Erreurs salvatrices

Erreurs salvatrices
  • Théâtre de la Cité internationale
  • 17, boulevard Jourdan
  • 75014 Paris
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Et si le texte devenait musique ? Irrigué par les écrits du dramaturge Heiner Müller, Erreurs salvatrices transmute cette matière textuelle pour l’éclater en îlots hybrides qui composent une expérience immersive, polyphonique, à la croisée des arts du cirque, de la vidéo, du théâtre, de la musique électronique et de l’installation.

Le spectateur est invité à déambuler dans un labyrinthe plastique, animé de machines et de rencontres impromptues, et à expérimenter l’état de rêve. Les fragments de lumière et de vidéos troublent la perception de l’espace et les corps des artistes sont tour à tour démultipliés ou dérobés au regard.

Fasciné par ce qui naît de l’aléatoire, le compositeur Wilfried Wendling invite à se pencher sur la puissance créatrice de l’accident, de l’erreur.

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15 déc. 2021
9,5/10
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Puissant, Magnifique, Onirique.
Théâtre, Chorégraphie circassienne, Musique électronique, Vidéo, Lumière se conjuguent pour nous transporter dans le monde Heiner Müller (1929-1995)
Heiner Müller est un dramaturge allemand refusant de s’exiler comme beaucoup d’artistes et restant dans l’Allemagne de l’est jusqu’à la tombé du mur pour des raisons politiques et personnelles.
Ses écrits puissants et engagés portent sur la situation politique et historique de l’Allemagne et de l’Europe mais aussi sur des thèmes plus mythiques, réécritures de textes anciens, écriture de textes philosophiques, poétiques…
Le théâtre doit être dangereux. En fait, le théâtre s’engendre seulement au point d’intersection entre angoisse et géométrie. Tantôt c’est l’angoisse qui est au premier plan, tantôt c’est la géométrie. H.M
Wilfried Wendling avide des nouvelles technologies, metteur en scène, vidéaste, compositeur, musicien, domptant avec brio l’électroacoustique nous offre une plongée onirique dans un monde magique où musique, vidéo, lumière, objet, chorégraphie vont vibrer au contact des mots puissants de Heiner Müller énoncées par le grand et talentueux Denis Lavant.

Nous sommes informés, les spectateurs sont itinérants, nous pouvons nous mouvoir comme il nous convient autour de l’espace scénique.
Au centre de la pièce, ‘les fileuses’, dispositif crée par Cécile Mont-Reynaud, c’est un rideau de centaines de cordes circulaires descendant du plafond sur le sol.
Cécile Mont-Reynaud danseuse aérienne et Alvaro Valdés Soto circassien vont évoluer dans ‘les fileuses’ avec lenteur et élégance.
Les variations de lumière amplifient la beauté du geste, c’est olympien.
Sur les mur sud- nord des grands écrans vidéo sur lesquels défileront des images violentes de destructions, de fin du monde mais aussi le dédoublement de Denis Lavant.
Des figures miroirs, des consoles de musique, des micros, des hauts parleurs … peuplent l’espace.
La musique résonne et nous inonde. Nous serons pris par la tempête et même par l’ouragan. Nous entendrons les mitraillettes mais aussi le ronronnement et le souffle de la nuit.
Denis Lavant nous transperce le cœur, ses paroles s’envolent parfois violentes et tragiques, parfois pleines de poésie mais toujours émouvantes et profondes.
J’aimerai que mon père soit un requin qui ait tué mille baleines et dans leur sang j’ai appris à nager, ma mère est une baleine bleue, mon nom Lautréamont…H.M
Pourquoi les arbres ont-ils l’air innocents lorsqu’il n’y a pas de vent ? H.M
La torture est plus facile à appendre que la description de la torture. H.M
Comédien exceptionnel, Denis Lavant rejoint Alvaro Valdés Soto et Cécile Mont-Reynaud dans leur chorégraphie expressive et éloquente.
Erreurs salvatrices est un moment de théâtre fantasmagorique, dépaysant plein de poésie, de déchirements, de vérité.
Laissons-nous porter…C’est chamboulant.
14 déc. 2021
9/10
6
Alors, fileuse ?

La fileuse, c’est cet agrès imaginé et développé par l’artiste de cirque Cécile Mont-Raynaud. Un agrès comportant un mât central auquel sont fixés trois rideaux circulaires de fils.


La fileuse autour de laquelle Wilfried Wendling a conçu une fascinante expérience immersive et artistique, qui durant trois séquences de cinquante-cinq minutes va nous désorienter, nous chambouler, nous plonger dans une folie de mots, de sons, d’images, de machines électroniques en tous genres, de lumières, et ce, pour notre plus grand plaisir.



Avec deux humains au milieu de ce monde étrange et onirique.
Qui vont nous livrer une vraie performance. Dans tous les sens du terme.

Un circassien, Alavaro Valdes Soto, va se mouvoir dans cette multitude de fils, se hissant, se déplaçant à la force de ses bras dans cette étrange trame, se tordant, se retrouvant à l’envers, défiant la verticalité et les lois de la pesanteur.


Un comédien, et pas n’importe lequel.
Denis Lavant.
Un fou merveilleux, capable de relever tous les défis artistiques, nous embarquant à chaque fois de manière unique et merveilleuse dans son monde, dans ses délires, dans ses visions.

Wilfried Wendling, le patron de La muse en circuit, le Centre national de création musicale, est un compositeur contemporain formé notamment auprès de Georges Aperghis.
Féru de nouvelles technologies, ses instruments de prédilection sont avant tout l’ordinateur et les synthétiseurs.


Ici, il a composé un triptyque dans lequel la musique concrète est l’un des éléments clefs, certes, mais qui va être une partie d’un tout.
Cette expérience immersive est en effet un savant et passionnant assemblage de différents composants.

Comme pour nous faire rêver. Un rêve étrange et sensoriel.

Tout d’abord, nous allons entendre des sons étranges, mystérieux, des bruits blancs, roses, plus ou moins colorés, des agrégats sonores et amplifiés, des clusters bizarres.
Le compositeur n’est pas à la baguette, mais à la tablette.

C’est en effet grâce à cet outil numérique qu’il communique avec le progiciel musical MAX/Msp d’un ordinateur, ce qui lui permet de mettre en forme, de triturer et d’envoyer dans le système d’amplification tous ces sons et ces séquences musicales.

Ce mélange d’enregistrement et de live permet de diffuser une composition contemporaine foisonnante, organique, viscérale, parfois rude, agressive, oppressante, parfois mystérieuse, parfois éthérée, toujours passionnante. Une œuvre soumise au hasard de ses différents composants.

Des lumières vives, des projecteurs asservis, des flashes aveuglants, des projections video saturées, en noir et blanc, permettent de souligner cette composition, de l’illustrer, d’associer les sens de l’ouïe et de la vue.

Des machines électroniques, créés par Grégory Joubert sont là également, qui nous étonnent et nous sidèrent, sortes de créatures de métal en mouvement, mystérieuses et déroutantes.
Lui aussi est musicien, lui aussi utilise toutes sortes d’instruments électroniques.

Et puis M. Lavant, donc…

Qui nous accueille tout d’abord grâce à une séquence video…
« Dieu n’est ni homme, ni femme. C’est un virus », nous assène-t-il…

Et puis le voici, les cheveux en bataille, chemise blanche aux manches retroussées.

Il va dire les mots. Ceux de textes non dramatiques de Heiner Müller : Paysage sous surveillance, Avis de décès, Paysage avec Argonautes, mais aussi des récits de rêve, et des textes poétiques qui pourraient ressembler à une autobiographie.
Un corpus mettant en évidence l’esthétique de l’œuvre de l’auteur allemand.

Le comédien va s’en donner à cœur joie.
Formé à l’école du mime et du cirque, il est véritablement dans son élément.

Lui aussi va pénétrer dans les cercles de fils, s’en affubler d’un en guise de bandeau.
Il va inter-agir avec le circassien, le portant même sur son dos.

Et puis il va courir, gesticuler, tomber, se relever, ramper sous l’agrès, il va danser, sauter, ne tenant pas en place.

Mais surtout, de sa voix rocailleuse, reconnaissable entre toutes, il va se lancer dans de véritables imprécations, hurlant par moments, susurrant, passant par tous les registres et les intensités de son timbre si particulier.
Il nous étonne, nous passionne, nous émerveille en permanence, ne nous laissant pas un seul moment de répit.
Il nous embarque véritablement dans un univers étrange et merveilleux.

Ce spectacle fascinant est de ceux qui interpellent, qui plongent les spectateurs dans un état de sidération permanente, d’étonnement et de ravissement.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor