• Classique
  • Comédie Française - Salle Richelieu
  • Paris 1er

Fanny et Alexandre

Fanny et Alexandre
De Ingmar Bergman
Mis en scène par Julie Deliquet
Avec Denis Podalydès
  • Denis Podalydès
  • Véronique Vella
  • Anne Kessler
  • Thierry Hancisse
  • Comédie Française - Salle Richelieu
  • 2, rue de Richelieu
  • 75001 Paris
  • Palais Royal (l.1, l.7)
Itinéraire
À l'affiche du :
9 février 2019 au 16 juin 2019
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D’Alexandre à l’ensemble des membres de la famille, les personnages offrent à Julie Deliquet une partition sur des thèmes qui lui sont chers : la famille, le couple, la mort, l’opposition des générations.

« Je peux exister sans faire de films, mais je ne peux pas exister sans faire de théâtre », disait Ingmar Bergman qui entre aujourd’hui au Répertoire, l’année du centième anniversaire de sa naissance. Si on connaît le cinéaste, on sait moins qu’il fut aussi un immense homme de théâtre.
Fanny et Alexandre, qu’il considérait comme son œuvre testamentaire, a d’abord paru dans une version romancée avant d’être réalisé pour la télévision puis adapté au cinéma. C’est de cette matière hybride que s’empare Julie Deliquet qui, après le succès de Vania, retrouve les acteurs de la Comédie-Française pour cette grande fresque sur la vie d’une troupe familiale. Dans une Salle Richelieu transposée au début du XXe siècle, elle les invite au grand banquet de Noël des Ekdhal.


Oscar, le fils d’Helena Ekdhal, a pris la relève de sa mère à la direction du théâtre. Après sa mort précipitée, son épouse Émilie, également actrice, semble trouver en la personne de l’évêque luthérien Edvard Vergerus une voie à même de redonner du sens à son existence. Dès lors, sa vie et celle de ses deux enfants, Fanny et Alexandre, sombrent sous l’emprise de la violence spirituelle de cet homme sanguin. D’Alexandre, figure autobiographique qui résiste à l’instance religieuse avec l’innocence de son âge et la fermeté d’un esprit dévolu à l’imaginaire, à l’ensemble des membres de la famille, les personnages offrent à Julie Deliquet une partition sur des thèmes qui lui sont chers, la famille, le couple, la mort, l’opposition des générations. Elle présente une pièce de troupe irriguée de la pensée de Bergman sur le théâtre, un hommage à cet art, à sa magie et à sa nécessité.

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Il y a 10 heures
9,5/10
4 0
Dès les premiers instants nous rentrons par magie dans le monde des Ekdah.

Sous la lumière de la salle, Denis Podalydès apparaît, nous demande si le spectacle nous a plu et nous annonce son prochain spectacle Hamlet.
Les rideaux s’ouvrent, la famille Ekdah fête Noël et réveillonne gaiement au théâtre comme tous les ans.
Ils viennent de jouer le spectacle de Noël. Ce spectacle où tous participent : les parents, les enfants, les domestiques et quelques amateurs…
Nous sommes happés dans leur monde, nous sommes au milieu d’eux. C’est gai, dynamique, chaleureux.
La famille prie La veuve Ekdah (Dominique Blanc) ancienne actrice à la retraite de leur rejouer pour eux, rien que pour leur plaisir une scène de son ancien répertoire.
Après quelques hésitations, juste pour se faire prier, elle récite le magnifique monologue de Nora de La maison de poupée d’Ibsen.
Les enfants Fanny et Alexandre (Jean Chevalier et Rebecca Marder) sont autorisés à dormir au théâtre où à la lumière de la servante, ils s’adonnent eux aussi au jeu de la comédie…
C’est le théâtre dans le théâtre.
Le lendemain nous assistons à la répétition d’Hamlet. Hamlet joué par Oscar Ekdahl (Denis Podalydès) succombe à une crise cardiaque, c’est la panique sur le plateau, le rideau tombe sous l’émotion de la salle..

Après l’entracte, Emilie (Elsa Lepoivre) vient nous annoncer qu’elle abandonne la direction de la troupe que lui avait confiée Oscar son époux.
Elle en a assez de jouer, elle veut vivre la vraie vie. Elle va épouser l’évêque Edvard.

Les rideaux s’ouvrent, une atmosphère d’austérité à fait place à la joyeuseté des premières scènes.
Fanny et Alexandre vont vivre un calvaire sous l’autorité cruelle de l’évêque (Thierry Hancisse) secondé par son horrible sœur (Anne Kessler).
Emilie vit une tragédie, l’évêque se révèle d’une grande intransigeance et d’une immense férocité. C’est une réelle tragédie, elle n’est plus comédienne.
Le fantôme d’Oscar va venir rendre visite à Alexandre hors dans Hamlet on le voit jouer le spectre d’Hamlet…

La famille s’inquiète, comment agir contre cette tragédie et sauver ses enfants.
Carl Ekdahl (Laurent Stocker), Adolphe Ekdahl (Hervé Pierre Gustav) leurs oncles, ainsi que toute cette joyeuse troupe y parviendront-ils ?
Véronique Vella, Cécile Brune, Florence Viala, Julie Sicard Maj, Hervé Pierre, Gilles David, Noam Morgensztern, Anna Cervinka, Gaël amilindi, Noémie Pasteger.

Le théâtre rejoint la fiction.

C’est magnifique, les scènes s’enchainent avec fluidité du domaine puritain et barbare de l’évêque au monde enjoué et bienveillant de cette famille de comédiens. La mise en scène de Julie Deliquet est percutante et efficace.
Tous les comédiens sont d’un talent remarquable.

Quel plaisir et quelle chance de déguster un si merveilleux moment de théâtre.
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12 févr. 2019
9,5/10
13 0
Je n'irai pas par quatre chemins : Julie Deliquet dans ce cri d'amour au théâtre, nous donne une leçon dramaturgique !

Mademoiselle Julie, dont j'avais tant aimé le travail sur « Vania », la saison passée au Vieux-Colombier, Mademoiselle Julie donc, nous propose une remarquable transposition du chef-d'œuvre d'Ingmar Bergman.

Le film-culte, certes, mais surtout l'adaptation du roman que le cinéaste « par vocation », comme il aimait à se qualifier, avait écrit au préalable.

Mais avant tout l'homme de théâtre « de métier » Bergman.

Adapter un tel ouvrage n'est pas une mince affaire !
Avec Florence Seyvos et Julie André, Julie Deliquet a scindé son spectacle en deux parties, séparées par un entracte.

Dans la première, nous allons faire la connaissance de la famille Ekdhal. Des théâtreux, s'il en est !
C'est d'ailleurs Oscar (Denis Podalydes) qui se plante avant tout chose devant le rideau pour... nous remercier d'avoir assisté au spectacle qui vient de s'écouler. Et de nous souhaiter dans la foulée un joyeux Noël !

Et nous de suivre la vie de ces comédiens qui réveillonnent, avec également les confessions de la grand-mère (Dominique Blanc) et une hilarante répétition.

Dans ce premier acte, Julie Deliquet observe à la loupe cette troupe de l'intérieur.
Est-ce la famille Ekdahl ou la troupe de la Comédie-Française ?
Les grands discours sur le théâtre, ces déclarations relatives à ce métier étonnant, prononcés par ces acteurs, qui les dit vraiment ? Les personnages ? Les comédiens-français ?

Et faut-il les croire ?

Tous diront le texte adapté, évidemment, mais improviseront, également. Il y a là ce que la metteure-en-scène appelle à juste titre une « hyper-matière » du texte.

Tout ceci participe à mettre en abyme ce regard sur le théâtre.

Nous sommes mis devant nos propres interrogations et nos propres responsabilités en matière de « consommation théâtrale ».

Nous avons même dans ce premier acte le sentiment d'être des voyeurs, comme si nous violions une intimité théâtrale.

Et puis Oscar meurt. Rideau.
L'entracte laisse passer une année.

Sa veuve, Emilie (Elsa Lepoivre) s'est remariée avec l'austère et intransigeant évêque Vergerus (Thierry Hancisse), emmenant avec elle ses enfants, les deux ados Fanny (Rebecca Marder et Alexandre (Jean Chevalier).

Ce faisant, Julie Deliquet nous plonge dans le « vrai » monde du théâtre, c'est à dire... le monde du « faux » !
Le décor est là, désormais, alors que précédemment, nous étions à même la « cage » de la salle Richelieu, sur le plateau quasi nu, laissant apparaître murs noirs, machineries, décors entreposés et tout un fourbi d'accessoires.

On l'aura compris, nous sommes en présence d'un vertigineux jeu de miroirs entre ces deux actes.
Là, plus d'improvisation. Les comédiens s'en tiennent au texte.
Le drame se déroule, l'action avance, impitoyablement.

Bien entendu, la metteure-en-scène a pu s'appuyer sur une troupe une nouvelle fois en état de grâce.
Je n'en finirais pas de vous raconter les morceaux de bravoure d'Hervé Pierre, Elsa Lepoivre, Thierry Hancisse, Florence Viala, Laurent Stocker, Gilles David, Dominique Blanc, Véronique Vella, Anne Kessler et consorts...

(Avec un petit regret, le sous-emploi de Cécile Brune. C'est la règle de la maison. Même les immenses acteurs peuvent avoir de tout petits rôles. C'est finalement un luxe.)

Mais il en est un, de ces comédiens, qui m'a particulièrement enthousiasmé.
Parce que c'est son premier grand rôle au Français.
Celui-ci, c'est le jeune pensionnaire Jean Chevalier, qui campe un magnifique Alexandre.

Le jeune comédien est parfait dans cette composition d'ado qui se rebelle contre un tyran domestique flanqué de sa perfide sœur.
Jean Chevalier, plutôt discret dans la première partie, irradie ensuite le plateau.
Il est alors bouleversant. Quel talent, quelle justesse, quelle crédibilité, quel engagement, quelle fraicheur de jeu !
Quelle belle découverte (pour moi en tout cas...) que ce jeune pensionnaire !
On comprend alors de façon limpide et sans équivoque aucune pourquoi il se retrouve dans cette troupe. `

L'impitoyable et terrible affrontement Alexandre / Vergerus contribue à cette mis en perspective de la dualité mensonge / vérité. Cette vérité, ce mensonge qui constituent le paradoxe du théâtre. Toujours cette mise en perspective...

Avec cette adaptation maligne, subtile, intelligente au possible, avec cette vision aux parti-pris tous plus intéressants les uns que les autres d'un chef d'œuvre littéraire et cinématographique, Julie Deliquet nous invite à un passionnant spectacle, qu'il ne faut manquer sous aucun prétexte.
Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas !
8,5/10
7 0
... Une fresque féérique et lumineuse qui dépeint une remarquable histoire d’amour du théâtre et un beau propos sur l’enfance. De succulentes scènes aux jeux éblouissants de sincérité, de drôlerie et de passion. Un grand spectacle.
10 févr. 2019
8/10
2 0
Le monde du rêve et le monde de l’art

« Je n’ai qu’un talent, c’est celui d’aimer le petit monde qu’abritent les murs épais de cette bâtisse […] Au dehors, il y a le monde. Et parfois notre petit monde réussit à le refléter, afin que nous le comprenions mieux. Et peut-être donnons-nous aux gens l’occasion d’oublier un bref instant, pendant quelques secondes… pendant quelques secondes… la dureté du monde extérieur. »

L’histoire de Fanny (Rebecca Marder) et Alexandre (Jean Chevalier), c’est d’abord une sorte de conte de Noël, une saga familiale qui démarre dans le théâtre de leur parent Oscar (Denis Podalydes) et Emilie (Elsa Lepoivre), le paradis de leur enfance. Mais à la mort de leur père, ce monde s’écroule et devient un enfer lorsque leur mère se remarie avec l’épouvantable évêque Edvard Vergerus (Thierry Hancisse). Heureusement le pouvoir de l’imagination est grand. Il sauvera ces 2 enfants.

« Tout est possible. Le temps et l’espace n’existent pas. Sur une mince couche de réalité, l’imagination ne cesse de tisser et dénouer ses motifs. ». Le Songe. August Strindberg

Pour être tout à fait franche, je ne connaissais pas l’œuvre d’Ingmar Bergman, son livre ou son film, avant aujourd’hui. Et quand je suis sortie de la salle Richelieu, mes pensées étaient tournées vers une seule question, Pourquoi. Pourquoi ce titre ? Pourquoi le théâtre et la religion ? Pourquoi cette histoire ? Une pièce à la forme magistrale par la mise en scène par Julie Deliquet et une troupe au sommet de son art mais qui manque de fond.
Peut-être la faute aux comédiens qui ne sont plus des enfants et la transparence de Fanny sur scène. Mais maintenant que je me suis documentée, j’ai les réponses et je comprends mieux certaines scènes. Ma faim a besoin d'être contentée, j'y retournerais donc.

« Les forces créatrices accourent quand l'âme est menacée »
«Je crois être celui qui s'en est le mieux tiré, avec le moins de dégâts, en me faisant menteur » Ingmar Bergman – Laterna magica
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor