Fellini, Roma et moi

Une rêverie biographique FELLINI, ROMA et Moi est une autofiction. L’histoire d’un sac, vidé chez une psy et qui raconte la vie de Bunny Godillot ou quelque chose qui y ressemble : de la chambre froide du père boucher, boulevard de Belleville à Paris où, enfant, elle rêvait de devenir actrice au milieu des quartiers de viande : « Les rôles, ça se décroche, et toi tu es bien placée avec tous ces crochets dans le frigo de ton père…» disait son onirique grand-mère, la seule à avoir de l’imagination et du temps à lui accorder, jusqu’à Rome où elle fuit à 16 ans pour rencontrer Fellini, ce cinéaste dont sa grand-mère l’amenait voir les films ; son regard, son écoute, ses encouragements qui changeront sa vie et… Venise de nos jours, chez la psy… où la boucle se boucle. « 8 et ½ » et la « Dolce Vita » l’avaient à ce point bouleversé qu’aller rencontrer leur créateur s’imposait. Tout s’est-il réellement passé ainsi ? Peu importe, elle y était, Fellini aussi, occupé à tourner ROMA et à « Être », dans sa fascinante et généreuse complexité, tout comme elle dans la sienne et vous dans la vôtre. Histoire à la fois personnelle et universelle pour donner courage à ceux qui, un jour, se mettent en route vers l’inconnu ( l’un connu ) : eux-mêmes. Bunny Godillot ne croit pas en une vérité Unique. Elle ne croit pas en la vérité. Elle, elle croit aux histoires, aux contes avec des zones de lumière et des zones sombres, habitées par des fées, des lutins et des monstres, qu’il faut vaincre ou du moins domestiquer pour que l’histoire avance. Elle croit que nous sommes un chaos d’où naissent parfois des poussières d’étoiles…

 

le 100ecs

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15 oct. 2021
9/10
9
Elle, ce qu’elle voulait, c’est rencontrer Dieu.
Le sien. Son Dieu.
Pas l’autre. Celui-là, elle avait donné…

Non, son Dieu, à la jeune Chantal, c’était un Dieu romain. Pas ceux de la mythologie, non, un Dieu bien vivant.

Et c’est ce qu’elle a fait, l’ado fugueuse de 16 ans.
Direction Rome pour rencontrer Il Maestro Federico.
Frédérique le grand, le seul, l’unique.

Fellini.
Celui qui lui trouvera le surnom dont elle ne se départira plus.

Bunny Godillot nous invite, avec cette rencontre fondamentale, essentielle et initiatique, à participer à un passionnant voyage humain, à des allers-retours sur une vie et une carrière étonnantes.
Sa vie. Sa carrière.
Avec les moments d’émotion, d’humour ou parfois des mots un peu amers.
Une plongée en elle même à la recherche de Sa vérité.

Vérité ? Vraiment ? Vraie de vraie, cette vérité ?
Où est la part du réel et du fantasme ?
Où se situent le rêve et la réalité ?
Ces deux questions sont-elles vraiment importantes ? Bien sûr que non…
Nous aurons l’ivresse, alors qu’importe le flacon.
Seul celui qui contiendra le parfum de sa maman sera primordial.

L’entrée sur scène de Melle Godillot est fracassante.
Enorme sac en bandoulière, stilettos à fleurs, jupe noire à paillettes, c’est un vrai personnage bien décidé à en découdre qui nous fait face et se plante devant nous.

Comment se raconter ? Comment mettre en scène ce retour sur le passé ?
Le procédé dramaturgique utilisé va fonctionner à merveille : nous nous retrouvons avec l’actrice dans un cabinet d’une psy invisible mais onéreuse.
Devant un miroir imaginaire, le travail introspectif peut commencer.

La demoiselle va vider devant nous son sac. Au propre comme au figuré.

Immédiatement, j’ai été conquis par la qualité littéraire du texte peaufiné par l’auteure-comédienne.
Bunny Godillot s’est écrit un petit bijou, à base de formules tantôt drôles, très drôles, tantôt émouvantes, tantôt nostalgiques, tantôt provocatrices.
Des formules très felliniennes, en somme…

Je défie quiconque de ne pas se laisser envoûter par tout ce qu’elle nous raconte.
Ce début d’analyse à 1500 dollars la séance (quand même…) va se révéler très prenant, très émouvant.


Bien entendu, la rencontre avec le Maître est importante, mais au final, c’est bien la relation originelle avec ses parents en général et la maman en particulier qui est véritablement bouleversante.

La mère.
Celle que même une grande fille appelle à la rescousse, par le biais d’un psy, pour tenter de se connaître ou se reconnaître.
Oui, les passages en question sont fascinants.

Bien entendu, ce texte ne resterait qu’un écrit, s’il n’était pas interprété, et de quelle façon, par celle qui l'a imaginé.

Bunny Godillot, avec une grande élégance, et souvent une vraie grâce, nous le dit, ce récit – presque – autobiographique.
Elle nous embarque avec sa faconde, son humour, sa sensibilité, sa délicatesse aussi, dans les méandres de sa vie.

Nous voici dans Rome, puis dans la boucherie natale. Viennent ensuite un tête à tête jubilatoire avec son jaloux de chéri, puis direction le bureau de son agent pour le moins indélicat, ou encore la maison médicalisée où réside sa maman…

L’actrice (elle y tient) sait nous rendre accros à son récit, à son propos.
Elle est, mais nous le savions déjà, de la trempe des grandes raconteuses, des grandes diseuses de théâtre.

Derrière elle, les images Tony Tisch contribuent à illustrer le propos de l’autrice (elle y tient aussi), avec de jolies ombres chinoises (vive la contrebasse !), ou encore des photos d’archives familiales judicieusement choisies.

Je n’aurai garde d’oublier de mentionner également la belle bande-son de Cyril Rollet de Leiris, qui mêle musique et voix.

Il faut vous dépêcher d’aller applaudir Bunny Godillot, dans ce spectacle très réussi et à nul autre pareil.

Et la gondole vénitienne de remonter le Grand canal, comme une dernière métaphore, avant le noir final.
E la nave va !
4 oct. 2021
8/10
1
La petite fille blondinette du boucher de la rue de Belleville, on dirait un titre de polar à la Pennac ! Mais c’est l’histoire de cette fillette, qui a tant d’imagination, qu’elle arrive à rêver sa vie d’artiste dans la chambre froide, parmi les quartiers de viandes, mais après tout, les plus grands artistes ont été inspirés par ces natures bien mortes.

Des parents aimants mais trop occupés par leur travail, heureusement mamie est là, elle prodigue ses conseils à sa petite-fille, l’emmène au théâtre, au cinéma voir les films d’un certain Italien, Federico Fellini.

Elle le rencontrera le Maestro, elle fugue et part à Rome. Il est amusé et intrigué par la gamine, mais quand-même bien ennuyé elle est mineure, il faut la ramener à ses parents !

Bunny Godillot nous entraîne dans sa rêverie, du cabinet de la psy, en passant par les appels téléphoniques de sa mère, qui se perd aussi dans les étoiles, de son amoureux jaloux, de Venise où elle espère décrocher le “truc” !

Les montages vidéos éclairent parfaitement l’histoire, des photos émouvantes, drôles, sophistiquées.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor