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La dame céleste et le diable délicat

La dame céleste et le diable délicat
Mis en scène par Stéphane Cottin
Avec Bérengère Dautun
  • Bérengère Dautun
  • Studio Hébertot
  • 78bis, boulevard des Batignolles
  • 75017 Paris
  • Rome (l.2)
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Adaptation théâtrale par Bérengère DAUTUN, ex-Sociétaire de la Comédie Française, de mon roman du même nom, avec Bérengère DAUTUN et Alexis NÉRET, dans une mise en scène de Stéphane COTTIN. 

 

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19 juin 2019
8/10
1 0
La mise en scène de Stéphane Cottin est au service d'une histoire très romantique que l'on pense appartenir à la littérature ... alors qu'elle fut bien réelle.

C'est d'ailleurs en voyant Bérengère Dautun interpréter la Comtesse de Ségur que Claude-Alain Planchon lui a suggéré de réfléchir à l'adaptation du livre qu'il avait publié en septembre 2014 chez Jacques Flamant éditions.

La rencontre entre le diable délicat (Claude-Alain) et la dame céleste (Gilberte) s'est produite en décembre 1982. Il a 34 ans, elle en a 70. Il est jeune médecin, elle est une figure incontournable du monde de la danse. Leurs mains se frôlent lors d’une soirée de gala à l’opéra Garnier... De cette imprévisible rencontre naîtra un amour singulier, absolu et merveilleux. Hors des sentiers battus de l’existence, un tourbillon de grâce, de beauté et de poésie emportera ces deux âmes sœurs, par delà les épreuves de la vie et de la mort.

Pour symboliser cet amour démesuré il fallait que la scène soit occupée par quelque chose de magistral. C'est une très bonne idée d'avoir pensé à des video-projections sur de grandes voiles qui, au début de la représentation, suggèrent avec simplicité et élégance, l'atmosphère d'une salle d'opéra.

Quatre chaises de velours rouge suffiront pour compléter le décor. Le metteur en scène a écarté le canapé bleu dont la mention revient régulièrement et il a eu raison. Il n'était pas nécessaire de souligner le texte à ce point. Par contre d'immenses portraits de Gilberte et de Claude-Alain s'afficheront à la fin, pour convaincre peut-être les sceptiques que cette folle histoire a bien été réelle. Elles sont en noir et blanc, pour rappeler aussi que l'épisode appartient à un passé très différent du contexte actuel. Cette histoire, qui n'a rien de banal, serait néanmoins plus facilement envisageable aujourd'hui.

Mais nous sommes en hiver 1983, à l'Opéra de Paris, le soir de la création mondiale de la dernière oeuvre d'Olivier Messiaen, Saint François d'Assise, un opéra en trois actes, d'une durée de quatre heures, pour solistes, cent cinquante choristes, et grand orchestre, sous la direction de Seiji Ozawa.

Gilberte (Bérengère Dautun) pénètre dans sa loge pour s'installer. Elle est somptueusement vêtue, comme pouvait l'être en toutes circonstances le personnage qu'elle incarne. Claude-Alain (Alexis Béret) s'assoit derrière elle. L'ambiance est immédiatement électrique. Elle le taquinera vite à propos de son statut marital car il n'est pas encore divorcé.

Ces deux là ont la même sensibilité et ils sont réuni curieusement par la médecine et par l'écriture. Il est spécialiste d'imagerie médicale à l'hôpital américain de Neuilly. Le mari de Gilberte était un grand médecin. Il est écrivain et journaliste scientifique. Elle est critique de spectacles de danse et ses avis faisaient autorité.

Ce spectacle est indirectement un hommage à la personnalité parisienne extraordinaire et hors normes de Gilberte Cournand qui consacra sa vie à la danse, s'intéressant à toutes les formes, classiques comme contemporaines. Elle ouvrit place Dauphine en 1951 une librairie-galerie qu'elle appela La danse et où se pressaient des amateurs du monde entier. Sa collection a été léguée au Centre national de la Danse de Pantin où une salle porte d'ailleurs son nom.

Bérengère Dautun est magnifique et excelle dans ce type de rôle. Elle est somptueusement habillée par Chouchane Abello-Tcherpachian. C'est un vrai plaisir de la voir l'endosser. Les deux comédiens ont l'âge de leurs personnages. Ce sont quasiment leur double et c'est un atout supplémentaire. Leur fougue et le tumulte qui est suggéré pourraient nous faire oublier qu'on est au théâtre. Et les très belles lumières de Marie-Hélène Pinon les enveloppe harmonieusement.

Cependant je ne suis pas très à l'aise pour approfondir le sujet parce qu'il s'agit précisément d'une histoire fondée sur ce qu'ont vécu des personnes réelles et cela impose le respect. Il aurait été impensable, de toute évidence, de s'éloigner du livre pour ajouter un peu de fiction. Je pense néanmoins que la soirée y aurait gagné, dramatiquement parlant, notamment en allant plus loin dans les sentiments de jalousie que semble avoir éprouvé Gilberte à l'égard d'un homme qui n'a peut être pas totalement répondu à l'ampleur de ses émotions amoureuses et qui craignait de passer pour le gigolo de service.

Il lui offre des roses blanches accompagnées d'un seul mot, tendrement. Elle le surnomme mon diable délicat. Quelle a dû être sa douleur lorsqu'elle apprit qu'il était tombé amoureux de Juliette, une femme plus jeune qu'elle, danseuse de surcroit. L'épisode est à peine effleuré, balayé par l'annonce du cancer qui terrasse le médecin, récemment diplômé en cancérologie, et qui se pensait invulnérable.

Ils ne se séparent pas pour autant et s'écrivent abondamment. De très beaux échanges émergent des vingt ans qu'ils ont en quelque sorte partagés, que l'on doit surtout à cette femme si sensible et réaliste : Vous pourrez toujours vivre sans moi mais moi pas / Le pur amour nous dépasse / La vie est magique tant que c'est l'amour qui la consume / Ce que nous avons vécu est unique, quand je partirai je vous emporterai dans l'éternité.

La fin du spectacle dégage une profonde mélancolie. La voix de la comédienne s'accélère quand elle doit se séparer de sa librairie galerie. On devine que le temps lui est compté. Mais, très judicieusement, l'optimisme et la détermination ne quittent pas le personnage qui, dans une ultime pirouette affirme : Là où je vais, je vous emporte avec moi !

Bérengère a eu bien raison de s'emparer de cette histoire qu'elle porte superbement. J'ignore qui d'elle ou de Stéphane Cottin a pensé à Alexis Néret mais il est l'homme qui convenait.


Après Tendresse à quai et le Lauréat ... je me demande si ce metteur en scène s'attellera une fois de plus à une histoire d'amour transgénérationnelle.
10 juin 2019
8/10
2 0
Une histoire romantique entre deux générations que le monde de la danse fait se rencontrer.

Stéphane Cottin met en scène avec délicatesse le roman de Claude-Alain Planchon qu'il magnifie par la projection filmée d'image de ballet sur des panneaux et illustrée par des extraits de musiques classiques.

Emouvante interprétation de l'excellent Alexis Néret, Bérengère Dautun est plus en demi teinte pour ma part. Ca reste quand même une belle histoire entre deux êtres qui s'aiment d'un amour vrai et profond que la mort même ne pourra éteindre.
17 mai 2019
8/10
1 0
« La Dame Céleste et le Diable Délicat » de Bérengère Dautun d’après le roman de Claude-Alain Planchon au Studio Hébertot dans une mise en scène de Stéphane Cottin, est une valse de l’Amour à trois temps, à mille temps, une valse qui surmonte toutes les épreuves.

En choisissant ses mots, issus d’une histoire vraie, Bérengère Dautun a tiré du livre de Claude-Alain Planchon une pièce qui pourrait en troubler plus d’un, à une époque où certes les mœurs évoluent, quoique, mais où une certaine gêne persiste quand on évoque un tel couple.
Est-ce raisonnable ou déraisonnable ? D’aucuns pourraient penser que c’est immoral, que c’est dégueulasse, qu’il est le gigolo de service, un profiteur, mais ils sont tellement beaux dans leur Amour sincère, qu’ils nous font rêver. Une transposition théâtrale très réussie.

Elle a 70 ans et lui 34.
C’est un jeune médecin dans la vigueur de l’âge, elle est une critique de la danse incontournable.
Un soir, leur passion les réunit et ils se retrouvent dans la même loge lors d’une soirée de gala à l’opéra Garnier. Il est ému par le charme et le charisme de cette femme à la beauté troublante.
Leurs mains se frôlent, s’unissent et c’est une très belle histoire d’Amour qui fait ses premiers pas, ses premières pointes, jusqu’à ce que la mort les sépare, une fin tant entendue dans les histoires d’amour et qui n’arrive pas uniquement dans les romans ou dans les films.

Dans un premier temps, on pourrait faire le parallèle avec Harold et Maude, mais je dois dire que dès les premières minutes, j’ai été pris dans cette histoire, je me suis laissé porter, charmer, par leur couple et rien n’est venu traverser mon esprit.
Ils étaient si beaux sur scène, ils accrochaient tellement la lumière, que rien ne pouvait perturber mon attention.

Une histoire d’amour avec ses hauts et ses bas, une femme qui a une préférence vers l’exclusivité, un homme divorcé, père d’une petite fille, qui ne dit pas non à la vie. Mais rien, ni personne ne pourra détruire cet amour intense, cet amour charnel. Tout se passe comme dans un conte, ils se rencontrent, se découvrent, se dévoilent et volent vers un autre monde, celui où la légèreté côtoie le tragique. Même si le crabe viendra perturber la vie de ce jeune médecin, leur amour sera plus fort et vainqueur. Le mot Amour qui entre leurs yeux pétille et les entraîne dans un tourbillon d’épreuves où ils grandiront.

Bérengère Dautun est lumineuse, son entrée sur scène telle une danseuse étoile, vêtue d’une robe superbe, parée de ses plus beaux diamants, à la coiffure impeccable, nous séduit par sa délicatesse et sa volonté de vivre pleinement sa vie. Elle aime son diable délicat. Que sa voix soit douce ou sévère, elle emporte tous les suffrages. Nous sommes complètement sous le charme de son jeu. On l’aime.
Alexis Néret n’a pas la tâche facile devant une telle personnalité, mais il tient la rampe, il ne faiblit pas. Sa présence complète parfaitement le jeu de séduction qui les unit. Sa stature imposante, protectrice, enveloppe la grâce de Bérengère Dautun. Il aime sa dame céleste.

Un Amour intemporel qui réunit simplement deux êtres, deux amants terribles qui se comprennent, s’admirent, qui ont besoin chacun de l’autre pour avancer dans la vie.

Stéphane Cottin a très bien compris ce message et sa mise en scène, à la hauteur de la délicatesse de Bérengère Dautun et la force d’Alexis Néret, s’efface devant leurs jeux pour les mettre en valeur. Complétée par des visuels aux belles lumières de Marie-Hélène Pinon sur des musiques qui soulignent les émotions, Stéphane Cottin a réussi à mettre de la poésie dans ce cocktail explosif.

Une tranche de vie qu’il ne faut pas hésiter à écouter. Un hymne à l’Amour rafraîchissant.
1 mai 2019
8/10
5 0
Le Studio Hébertot, comme à son habitude, nous propose encore une perle avec cette adaptation du roman La Dame céleste et le Diable délicat. Je précise que je ne connaissais pas le roman avant d’avoir vu la pièce et que je me suis jetée dessus à la sortie du théâtre pour retrouver l’ambiance de ce moment à part.

Hiver 1982. Claude a 34 ans et est médecin, Gilberte en a 70 et elle ‘est’ la danse. Lors d’une soirée à l’opéra Garnier, leurs mains se frôlent… et ne se quitteront plus…

De cette improbable rencontre naîtra un amour singulier et magnifique.

Loin du commun des mortels, totalement hors des sentiers battus de la vie, Ces deux esprits sont pris dans un tourbillon de grâce et leur histoire sublimera les épreuves de la vie et de la mort.
C’est avec beaucoup de délicatesse et de sobriété que Stéphane Cottin met en scène le roman de Claude-Alain Planchon. Il y a un joli fond sonore et visuel pour accompagner l’histoire. La justesse des comédiens nous permet de nous plonger avec bonheur dans ce voyage poétique qui contient des touches d’humour et de la gravité.

Bérengère Dautun est une Giberte à fois forte et fragile qui nous émeut quand elle évoque son amour pour Claude et Alexis Neret est l’incarnation de la passion. L’alchimie entre les deux fonctionne parfaitement et nous sommes pleinement immergés au cœur de leur relation, de leurs joies et leurs peines.

Un moment de grâce que je recommande.
28 avr. 2019
9/10
2 0
La dame Céleste et le diable délicat de Bérengère Dautun, d’après le roman de Claude Alain Planchon, mise en scène par Stéphane Cottin
Au Palais Garnier en 1982, un jeune médecin Claude Alain Planchon (Alexis Néret) fait la connaissance d’une grande figure de la danse Gilberte Cournand (Bérengère Dautin).
Une passion amoureuse va naitre entre ses deux êtres, 34 années les séparent mais tant de choses les unissent… C’est beau, profond, l’émotion est intense, c’est magnifique.
Je n’ai pu m’empêcher de penser à Harold et Maude qui dans un tout autre genre et aussi une merveilleuse histoire d’amour.

Sur le plateau trois grands pans de rideau élégants sur lequel sont projetés des figures allégoriques c’est beau, léger, délicat, onirique et poétique.
Claude entre en scène …
« Certains d’entre vous l’ont peut-être aperçue à mon bras au palais Garnier…
Elle était certainement l’une des parisiennes les plus élégantes du monde de la danse… »
Gilberte majestueuse, d’une classe, d’une beauté et d’une grâce émouvante apparait…
Gilberte et Claude traversent les affres de la vie sans jamais se lâcher la main… Quel bonheur de vivre un si bel amour.

Berengère Dautun et Alexis Néret par leur talent et la justesse de leur jeu nous transpercent et nous chavirent jusqu’au plus profond de notre être.
Nous sommes captivés, nous n’osons respirer tant l’émotion est grande.

Lorsque le rideau tombe, nous n’avons qu’une envie, relire cette histoire et s’abreuver de ses beaux mots qui nous touchent, nous transpercent et nous font rêver.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor