Joueurs, Mao II, Les Noms

Joueurs, Mao II, Les Noms
De Don DeLillo
Mis en scène par Julien Gosselin
Avec Guillaume Bachelé
  • Guillaume Bachelé
  • Joseph Drouet
  • Rémi Alexandre
  • Adama Diop
  • Théâtre de l'Odéon (théâtre de l'Europe)
  • Place de l'Odéon
  • 75006 Paris
  • Odéon (l.4, l.10)
Itinéraire
Billets de 6,00 à 40,00
À l'affiche du :
17 novembre 2018 au 22 décembre 2018
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 14:30
    • 20:00
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Après Les Particules élémentaires d’après Houellebecq, puis 2666 d’après Bolaño, c’est au tour de Don DeLillo d’être convoqué à la scène par Julien Gosselin.

Voilà plus de cinquante ans que l’Américain bâtit une œuvre immense, protéiforme, pareille à un relevé sismographique des états de notre planète.

Gosselin a choisi d’opérer une coupe verticale pour y prélever trois échantillons datant de trois décennies différentes. 

Joueurs (1977) ne quitte qu’à peine New York afin de suivre à la trace la dérive d’un trader dont un collègue se fait abattre en pleine salle des marchés. 

Note rapide
7,3/10
pour 2 notes et 1 critique
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1 critique
Note de 8 à 10
50%
1 critique
19 nov. 2018
8,5/10
3 0
Plongée dans du théâtre réel, pleins de sensations ! Dénonciation physique, socialement et économique de la société.

En bref, c'est compliqué à raconter, car Gosselin (le metteur en scène des Particules Elémentaires) a adapté 3 romans de Don DeLillo au théâtre : Joueurs, Mao II, et Les Noms. Cette trilogie de 10 heures retrace l'histoire du terrorisme, et en parallèle, l'évolution de la société, des mentalités, des comportements. C'est une pièce très sociologique.
- Joueurs : c'est l'histoire d'un couple qui s'ennuie, et dont le mari tombe dans le terrorisme.
- Mao II : c'est 'histoire d'un écrivain qui écrit sur l'enlèvement d'un journaliste au Liban. Selon Gosselin, le terrorisme est la plus grande/meilleure source d'inspiration pour les écrivains de romans policiers.
- Les Noms : je n'ai pas pu voir cette dernière partie du spectacle, à mon grand désespoir.

Ce que j'aime dans les mises en scène de Gosselin, c'est toute l'actualité des personnages et des sujets. On se voit dans la pièce. On est questionné en permanence.

Parmi les sujets que Gosselin dénoncent :
- la sur-sécurisation de la société, thème récurrent chez Gosselin (1993). C'est une entrave à la liberté individuelle, et le pire dans tout cela c'est qu'aujourd'hui on s'y est habitué. Gosselin parle ainsi des portiques à métaux dans les buildings, pour détecter les bombes et armes des terroristes.
- l'excès de la fête : Gosselin met en scène une soirée, ou les personnages sont pommés, et dont les personnages s'enfoncent dans les vices et les excès : la drogue, le sexe et l'alcool de manière totalement non constructives. Je n'ai jamais vu de fêtes aussi "réelles" que celles mises en scènes par Gosselin. Je parle de l'anniversaire de Lyle / Pamela dans Les Joueurs. On y croit à leur triste soirée. Les personnages parlent de rien, personne ne s'écoute, la soirée s'enlise. Les personnages sont totalement excessifs. On sent un mal être, qui ressort parfaitement bien chez les comédiens.
- le désamour : on voit un couple, Pamela et Lyle qui s'ennuie, et ne partagent plus rien. Chacun va "kiffer" dans son coin, et c'est vraiment triste : Pamela part en vacances dans le Main avec ses deux amis. Lyle part dans son coin se masturber (juste à côté de sa femme), puis part avec une autre femme, puis part dans une secte terroriste.

Sur le plan formel : c'est très intéressant
- c'est une expérience de théatre réel. Un écran est disposé devant un plateau, et les comédiens jouent derrière le plateau, avec un caméraman qui projette ce qu'il filme sur l'écran. Au fil de la pièce, l'écran se lève, et les comédiens jouent derrière. Du coup, c'est un theatre très réel car il n'y a pas de coupe, de scénario, on voit les comédiens qui sont filmés de très proches. C'est totalement immersif.
- Le collectif "Si vous pouviez lécher mon coeur" est très polyvalent : excellente musique techno, c'est une véritable trans qui nous emporte, les caméramans filment de magnifiques plans, les comédiens jouent de manière totalement transparente, toutes leurs émotions ressortent à l'écran. On en vient à sa demander, devant la justesse du jeu, si certains passages sont improvisés ou alors si c'est le texte qu'ils récitent à la perfection
- On est hors du temps : ca dure 10 heures, on ne comprend pas tout, mais on reste emportés. et on partage des émotions très intenses. C'est assez hypnotique : le rythme est très soutenu et cadencé grâce à la musique.
- Les décors sont vraiment artistiques : Joueurs m'a marqué pour son décor américain des années 1970, la pluie sur le plateau ; Mao II est très très arty, avec son décor en noir et blanc.

J'ai bien aimé les deux passages suivants :
- le concept de "bruit organisé" : un personnage qui étouffe en ville,
- "les universitaires considèrent les autres comme des récepteurs" : une jolie pique lancée aux professeurs agrégés et à leurs cours d'une passivité mortelle.

Bon spectacle à tous !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor