- Avignon
- Théâtre des Béliers d'Avignon
- Avignon
Ça n'arrive pas qu'aux autres

- Benoît Moret
- Nicolas Martinez
- Ariane Boumendil
- Pascale Oudot
- Théâtre des Béliers d'Avignon
- 53, rue Portail Magnanen
- 84000 Avignon
Tout est allé très vite. C'était un Mardi. Il était 20H00. Ils étaient venus visiter cette maison. Personne n'aurait pu prévoir ce qui s'est passé.
Comment l'alchimie entre quatre personnages peut-elle transformer une simple visite immobilière en un véritable cauchemar ?
Et si vous aussi vous aviez eu le malheur de les rencontrer... Revivez, comme si vous y étiez, la version intégrale non censurée de ce fait divers aussi drôle qu'improbable.
La critique de Phane (rédac' AuBalcon) : 4.5/10. Une pièce qui grimpe crescendo vers la folie sans pour autant augmenter en qualité. Ce huis clos de quatre acteurs – plus ou moins bons – est inégal dans sa mise en scène, dans son jeu, et dans son aspect comique.
Tout d’abord les personnages : deux couples, quatre personnalités théâtrales plutôt reconnaissables et bien joué, hormis un Monsieur Moret qui ne sait pas quoi faire de son grand corps ni de son texte durant la moitié de la pièce. Les deux couples évoluent dans l’espace, mais aussi dans leurs conduites pour arriver à une fin tout à fait inattendue mais la pièce ne décolle pas. Au contraire, elle s’embourbe dans une certaine lourdeur de jeu, illustrée par les blagues et les comportements qui se répètent souvent. Chaque retournement de situation est deviné avant même qu’il soit joué et seule la fin étonne quelque peu, bien qu’elle soit annoncée au milieu de la pièce par un message radiophonique sans que l’on sache vraiment pourquoi.
Une heure et demi qui s’écoule vite, ponctuée de quelques situations cocasses, mais qui reste pesante, à mon goût, par trop de blagues et répliques faciles et vulgaires, par une nudité parfois inutile, par la caricature excessive (nécessaire dans toute comédie, mais peut être pas à ce point là) des personnages. Et bien qu’on ne passe pas un mauvais moment, cela demeure un comique qu’on ne connaît que trop bien.
C'est de l'absurde,...
Un quatuor d'acteurs formidables et un très grand Nicolas Martinez... la violence, l'intensité et l'absurdité de la situation vous fait passer par tout un tas d'émotions contradictoires. C'est fort, très fort... Mais que c'est bien !
Même si l'idée de départ est sympa, une simple visite de maison qui vire au drame, la mise en scène est tellement poussive qu'on a du mal à ne pas décrocher.
Ça hurle du début à la fin, ça se met à poil un peu gratuitement, les blagues sont souvent lourdes, les gros mots sont fournis au kilo.
Mais on s'attache au comédien principal qui joue bien le jeu du fou furieux. Il suscite ma curiosité de le voir dans un autre registre.
Ça aurait mérité d'évoluer plus doucement, que ça monte en puissance.
On en sort épuisé, rincé autant que les comédiens qui dégoulinent, et surtout à me demander pendant 10mn "mais pourquoi ça ?".
Revu, corrigé, travaillé avec un metteur en scène de talent et un peu subtil je suis sûre qu'on pourrait en sortir quelque chose d'intéressant.
Là on a juste envie que ça se termine.
Ne participe pas à développer le goût de la scène du théâtre, du spectacle.
AFFLIGEANT ! Nous étions 4 et unanimes ! Partis avant la fin.
Mettez vos talents de comédiens (que l'on ne conteste pas du tout) pour des pièces développant, le beau qui peut très bien s'associer à tous les styles.
Bon vent !
Dans une mise en scène finement ciselée et une écriture intelligente et efficace, on se laisse surprendre au fil de la pièce par les multiples rebondissements, les répliques qui font mouche, et par les quatre personnages délirants qui oseront tout et vivront sous nos yeux un fait divers, partant de la situation banale de la visite immobilière qui se transformera en un épouvantable cauchemar.
Un boulevard d’une heure où l’on ne voit pas le temps passé, et qui nous fera passer un moment de théâtre exquis et irrésistiblement hilarant. C’est sans aucun doute l’une des comédies de la rentrée à ne pas manquer, et que je reverrai avec plaisir.
Je suis allée voir Ça n'arrrive pas qu'aux autres parce que je tenais à avoir une opinion personnelle du jeu de Nicolas Martinez parce qu'il est nommé dans la catégorie "révélation masculine" pour les Molières. Comme je vais assister à la soirée il me semble plus sérieux de savoir de qui on parlera.
Avec une soixantaine de pièces sur mon agenda depuis septembre dernier je n'ai pas (pas encore mais je rattrape, je rattrape) vu la liste entière. J'avoue que je n'aurais pas pensé spontanément à aller au Café de la gare.
C'est pourtant un lieu hautement historique que l'on doit à la volonté de Sotha, Miou-Miou, Patrick Dewaere, Jean-Michel Haas, Henri Guybet, Coluche, Catherine Mitry, Gérard Lefèvre, Romain Bouteille. Ils ouvrent une première salle en juin 1969 à Montparnasse. Elle s'avère trop petite (moins de 200 places) et la bande migre pour un ancien relai de poste, dans une arrière-cour de la rue du Temple en 1972.
Aujourd'hui co-dirigé par Sotha et Philippe Manesse c'est devenu un théâtre privé de 300 places. L'esprit des fondateurs flotte encore dans les lieux qui ne semblent pas avoir vieilli.
Pour apprécier Ça n'arrive pas qu'aux autres il faut se laisser porter par le jeu des acteurs qui va crescendo depuis une relative normalité jusqu'à la folie dévastatrice.
Les quatre acteurs ne quittent jamais la scène et jouent sans répit. ils composent deux couples que tout apparemment oppose : des parisiens en quête d'une petite maison à la campagne et des provinciaux criblés de dettes et carrément borderline.
Les premiers sont pressés de visiter l'endroit pour vérifier s'il correspond à leur idéal. Les seconds préviennent qu'ici c'est pas l'Eldorado, voilà c'est dit. Mais ils les ont piégés et vont s'amuser d'eux comme des chats titilleraient des souris. Dès que l'on pense que la situation va se rétablir elle dérape de plus belle.
Certes, le jeu de Nicola Martinez est "forcé" mais il sait faire rire alors pardonnons lui les excès qui collent à la peau de son personnage. Sa compagne, Pascale Oudot lui donne la réplique sur la même longueur d'onde avec beaucoup d'énergie. Je l'avais vue il y a quatre ans dans le Roi nu de Philippe Awat. Ariane Boumendil n'est pas en reste et se révèle de plus en plus déjantée.
Apparemment solide, Benoît Moret pètera littéralement les plombs à la fin d'une soirée cauchemardesque qui m'a fait penser à Horror.
On aime ... ou pas. C'est absurde mais cohérent et cela fait du bien de rire du malheur des autres. C'est aussi cela le théâtre !