Chirac

À l'affiche du :
3 juillet 2021 au 22 août 2021
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Aimable et brutal, pudique et jovial, amateur de bière et de poésie, écologiste assumant une politique productiviste, fidèle en politique mais pas en amour, Jacques Chirac a si bien cultivé les contradictions qu’il a fini par les incarner.

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Toutes les critiques
15 juil. 2021
9,5/10
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« On est nostalgiques d’un temps que l’on n’a pas connu ! ».
Voici ce que me confiaient deux très jeunes spectatrices dans la file d’attente du théâtre de la Contrescarpe, impatientes qu’elles étaient de découvrir cette pièce.
Chirac.

Comme pour illustrer la fascination au sens premier du terme qu’exerce encore et toujours l’ex-président de la République.
Comme pour dire leur besoin de retrouver l’homme, public et privé, l’animal politique.

Pendant une heure et quart d’un remarquable spectacle, étonnant et passionnant, nous allons le voir, Jacques Chirac.
En chair et en os, serais-je tenté d’écrire.



Nous voici dans le jardin du Luxembourg.
Sur une chaise métallique estampillée Sénat, une jeune femme lit les mémoires chiraquiens.
Je vous aurais bien révélé son prénom, mais celui-ci est prétexte à une formidable séquence que je me garderai bien de déflorer.

Elle s’endort. La rencontre peut avoir lieu.

A cour, dans la pénombre, le voici qui paraît en contrejour sur la scène.
Tout d’abord une silhouette familière.
Un grand gaillard en costume, avec les lunettes si célèbres (La maison Bonnet est remerciée sur le dossier de presse, ce sont bien les mêmes…), avec la coupe de cheveux gominés bien connue…

Impossible de s’y tromper. C’est bien lui. Le voici qui entame la conversation.

Durant ces soixante-quinze minutes, le dialogue entre les deux personnages va littéralement passionner les spectateurs.

La pièce de Dominique Gosset et Géraud Bénech va nous faire revivre les heurs, bonheurs et malheurs de ce président « pas comme les autres ».
Ni hagiographie, ni dossier à charge. Le curseur est à sa bonne place.

Dans un réalisme saisissant, grâce à une écriture ciselée reprenant des éléments journalistiques et biographiques, aux formules percutantes souvent très drôles, parfois bien émouvantes, nous allons assister à une joute oratoire, souvent à fleurets mouchetés, entre les deux personnages.


Vont se dérouler devant nous un retour sur la vie privée, un bilan de l’action politique, (avec les réussites incontestables et incontestées mais aussi les casseroles), un retour sur les conceptions de l’État, de la place des femmes, de l’écologie, ou encore une évocation des paradoxes et des contradictions de cet homme.

Le duo de comédiens fonctionne à la perfection.

Elle, c’est Fabienne Galloux.
Elle est parfaite, tour à tour candide posant des questions, espiègle titillant l’ancien chef de l’Etat ou provocatrice rappelant les « dossiers » chiraquiens.

Et puis, il y a Marc Chouppart, qui livre une véritable performance.

L’ex-pensionnaire de la Comédie-française est purement et simplement Jacques Chirac.
C’est même par moments très troublant. Une véritable performance.

Nous l’avons vraiment devant nous.

Tout y est.
La silhouette, donc, mais également la gestuelle, (je vous conseille des bien observer ses mains…), les mimiques, sans oublier l’incroyable ressemblance du visage.

Et puis la voix. La célèbre voix.

Jacques Chirac a beaucoup été imité. Dans des sketchs n’excédant bien souvent pas plus de dix minutes.
Marc Chouppart, lui, tient son personnage durant une heure et quart.

Tout y est : les intonations, le timbre si particulier, les consonnes finales prononcées, les variations subites de volume...
Impressionnant et troublant, vous dis-je.

Il est très drôle, à nous rappeler les célèbres expressions attendues par tout le monde, (vous savez, le « ça m’en touche une, etc, etc »…), à envoyer des piques à ses «petits » camarades de droite, ou encor à tenter de séduire son interlocutrice.
Il est également bouleversant lorsque sont évoqués les souvenirs douloureux de cet homme.

Le comédien excelle vraiment dans les habits de ce personnage hors du commun. Il nous ravit et nous sidère.

Je n’aurai garde d’oublier de mentionner le magnifique travail du créateur-lumières.
De subtiles éclairages mettent parfaitement en valeur ce qui se joue devant nos yeux.
Un travail rendu d’autant plus difficile en raison de la présence de projections video au lointain, et de multiples pans réfléchissants. De la très belle ouvrage.

Courez donc toutes affaires cessantes au 5 rue de Blainville retrouver celui qui présida à la destinée de la France pendant onze ans, onze mois et vingt-neuf jours.


What do you want ? Me to go back to the Contrescarpe Theater ?
14 juil. 2021
7,5/10
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Dans un jardin public, Valérie (Fabienne Galloux) s’est assoupie et soudain Jacques Chirac la réveille ! Mais que se passe t’il ? Oui, on est dans un rêve évidemment mais qui a un petit gout de réalité sympathique à souhait. Valérie est un peu surprise, mais sa curiosité va prendre le pas pour découvrir ce Chirac qui sait très bien qu’il n’est plus de ce monde et qui n’a pas envie de remuer le passé. Mais l’envie de parler est plus forte que tout (oui le personnage est contradictoire, c’est même un peu sa signature) et le voilà en train de deviser et de boire du Gin tonic en compagnie de Valérie. Il évoque les femmes de sa vie : Bernadette, sa fille disparue et d’autres…, mais aussi de nombreux autres sujets plus ou moins médiatiques ou politiques et des souvenirs peu connus qui donnent un aspect romanesque à la vie de ce grand homme qui se cachait derrière ses fameuses lunettes en écailles.

Premier choc, quand Marc Chouppart incarnant Chirac apparait sur scène : choc visuel ! Il y a indéniablement quelque chose de proche du président. Tout est dans le détail de la gestuelle qui a été étudiée avec soin.

Second choc, quand il s’adresse à Valérie : choc auditif ! Là aussi, il y a eu un gros travail sur le personnage pour restituer sa façon de parler si particulière. C’est bien de l’homme dont on s’est inspiré, pas de son Guignol ! On n’est absolument pas dans la caricature !

Marc Chouppart est totalement convaincant, on a la sensation d’échanger avec le fantôme du président.

Il faut aussi souligner la mise en scène de Géraud Bénech, assisté par Emmanuelle Benhaim : L’univers onirique est parfaitement rendu via les images projetées et la lumière des différentes scènes. On sait parfaitement qu’on est dans un rêve et on n’a guère envie de se réveiller.

J’aurai, moi aussi, bien volontiers bu un Gin tonic en compagnie de Jacques car j’ai une sacrée liste de questions pour lui.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor