Helsingor, Château d'Hamlet

Helsingor, Château d'Hamlet
De William Shakespeare
  • Le Secret
  • 18, rue Larrey
  • 75005 Paris
  • Place Monge (l.7)
Itinéraire
Billets à 37,00
Evénement plus programmé pour le moment
Réservation de tickets

Helsingør – château d’Hamlet est une adaptation en théâtre immersif de la pièce de Shakespeare.


Pour comprendre le principe du théâtre immersif, il faut imaginer un espace de jeu où le « hors-scène » n’existe pas.

Le public peut aller où il le désire. Il est libre d’évoluer au cœur de l’action – et d’y perdre ses repères…

Note rapide
6,3/10
pour 4 notes et 2 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
2 critiques
Note de 4 à 7
75%
0 critique
Note de 8 à 10
25%
Toutes les critiques
8 nov. 2018
6/10
10 0
Théâtre immersif, expérience super intéressante mais pièce un peu longue.

En bref, c'est une adaptation immersive d'Hamlet, de Shakespeare. Hamlet veut venger son père, défunt roi d'Ecosse, tué par son oncle. L'oncle se marie avec la mère d'Hamlet, et monte sur le trône. Pour dénoncer son oncle, Hamlet fait jouer une pièce de théâtre devant le roi, ou il met en scène un fratricide pour accéder au trône. L'oncle se trahit. Dans sa folie de faire éclater la vérité, Hamlet tue le père d'Ophélie, son amante, qui sombre à son tour dans la folie.

Ce que j'ai beaucoup aimé, c'est le théâtre hors les murs. On a pas l'habitude, en tant que spectateur, d'évoluer sur le plateau, dans une maison en l'espèce, ou se jouent dans toutes les pièces des scènes de la pièce. Les personnages nous plongent dans un univers fascinant : ils sont dans leur rôle de A à Z, et émergent du public, se baladent entre les spectateurs, et jouent au milieu de nous.

La mise en scène est très créative : le lieu est sublime, les décors magnifiques, et la scène à 360 degrés avec l'interaction du public est bien pensée. Ce que j'ai moins aimé c'est que le théâtre immersif est à mi chemin entre le théâtre normal et l'escape game, ou le spectateur est au centre de l'intrigue et doit résoudre une énigme. J'ai mis du temps à comprendre que la pièce n'était pas un escape game, et qu'il fallait "juste" suivre Hamlet de pièces en pièces.

J'aurais aimé plus d'interactions avec le public. J'ai également pas trop accroché avec le texte de Shakespeare. Je trouve que ce texte n'est plus actuel. Même si les échos avec le Roi Lion sont frappants. Bon spectacle à tous !
8 juil. 2018
7,5/10
15 0
J’écris. C’est mon métier. C’est dire que chez moi, la voyeuse n’est pas, n’a jamais été très loin de la surface policée – même si l’on m’a appris, comme à nous tous, qu’il est impoli d’écouter aux portes et de lire la correspondance d’autrui.

Au théâtre, j’ai souvent rêvé de pouvoir me glisser au milieu des personnages, de respirer leur sueur, de surprendre un geste furtif, de lire sur leur visage, sous le maquillage de scène, la tension qui les habite et les ravit, au sens propre, loin de ce monde et loin d’eux-mêmes. Bref, d’être un fantôme.

Par chance, la nouvelle production de Léonard Matton avec la compagnie A2R, Helsingør ou le château d’Hamlet, m’a enfin permis de réaliser ce rêve. Dans cette pièce, nous – les spectateurs – sommes les fantômes, les témoins muets, au même titre que le spectre du roi assassiné. Nous ne sommes pas assis sur des rangées de fauteuils, attendant d’applaudir à tout rompre (tel un contingent de fauves qu’il faudrait parquer pour n’en pas craindre les désordres) ; nous déambulons de pièce en pièce, dans ce château hanté, suivant au gré de nos envies les protagonistes, les croisant, tournant autour d’eux ou nous rassemblant dans les angles de l’espace scénique. L’un des parcours, celui qui m’a été proposé à l’entrée, arbitrairement, par la couleur du bracelet que je portais à mon poignet, commence dans une vaste salle obscure. Un homme encapuchonné est là, qui en cherche un autre. Il projette sur les murs noirs la lumière de sa lampe. Cette lueur glisse sur nous sans s’arrêter – nous voilà dématérialisés. Nous n’avons plus de corps. Quel bonheur, et quelle chance.

Comme un fantôme, oui, ou comme un enfant curieux à qui nul ne prête plus attention quand les passions se déchaînent, me voici désormais libre de suivre Hamlet, Horatio, Polonius ou Ophélie qui, dans les pièces séparées par d’épais rideaux de velours et des couloirs labyrinthiques, vivent simultanément – mais pas toujours – leur propre drame. Libre d’examiner les objets posés sur les meubles, d’ouvrir un tiroir et d’en tirer une lettre, libre de lire le destin dans un jeu de cartes étalé sur un guéridon. Libre de suivre les voix qui éclatent ici ou là, ou bien de m’attarder dans le silence qui suit une révélation. Ai-je vu Hamlet, hier soir ? Non. J’ai vécu Hamlet. J’ai reconstitué dans mes errances cette histoire de mort, de trahison et de vengeance, d’amitié et d’amour blessé. J’ai été cette forme dont Ophélie s’approche, et qui garde le silence devant ses yeux fous de terreur. J’ai frôlé le lit de l’inceste. J’ai chancelé sous le poids d’un corps qui roulait à mes pieds. J’ai envie de recommencer.

P.S. : Tous les comédiens sont formidables. Une mention spéciale pour les rôles féminins, une Ophélie qui donne à voir avec subtilité la destruction progressive de son être et Zazie Delem, impressionnante en Gertrude, la mère d’Hamlet – une reine déjà presque spectrale elle-même dans son écrin de taffetas rouge sang, habitée par le désespoir lucide et l’accablement sensuel.
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor