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Girls and Boys

Girls and Boys
De Dennis Kelly
Mis en scène par Mélanie Leray
Avec Constance Dollé
  • Constance Dollé
  • Théâtre du Petit Saint Martin
  • 17, rue René Boulanger
  • 75010 Paris
  • République (l.3, l.5, l.8, l.9, l.11)
Itinéraire
Billets de 20,00 à 35,00
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Une rencontre impromptue dans un aéroport se transforme en relation intense et passionnée.

Le couple s'installe, achète une maison, fait deux enfants. Parallèlement, chacun s'investit dans sa carrière.

Une famille ordinaire, en somme.

Pourtant, avec ce monologue inattendu, complexe, drôle et brutal, Dennis Kelly continue de percer les apparences pour explorer l'âme humaine et appuyer là où ça fait mal, sans cynisme, mais sans concession.

Constance Dollé a été récompensée du Molière 2019 du seul(e) en scène pour Girls and Boys.

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La critique de la rédaction : 8/10. Un seule en scène captivant.

Nous rentrons in medias res dans ce dîner où cette femme franche, au langage cru se confie, raconte l’histoire de sa rencontre avec son mari.

L'actrice Constance Dollé est impressionnante. Elle parle aux 4 spectateurs figurants volontaires montés sur scène avec un naturel déconcertant.

Nous nous demandons où va nous mener son récit, c’est très prenant. Et effectivement, la tournure qu’il prend est plus que surprenante.

Une pièce forte, à voir. Elle décrochera sûrement un Molière.

Note rapide
8,5/10
14 pour 14 notes et 12 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
1 critique
Note de 4 à 7
7%
11 critiques
Note de 8 à 10
93%
Toutes les critiques
11 mai 2019
9,5/10
1 0
Constance Dollé pourrait être la soeur jumelle de Caroline Vigneaux. Leurs deux spectacles parlent de domination masculine. Si celui de l'humoriste fait rire (tout en étant d'une certaine façon très sérieux), Girls and Boys est une tragédie.

Quand vous prendrez place sur les gradins vous remarquerez la comédienne en conversation avec quatre invités, qui sont des spectateurs presque ordinaires, ayant accepté quelques minutes plus tôt l'invitation du caissier du théâtre à suivre le spectacle depuis la scène. Ne vous préoccupez pas d'eux, ils n'auront rien à dire. Je peux témoigner. J'y étais.

Ce n'est pas la première fois que je regarde un spectacle en étant assise sur le plateau. Le dispositif est fréquent. Mais je n'avais pas imaginé que je resterais sous les feux des projecteurs durant toute la représentation, pendant une heure trente. Hors de question de tousser (ou alors vraiment discrètement, en s'efforçant de faire passer la crise avec le verre d'eau qui nous a été versé au début de la soirée), et encore moins de quitter le plateau.

Je ne regrette rien, bien au contraire. Cette expérience m'a permis de décupler mon attention et de vivre la soirée de l'intérieur, en immersion comme le promet le théâtre. L'interprétation de la comédienne est magistrale (je ne pourrai pas en dire autant de la mienne, ... aura-t-on remarqué combien chacun de ses 4 invités buvaient ses paroles, manifestant un maximum d'empathie ?).

Je n'ai pas eu l'occasion de discuter avec Constance Dollé par la suite mais j'ai lu qu'elle disait ne pas être tout à fait Constance la comédienne ni tout à fait le personnage à ce moment-là, qu'elle s'efforce d'avoir l’air détendue pour mettre à l’aise ses invités. Et qu'après, elle prend appui sur eux en fonction de ce qu'elle chope de leurs réactions. Et c'est vrai qu'à plusieurs reprises j'ai remarqué qu'elle s'adressait un bref instant à l'un ou l'autre d'entre nous, dans une forme de connivence, par rapport à nos professions ou nos passions dont nous avions brièvement fait le tour avant l'entrée du (vrai) public.

Curieux "seule en scène" donc que cette représentation. Avec autour d'elle deux femmes et deux hommes et puis la quasi présence de son ex-compagnon, avec qui elle a eu deux enfants auxquels elle s'adresse régulièrement. J'écris "elle", je devrais mentionner "le personnage" ... mes mots sont sans doute consécutifs à l'immersion, ou à la qualité de l'incarnation de la comédienne, qui mérite amplement pour cela sa nomination aux prochains Molières.

Aucun d'entre nous ne savait quand le spectacle commencerait réellement parce que nous étions absorbés par la conversation que nous avions à voix basse avec Constance Dollé alors que nous commencions à percevoir l'installation du public. Elle nous distribua une clémentine, nous versa de l'eau et remplit nos verres d'un (excellent) Saint Joseph ... que nous n'étions d'ailleurs pas obligés de boire.

Nous avons compris que les choses (très) sérieuses avaient définitivement démarré quand elle s'adressa à mon voisin d'une voix un tout petit peu plus affirmée pour lui dire : J’ai rencontré mon mari dans la file d’embarquement d’un vol EasyJet, je dois dire qu’il m’a tout de suite déplu.

Ce monologue a été écrit par le dramaturge britannique Dennis Kelly il y a deux ans à peine. C'est sa première création en France et son titre, Girls and Boys, est celui d'une chanson de Blur. C'est un autre air (Depeche Mode -Enjoy The Silence-1990) que l'on entend à la fin du spectacle dont j'ai eu du mal à retrouver les coordonnées alors qu'il me trottait dans la tête avec ses mots qui correspondaient si parfaitement à ce que je ressentais :
Words like violence
Break the silence
Come crashing in
Into my little world
Painful to me
Pierce right through me
Can't you understand?
Oh my little girl

La mise en scène de Mélanie Leray est très efficace. On vit chaque épisode comme si on y était (et je pense que même sans être sur le plateau j'aurais ressenti semblable émotion). On est hypnotisé. On voit ses enfants, puis le mari. C'est vertigineux.

Constance Dollé a joué dans plusieurs séries télévisées, Un village français, les Revenants. Sa filmographie est impressionnante et elle a été à l'affiche de nombreuses pièces de théâtre. Girls and boys est cependant son unique seul en scène.
28 avr. 2019
8/10
2 0
On va dire que la pièce démarre sur l'histoire d'un couple. Assez classique comme histoire. Les enfants naissent. Le couple est pris dans leur vie professionnelle et sont très impliqués. Peu à peu l'histoire tournera et changera pour aller dans le drame absolu.

J'ai personnellement adoré l'idée de reconstruire l'histoire en enlevant le traumatisme dans le souvenir. Assez troublant comme idée. La fin est poignante.
Le plus remarquable est le jeu de Constance Dollé. Elle porte le texte et lui apporte l'énergie nécessaire. Elle est vitale pour la pièce.
La mise en scène est originale avec 4 spectateurs invités à participer à la pièce. Quelques nuances négatives sur l'occupation de l'espace.

A voir pour le jeu d'actrice.
19 avr. 2019
9/10
4 0
Attention au début trompeur de cette pièce, qui ressemble à celui d'une comédie psychologique...

Il y aura en cours de route de sévères ruptures et le spectacle s'achève sur une tout autre tonalité. Cela dit, impossible de ne pas conseiller d'aller voir Constance Dollé dans ce rôle qu'elle tient à merveille, habilement mise en scène, dans un souci de réalisme qui atteint parfaitement son but dans la dernière partie de la pièce. Enfin, sans qu'on soit nécessairement d'accord avec la théorie de l'auteur, qui veut qu'une violence effroyable habite la psychologie masculine, et que seule la société pourrait canaliser, il est à signaler l'intérêt d'un texte qui prend un peu de hauteur, une fois n'est pas coutume.
19 avr. 2019
6/10
3 0
Assez déçue de cette pièce.

Certes Constance Dollé est volontaire, énergique, assez douée et pleinement investie dans son rôle. Malheureusement, la narration faite de flash back, de zig zag, de mimes, ne laisse place à aucune imprécision et c'est plutôt manqué. La lumière et le son n'aidant en rien à se figurer les changements de temps et d'espace.

Moi qui n'avais rien lu ni entendu sur cette pièce, j'ai trouvé le dénouement inattendu dans le mauvais sens du terme. Rien ne fait monter la tension jusqu'au final tragique.
Les caractéristiques du personnage sont tellement morcelées que l'on cherche tout au long de la pièce à essayer de comprendre d'où elle vient et où elle va, et on passe à côté de l'empathie nécessaire pour être véritablement touché parce qui lui arrive.

Dommage.
15 avr. 2019
9,5/10
2 0
Constance Dollé nous pose un véritable problème pour notre critique : comment évoquer sa performance sans trop abuser de superlatifs ?

C’est vrai, nous pourrions nous borner à écrire « c’était génial ! » mais cela serait trop court pour décrire notre émotion et l’amour qu’elle a su nous insuffler pour cette femme qui s’est livrée sans pudeur devant nous pendant 90 minutes d’interprétation magistrale !

Le jeu (JE) de Constance DOLLÉ est incroyable de justesse et d’authenticité. Ce n’était pas elle mais l’héroïne de ce drame qui nous a fait passer par toutes les émotions possibles, depuis le rire lors qu’elle évoquait ses amours aussi débridés qu’éphémères, un réel et constant intérêt pour sa vie de femme d’affaire, d’épouse amoureuse et de mère, jusqu’à l’indicible horreur finale minutieusement décrite. Quelle justesse dans la ponctuation de ses révélations par ses regards tantôt rieurs, batailleurs, vindicatifs, rageurs, puis bientôt d’une dureté et d’une haine glaçante en évoquant le pire drame qui soit, pour enfin s’achever dans une lueur de pardon baigné de larmes.

Dieu que c’était beau ! Dieu que son jeu était en parfaite symbiose avec l’intelligente et brillante mise en scène de Mélanie Leray (à moins que ça soit l’inverse ?). Bon, foin de superlatif, nous conclurons qu’il ne peut y avoir qu’un « Molière » à venir !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor