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La mégère apprivoisée

La mégère apprivoisée
De William Shakespeare
Mis en scène par Frédérique Lazarini
  • Artistic Athévains
  • 45 bis, rue Richard-Lenoir
  • 75011 Paris
  • Voltaire (l.9)
Itinéraire
Billets à 30,00
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Profondément insoumise, résolument moderne avant la lettre, la Mégère apprivoisée revendique le droit à la parole et à une certaine liberté. Ici, l'histoire (mi-contemporaine, mi-élisabéthaine) se noue autour d'un cinéma ambulant sur la place d'un village, dans les années 50 en Italie.

Non, Catarina ne se laisse pas faire. Elle est en rébellion contre toutes les autorités patriarcales et machistes de son temps. Et on serait tenté d’imaginer que Shakespeare est de son côté et qu’il nourrit de l’admiration pour sa « Mégère ». En revanche, il n’hésite pas à clore son histoire par un texte misogyne, assumé par une Catarina métamorphosée.
 
Surprise ? Dans cette adaptation, il convient de faire apparaître entre les lignes que notre héroine n’est pas dupe, qu’elle n’a pas baissé les armes. Ce discours, finalement par trop provocateur, peut devenir un jeu amoureux, un jeu érotique, un jeu social.
Note rapide
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4 critiques
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Toutes les critiques
13 févr. 2020
8,5/10
0
La Mégère Apprivoisée de William Shakespeare
Adaptation et mise en scène de Frédérique Lazarini
Drolatique, Réjouissant, Innovant.
Frederic Lazarini revisite La mégère apprivoisée façon commedia dell’ artte. C’est vivant, dynamique et pittoresque.
Nous sommes sur une place de village à Padoue où un cinéma en plein air s’est installé.
L’histoire se déroule par intermittence
Sur le plateau dans l’ambiance d’une comédie italienne pleine de bouffonneries et vitalités.
Sur l’écran, les personnages sont transportés dans un film en noir et blanc style comédie italienne des années 50.
Cette mise en abyme chère à Shakespeare donne une dynamique et certaine hardiesse à cette mise en scène qui nous ravit.
Les costumes sont pour les uns d’époque Elisabéthaine et pour d’autres d’époque contemporaine.

Sur le plateau les comédiens s’amusent et jouent avec un réel plaisir dans cette grande farandole amoureuse, on sent une grande complicité entre eux.
Catarina (Sarah Biasini) « la mégère » l’insoumise, revêche au caractère fort , refuse toute autorité, tout compromis.
Baptista (Maxime Lombard) son père perdu et prêt à tout pour se débarrasser et marier cette fille insupportable.
Pétruchio (Cédric Colas) intrépide, exalté, plein de vitalité, prêt à dompter Catarina qui ne l’oublions pas est une riche héritière.
Lucentio (Pierre Einaudi) romantique, fou amoureux de Bianca (Chalotte Durand- Raucher) fille cadette douce et jolie.
Et n’oublions pas Tranio (Guillaume Veyre) le valet de Lucentio.

Petruchio finira-t-il par avoir mainmise sur Catarina ?
Catarina sera-t-elle dupe de cette situation ?
Qu’adviendra-t-il de Lucentio et Bianca ce couple modèle ?
Cette adaptation est pleine d’humour, de vitalité et de gaieté et d’ivresse.
La fin vous réserve une surprise de choix, la sœur de Shakespeare vous fera part ses convictions…
Les comédiens sont tous talentueux et nous réjouissent par la justesse de leur jeu et leur dynamisme. J’avoue avoir eu un grand coup de cœur pour Cédric Colas qui par son ton, ses mimiques et sa gestuelle incarne magnifiquement Pétruchio.
Bravo à tous.
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22 janv. 2020
8,5/10
18
William, Fédérico, Vittorio, Luigi, Roberto, Dino, tous ensemble, tous ensemble, tous !

En réunissant artistiquement et avec une réelle virtuosité Shakespeare, Fellini, De Sica, Comencini, Rosselini et Risi, Frédérique Lazarini, assistée de Lydia Nicaud, signe une épatante adaptation de l'une des premières et des plus misogynes comédies de Shakespeare.

Sa mégère apprivoisée se situera dans les années 50-60, en Italie, forcément, au temps du néoréalisme cinématographique.

La metteure en scène a judicieusement et très astucieusement mêlé théâtre et 7ème art.
La jolie scénographie de François Cabanat ne laisse d'ailleurs planer aucun doute : nous sommes sur une place de quartier, sur laquelle on a installé des bancs, pour assister à une projection publique en plein air.

Cette soi-disant mégère se comportera en effet comme ces héroïnes italiennes : une femme éprise de liberté, féministe avant l'heure, revendiquant le besoin d'indépendance et la nécessité de faire entendre sa voix.
Le début du XVIIème siècle comme cette époque d'après-guerre ne permettent pas à ces femmes de prendre leur destin en mains.
Le parallèle est frappant, et le parti-pris de Melle Lazarini fonctionne à la perfection.

Les projections de séquences filmées, en noir et blanc, réalisées par Bernard Malaterre alterneront avec la dramaturgie théâtrale à proprement parler.
Les comédiens à l'écran auront même des interactions avec ceux en chair et en os.
Là encore, une grande habileté est de mise.

La mise en scène est physique, enlevée, mêlant souvent comedia del' arte et comédies à l'italienne.
Tout s'enchaîne à une rapidité folle, les coups pleuvent, on crie beaucoup, les situations burlesques sont légion.

A cet égard, Toto, le comédien emblématique italien, sera d'ailleurs « invité » sur scène.
(Dans les pizzérias françaises, on aperçoit souvent une photo de Toto, l'air plus triste que jamais, se saisissant de ses spaghettis à pleine poignée. La référence sera d'ailleurs utilisée dans la pièce, mais je n'en dis pas plus...)
C'est Guillaume Veyre qui interprète ce rôle du valet Toto-Tranio, avec virtuosité et une réelle vis comica. Ses mimiques, ses double-takes, sa gestuelle très slapstick font beaucoup rire les spectateurs.

Le couple Catarina (Sarah Biasini) et Petruchio (Cédric Colas) fonctionne lui aussi à la perfection.
Les deux artistes incarnent de façon jubilatoire ces deux êtres si mal assortis.

Le propos de la pièce nous est évidemment insupportable. Cédric Colas est parfait en macho pathétique et monstrueux, ayant pour seul but de « dresser » son épouse rebelle.

En blouson de cuir sur marcel blanc, descendant de son « fidèle destrier », le comédien parvient très facilement à être ignoble, sur scène et à l'écran, notamment le jour de son mariage.

Ses adresses au public sont formidables !

Melle Biasini réussit pleinement la transformation de son personnage : d'insoumise, elle deviendra totalement obéissante.
Jusqu'à ce que....

Frédérique Lazarini a trouvé de façon magistrale et très inventive comment terminer sa pièce.
En prenant appui sur Judith, la sœur de Shakespeare, et une auteure célèbre, elle nous donne une conclusion qui nous montre que sa mégère ne baisse pas les bras, qu'elle n'est pas dupe, et que le public ne l'est pas plus : les femmes ne doivent en aucune façon se laisser dominer par la gent masculine.
Et non, vous n'en saurez pas plus, je vous laisse découvrir la mise en abîme !

Deux autres comédiens se retrouvent sur la scène.
Maxime Lombard est un Baptista, père de Catarina, tout en bonhommie, truculence et bonne humeur. Il chante très joliment le bel canto et les ritournelles italiennes. Il m'a fait penser à Jules Raimu.

Et puis Pierre Einaudi campe parfaitement Lucentio, le beau-frère de Catarina.

Vous l'aurez compris, il vous faut donc aller voir ces quatre-vingt dix minutes qui passent beaucoup trop vite.
Cette mègère apprivoisée-là est une vraie réussite.

L'adaptation de cette pièce rarement donnée de nos jours en raison du propos devenu totalement inacceptable, cette adaptation-là est épatante.

Mais voilà que j'allais oublier : les amateurs de péplums, de Vespas et de gaines Seduzione (si si...) ne seront vraiment pas déçus !
Prego !
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17 janv. 2020
10/10
1
Quand 5 acteurs seulement et une metteuse en scène , dans un décor unique de place de village s'emparent d'un grand classique de Shakespeare qu 'est ce que cela donne ??
Et bien...une petite pépite !!!
Humour, poésie , discours féministe , fantaisie sont au rendez vous ! C'est fort astucieux et fort délicieux !!! Bravo... Du Théâtre que j'aime !
16 janv. 2020
10/10
1
Un magnifique et ludique et poétique parti pris.
Une très belle distribution. Un spectacle qui fourmille d'idées et de références. Une déclaration d'amour au cinéma et à Shakespeare. Bouleversant et drôle... Une Sarah Biasini au sommet de son art.
14 janv. 2020
6,5/10
2
Cette comédie du grand Bill, aurait mérité mieux. Certes le thème est assez sulfureux et s'il était encore de notre monde, il serait mis au ban de la société et écartelé tout vif par les associations féministes ! Mais comme je dis, autre temps autre moeurs, la mise en scène ne met pas en valeur le texte, ni le propos de l'auteur.

Tout est transposé dans les années 1960, cinéma italien, beaucoup trop de vidéos à mon goût qui ne servent pas à grand chose. Dommage pour les comédiens qui ne sont pas mis en valeur.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor