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La Trilogie de la Vengeance

La Trilogie de la Vengeance
De William Shakespeare, John Ford, Thomas Middleton
Mis en scène par Simon Stone
  • Théâtre de l'Odéon (théâtre de l'Europe)
  • Place de l'Odéon
  • 75006 Paris
  • Odéon (l.4, l.10)
Itinéraire
Billets de 6,00 à 40,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Sa Medea l’avait prouvé, ses Trois Sœurs l’auront confirmé : Simon Stone aime les grands rôles de femme et les réécrit pour notre temps avec une singulière acuité.

Cette fois-ci, c’est dans un dialogue avec trois grands dramaturges élisabéthains qu’il puisera les matériaux de son travail.

Shakespeare, Middleton ou Ford ont inventé une manière nouvelle de représenter la violence, dont l’influence se fait encore sentir aujourd’hui à la télévision ou au cinéma. 

Note rapide
9,7/10
pour 6 notes et 5 critiques
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5 critiques
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Toutes les critiques
1 mai 2019
9,5/10
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Processus créatif très prégnant.
Les comédiens traversent le récit qu'ils irriguent. L'histoire est faite ainsi de strates qui se recréent chaque soir de façon différente. On voit les facettes du dit, du non dit, on va dans la mémoire et on lit sur des visages.
8 avr. 2019
9,5/10
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L’histoire est selon l’ordre où vous la verrez. Elle se comprend en ayant tout vu.

Jean-Baptiste se marie avec Adèle. Il est amoureux de sa sœur. Celle-ci est enceinte à 16 ans et son père l’apprend au mariage. Il la tue. Adèle apprend que son mari est amoureux de sa sœur. Il a pris la première venue. Le mariage est un désastre et ils se séparent. Jean-Baptiste a un lourd problème avec les femmes. Il se venge de la disparition de sa sœur en cherchant des jeunes vierges avec son bras droit au travail qui lui « fournit » des jeunes contre de l’argent. Il agresse les femmes, les viole. La fille d’une victime se venge avec des collaboratrices au travail et la tue.

Pouvoir d’un homme qui abuse des femmes, histoire de la vengeance des femmes à tous les niveaux. Toutes se vengent. Trilogie parce que les filles se vengent, les femmes agressées se vengent, les femmes de la famille se vengent. La trilogie est aussi que vous verrez trois actes. Vous les verrez dans l’ordre qui vous sera attribué. Tout s’éclaire au fur et à mesure. Personne ne voit l’histoire dans le même ordre. Le public est divisé en trois groupes et chaque groupe voit un acte différent. A chaque acte, entracte. Le groupe change de salle. Tout se mêle et s’éclaire peu à peu. C’est brillant comme histoire. Chaque acte est basé sur une vengeance, sur une histoire et tout s’articule d’acte en acte. On comprend que les acteurs incarnent beaucoup de rôles différents. Je pense même que selon l’ordre ce ne sont pas les mêmes actrices que vous verrez dans chaque rôle. C’est hallucinant de minutie, de technique. La mise en scène est brillante.

L'axe temps est rompu cependant, on comprend. Même au sein des actes, on effectue des allers-retours dans le temps sans transition et ça fonctionne. Belle expérience sur le temps.
J’ai rarement vu autant de commentaires aux entractes. Les gens commentent ce qu’ils ont vu. Chacun a un bout de l’histoire et à la fin tout le monde a construit toute l’histoire. C’est brillant parce que haletant et si logique. Troublant toutes ces vengeances, violence ciblée. Une mes excellente et certainement millimétrée. Les acteurs réalisent une prouesse.
Du grand Simon Stone…
8 avr. 2019
9,5/10
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Vue le 07.04.2019 au théâtre de l'Odéon Europe

Une mise en scène exceptionnelle.
Des comédiennes justes qui changent de rôle comme de scène.
Quelques longueurs parfois mais rien de grave.
Merci pour ce moment, j'ai adoré.
29 mars 2019
10/10
2 0
Prouesse technique et artistique ; je tire mon chapeau !

En bref, nous sommes dans un thriller théâtral : C’est le mariage d’Adelle. Son mari, Jean-Baptiste, était présent à la messe mais disparait ensuite. Le mariage est chaotique. On apprend que sa soeur Séverine est en ceinte de son frère JB, le marié. Le père de JB a trop honte, et tue sa fille Séverine lors du mariage. La serveuse voit tout, et raconte ensuite l’histoire à Adelle, 20 and plus tard. Entre temps, Jean-Baptiste est devenu fou d’avoir perdu sa soeur, la femme de sa vie. Il se sent coupable, car sa soeur s’est soit disant suicidée le soir de son mariage. Cela fait 20 ans qu’il traine, boit, et viole de jeunes femmes.

3 générations de femmes se vengent : les mères, les femmes violées par JB, et leurs filles. Cette pièce n’est pas pour autant féministe : c’est juste des femmes qui ont été abusées par un sale type, mais leur combat n’est pas vraiment « engagé », c’est plus un scandale social qui éclate. J'ai vu un remake de l'affaire d'Outreau, tout aussi glauque, sauf que les victimes sont des femmes (et non des enfants).

Ce qui est fascinant c’est la série théâtrale qui se joue devant nous. En réalité, la série c’est des courts épisodes de 50 minutes qui s’enchainent. C’est exactement le concept des actes au théatre. Donc je trouve que cela s’y prête très bien, et que Netflix a surement pompé le concept des épisodes à Molière.

On est totalement pommé dans nos repères spatio temporels, ce qui est totalement inédit au théâtre :
- Pour les repères temporels : 3 générations de femmes se vengent auprès d’hommes qui les ont fait souffrir. Les décors nous aident à comprendre à quelle époque on se situe, mais volontairement, Simon Stone met en scène des femmes qui passent de rôle en rôle et de génération en génération. Et a chaque début, on se demande ou on se situe, et quel est le lien entre les personnages. On est interrogé en permanence. C’est un vrai thriller.
- Pour les repères spaciaux : la scène des ateliers Berthier est divisée en 3 box qui n’ont rien à voir en terme de décors : un resto chinois, une chambre d’hôtel, une salle de bureau. Les détails de ces décors sont fascinants ! A couper le souffle de réalisme et de détails.

J’ai adoré le jeu d’acteurs de Valéria et Adelle. Fascinant de comprendre qu’en fait, les comédiens ne jouent pas 3 fois la même scène, mais incarnent des rôles différents dans toutes les scènes. Quelle prouesse ! Pendant que Valéria joue la mère de la mariée dans le resto chinois, elle joue en même temps la « maquerelle » dans la chambre d’hôtel. J’ai mis 48 heures à comprendre ! En fait le rêve serait d’avoir une caméra au-dessus des plateaux, et de voir tout le backstage : comment les comédiens passent d’une scène à l’autre, les rush, qui incarne qui dans les différentes parties. Quel génie (et quel effort pour les comédiens).

Bravo Simon Stone, quelle star !

Bon spectacle à tous.
20 mars 2019
9/10
3 0
En arrivant à l’Odéon, les spectateurs sont répartis dans trois salles A,B,C.

Très rapidement, on nous explique qu’après chaque entracte nous devrons changer de lieu en fonction de notre lettre pour assister aux trois partitions de la pièce.
Chaque groupe aura une vision un peu différente du spectacle en fonction de l’ordre de passage des différents scénarios.
La performance des comédiens est admirable, ils jouent de front les trois intrigues en se mouvant avec fluidité d’un plateau à l’autre.
Tous, alternativement, changent de lieu, mais aussi de costumes, de période de vie donc d’âge et parfois de rôle.
Ceci successivement trois fois, c’est d’une grande prouesse et d’un grand talent.

Nous allons assister à la vengeance des femmes…
Sept comédiennes :
Valeria Bruni Tedeschi émouvante dont la voix vous transperce le cœur, entourée de Nathalie Richard, Adèle Exarchopoulos, Servane Ducorps, Eye Haïdara, Pauline Lorillard et Alison Vence toutes étonnantes et talentueuses vont se révolter contre le machisme, l’autorité, la violence et la maltraitance des hommes.
Eric Caravaca seul homme sur le plateau, incarne avec éloquence les différentes figures des hommes lâches, misogynes, violents et monstrueux...

Tout ces magnifiques comédiens vont nous transporter ;
Dans un restaurant asiatique où se déroule un mariage un peu particulier, le marié a disparu...
Quelques années plus tard, dans une chambre d’hôtel où des non-dits seront dévoilées.
Au final, dans un bureau où la vengeance sévira.
Nous côtoierons les crimes, les larmes, les désenchantements, les non-dits, la débauche sexuelle, le harcèlement et la vengeance.
Les décors sont esthétiques et évocateurs des différentes époques.
Un seul bémol peut être la longueur des entractes mais nous comprenons que les comédiens ont besoin de reprendre quelques forces…
Nous sommes captivés par cette trilogie, le temps passe comme un éclair.
C’est captivant, un vrai régal.
Votre critique endiablée
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor