• Classique
  • Théâtre de la Bastille
  • Paris 11ème

Iliade - Odyssée

Iliade - Odyssée
De Homère
Mis en scène par Pauline Bayle
  • Théâtre de la Bastille
  • 76, rue de la Roquette
  • 75011 Paris
  • Voltaire (l.9)
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Qu’est-ce que l’héroïsme ?

Invitée pour la première fois au Théâtre de la Bastille, Pauline Bayle pose la question en adaptant de manière concentrée et fort énergique deux épopées fondatrices de notre civilisation, présentées en diptyque.

Dans un élan vital, cinq actrices ou acteurs sont les héros ou héroïnes, dieux ou déesses de l'Iliade et l'Odyssée. Affranchi.e.s de la question du genre et armé.e.s de force, de ruse et de courage, ils.elles s'élancent gaillardement dans la quête très humaine du dépassement de soi.

 

Iliade

Immédiatement, le spectacle commence. Nous ne sommes pas encore assis dans la salle, mais la guerre opposant les Grecs aux Troyens dure depuis neuf ans et nous sommes déjà pris dans l’urgence de son achèvement. En une heure et demi, nous allons traverser 24 chants et 15 337 vers de ce long poème homérique, six jours et six nuits d’une guerre conduite par la fureur d’Achille d’un côté, et la fidélité d’Hector à sa patrie de l’autre. Au nom de quoi serait-on prêt à mourir ?

Il n'y a pas de morale, pas de gagnant… L'écho politique est percutant : que l'on soit oppresseur ou opprimé, il s'agit d'être égaux face à la souffrance et à la mort. C'est cela que veut nous faire entendre la jeune metteure en scène. Concentrée à nous rendre toute la générosité du texte d'Homère par une adaptation et une direction d'acteur ultra dynamique, Pauline Bayle organise l'espace de façon épurée et efficace. Quelques paillettes et voilà une armure, un peu de peinture et c'est du sang qui coule. Beaucoup d’eau, beaucoup de larmes versées aussi, nous racontent toute l’humanité d’Achille, Hector, Hélène, Andromaque, Agamemnon et des dieux qui les gouvernent.

 

Odyssée

Ulysse est un drôle de héros. Il ne veut pas se battre, il veut rentrer chez lui. Comment se remettre de la guerre ? interroge l'Odyssée, succédant à l'Iliade. D'errance en errance, parmi les dangers d'un monde chaotique, Ulysse aux mille et un tours, rusé et vengeur, cherche sa place et un monde ordonné.

Comment revenir à soi ? C'est aussi la recherche de Pauline Bayle qui, à travers cet univers merveilleux peuplé de créatures et de dieux, se joue encore des apparences et nous offre le portrait d'un homme peureux qui, malgré ses contradictions, accède à lui-même. Après Iliade créé en 2015, Pauline Bayle décide de monter Odyssée comme contrepoint et approfondissement de son travail. Avec son collectif de cinq interprètes réunis autour d'elle depuis sa sortie du Conservatoire national supérieur d'art dramatique en 2011, elle travaille, comme pour Iliade, une partie du texte au plateau. Ainsi se croisent les styles, en écho à la multiplication des registres dans les textes originaux, faisant respirer le tragique et le comique ensemble. Débarrassant l'espace de tout décor réaliste, c'est encore l'occasion d'explorer de nouvelles possibilités de mettre en scène une épopée et de nous plonger dans un spectacle débordant d'inventivité.

Note rapide
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18 janv. 2018
9/10
19 0
Le samedi, c’est tournedos frites et c’est surtout ce mois-ci l’intégrale Iliade / Odyssée au théâtre de la Bastille. Et force est de constater que la première partie de l’épopée de Homère m’est bien restée en mémoire (vue il y a presque deux ans à la Manufacture à Avignon pendant le festival off) et j’y prends encore beaucoup de plaisir : toujours cette pointe d’humour quand vient le moment des Dieux, cette inventivité avec l’utilisation des paillettes (je ne dis rien mais je n’en pense pas moins). Le remplacement de Jade Herbulot par Viktoria Kozlova ne casse aucunement la dynamique et il faut saluer l’homogénéité de la distribution, car ce qui est mis en avant, c’est le collectif (même si ça me fait toujours quelque chose de voir sur scène Florent Dorin aka le Justicier du Futur).

Tout le monde joue indifféremment tout le monde (hommes, femmes, dieux) dans Iliade. Tout le monde jouera le même rôle (Ulysse) et bien plus encore dans Odyssée, qui parvient à maintenir mon intérêt pour cette histoire que tout le monde connait et qui se fera plus grave.

Le pari était pourtant ardu : celui de restituer des histoires d’un ancien temps, et ce dans une langue, un code de jeu disons très classiques et une économie de moyens. Ces contraintes permettront à Pauline Bayle (aussi une très bonne comédienne, vue dans « Clouée au sol » aux Déchargeurs) et à sa jeune équipe d’insuffler un vent de fraîcheur (de vivre… désolé) et tout de même du rythme, d’ouvrir notre boîte à imaginaire et de nous laisser séduire par cette simplicité.

Et le pari, vous l’aurez compris, est largement gagné ! (écrit-il en levant les deux pouces)
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor