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  • Comédie Française - Théâtre du Vieux-Colombier
  • Paris 6ème

Faust

Faust
De Goethe
Mis en scène par Raphaël Navarro, Valentine Losseau
Avec Elliot Jenicot
  • Elliot Jenicot
  • Benjamin Lavernhe
  • Véronique Vella
  • Christian Hecq
  • Anna Cervinka
  • Comédie Française - Théâtre du Vieux-Colombier
  • 21, rue du Vieux Colombier
  • 75006 Paris
  • Saint-Sulpice (l.4)
Itinéraire
Billets de 12,00 à 23,00
Evénement plus programmé pour le moment
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« Faust est une œuvre qui va de la terre au ciel, du possible à l’impossible... »

C’est par ces mots de Goethe que Valentine Losseau et Raphaël Navarro présentent leur prochaine création. Initiateurs, avec Clément Debailleul, du mouvement artistique de la magie nouvelle, ils relèvent le pari de mêler la beauté littéraire de Faust, la profondeur de ses réflexions, à l’émerveillement d’un théâtre visuel qui renoue avec la dimension burlesque présente dans le texte original et la traduction choisie de Gérard de Nerval. Les liens forts que la pièce et le mythe faustien entretiennent avec l’ésotérisme, les magies blanche et noire, leur offrent l’occasion de mettre en œuvre, loin du seul effet, quinze années de recherches, d’élaboration de procédés techniques et d’images spectaculaires.

Entrée au Répertoire en 1999, la pièce n’a pas été jouée depuis. Aujourd’hui, la magie entre à la Comédie-Française et les comédiens de la Troupe font l’apprentissage d’une discipline, mais aussi d’une pratique du plateau et d’un type de concentration inusuels pour eux. Jeux d’apparitions, de disparitions, lévitation, hologrammes, transformations... la perception du réel est brouillée.

Après le pari que Dieu et Méphistophélès se lancent dans le ciel, Faust nous ouvre les portes de son cabinet. Et nous suivons dans son voyage initiatique ce savant avide de connaissance absolue.

 

Note rapide
Toutes les critiques
4 mai 2018
6/10
54 0
Faust, vieil érudit usé, cherche une échappatoire à son enfer de livres et de solitude. Une nuit de fête villageoise, il tente d’abord de mettre fin à ses jours puis dans un élan de désespoir fait appel à la magie noire. Il voit alors apparaître un étrange personnage prêt à lui offrir jeunesse et luxure en échange de son âme. Faust accepte et, sa jeunesse retrouvée, séduit la virginale Marguerite. Mais le pacte finit par le rattraper et Faust commence sa lente descente aux enfers en y entraînant avec lui l’innocence Marguerite.

« Mettre en scène Faust a été l’occasion d’une hybridation entre les langages du texte, du jeu d’acteur, du théâtre visuel et de la magie » peut-on lire dans le programme… Rendons à César ce qui est à César : loin du naufrage annoncé par les critiques, la mise en scène mêlant la magie au texte de Goethe se propose de rendre visible l’occulte et l’humour présents dans le texte. C’est un angle intéressant mais qui ne m’a pas convaincue.

Le parti pris de la magie, des feux follets aux hologrammes, entérine une vision qui détricote tout ce qu’il peut y avoir de noirceur dans la pièce de Goethe. La pièce que j'avais vu au théâtre du Ranelagh il y a de ça un an, avait le mérite de camper un Méphistophélès démoniaque tandis que dans cette mise en scène, le grand clown Hecq n'a pas gardé une once de la noirceur qu’il avait du reste si bien incarné dans son rôle de Gubetta (Lucrèce Borgia). Laurent Natrella lui aussi était bien plus crédible en professeur dévoué dans son Singulis « chagrin d'école » qu'en érudit dépravé. Il y a globalement trop d'effets qui n'apportent rien et la chute de Faust est peu crédible, Laurent Natrella qui se tord n’a rien de glaçant, cela ne fonctionne pas.

Ajoutons la pantomime (du reste très drôle) d’Elliot Jenicot et je crois pouvoir dire que la magie douce a remplacé dans cette mise en scène le fantastique noir et l’aura de mystère qui confèrent à la pièce sa véritable profondeur. Sans parler de la parodie d'Éric Ruf par Benjamin Lavernhe qui fait passer le capitaine du navire pour un agité du bocal.

Pas assez de maléfices et trop d'artifices, tout cela reste bien trop angélique… On passe au large des sinuosités du texte de Goethe, noyé sous la forme et les ressorts scéniques. C’est bien dommage !
27 avr. 2018
9/10
76 0
Magie du théâtre, Magie au théâtre ...

Dans l'oeuvre de Goethe, la magie est là, omniprésente, "Faust" est un monde nébuleux d'idées et de symboles.
Et de fait tous les effets spéciaux, prestidigitation et illusions qui nous enchantent tout au long de la pièce ont parfaitement leur raison d'être !

Non Méphistophélès - génial Christian Hecq- ne subit pas les lois de la gravité comme les humains, oui la réalité est brouillée, les esprits sont convoqués, les sciences occultes initiées ...

Si le but du théâtre est de divertir, si d'autres arts peuvent l'enrichir et l' exalter alors ce pari un peu fou est parfaitement réussi !
Retrouver son âme d'enfant et s'émerveiller devant cette poésie ...

Saluons l'énorme travail de toute l'équipe, l'envie d'innover, d'inventer et de proposer autre chose !

Goethe a dit "J'aime celui qui rêve l'impossible" ... Nous aussi !
15 avr. 2018
8,5/10
111 0
Mais qui donc a décrété qu'il y avait de la magie, fût-elle nouvelle, dans cette adaptation du Faust de Goethe ?

Je sais bien ce que j'ai vu, tout de même : Christian Hecq et Elliot Jenicot lévitant à qui mieux mieux et défiant toutes les lois de la physique et de la pesanteur, un feu follet arrivant à toute vitesse vingt centimètres au dessus de ma tête, Anna Cervinka se consumant dans des flammes rougeoyantes ou encore Laurent Natrella dansant avec une petite lune !

Voir ou ne pas voir, croire ou ne pas croire ?
Telle n'est pas la question !

Ici, il est seulement question de s'enivrer de sensations « surnaturelles » et de comédie.
La magie est nouvelle car elle est au service d'un autre art, les effets techniques, visuels et sonores sont destinés à sublimer une pièce et à servir et prolonger l'interprétation des comédiens.

La magie et la grande illusion permettent d'aller encore plus loin dans l'exploitation et la restitution d'un texte dramaturgique.
Un texte qui se prête évidemment aux sortilèges, aux apparitions, disparitions et autres sidérants effets. On connaît le propos faustien, un pacte métaphysique, un contrat immoral entre un homme et le Malin. Un être humain qui n'en peut plus de sa condition d'Homme.

Valentine Losseau et Raphaël Navarro ont réussi leur pari d'introduire cet art de la magie sur un plateau de la Comédie française.
Si les débuts de la production furent difficiles m'a-t-on dit (difficultés techniques, difficultés de mise en place, la première retardée...), après trois semaines d'exploitation, tout est remarquablement au point.

Assis au sixième rang, j'ai été purement et simplement bluffé.
Au point de me laisser complètement aller et d'oublier qu'il y avait (probablement, allez savoir... ) des « trucs »...

Spectacle de magie, certes, mais surtout spectacle de théâtre.
Les comédiens jouent, et bien, comme à l'accoutumée. Avec en plus, un énorme challenge : exécuter les difficultés techniques des illusions.
Quel travail, quelle précision tout ceci a dû demander ! Une vraie gageure, un vrai défi.
Le talent habituel avec d'autres disciplines à maîtriser, si l'on inclut les marionnettes, la manipulation et les ombres chinoises...

Le duo Hecq-Natrella fonctionne à merveille.
L'opposition des caractères de leurs personnages respectifs est assez jouissive.
Beaucoup de tension dramatique mais également beaucoup d'humour se dégagent des rapports de ces deux-là.

Christian Hecq fait ce pour quoi on l'adore. Bien entendu que l'on retrouve des mimiques et des attitudes du père Nonencourt, de Bouzin, de Sosie, de Gubetta, de M. Duflot.
C'est pour cela qu'on l'aime !
Il est drôlissime, mais il est également très inquiétant. Parfois, il m'a glacé, prenant une voix grave, et passant d'un Méphistophélès primesautier au plus noir des Belzébuth !

Laurent Natrella est émouvant en toubib avide de connaissance universelle et d'amour charnel. C'est lui qui a le plus de texte. Il est totalement passionnant dans ce rôle exigeant, avec beaucoup de registres différents.

Elliot Jennicot et Benjamin Lavernhe s'en donnent à cœur joie, le premier notamment en sorcière plus qu'extravagante, et le second en directeur de théâtre très rufien !

Melle Cervinka est une Marguerite qui, certes, ne rit pas de se voir si belle en se miroir, mais qui fait bien notre bonheur néanmoins. Elle est totalement crédible dans des scènes qui sont assez « casse-gueule »...

Quant à Véronique Vella, elle m'a une nouvelle fois enchanté, notamment dans une remarquable scène de comédie, dans laquelle elle « drague » éhontément le Malin. Si si !

Pendant presque trois heures, j'ai retrouvé mon âme d'enfant s'émerveillant devant une histoire surnaturelle, je me suis totalement « lâché » à perdre pied devant la poésie de l'inexplicable et de l'inexpliqué.
Ici, le résultat est trop beau pour que l'on sorte de la salle en se demandant « mais comment font-ils donc ? »
Ici, il s'agit d'abandonner raison et logique, de s'immerger dans une féérie même maléfique, de se fondre dans la fantasmagorie, et surtout, de ne pas chercher à rentrer dans les détails.

Après tout, le seul qui se complaît à se nicher dans les détails, c'est bien lui : le Diable !
11 avr. 2018
7,5/10
56 0
Du Faust de Goethe , je ne connaissais -jusqu’ici- que sa transformation en livrets d’opéras: le « Faust » de Gounod et « la damnation de Faust » de Berlioz.
Et du dernier, je ne gardais qu’un souvenir désagréable, du fait de la mise en scène -calamiteuse à mes yeux!- d’Alvis Hermanis, qui fût présentée à l’Opéra Bastille, voici 2 ou 3 saisons, Elle avait découragé les interprètes -pourtant des têtes d’affiche: Kaufmann, Terfel, Koch- ; et, au niveau vocal, ils n’avaient pas donné, le meilleur d’eux -même… faute d’implication, sans doute, sur un tel projet.

Je n'ai jamais lu le texte de Goethe, d’où mon intérêt à découvrir un Faust au théâtre, c’est-à-dire « du texte », et dans une mise en scène a priori prometteuse.

A travers ce spectacle (adaptation, magie et mise en scène de V. Losseau et R. Navarro), je n’ai probablement pas découvert, autant qu’il aurait fallu (?) les dimensions métaphysiques présentes -dit-on- dans l’écrit de Goethe, et auxquelles sont sûrement attachés les familiers de l’oeuvre, ni été complètement confrontée aux grandes questions qu’elle soulève, comme ce qu’il en est de la question de la faute, de la culpabilité, du remords, de la rédemption, de la folie, de l’immortalité, etc.

Par contre, je dois reconnaître que j’ai passé une soirée agréable, conquise par tous les ressorts du « merveilleux », mis en œuvre dans ce spectacle et, par l’inventivité des procédés de magie utilisés ici : des « trucages » variés qui ont animé le spectacle, diverti la salle et rendu cette histoire de Faust, bien plus abordable que certaines expériences d’opéras que j’avais jusqu’ici vécues….

Une succession de tableaux, illustrant l’histoire et alliant, selon les épisodes, humour, illusion, malice, drôlerie, drame, ironie, fantastique, légèreté ou gravité, se succèdent sans entacher l’intérêt… sauf peut-être dans l’épisode du pacte qui contient un texte plutôt consistant et s’avère un peu long. Mais c’est là que se noue le drame… et sans doute, est-ce assez fidèle au texte …

Du jeu de lumières, des « gags » inattendus, des marionnettes-diablotins craquantes, des procédés vidéo « magiques » surprenants...
Les acteurs -partie prenante de ces activités de magie, et devenus tous, pour l’occasion, marionnettistes- sont étonnamment performants. Mais ils ne délaissent ni le jeu théâtral ni le jeu corporel (notamment les grands maîtres que sont, en la matière, Elliot Jennicot et Christian Hecq, qui devrait cependant pour ce dernier être un peu plus attentif à sa diction).
Le couple Marguerite-Faust pour ma part m’a convaincue. Je suis plus réservée sur l’épisode du frère.

Pour conclure : ce spectacle semble diviser !

D’un côté, les « familiers » du Faust de Goethe qui, sans aucun doute, attendent autre chose mais, que ce spectacle ne prétend pas -je crois- leur offrir.
Ils sont d’autant plus déçus que cette œuvre n’est que très rarement montée.

De l’autre, un public « bon enfant » qui découvre l’œuvre, et est conquis par ce « théâtre de foire » et d’illusion théâtrale, cependant non dénué d’émotion…

Il reste donc à chacun à voir directement… comment il réagira à cette proposition.

Pour ma part, je me réjouis que la Comédie Française ait souhaité expérimenter « cette hybridation entre les langages du texte, du jeu d’acteur, du théâtre visuel, et de la magie ». Une approche qui m’a intéressée et amusée.
Et aussi, que l’on puisse, en tant que spectateur de la « noble institution », passer, d’un jour à l’autre, du magnifique Phèdre de Sénèque au Studio Théâtre, au Faust inventif de Goethe au Vieux Colombier….et éprouver émotions et plaisirs dans des registres si différents.
9 avr. 2018
3/10
66 0
J'avais vu d'autres spectacles de Raphaël Navarro au 104, et éprouvé chaque fois l'impression qu'il aurait eu besoin de s'adjoindre un metteur en scène, mais j'étais curieux de voir comment il s'emparerait de Faust et impatient de retrouver Christian Hecq qui m'avait tant fait rire en Bouzin dans "Un fil à la patte".

Très grosse déception : la pièce est interminable (surtout son 1er acte) et finalement peu intéressante, la langue, dépourvue d'intérêt littéraire (cela tient peut-être à la traduction), les acteurs du Français, d'habitude si fins, sont mauvais (à l'exception de Christian Hecq, dont les cabotinages, si on les supporte, sont désopilants mais tentent vainement de combler le vide) et la mise en scène inintéressante – à l'exception des effets magiques, réussis et bien dosés, mais qui peinent à soutenir l'intérêt... (d'autant que, passé les 10 premiers rangs, ils peuvent être difficiles à voir).

Quant aux notes détaillées, je ne sais pas les détailler tant le fond, la forme et la manière sont solidaires....
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor