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Le Cercle de Whitechapel

Le Cercle de Whitechapel
De Julien Lefebvre
Mis en scène par Jean-Laurent Silvi
Avec Jérôme Paquatte
  • Jérôme Paquatte
  • Pierre-Arnaud Juin
  • Stéphanie Bassibey
  • Ludovic Laroche
  • Nicolas Saint-George
  • En tournée dans toute la France
Itinéraire
Billets de 15,00 à 32,00
À l'affiche du :
4 décembre 2018 au 7 juin 2019
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRE
    • 21:00
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Mêlant le rire au suspens, une enquête policière qui lance Conan Doyle, Bram Stocker ou encore Bernard Shaw sur les traces de Jack l’Éventreur dans l’atmosphère du Londres de 1888.

Une aventure captivante jusqu’à la dernière seconde !

1888, Londres. Alors qu’une étrange série de meurtres de prostituées vient de débuter dans le quartier défavorisé de Whitechapel, un membre éminent de la gentry londonienne, Sir Herbert Greville, décide de réunir une équipe d’enquêteurs d’un nouveau genre pour découvrir la vérité.

 

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La critique de la rédaction : 6.5/10. Une contre enquête intéressante sur qui est Jack l’éventreur !

Atypique l’équipe réunie dans ce cercle de Whitechapel, avec un journaliste, un romancier, une médecin, un directeur de théâtre et un homme de la haute société. Ils ont chacun une approche singulière et des conclusions différentes.

Les dialogues passionnent au début de la pièce mais tirent en longueurs au fil des scènes, notamment quand « le théâtreux » développe sa thèse. Si bien que notre attention faiblit.

Nous avons particulièrement apprécié l'interprétation du comédien jouant Arthur Conan Doyle. Sa diction, son costume et sa moustache sont parfaits.
Le décor est beau et ses éléments bien utilisés. Il nous plonge dans l’univers londonien du XIXème siècle.

L’issue de la pièce surprend. Elle nous fait sortir du théâtre avec le sourire et des questions.

Note rapide
7,2/10
18 pour 18 notes et 12 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
6%
4 critiques
Note de 4 à 7
39%
8 critiques
Note de 8 à 10
56%
Toutes les critiques
3 mars 2019
7/10
4 0
Vue le 20/02

Je vais aborder cette pièce thème par thème, en évoquant d'une part les aspects positifs, d'autre part les aspects négatifs.

1. L'intrigue
Le principe de la pièce m'a tout de suite plu ; c'est son gros point fort, je trouve. Rassembler un contexte réel, avec des personnages réels, en confectionnant une histoire fictive, c'est une très bonne idée de départ, pleine de potentiel. C'est typiquement le genre de pièce qui va me distraire, et en même temps dont je vais ressortir en ayant envie d'approfondir le sujet : je vais me renseigner sur la vie des personnages, faire du fact-checking sur ce qui a été dit dans la pièce, regarder des vidéos sur le sujet. Mais il y a du coup un risque d'avoir des approximations historiques, des inexactitudes. Par exemple, il faut bien garder à l’esprit que Bram Stoker, George Bernard Shaw et Arthur Conan Doyle ont existé, mais pas Greville ni Lawson, qui sont pourtant présentés sur le même plan.
Un des soucis majeurs de la pièce est le déroulement. L'intrigue est assez confuse, on se demande où le texte veut en venir. Comme la pièce se déroule sur plusieurs mois, les personnages sont confrontés à des rebondissements extérieurs qui influent sur l'action, pourtant on ne ressent pas trop qu'il y a des renversement de situation décisifs, car ils ne sont pas vraiment mis en relief. Il y a pas mal de détours inutiles, les personnages tâtonnent et piétinent, adoptent des pistes pour finalement les abandonner. De fait, cela nécessite de prêter une attention particulière à ce qui est futile et ce qui est important ; mais du coup, si on est pas vraiment dans la pièce, on peut facilement décrocher...

Pour ce qui est du dénouement, j'ai personnellement senti venir la résolution de l'énigme d'assez loin. Mais c'est toujours une grande satisfaction de deviner la fin avant qu'elle ne survienne ; et pour ceux qui ne la prévoient pas, cela reste une bonne chute.

2. Les comédiens/personnages
Etant une fan absolue de la série Sherlock, adaptée des aventures de Conan Doyle, c'est avec plaisir que j'ai retrouvé des références à l'oeuvre originale et aux pouvoirs de déduction légendaires du détective.
Pour ce qui est des personnages, j'ai bien aimé la simplicité de la direction d'acteurs. Shaw est cynique, Doyle sympathique, Lawson moderne et libre. Chacune de leurs actions est tournée vers leur caractère, tous leurs agissements sont en fonction de leur trait principal. Elégant et efficace. Le seul bémol est le personnage de Bram Stoker : je trouve dommage que, dans une pièce à tendance humoristique, il y ait toujours un idiot de service ; cela rend le jeu artificiel et caricatural.
Un des éléments qui m'a gênée est le traitement de l'image de la femme, qui passe en partie par un jeu de séduction : elle joue de ses charmes pour obtenir ce qu'elle veut ; c'est embêtant, surtout dans la mesure où on sent que le sujet essaye d'être traité. Mary a effectivement un franc parler mordant et jouissif, qui sait s'opposer à la figure masculine. Mais pour ma part, j'avais l'impression qu'elle savait se servir de sa féminité dans son intérêt, aussi bien, voire plus, ce qui m'a mise mal à l'aise.

3. L'humour

Le problème avec les comédies actuelles, c'est qu'elles ont tendance à toutes avoir un humour lourd, facile, dont les vannes sont préfabriquées, les gags faits et refaits, la formule de confection est préconçue. Dans cette pièce, à part quelques grossièretés assez rares mais évidentes (on aurait été déçus s'ils ne les avaient pas énoncés), on reste quand même sur un humour intelligent, plutôt fin, qui nécessite parfois même quelques connaissances. Le côté historique de la pièce renforce cette impression, car avec notre point de vue de spectateur moderne, un décalage propice à l'humour se crée. Certaines évidences, qui pouvaient sembler inconcevables au XIXe siècle (une femme médecin ?!), sont donc un bon sujet de remarques hilarantes de la part des personnages qui trouvent le progrès ahurissant, invraisemblable. Quand on regarde ça aujourd’hui, avec tout le recul qu’on a sur le passé par rapport aux réalités actuelles, le rire est de mise.
On m'a par contre survendu un humour « agréablement british » mais je n’ai malheureusement pas ressenti le côté décalé, absurde, pourtant cher aux anglais. Au contraire, j’ai trouvé qu’au final la mise en scène restait assez classique, sans sortir trop des normes et des chemins tracés. Je pense que les acteurs auraient eu le talent et les moyens suffisants pour en faire plus, sans en faire trop.


4. Décors et accessoires
Issue du théâtre contemporain, j’ai l’habitude que les accessoires, costumes, décors, soient utiles ; si l'on met un objet sur scène, c'est pour s'en servir, l'utiliser, le mettre au service du jeu. Sur la scène, le décor était assez encombré, rappelant typiquement un repaire d'artistes et d'écrivains. De fait, de nombreux objets curieux, étranges, farfelus, auraient pu être plus mis en avant, par exemple comme éléments de déduction de l'enquête. Mais finalement, ce n'était pas si gênant : l'utilité première du décor a surtout été de créer l’ambiance, l’atmosphère confinée d’une époque trouble, et de ce côté-là il était plutôt réussi. J'ai été une fois de plus ravie par la réminiscence en filigrane de l'épisode de Sherlock, l'Effroyable Mariée.

Bilan :
La pièce m'a bien plu dans l'ensemble. J’avais de grosses espérances par rapport au principe de la pièce que je trouvais fantastique, et qui finalement aurait pu être mieux exploité. La toile de fond, qui avait énormément de potentiel, aurait pu être tissée de manière plus nette. Je pense que ça aurait par exemple pu passer par la réduction de dialogues qui ne servent pas à grand-chose. J'ai été séduite par l'atmosphère très XIXe siècle agréable, très bien rendue. Elle évoque avec précision certains enjeux du siècle et rappelle finalement assez Le Portrait de Dorian Gray, dont même l'affiche est similaire.
2 janv. 2019
8,5/10
41 0
Nous sommes à Londres en 1888 dans le quartier défavorisé de Whitechapel où un tueur en série éventre des prostituées.

Sir Herbert Greville décide de tout mettre en œuvre afin de découvrir l’auteur de ces horribles crimes.
Pour ce faire, il loue un atelier d’artiste à Whitechapel dans lequel il convoque :
*le jeune Arthur Conan Doyle auteur de de Sherlock Holmes
*Bram Stoker directeur théâtre (futur auteur de Dracula)
*George Bernard Shaw journaliste, (futur scénariste de Pygmalion)
*Mary Lawson, première femme médecin anglaise.
A force d’arguments, il parvient à les convaincre d’allier leurs compétences, leurs connaissances et leurs discernements pour découvrir le coupable.

Dès lors, tous cinq vont se retrouver régulièrement pour faire part de leurs recherches et de leurs déductions.
Les connaissances médicales de Mary Lawson, les théories ésotériques de Bram Stoker, la logique d’Arthur Conan, les connaissances journalistiques de Shaw et la position politique de Greville vont se confronter, se mêler, fusionner…
Nos détectives en herbe vont élaborer des hypothèses pour trouver Jack l’éventreur.
Malheureusement, les fausses pistes s’enchainent. Nous sommes captivés par cette enquête policière pleine de rebondissements et de surprises.

Au-delà de cette énigme policière, Mary Lawson féministe et première femme médecin d’Angleterre bouscule la société patriarcale et machiste de l’époque victorienne, ce qui ne manque pas d’intérêt.
Le texte est fin, intelligent avec quelques pointes d’humour qui nous ravissent.

Les comédiens sont excellents.
Stéphanie Bassibe (Marie Lawson) charmeuse, taquine, frétillante nous conquit.
Ludovic Laroche est génial, les yeux pleins d’espièglerie, il échafaude avec finesse et conviction le raisonnement d’Arthur Conan Doyle.
Jérôme Paquatte nous amuse et nous enchante dans le rôle de l’excentrique Bram Stoker et nous saisit par son imposante présence.
Nicolas Saint-Georges talentueux Georges Bernard Shaw au discours mordant et caustique.
Pierre-Arnaud Juin directif et autoritaire Sir Hubert Gréville nous réjouit.

La mise scène de Jean-Laurent Silvi est dynamique. Les décors nous plongent en un instant dans les faubourgs de Londres en 1888.
Les costumes élégants de l’époque victorienne nous séduisent.
Très bon moment de théâtre.
15 mai 2018
8,5/10
105 0
Le Cercle de Whitechapel pourrait être une tragédie tant les faits qui ont eu lieu dans le Londres de la fin du XIX° siècle ont été sanglants. Mais c'est une comédie policière que Julien Lefebvre a choisi d'écrire en faisant intervenir quelques personnages emblématiques de la scène littéraire.

Je me suis dit dans les cinq dernières minutes que bon sang, c'était bien sûr, en comprenant qui était le criminel mais ne comptez pas sur moi pour vous le révéler.

Il vous semblera peut-être absurde que je parle du spectacle ici puisque la série des représentations parisiennes s'achève aujourd'hui mais Paris n'est pas la France. Le spectacle a le potentiel pour faire une belle tournée ou être repris la saison prochaine. Scrutez les programmes : le Cercle n'est pas mort !

Le décor imaginé par Margaux Van Den Plas et Corentin Richard reconstitue un atelier d'artiste londonien, propice à une certaine angoisse avec ses caisses renversées et des vitres opaques laissant entrevoir quelques ombres, devant un austère mur de briques. Les costumes créés par Axel Boursier sont parfait de réalisme.

Il est 23 heures, Arthur Conan Doyle (Ludovic Laroche) est le premier sur les lieux. Ce n'est pas encore le célébrissime auteur de romans policiers. Il exerce encore la médecine mais son esprit affuté est sollicité pour déméler une énigme que va soumettre un certain Sir Herbert Gréville (Pierre-Arnaud Juin) à un aréopage de fortes personnalités. Parmi elles, une femme (ça je peux vous le dire) qui s'avèrera lui être très liée, Mary Lawson (Stéphanie Bassibey) qui ambitionne de devenir la première femme médecin d'Angleterre. Ajoutons Bram Stoker (Jérôme Paquatte), administrateur d’un théâtre prestigieux, qui n'a pas encore écrit Dracula mais qui se passionne déjà pour l’hypnose et l’au-delà. Et Georges-Bernard Shaw (Nicolas Saint-Georges), brillant journaliste, futur Prix Nobel et auteur à succès. Son humour sarcastique apportera du piment à la résolution de l'enquête.

Celle-ci est complexe : sans aveux ni témoins il n'y a pas de crime. Pourtant les morts se multiplient.

La situation est inédite : un tueur d'une nouvelle sorte appelle un nouveau genre d'enquêteur. Et l'auteur justifie ainsi son parti-pris. Il fait vivre au public une sorte de reconstitution pleine de rebondissements, ponctuée de scènes tragiques, comiques, pittoresques ... associant intelligemment tous les ingrédients de la comédie.

On assiste aussi à une passe d'armes très réaliste et impressionnante. C'est le but. Mais comme Rien n'est impressionnant quand on a détruit les illusions ce n'est qu'à la toute fin que nous comprendrons qu'on nous a peut-être menés en bateau. Le voyage fut si beau qu'on approuve et qu'on ressort du théâtre avec le sentiment d'appartenir désormais à ce Cercle qui ne révélera que son plaisir du théâtre.
8 avr. 2018
7,5/10
96 0
Elémentaire mon cher Watson!

Le premier tueur en série de l'histoire continue de faire couler de l'encre !
Et de fait, de divertir les amateurs de théâtre, aussi bien que les addicts du suspense !
On se rend compte qu'à l'époque des séries et de la surenchère dramatique, cette histoire vieille de plus d'un siècle continue de faire recette !
D'autant plus que l'enquête est menée par une fine équipe, dont le célèbrissime père de Sherlock Holmes!

Tous les ingrédients sont là pour divertir : une histoire amusante racontée par de très bons comédiens, un rythme soutenu et une fin ... inattendue!

Jack a peut être 130 ans mais il n'a pas pris une ride ... Tout le monde ne peut pas en dire autant !
4 mars 2018
8,5/10
117 0
« Edition spéciale. Londres sous la terreur !
Une femme retrouvée assassinée à Whitechapel.
Demandez le journal ! »

1888. Alors que dans le concert des nations, l’empire britannique, grâce à son essor industriel, s’impose comme une des plus grandes puissances mondiales, l’assassinat d’une prostituée dans l’infâme quartier londonien de Whitechapel à la fin de l’été crée l’effroi dans la capitale. Un effroi dû moins au crime lui-même, monnaie courante dans la ville à cette époque, qu’à la violence avec laquelle il a été perpétré. Dans les semaines qui suivent, quatre autres meurtres vont être commis. Londres, ville-monde dont le seul patronyme suffit à attirer hommes et femmes en quête de fortune, sombre dans la peur. Pressée par le Gouvernement de rétablir au plus vite l’ordre, la police multiplie les pistes et les présumés coupables. En vain, le véritable auteur ne cesse de lui échapper. Scotland Yard, considérée alors comme la plus puissante police de la planète, est ridiculisée. Victime collatérale (involontaire ?), Sir Charles Warren, son très contesté directeur, est contraint à la démission. Désarmées, les plus hautes autorités britanniques (pour ne pas dire LA plus haute) font appel à Sir Herbert Greville et l’enjoignent de mettre un terme rapide à cette spirale meurtrière. Installé dans un atelier d’artiste au cœur même de Whitechapel, il réunit autour de lui tout ce que le XIXème siècle compte d’esprits brillants. Ainsi débute la chasse au monstre …

Si Le Cercle de Whitechapel part d’une réalité, celle des crimes de Jack l’Eventreur, il se double d’éléments fictionnels bien élaborés et incorporés à l’intrigue. Pièce judicieusement pensée, le mérite en revient à la plume ciselée de son auteur, Julien Lefèbvre. Elle fait merveille et donne à voir un polar haletant.

Evoluant au sein d’un décor simple mais bien fait, les comédiens sont particulièrement remarquables. J’ai été bluffé par Ludovic Laroche et Jérôme Paquatte, exceptionnels Arthur Conan Doyle et Bram Stoker. Nicolas Saint-Georges est un George Bernard Shaw magnifiquement hautain. Quant à Stéphanie Bassibey et Pierre-Arnaud Juin, ils sont irréprochables dans les rôles de Mary Lawson et Sir Herbert Greville. Le rythme de l’enquête est soutenu. Peut-être, toutefois, la pièce aurait-elle supportée d’être amputée d’un petit quart d’heure en raison d’une ou deux longueurs. Mais, cela sera là mon seul reproche. Pour qui aime l’intrigue, cette pièce est toute indiquée.

Voilà 130 ans que l’énigme alimente les théories les plus folles et anime les faussaires en tout genre. Tous ont tenté d’en venir à bout. De Stephen Knight, qui voyait en Jack l’Eventreur un scandale d’Etat destiné à camoufler les méfaits d’un membre de la famille royale, à la célèbre romancière Patricia Cornwell (le choix de l’atelier d’artiste serait-il, d’ailleurs, une référence à sa thèse qui veut que le meurtrier soit le peintre Walter Sickert ?). De Michael Barrett, ouvrier ayant fabriqué de toutes pièces le journal intime de Jack l’Eventreur, à Sophie Herfort, auteure française développant une thèse pour le moins originale.

Le Cercle de Whitechapel semble explorer, avec intelligence, toutes ces versions pour construire sa vision. Saura-t-elle vous convaincre ? Pour lever le voile et connaître le fin mot de l’histoire, rendez-vous au Lucernaire.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Rire
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor