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La Version Browning

La Version Browning
De Terence Rattigan
Mis en scène par Patrice Kerbrat
Avec Jean-Pierre Bouvier
  • Jean-Pierre Bouvier
  • Benjamin Boyer
  • Marie Bunel
  • Thomas Sagols
  • Philippe Etesse
  • Pauline Devinat
  • Nikola Krimnac
  • En tournée dans toute la France
Itinéraire
Billets de 29,00 à 38,00
Evénement plus programmé pour le moment

À la fin des années 1940, un soir de juillet.

La veille des résultats scolaires, le jeune Taplow est convoqué par le professeur Crocker-Harris, figure même de l’institution rigoriste des public schools britanniques.

C’est dans le confinement du salon de ce professeur craint par beaucoup, trahi par sa femme, à l’orée de sa chute que virevoltent élève, collègues et épouse.

 

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La critique de la rédaction : 7/10. Une histoire lente mais pas trop longue, captivante mais sans pour autant être un coup de cœur.

Nous nous prenons d’empathie pour ce professeur énigmatique à la santé fragile, qui semble subir en silence les faux-semblants, les humiliations de sa femme, de ses collègues et des élèves de l’université.

Le décor et la mise en scène très sobres montrent une recherche du sous-entendu, de la déduction plutôt que la démonstration.

C’est bien écrit, tout en finesse avec une progression qui nous émeut de plus en plus, minute après minute. Chacun des personnages a une profondeur que nous sommes désireux de découvrir, ils cachent leur véritable personnalité derrière une attitude lisse et mondaine. Nous avons beaucoup aimé le double-jeu des acteurs, notamment des rôles secondaires qui parviennent à faire ressortir subtilement l'ambiguité de leur rôle.

Nous conseillerions plutôt ce drame psychologique aux habitués des sorties théâtre qu’aux spectateurs occasionnels.

Note rapide
7,8/10
20 pour 20 notes et 18 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
6 critiques
Note de 4 à 7
40%
12 critiques
Note de 8 à 10
60%
Toutes les critiques
4 janv. 2017
8,5/10
26 0
« La version Browning », la politesse anglaise à l’épreuve des sentiments.

Pulls british col V, impertinence royale du cancre, version grecque, larmes et déceptions d’un professeur mal-aimé, toges old school et moult trahisons ! Un moment de théâtre férocement exotique où les masques tombent. Une mise en abîme élégante de l’échec d’un professeur anglais.

Au fil de la pièce, on navigue avec intelligence de l’équilibre au déséquilibre. Le sens du rythme et du silence donne une couleur, une intensité puissante aux dialogues.
1 janv. 2017
8/10
63 0
Pièce exigeante et déconcertante remarquablement interprétée par JP Bouvier. Les seconds rôles tout en finesse, participent à la lente construction du drame.

L'éclairage et le décor minimalistes constribuent à nous plonger dans ce huis clos. Ce n'etait pas la piece rêvée pour un 31 décembre mais ce fût un très bon moment de théâtre comme nous aimons : texte, interprétation, ambiance, réflexion.

Bonne année à tous les amateurs de belles choses.
9/10
28 0
Une pépite anglaise comme le Théâtre de Poche en a le secret.

Magistralement interprétée (surtout par Jp Bouvier) for mi da ble ! Foncez.

Un seul bémol : les lumières.
27 déc. 2016
7/10
33 0
Une pièce prenante par son itensité dramatique croissante, Jean-Pierre Bouvier y est d'une remarquable froideur et aidé par un très bon texte so british.

Pour le reste, aussi bien les décors, costumes et seconds rôles, on a beau n'être qu'au théâtre de poche, c'est un peu léger.
7,5/10
28 0
La fin des années 1940 dans un collège britannique. Dans l'atmosphère surannée d'un appartement confortable un professeur mal-aimé et sur le départ fait face aux trahisons multiples de son entourage. Jean-Pierre BOUVIER livre une prestation remarquable, entouré d'une belle distribution et dans une mise en scène qui laisse éclater les passions.

TOMBENT LES MASQUES

En cette fin des années 1940 au Royaume-Uni, le professeur Croker-Harris a convoqué l'élève Taplow pour une leçon de rattrapage de version grecque qui sera déterminante pour son passage en classe supérieure. Au cours de cette heure c'est une tragédie digne des auteurs grecs qui va se dérouler sous les yeux de l'élève.

Croquignole, comme l'ont surnommé les élèves, n'est guère apprécié. Il incarne toute la rigueur de l'institution. Si Taplow se montre espiègle lorsqu'il singe son professeur devant le professeur Hunter, il fait moins le fier face au redouté enseignant. Malade, Croker-Harris s’apprête à quitter ce poste qu'il occupe depuis de nombreuses années. On comprend vite que derrière l'amertume se cache une blessure profonde qui n'est pas seulement celle due au désenchantement vis-à-vis de son rôle d'enseignant ou sa déception de quitter cette école.
Tout au long de cette fin de journée défilent proches et inconnus qui chacun démolissent un peu plus ce professeur au cœur malade. Comme une lente mise à mort, consciente ou pas, de celui qui aurait pu être un grand professeur et qui voit se succéder et s'empiler les preuves de l'échec de sa vie.

JEAN-PIERRE BOUVIER MAGISTRAL

Jean-Pierre BOUVIER livre une prestation magistrale. Son professeur Crocker-Harris se bat contre cette chute qui semble chaque instant plus inéluctable. Le professeur redouté de tous ses élèves semble s'affaisser physiquement et moralement un peu plus à chaque coup que lui inflige son entourage. La silhouette se recroqueville, semble à la limite de la rupture. Les yeux souvent mi-clos c'est par la voix qu'il transmet toute la force intérieure du personnage, ses ruptures, sa souffrance, ses désillusions.

C'est toute l'hypocrisie de cette société britannique qui est mise à jour. Les masques craquent. Les jalousies et les rancœurs éclatent comme un soir d'orage libérant les tensions trop longtemps retenues. Pour son adaptation Patrice KERBRAT a gardé l'époque dans laquelle Terence RATTIGAN a voulu placer cette comédie humaine. Le dramaturge britannique y démonte les codes d'un univers qu'il a bien connu ayant lui-même étudié au Trinity College d'Oxford. Loin de figer le texte dans le temps ce parti pris permet de donner toute la dimension intemporelle et universelle des tourments et passions éprouvés par ses personnages.

Mme Crocker-Harris (Marie BUNEL) est un monstre de froideur à l'encontre de son mari. Leur couple s'est délité dans le temps, sombrant dans le mensonge, la trahison, le mépris mutuel qui est devenu le ciment de leur relation. Elle sombre dans une romance pathétique avec un professeur Hunter (excellent Benjamin BOYER) lui-même au comble de l'hypocrisie tant vis-à-vis de sa maîtresse que de son collègue et ami. Et on a du mal à croire que le jeune couple qui va leur succéder dans ce logement de fonction puisse connaître une relation plus heureuse. Le reste de la distribution est d'une grande justesse. Thomas SAGOLS est crédible en Taplow, élève à la fois moqueur et admiratif de ce professeur si sévère et si désabusé. Crocker-Harris reconnait-il en son élève l'adolescent qu'il fut lui-même ?

Le décor d'Edouard LAUG, la lumière de Laurent BEAL et les costumes de Caroline MARTEL sont en parfaite harmonie pour créer un atmosphère sombre, intime voire renfermée, et parfois étouffante, comme les liens entre les membres de cette bourgeoisie mortifère. Néanmoins l'espoir finira par l'emporter.

En bref : Une adaptation très réussie de la pièce de Terence Rattigen. Une atmosphère tendue, sombre. Une dénonciation de l'hypocrisie de la bourgeoisie britannique et une illustration des passions, des espoirs et désillusions des hommes et des femmes, porté par la remarquable et émouvante interprétation de Jean-Pierre BOUVIER. Une des réussites de cette rentrée de l'automne 2016.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Rire
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor