Des Territoires, D'Une Prison à l'Autre

Des Territoires, D'Une Prison à l'Autre
De Baptiste Amann
  • Théâtre de la Bastille
  • 76, rue de la Roquette
  • 75011 Paris
  • Voltaire (l.9)
Itinéraire
Evénement plus programmé pour le moment
Réservation de tickets

Quel type de révolution connaîtra le XXIè siècle ? s'inquiète Baptiste Amann. Auteur et metteur en scène invité pour la première fois au Théâtre de la Bastille, il présente le deuxième spectacle de sa trilogie intitulée Des territoires.

Après (Nous sifflerons La Marseillaise), voici un nouveau sous-titre (...D'une prison l'autre...), une nouvelle parenthèse contenant toute la colère d'une fratrie coincée entre désir de fuir et réalité d'un quotidien, d'un monde, d'un héritage, qui la retient.

Lyn, Hafiz, Benjamin et Samuel sont réunis dans la maison de leurs parents morts. Passé le déni traumatique (sujet du premier volet), ils reviennent de l'enterrement et découvrent chez eux Lahcen et Moussa venus les prévenir qu'une violente émeute gronde dans le quartier. Contraints au confinement par la Mairie, les voici enfermés ensemble, à la fois protégés du monde et prisonniers du deuil et de la difficile relation à l'autre. Une certaine Louise Michel, militante activiste luttant contre le projet d'extension du centre commercial est également avec eux...

Indices d'un anachronisme qui traverse la pièce en parallèle, Louise Michel et les cris de l'émeute au-dehors font résonner l'écho de l'insurrection de la Commune (1871). Ce bref mais important soulèvement émanait de la volonté de changer le monde. Les six personnages vont alors glisser, d'une révolte à l'autre, et devenir les figures réelles et fantasmées de Théophile Ferré, Gustave Courbet, Élisabeth Dmitrieff, Élisée Reclus, Marie Ferré et Louise Michel.

Héritant de cette question non résolue du déterminisme social, Baptiste Amann choisit un territoire qu'il connaît bien, une cité peu radieuse, un pavillon témoin dans une résidence HLM et une famille banale, pour écrire une chronique sociale et politique actuelle. S'y croisent, sur un ton féroce et quotidien, des enjeux contemporains : démocratie, crise identitaire, racisme, solidarité... Entouré de six admirables comédiens et complices rencontrés pour la plupart à l’École régionale d'acteurs de Cannes, l'auteur compose sur mesure des personnages bruts et sensibles.

Alors qu'ils débattent de sujets qui les dépassent, on les découvre portant chacun un rapport à l'enfermement et la possibilité d'en sortir. En contrepoint de la violence du verbe et des situations, Baptiste Amann propose un espace sonore et visuel ouvert, dans lequel la poésie, le rêve et l'humour pourront doucement s'inviter...

Note rapide
3/10
pour 1 note et 1 critique
1 critique
Note de 1 à 3
100%
0 critique
Note de 4 à 7
0%
0 critique
Note de 8 à 10
0%
1 critique
3 novembre, 21h, Paris

Quand le spectacle commence, la scène est tellement sombre que nous pouvons à peine distinguer les quelques ombres qui se promènent sur le plateau. On entend en voix off, une lettre fictive de Louise Michel à Théophile Ferré. Ces deux personnages sont des figures célèbres de la Commune de Paris.
Après cette lettre/témoignage de cette fausse Louise Michel, nous pouvons entendre un témoignage d’un jeune de banlieue, Lahcen, qui va passer 18 mois en prison. Là, une jeune femme est sur le plateau, derrière une toile légèrement occultante pendant qu’elle prononce ce discours.
Après ces deux séquences, qui mêlent déjà deux époques, nous assistons à une troisième scène d’exposition. Cette fois, elle se passe à l’avant-scène, devant le rideau. Elle représente une fratrie de trois frères et une soeur qui viennent d’enterrer leurs parents. Ils appartiennent au même espace temps que Lahcen.
Ces trois scènes terminées, les personnages se retrouvent de manière assez étrange dans le salon du pavillon familial.
Cette juxtaposition de scènes montre l’esprit du spectacle, c’est-à-dire sans recherche de grande cohérence. Peut-on voir chez cette famille regroupée à l'occasion d'un deuil, et ses invités inattendus qui débarquent dans leur salon, des échos tchekhoviens ?
En effet, 3 frères et 1 soeur ici, en écho aux 3 soeurs et 1 frère. dans Les 3 soeurs de Tchekhov, Chez le dramaturge russe, la fratrie toujours en deuil se retrouve 1 an après la mort de leur père. Tandis que dans la Des Territoires, la rencontre familiaile a lieu qelques jours après la mort des parents. Mais, dans les deux cas, les protagonistes sont confrontés à des problèmes sociaux et économiques. Certains souhaitent vendre la maison familiale, d’autres s’y opposent. Il y a donc plusieurs éléments qui veulent souligner que nous sommes proches de la dramaturgie tchekhovienne. Malheureusement, la pertinence du rapprochement s'épuise dans des caricatures et des situations grotesques qui n'ajoutent guère à la cohérence du projet.
Dans une deuxième partie, six grands communards se retrouvent après la mort. Il est difficile de comprendre ici ce que la compagnie a souhaité dire. En effet, le passage entre notre époque, déjà plus ou moins hantée par ces personnages, puisque Louise Michel était une des invitées surprises s'étant infiltrée dans le salon de la fratrie pour les convaincre de ne pas vendre le pavillon.

Une proposition assez bancale malgré un propos de départ intéressant … Dommage !
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor