur moi. C'est pas très élégant, mais ça dépanne ! »

Ainsi donc, au cours de ces quatre-vingt-cinq minutes, Dostoïevski et Ronan Rivière nous interrogent et nous interpellent sur la confusion, sur la perception parfois difficile de son propre moi.

C'est une bien intéressante entreprise théâtrale qui nous est donnée au Théâtre 14.
3 déc. 2018
8,5/10
1 0
Goliadkine timide et effacé, décide un beau matin de dépenser ses économies pour rehausser son image. Il espère étonner et épater son entourage, être un autre Goliadkine que l’on respectera et enviera.
Malheureusement il est la risée de tous, ses bottes sont ridicules, sa redingote un peu démodée.
Il rentre dépiter lorsque au détour de son chemin, il rencontre son double.
Est-ce une hallucination ? Est-ce son imagination ?

Ce double qu’il croyait être un autre lui-même, s’avère être dominateur, immoral, intrigant.
C’est Dr Jekill (Goliadkine) et Mr Hyde (le double).
Le double causera bien des ennuis et des malheurs à Goliadkine qui perdra son travail, ses amours, ses illusions….
Goliadkine essaie timidement de lutter mais va-t-il s’en sortit ou sombrer dans la folie ?

Goliadkine (Roman Riviere) frêle, discret et Pietrouchka son serviteur-ami (Michaël Giorno-Cohen) robuste, sympathique, nous séduisent et nous émeuvent.
Olivier Mazal accompagne les comédiens et rythme au son du piano les événements et les bouleversements traversant cette aventure hors du commun.
Les décors sont astucieux, constitués de cloisons amovibles, ils nous translatent du logis au bureau de Goliadkine comme par magie
La lumière parfois en clair-obscur accompagne cette intrigue drolatique et tragique qui nous questionne folie, double personnalité…

Le double de Fiodor Dostoïevski est peu mis en scène au théâtre. C’est un texte que l’on découvre ou redécouvre avec plaisir.
26 nov. 2018
9/10
2 0
Excellente adaptation et mise en scène de ce double. même dans les détails, le jeune aristocrate émacié et malingre qui décide de s'élancer enfin dans la vie contraste parfaitement avec son domestique gras, expansif et débrouillard.
Ronan Rivière est excellent, le jeu de l'ensemble des comédiens est joyeuse avec un léger surjeu.
Un pianiste, présent sur le plateau, rythme les emballements grotesques et tourmentés de Goliadkine.
Le décor, composé de panneaux modulables est déplacé pour faire, défaire et refaire les différents espaces.
Après avoir découvert le collectif La Voix des Plumes lors du festival d’Avignon 2017 avec Le roman de Mr Molière, j’étais très curieuse de voir leur nouvelle création, une fois de plus un petit bijou.

Quelle histoire inquiétante et angoissante que celle de Jacob Pétrovitch Goliadkine (Ronan Rivière) qui se retrouve nez à nez avec son double (Antoine Prud’homme de la Boussinière). Celui ci porte le même nom, emménage dans le même appartement. De surcroît, il gagne le cœur de Clara dont le premier Jacob Pétrovitch Goliadkine est amoureux depuis longtemps. Pour ajouter au trouble, ils sont habillés de la même manière et font au début les mêmes gestes au même moment, tels des musiciens dans un orchestre.

En parlant de musique, comme pour leurs précédents spectacles, ils sont accompagnés par un pianiste en direct, rendant ainsi hommage au ciné-concert. La musique live nous plonge complètement dans l’univers presque onirique des pièces de ce collectif. Les comédiens sont comme dans un tableau d’Edward Hopper. En effet, la scénographie évoque sans aucun doute l’univers du peintre anglais, tant dans les couleurs que dans les formes.

Encore un spectacle à ne pas manquer !
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor