La dame de chez Maxim (Théâtre 13)

La dame de chez Maxim (Théâtre 13)
De Georges Feydeau
Mis en scène par Johanna Boyé
  • Théâtre 13-Jardin
  • 103a, boulevard Auguste Blanqui
  • 75013 Paris
  • Glacière (l.6)
Itinéraire
Billets de 15,00 à 35,00
Evénement plus programmé pour le moment

Sous-couverts d’une série de quiproquos menant à des situations invraisemblables, Feydeau dresse un portrait férocement drôle des bourgeois et de la bêtise humaine.

Avec cette adaptation moderne aux accents rock et burlesques, Johanna Boyé signe une mise en scène contemporaine, dans laquelle les tableaux musicaux et chorégraphiés alterneront avec les scènes de comédie.

La Dame de chez Maxim est la pièce la plus longue et la plus importante de Feydeau avec une galerie de vingt-sept personnages. La grande réussite de la pièce tient dans la variété des portraits dressés par Feydeau mais aussi dans une écriture redoutablement efficace. Cette pièce chorale résonne encore aujourd'hui car elle propose un tableau des mœurs et des préoccupations qui agitent une bourgeoisie très soucieuse des apparences et du confort, mais prête à tout pour s'offrir du plaisir.

La Dame de chez Maxim s’amuse également des clichés et du clivage existant entre Paris et la Province. Johanna Boyé et Paméla Ravassard ont adapté cette farce pour seulement huit comédiens-musiciens, qui dans un ballet burlesque interprèteront tous les personnages.

 

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Toutes les critiques
19 sept. 2017
9,5/10
3 0
C’est une superbe version décapée de la pièce décapante de Feydeau que donnent Les Sans Chapiteau Fixe au Théâtre 13. Une version énergique, chantée, dansée, au cordeau, à aller voir absolument.

La Dame de chez Maxim est la pièce la plus longue de Feydeau. Une suite de quiproquos, le docteur Petypon fait – pour une fois – la fête jusqu’au matin, revient chez lui accompagné de La Môme Crevette, elle se réveille quand arrive l’oncle à héritage qui la prend pour madame Petypon et l’invite au mariage de sa nièce Clémentine. Tout est en place pour une confusion enchainée, un tableau critique des mœurs des uns et des autres.

Johanna Boyé et Pamela Ravassard ont dépoussiéré la pièce. Non, pas dépoussiéré. Elles ont décapé la pièce, ont passé la paille de fer, sont revenues à l’essence de chaque sentiment, et ont passé une lasure qui le met en avant tout en le laissant respirer. Le résultat est endiablé, je me demandais si la main de Puck ne trainait pas quelque part dans les coulisses pour désorganiser tout ça. A la comédie de mœurs 1900 où chaque classe sociale regarde avec envie les autres classes, elles ont ajouté avec tact et finesse l’ambiguïté du genre, quand un même acteur alterne un rôle masculin et un rôle féminin avec naturel, sans tomber dans la caricature ou le grotesque.

La pièce commence dans une ambiance ambiguë et suggestive qui ne retombera pas. Séquences jouées, chantées, dansées, respirations musicales dans l’air du temps,  une ambiance sonore moderne, la pièce mérite son sous-titre, cabaret burlesque.

Le dispositif scénique est épuré, les acteurs alternent les rôles et les changements de costumes. J’ai ressenti la mise en scène de Johanna Boyé comme je ressent une danseuse classique : elle va au bout des choses, et puis elle tire encore un peu pour aller vraiment au bout, sans jamais aller trop loin. Il y a un travail énorme, je le sais, et la magie prend quand on oublie tout le travail pour ne plus voir que la beauté. C’était le cas hier soir.

Vanessa Cailhol déploie son talent multiforme, elle joue, danse, chante, donne une Môme Crevette au regard perpétuellement séducteur, à la recherche permanente d’une branche vigoureuse sur laquelle se poser, gouailleuse sans jamais tomber dans la vulgarité, j’ai admiré la palette de son jeu.

Quand Arnaud Dupont est Mongicourt puis La Duchesse, on oublie la rapidité du changement de costume, le burlesque vient de la Duchesse qu’il donne, et non pas du fait que c’est un homme qui interprète le rôle.
Je pourrais citer Vincent Viotti, un Général Petypon ample et enjoué, Lauri Luppi (Etienne, Corignon, l’Abbé), Garlan le Martelot (Clémentine, le Duc), Pamela Ravassard (Gabrielle Petypon, madame Vidauban), et bien sûr Mahdi Bourayou (Emile), qui multiplie les instruments et sons sur scène, qui est l’auteur des musiques du spectacle.

J’ai senti que la troupe s’amusait, prenait plaisir à jouer ensemble. Sentiment partagé par mes commères du soir et plus généralement par le public, les applaudissements et les bravo ont fusé à la fin de la pièce.

Mon seul regret ? J’aurais rêvé de repartir avec un CD des airs et musiques de la pièce, pour les mélodies, pour les paroles délirantes aussi, je l’avoue.

Est-ce que vous devez y aller ? Oui. Oui, parce que c’est un grand Feydeau, qu’on peut voir et revoir. Oui parce que c’est une superbe version de la pièce, qu’elle passe avec aisance une barre placée très haut.
9/10
3 0
Quelle bonne et belle idée de reprendre cette illustre pièce de Georges Feydeau pour l’adapter en spectacle trépidant aux allures de « musical » et aux accents marqués de burlesque.

Crée en 1899, cette pièce emblématique du répertoire de Feydeau a contribué à donner ses lettres de noblesse à la comédie de boulevard, drôle et insidieuse, faisant la nique à la bourgeoisie installée dans ses frasques et ses débordements, pour qui « vivre de plaisirs » est un bien ordinaire et non pas un luxe.

Cette adaptation de Johanna Boyé et Paméla Ravassard actualise le texte en y apportant des coupures adroites et des ajouts spectaculaires sans jamais trahir son esprit ni sa force. Du très beau travail.

Trépidant et callé au cordeau, sur une musique « live » enjouée de Mehdi Bourayou, se baladant aussi bien dans le jazz, la pop ou la chanson populaire et gouailleuse, ce spectacle vaut le détour.

Ça danse, ça chante, ça crie, ça rit et ça joue ! Du Feydeau dans tous ses ébats.

De quiproquos en malentendus, de malices en traits cinglants, d’apartés en sous-entendus, nous retrouvons tous les ingrédients de la pièce originelle déportée côté « délire » et colorée de scènes chantées, dansées et jouées avec un abattage foldingue, efficace et précis.

Transformés le plus souvent en dingueries façon cartoon, les scènes hilarantes de Feydeau deviennent gaguesques et tout aussi désopilantes. Du Feydeau des grands jours, autres, venus d’ailleurs et pourtant de la même veine, ravageuse et dépotée.

La mise en scène de Johanna Boyé donne le rythme nécessaire à la mécanique singulière et implacable, habituelle de l’auteur. Truffée d’astuces, d’effets aux limites du clownesque, la pièce trouve une fraicheur supplémentaire et un dépassement contemporain, adroits et maitrisés.

Il y a du merveilleux dans cette fantaisie que la distribution tout entière sert avec un dynamisme et une précision toujours justes et redoutablement drôles.

La pétillante Vanessa Cailhol subjugue en Môme Crevette. Elle chante avec un fichu joli brin de voix, elle danse et elle joue avec splendeur. Florian Choquart est un Petypon monté sur ressorts, au comique abouti, du grand art. Vincent Viotti déglingue tout sur son passage en Général plus fou que les autres ou presque. Arnaud Dupont, Lauri Lupi, Garlan le Martelot, Paméla Ravassard sont tous aussi fougueux et convaincants dans leurs différents rôles. Une fine équipe !

Un spectacle dynamique et jubilatoire. Une friandise de qualité à ne pas manquer.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor