Ceux qui restent

Ceux qui restent
De David Lescot
  • Théâtre Déjazet
  • 41, boulevard du Temple
  • 75003 Paris
  • République (l.3, l.5, l.8, l.9, l.11)
Itinéraire
Billets de 26,00 à 45,00
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Âgés de 7 et 12 ans, Paul Felenbok et Wlodka Blit-Robertson s'échappent du ghetto de Varsovie.

Des années plus tard, David Lescot part à leur rencontre.

Marie Desgranges et Antoine Mathieu vous rapportent avec justesse ces témoignages sans effet ni artifice, et font s'inscrire en vous ces récits de vie substantiels.

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25 oct. 2017
7/10
12 0
« Ceux qui restent » est un théâtre documentaire avec un récit assez singulier : la seconde guerre mondiale vue par deux enfants juifs polonais. Paul, 5 ans au début de la guerre et sa cousine Wlodka âgée d’une dizaine d’année. Ils évoquent aussi l’après-guerre, période de reconstruction à tout niveau et surtout pour eux deux.

David Lescot, qui a recueilli les propos de deux adultes qui ont vécus à Varsovie dans le ghetto, met en scène le plus simplement du monde leur témoignage, sans effet particulier, avec juste deux chaises face au public. Une des deux chaises est en retrait, pour les deux comédiens qui interprètent à tour de rôle David Lescot, celui qui questionne, et soit Paul pour Antoine Mathieu, soit Wlodka pour Marie Desgransges.

Les propos de Paul et Wlodka sont touchants, souvent sous forme de flash très précis. Chacun se souvient de scènes de la vie familiale, de jeux d’enfants, de sa sortie du ghetto,…
J’ai été plus touchée par l’interprétation d’Antoine Mathieu que ce soit quand il incarne Paul ou David Lescot car j’y ai senti plus d’émotion (pour Paul) et de compréhension (pour Davis Lescot).

Le récit qu’ils font est fort car les yeux d’enfants voient plus que l’on ne croit.
9/10
19 0
Un recueil de paroles passionnant, effectué par David Lescot à la manière d’un documentariste en prélevant et recoupant les expressions des personnes concernées directement par l’événement. Paroles qui relatent le ghetto de Varsovie avec une émotion digne et retenue, une intransigeante et implacable sincérité.

Paroles sincères et véritables passées au tamis du temps, dont la précision ne cache pas l’oubli, restituant avec simplicité ce qu’il reste, plus de soixante-dix ans plus tard, dans la mémoire de ceux qui restent.

Wlodka Blit-Robertson et Paul Felenbok étaient alors des enfants d’une dizaine d’années mais ils se soumettent aujourd’hui aux questionnements des entretiens avec courage et engagement. Comme un devoir de mémoire qu’ils accomplissent pour ne jamais oublier ce qu’hier a tracé « d’aujourd’huis ».

Tant d’horreur ne peut s’effacer, tant d’injustice au nom d’impossibles vérités ne peut être admise par des yeux d’enfants, aussi aimés soient-ils.

Wlodka et Paul témoignent de cette page d’histoire du plus grand ghetto juif d’Europe, dans lequel ils vécurent avant de s’en échapper entre 1940 et 1943, avec les anecdotes qui illustrèrent leurs vies d’enfants. Images et souvenirs restitués avec la noblesse des sentiments de la peur qui ne comprend pas et de la raison qui ne pleure plus.

Marie Desgranges et Antoine Mathieu incarnent Wlodka et Paul, assis tous les deux sur des chaises posées dans un plateau nu. La lumière ne cache rien de leurs regards troublés par moments, de leurs yeux brillants. Leurs corps montrent les efforts que les paroles imposent parfois pour parvenir à parler, pour taire ou revenir sur les propos. L’intensité de leur jeux pourtant si simples touchent au cœur autant que ce leurs personnages disent.

Un théâtre documentaire qui permet d’écouter des témoins du passé. Un théâtre politique qui oblige à réfléchir sur ce que leurs paroles font résonner aujourd’hui. Un moment d’émotion pure et nécessaire.
25 oct. 2017
9/10
34 0
Ceux qui restent.
Ils ne sont pas nombreux, ceux qui ont pu rester.

Ceux qui en 1943 ont pu s'échapper du Ghetto de Varsovie.
En France, il reste actuellement une dizaine de ces « miraculés ».

Paul Felenbok et Wlodka Blit-Robertson en font partie.
Lui, en 1943, il avait sept ans. Elle était un peu plus âgée.

Le metteur en scène David Lescot a rencontré ces deux témoins vivants d'une histoire terrible qu'ils souhaitaient transmettre, après l'avoir tue pendant des années.

Pour la recueillir, cette histoire-là, il lui a fallu poser beaucoup de questions.
C'est évidemment ce fait de poser ces questions qui lui a donné l'idée de la forme et de la scénographie de ce spectacle.

Deux comédiens, Marie Desgranges et Antoine Mathieu, mais trois personnages.
Les personnages de Paul et Wlodka, qui répondent à un intervieweur, un journaliste, un poseur de questions.
Deux chaises seulement sur le plateau. La mise-en-scène est minimaliste.

L'un de ces sièges est un peu en retrait, côté jardin. Ce sera le siège de celui qui cherche à savoir, à comprendre.

A tour de rôle, les deux comédiens changeront de place. Chacun à son tour se mettra dans la peau de David Lescot.

Nous allons donc suivre le déroulement de deux récits basés sur la délivrance, l'accouchement de la parole.Tel est l'enjeu du spectacle.
Ici, pas de pathos de mauvais aloi. Les faits, rien que les faits. Des faits historiques, des faits humains et inhumains aussi et peut-être surtout.

Nous suivons les souvenirs d'enfance dans le ghetto, vus par le regard de deux petits Polonais.
Mais également, et ceci est très intéressant, nous comprendrons ce qui s'est passé après la guerre, comment les deux enfants ont pu surmonter toutes les difficultés qui persistaient en Europe et en France notamment pour accepter des petits juifs au sein de familles ou de foyers pour enfants.

Des mots durs, difficiles, éprouvants seront dits, mais également des mots drôles, parfois, parce que la Vie peut paradoxalement générer un certain humour même dans les pires instants.

Il est troublant, tout au long de cette heure et demie, de se dire que nous sommes au théâtre, et non pas en train d'assister à une conférence ou une interview pure et simple.
En effet, les comédiens sont tellement justes, vrais, précis, ils arrivent tellement à retransmettre tous ces faits authentiques qu'il est souvent compliqué de distinguer le jeu théâtral.

Avec deux accessoires seulement, ils se glisseront tour à tour dans le peau de l'intervieweur et de l'interviewé.
Lors des changements de place, de chaise, le regard qu'ils s'adressent est empreint de tendresse et de sollicitude. C'est très beau, très fort.

Une nouvelle fois, et c'est vraiment l'une des marques de fabrique de son travail, David Lescot mélange les genres.
Ce qui l'intéresse, c'est de mêler les différents modes d'expression.
On se souvient de « La chose Commune », ce spectacle dans lequel il racontait l'histoire de la Commune de Paris grâce au vecteur du Jazz.

« Ceux qui restent » est donc un métissage d'expressions artistiques bouleversant d'humanité, qui raconte ce qui s'est passé (Ca sert aussi à ça, le théâtre).

Un spectacle dont on sort complètement sonné.
A l'image des applaudissements qui tardent à saluer la performance des deux comédiens. Il faut du temps pour revenir de ce voyage.

Un voyage difficile mais nécessaire.
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A l'issue de la représentation, j'ai à mon tour recueilli la parole des deux comédiens, Marie Desgranges et Antoine Mathieu.
Ce sera pour les jours qui viennent.
21 octobre, 19h, Paris

Deux chaises sont posées sur le plateau, l’une plus à l’avant-scène, l’autre plus en retrait. C’est donc un plateau dépouillé, vide de tous les artifices que le théâtre peut apporter.
Nous assistons au témoignage de deux rescapés du ghetto de Varsovie : Paul Felenbok et Wlodka Blit-Robertson, 7 et 12 ans au moment des faits.
Leurs voix sont portées avec beaucoup de justesse et de simplicité par deux excellents comédiens : Antoine Mathieu et Marie Desgranges.
Les mots sont ceux de Paul et de Wlodka qui se souviennent de leur enfance. Une enfance douloureuse mais qui n’appelle pas au pathos.

Les comédiens prêtent leur voix et leur corps à ces paroles. Il faut garder en mémoire que Paul et Wlodka était enfants et que, par conséquent, il s’agit de souvenirs d’enfants. Certains souvenirs peuvent faire sourire comme lorsqu’à la fin Paul raconte que les journaux étaient affichés sur des panneaux avec d’un côté les journaux qui disent la vérité et de l’autre ceux qui mentent, dont faisait partie Le Monde qu’il lisait avec son frère.
Le spectacle est conçu par des témoignages. Il fait donc appel à une mémoire, mais qui, dans sa simplicité, ne fait à aucun moment ressentir une exposition, ou une juxtaposition, de faits qui aurait pu sembler très muséale.
Les comédiens ne tentent à aucun moment d’incarner. Ils donnent voix à Paul Felenbok et Wlodka Blit-Robertson, mais parviennent tout de même à nous immerger dans ces témoignages.

Un spectacle que l’on peut qualifier, comme le dit David Lescot, de théâtre-documentaire. En effet, il nous apprend des choses sur la vie dans ce ghetto, en posant des questions simples mais qui permettent de saisir le vif de la réalité parfois (souvent) en nous touchant douloureusement.

Un spectacle nécessaire, sans morbidité.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor