- Comédie Contemporaine
- Théâtre du Gymnase
- Paris 10ème
Hier est un autre jour...

- Laurent Gamelon
- Xavier Letourneur
- Axelle Marine
- Jessica Borio
- Jean-François Cros
- Théâtre du Gymnase
- 38, boulevard de Bonne-Nouvelle
- 75010 Paris
- Bonne Nouvelle (l.9)
Pierre Maillard, avocat probe et maniaque, travaille sur un procès extrêmement important, sûrement le plus important de sa carrière. Mais Bernard, son patron sournois veut absolument se débarrasser de lui pour offrir le poste à son gendre. Il remplace donc la pièce à conviction du procès de Pierre par un document sans valeur.
Pierre va vivre un enfer car ce jour là, la terre ne tourne plus rond, et les événements se répètent en boucle. Les mêmes personnes le dérangent sans cesse, son patron radote, sa secrétaire trébuche tout le temps au même endroit… Il se sent bien seul car pour les autres, rien ne sort de l’ordinaire.
D’exagération en exagération, vous assisterez à des situations poussées à l’extrême et à la folie progressive de Maitre Maillard.
Hier est un autre jour est écrit par Sylvain Meyniac et Jean-François Cros. Ce dernier est également acteur dans la pièce. Il y joue le rôle du gendre.
L'avis de la rédaction : 6/10. Malgré un décor, une musique et des effets spéciaux de qualité, cette pièce pêche par son humour trop souvent inefficace.
On n'arrive pas à croire aux différentes situations burlesques et du coup les blagues tombent à plat, comme lorsque Pierre parle à son cochon et que le hasard veut que son patron débarque dans son bureau par surprise...
Une situation extraordinaire c'est bien, mais quand c'est trop improbable on arrive plus à y croire...
C'est dommage car il y a des comédiens qui se donnent et des décors bien faits.
Les acteurs sont expérimentés et ça se voit !
Le scénario est assez original, voir osé pour du boulevard.
A noter quelques effets spéciaux simples mais très bien amenés !
Dans cette pièce de Sylvain Meyniac et Jean-François Cros, l'excellent Laurent Gamelon a la charge de reprendre le rôle interprété à l'origine par le non moins excellent Daniel Russo. Si Gamelon est largement à la hauteur de la tâche, le résultat est plutôt décevant. Car d’un concept prometteur les auteurs ont accouché d’une souris. L'idée de départ est pourtant fort intéressante mais de mon point de vue elle n'est pas aboutie la faute à une histoire somme toute banale et pas assez développée. Les auteurs se sont en effet contentés de quelques scènes qui se répètent à foison en changeant quelques détails ici et là mais en dehors de ça il ne se passe pas grand chose. Pour une comédie l’écriture est poussive et le texte plutôt creux : aucune blague ou dialogues percutants ne viennent pimenter la pièce. Ici on préfère jouer la facilité en se basant uniquement sur le comique de répétition. Du coup le sentiment que ça tourne en rond nous assaille rapidement.
Si on rit un peu on sourit quand même beaucoup grâce à Gamelon qui porte littéralement la pièce sur ses (larges) épaules. Clairement c'est le chef de bande, les autres acteurs se contentant de quelques miettes. Mais il cabotine un peu trop à mon goût avec des tocs qui n’apportent rien à la pièce si ce n’est (encore une fois) une certaine facilité. Je salue tout de même la performance d'acteurs de la troupe car les scènes se ressemblant tellement il y a vraiment matière à confusion. Rien de tel ici la pièce est d'une grande fluidité, sans temps mort. La mécanique est extrêmement bien huilée. Pourtant la mise en scène de Eric Civanyan n’a rien d’original et n’est pas mise en valeur, la faute à un décor unique mal adapté à la thématique de la pièce. Mais un décor ça coûte cher et au Palace on mutualise ! Hier est un autre jour se joue en effet dans le même le décor que Toc Toc (à quelques accessoires près). Le sujet méritait mieux, peut-être quelque chose de plus moderne et de moins figé. Heureusement il existe quelques effets visuels bien réussis (soyez attentif face à cette boite à cigares).
Pour conclure, si l'ensemble est de bonne facture et si l’on passe tout de même un bon (mais long) moment il n’en demeure pas moins que l’on reste sur sa faim. Et moi quand je ressors du théâtre j’apprécie d’être bien rassasié. Le concept étant moins abouti que celui du film, peut-être l’idée aurait-elle été mieux développée au cinéma…
A noter que c'est la deuxième pièce à laquelle j’assiste dans le cadre de l'opération “Le Palace Se Plie En 4” et c'est la deuxième fois que la durée annoncée ne correspond pas à la durée réelle. Du coup la pièce déborde systématiquement sur le spectacle suivant. Soyez avertis spectateurs de Welcome à St-Tropez et des 39 Marches et prévoyez une bonne demi-heure de retard (un début aux environs de 22h). Il y a un donc réel problème de programmation qui aurait été simplement résolu en faisant débuter la pièce une demi-heure plus tôt. CQFD.
Un cabinet d’avocats véreux, des époux infidèles et vénaux, un psychorigide d’avocat qui ne se résout pas à mentir (et son double !)… On prend tout ça, on mélange et ça donne des éclats de voix, des mimiques, des portes qui claquent ou qui tombent. Le tout avec des répétitions de scènes, de phrases, de postures : un pur moment de drôlerie !
Bien sûr, il importe de se laisser porter par le rire des situations. Nous sommes, avant tout, dans un spectacle proche de la farce.
La pièce de Sylvain Meyniac et Jean-François Cros est ficelée comme un rôti, tout est prévu pour que cela fonctionne : les gags à gogo ; les répliques ciselées, lancées au quart de tour ; les situations improbables et fantasmagoriques ; le décor et les accessoires astucieux emprunts de magie ; un huis-clos qui centre toute l’attention sur les situations.
La mise en scène d’Eric Civanyan, sobre et efficace, ne laisse rien au hasard. Le tout est rythmé comme au métronome.
Mais le spectacle repose essentiellement sur la prestation de la distribution, Laurent Gamelon en tête, en avocat psychorigide bourré de tics et de tocs. Il est très drôle, on ne peut s’empêcher de penser à d’autres grands acteurs comiques avant lui. La référence à Louis de Funes n’a pas échappé, avec le sifflement du « tea for you » de « La Grande Vadrouille ». Son double joué par Zinedine Soualem n’est pas en reste comme l’ensemble des comédiens. Précis, justes et drôles.
Voici un spectacle bienfaisant, simple et hilarant où l’on s'amuse et on rit sans arrêt.