Danse de mort

Danse de mort
De August Strindberg
  • Théâtre de la Reine Blanche
  • 2bis, Passage Ruelle
  • 75018 Paris
  • La Chapelle (l.2)
Itinéraire
Billets à 25,00
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Dans une citadelle sur une île de garnison isolée, un capitaine autoritaire et sa femme,  ancienne actrice, s’apprêtent à fêter leurs noces d’argent lorsque débarque un vieil ami.

Ce trio infernal se livre alors à une danse effrénée qui oscille entre tragédie et comédie : folie banale, souffrances et petits arrangements…

Ce jeu de massacre débordant de férocité et de mauvaise foi, entre amour et haine, est- il effroyable ou cruel ?

Certes. Grotesque ou risible ? Aussi.

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Toutes les critiques
28 oct. 2017
7/10
6 0
C'est rare mais il arrive que je sorte d'un théâtre avec des sentiments partagés.

La grisaille du décor m'a filé un bourdon que n'a pas dissipé l'humour que Stuart Seide a réussi à la perfection à insuffler sur la scène.

Le résumé qui nous est fait du spectacle est totalement juste : Dans une citadelle sur une île de garnison isolée, un capitaine autoritaire et sa femme, ancienne actrice, s’apprêtent à fêter leurs noces d’argent lorsque débarque un vieil ami. Ce trio infernal se livre alors à une valse effrénée qui oscille entre tragédie et comédie : folie banale, souffrances et petits arrangements…

Stuart Seide ajoute, et il a raison de nous interroger : Ce jeu de massacre débordant de férocité et de mauvaise foi, entre amour et haine, est- il effroyable ou cruel ? Certes. Grotesque ou risible ? Aussi.

On dit que La danse de mort a influencé beaucoup d'écrivains comme Albert Camus et Jean Genet, Samuel Beckett, Arthur Adamov ou Eugène Ionesco. Stuart Seide, qui jusqu'à présent était tourné vers le théâtre shakespearien, monte pour la première fois une pièce de l'auteur suédois. J'ai aimé les dialogues et la mise en scène également. Et pourtant la pièce me laisse perplexe. La voix des comédiens m'a gênée. Etait-ce une question d'acoustique ou mon oreille ?

La citadelle est située dans un lieu-dit appelé le Petit enfer. C'est bien cela que vivent cet homme et cette femme, à la veille de fêter leurs noces d'argent. On pense au duo Gabin/Signoret dans le Chat. Rien n'est pire que lorsque la frontière entre l'amour et la haine vacille.

Forcément, symboliquement, Edgar (Jean Alibert) tombe, souvent, et le mouvement de valse n'est souvent qu'ébauché. Alice (Hélène Theunissen) est très amère. Cette ancienne actrice n'a jamais renoncé à "jouer". Ce qu'elle ne fait plus sur les planches elle le met en pratique à l'intérieur du couple. On a compris que l’automne est dehors comme dedans et on voit la mort s'immiscer entre eux alors qu'aucun des deux ne se pense vieux.

Pas de salut du coté de la domestique (Karin Palmieri), impertinente et défiante. Viendra-t-il de Kurt (Pierre Baux), le maitre de quarantaine et ami de longue date ? Il faudrait qu'il parvienne à être autant le confident de l'un que de l'autre ? Tout est question d'appréciation et de point de vue : Est-ce que la vie est une affaire sérieuse ou une mauvaise blague ?

La scène finale conclut sur une ambiguïté intéressante avec la levée d'une lame auquel on peut donner deux interprétations opposées. Pour ma part, j'ai envie de croire que l'on s'apprête à sabrer le champagne !
8 oct. 2017
8/10
5 0
C’est une pièce sur un couple suédois à la fin du XIXéme siècle, un couple isolé depuis longtemps du monde qui les entoure dans une citadelle, ils sont déjà des étrangers l’un pour l’autre. Un cousin éloigné vient à l’improviste et les trois personnages commencent à s'entredéchirer évoluant entre haine et entente.

L’atmosphère pesante du livre de Strindberg est fort bien restituée. La pièce est difficile. La mise en scène et le jeu excellent des comédiens permet de rendre cette atmosphère intensément tendue. On reste sidéré devant ces trois personnages qui se détruisent et devant ce vieux couple usé, aigri, haineux. Le décor gris avec des cadres vides renforce cette impression.

C'est violent et grimaçant, mais il y a aussi un peu de matière à rire car le ton oscille entre drame et comédie. C’est très bien fait.
Huis-clos ou presque, dans cette pièce écrite en 1900, August Strindberg enferme à nouveau ses personnages dans leurs propres univers, dans leurs intimités et leurs solitudes. Théâtre de l’intérieur, de l’intime, à forte résonance psychologique, LA DANSE DE MORT est celle des espérances empêchées et des frustrations, des rancœurs et des renoncements. Danse à laquelle chacun dans ce couple morbide semble vouloir échapper mais s’y résout irrémédiablement.

Bousculés tout le long de leur vie commune par les erreurs vécues, jugées comme des échecs, les deux époux Edgar et Alice s’affrontent comme toujours depuis 25 ans. Les sujets ne manquent pas. Ils dévoilent avec intensité la violence des relations, la cruauté des sentiments, le machisme autoritaire, la famille échouée, la rédemption des actes, l’espoir d’une autre vie et la crainte de la mort.

Sujets prédominants chez Strindberg, symbolisant la recherche permanente d’un amour attendu et inassouvi, comme une impossible quête du bonheur.

Une ile. Une garnison. Un capitaine vieillissant et malade, Egdar. Une épouse impuissante et révoltée, Alice. Le cousin Kurt vient les visiter. Catalyseur des révélations, il écoute et tente des remédiations. Les humiliations et les mensonges qu’il découvre, les actes de démence et les machinations qu’il observe le troublent, le font douter, jusqu’à le conduire à la fuite.

La mise en scène de Stuart Seide montre les personnages au plus près de leurs sombres aspects, crument, dévoilant l’abject de leur férocité, le grotesque de leur prétention vaine et la médiocrité de leur puissance. Nous percevons le balancement entre amour et haine, entre compassion et répulsion, qui taraude ce trio familial qui n’en est pas.

Jean Alibert (Edgar), Pierre Baux (Kurt) et Hélène Theunissen (Alice) jouent habilement ce trio. Ils nous présentent avec aisance et conviction ces êtres massacrés par eux-mêmes. Enfermés dans leur déni et privés d’espoir, prisonniers de leurs vacuités du désir de vie. Ils nous touchent et nous surprennent. Karin Palmieri (Jenny), dans le rôle court et ingrat de la domestique, réussit la gageure d’illustrer le mépris qu’ils inspirent aux autres, à la réalité extérieure.

Un beau Strindberg. Un texte effroyable et implacable servi par un spectacle tout en tension, admirablement joué.
27 septembre, 20h45, Paris

Alice (Hélène Theunissen) et Edgar (Jean Alibert) doivent fêter leurs noces d’argent. En entrant en scène, les deux personnages s’assoient sur deux chaises face au public. Ils ont l’air de deux fantômes, de deux êtres vidés de toute possibilité d'émotions. Ils parlent comme des robots, comme s'ils répétaient ces phrases chaque matin.
Plus la pièce se déroule, plus la relation entre le couple devient malsaine. L’arrivée de Kurt, un cousin d’Alice, n’arrange rien.
La scénographie d’Angélique Croissant souligne une forme de déshumanisation. En effet, les murs sont gris, couleur plus qu’impersonnelle, les objets présents sont des objets communs. Il semble y avoir, accrochés au mur, des cadres qui pourraient contenir des photos mais ces cadres sont vides. Le décor accentue l’aspect morbide, profondément dérangeant, de ce couple. La volonté de chacun de ses membres de dominer l’autre ne peut conduire qu’au déchirement.
La mise en scène de Stuart Seide parvient, et ce n'est pas une mince réussite, à faire sentir au spectateur cette atmosphère pesante.
Les comédiens jouent leurs partitions à merveille dans un spectacle à la hauteur de leur talent.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor