Barbara et l'homme en habit rouge

Barbara et l'homme en habit rouge
De Roland Romanelli, Rébecca Mai
Mis en scène par Eric-Emmanuel Schmitt
Avec Roland Romanelli
  • Roland Romanelli
  • Rébecca Mai
  • Jean-Philippe Audin
  • Théâtre Rive Gauche
  • 6, rue de la Gaité
  • 75014 Paris
  • Edgard Quinet (l.6), Gaité (l.13)
Itinéraire
Billets de 12,00 à 45,00
Evénement plus programmé pour le moment

L’homme qui accompagna Barbara, à la scène comme dans la vie, nous raconte enfin cette femme unique, surprenante, drôle, passionnée, différente, géniale.


Roland Romanelli, accordéoniste et pianiste, est choisi tout jeune par Barbara pour effectuer une tournée. Cette rencontre fulgurante, féconde, complexe, qui devint amoureuse, c’est avec Rébecca Mai, sa compagne d’aujourd’hui, chanteuse amoureuse du répertoire de Barbara, que Roland Romanelli nous la raconte.

 

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La critique de la rédaction : 6/10. Joli hommage à la chanteuse Barbara par son musicien de conjoint.

Il nous retrace sa rencontre avec cette femme d’exception, les moments clés de leur vie, des anecdotes entrecoupées de nombreuses de ses plus grandes chansons (Nantes, L'Aigle Noir, Drouot...). Nous avons également aimé l’idée de diffuser de beaux enregistrements audio où Barbara parle de tout et de rien.

L’artiste qui chante et joue Barbara a beaucoup de talent. Même si sa voix a moins de nuances et de profondeur, ses différentes reprises nous bercent et les mélodies sont assez réconfortantes.

Nous regrettons le côté ringard de la mise en scène avec des projections d’images ou de vidéos d’un goût parfois douteux. Elle aurait pu donner un brin plus de rythme.

Par ailleurs, les musiciens ne sont pas des acteurs et ont parfois du mal à faire passer des émotions lorsque la musique s’arrête.

Grâce à un final réussi, nous sortons du Théâtre Rive Gauche avec le sourire. 

 

Note rapide
6,6/10
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Roland ROMANELLI avait 20 ans lorsque la longue dame brune est entrée dans la boutique d'instrument de musique où il travaillait. Le début de 20 ans de travail en commun. Ces vingt années aux côtés de celle dont il partagea plus que la scène il en livre quelques images dans ce spectacle hommage. Eric-Emmanuel SCHMITT a réussi à le convaincre de se raconter, de la raconter. "Ce spectacle, je le lui devais" dit le musicien.

Accompagné au chant par Rébecca MAI, sa compagne d'aujourd'hui, et par Jean-Philippe AUDIN au violoncelle, l'accordéoniste, qui fut l'un de ceux dont parle BARBARA dans "MES HOMMES", reprend 20 chansons sur répertoire si riche pour un tendre hommage.

"Barbara est un cadeau du ciel pour moi. Elle m'a tout appris". Emporté par sa jeunesse et son admiration pour la chanteuse il n'a pas hésité une seconde à la suivre sur la route des tournées pour écrire les pages de leur collaboration. Il lui écrira des chansons, comme "A peine", "Vienne" ou "Cette enfant-là". Elle lui apprit la musique, l'amour, la vie.

La voix de Rébecca MAI, juste mais sans la force émotionnelle, se fait l'interprète de ces succès. Entre chaque chanson une confidence, une image, une anecdote sur la création d'une chanson, une scénette pour la faire revivre quelques secondes ou encore la voix de la grande Barbara dans un extrait d'interview. L'émotion gagne par moments. Et chacun de se plonger dans ses propres souvenirs de la chanteuse, de sa voix, des émotions qu'elle nous faisait vivre, du poids de son absence. Émotion qui vibre dans la voix de Roland ROMANELLI, sincère, troublante.

Si le souvenir de l'interprète de GOTTINGEN est évoqué avec chaleur et nostalgie, il est a regretter la faiblesse de la mise en scène et de la scénographie : trois panneaux qui servent de support à des projections de fonds de papier peint sortis des années 70, atteignant leur apogée avec un ciel étoilé pour L'AIGLE NOIR, et un rocking-chair qui se balance sur la voix off de la chanteuse.

En bref : un vibrant hommage à la longue dame brune de la part de l'homme en habit rouge. Émotion et nostalgie.
30 oct. 2016
8/10
57 0
Je suis retournée voir ce spectacle et j'ai encore sorti mon mouchoir !

Barbara a été aimée par Roland et admirée par Rébecca, ils le racontent en chansons, Rébecca a trop d’amour à donner pour « imiter » Barbara, elle chante avec beaucoup de justesse et d’émotion, le répertoire de cette grande artiste. Elle interprète la grande dame brune avec humour, délicatesse, talent.

Mise en scène inventive de Eric-Emmanuel Schmitt, qui a tant aimé le précèdent spectacle sur Barbara de Roland Romanelli, il a apporté sa touche personnelle, Rébecca silhouette longiligne en ombre chinoise jouant avec son boa, couleurs, ambiance, le rocking-chair qui se balance. Et puis les souvenirs de Roland, anecdotes amusantes, leurs tournées de ville en ville, dormant dans la voiture, ils n’avaient pas le temps ou l’envie de prendre un hôtel. Et la Barbara que l’on n’aurait osé imaginer, « piquant » pour le plaisir de la faute, un vernis à ongle ou un rouge à lèvres et qui passait en caisse du Monoprix, tranquillement, pensant que l’on ne l’avait pas reconnue malgré ses lunettes et son chapeau ! Barbara qui décidait de partir pour Vienne, tout en restant chez elle et écrivant des lettres à Roland et les glissant sous la porte de sa chambre.

Barbara aussi, n’admettant pas que l’on puisse lui dire qu’elle s’était trompée et la rupture définitive.
Le spectacle est baigné des chansons de Barbara, d’une belle atmosphère, émouvante, marrante aussi, parce que le personnage n’était pas facile, intransigeante avec elle et les autres.

Une belle surprise, beaucoup d’émotions et d’amour, il faut y aller pour engranger autant de bonheur.
26 avr. 2016
8/10
268 0
Il fallait bien cet homme en habit rouge pour concevoir un spectacle à la mémoire de la dame en noir.

Cet homme en habit rouge, c'est Roland Romanelli.
Compagnon de tournée de Barbara pendant vingt ans.
Compagnon tout court pendant huit.

S'il en est un qui l'a bien connue et qui peut en parler en connaissance de cause, c'est bien lui.
C'est d'ailleurs le propos de la voix-off d'Eric-Emmanuel Schmitt, le metteur en scène, avant le lever de rideau.

Encore fallait-il, pour monter ce récital, trouver une interprète.
Romanelli l'a trouvée : c'est son actuelle compagne, Rebecca Mai.
Si ça fonctionne ? Ah oui, alors !

Rebecca, accompagné de son homme à l'accordéon et au piano, de Jean-Philippe Audin au violoncelle recrée de brillante façon le monde de la monstresse sacrée !
Toutes les grandes chansons sont là, et grâce à la mise en scène intelligente de Schmitt, l'hommage est parfait.

Il n'est pour s'en rendre compte, que de constater que tous les fans participent en chantant à mi-voix les chansons.
Un petit bémol : les textes de Romanelli sont parfois un peu faibles, et dits d'une voix qui gagnerait à être plus assurée, moins monocorde. Dire un texte, c'est un métier. Mais passons.

Les lumières de Jacques Rouveyrollis, la video d'Antoine Manichon participent à la réussite du spectacle.

Sans oublier des extraits d'interviews de la Barbara qui viennent fort à propos ponctuer le récital, pendant qu'un rocking-chair se balance seul. Un très bel effet.

Au final, beaucoup d'émotion de retrouver l'interprète de l'Aigle Noir, de Göttingen, de la Petite Cantate, et bien d'autres « tubes ».

Oui, définitivement oui, Barbara fait partie de notre patrimoine commun !
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Avant de vous rendre à vos occupations, j'aimerais encore vous faire perdre un peu de votre précieux temps avec une anecdote personnelle.

Je l'avais rencontrée chez elle, Barbara, vers la fin de sa vie, dans son petit village seine-et-marnais de Précy-Sur-Marne.

A l'époque, le maire de Précy n'était autre que le chanteur dont la guitare le démangeait bien trop souvent, je veux bien sûr parler d'Yves Duteil.
Duteil, très engagé à droite, ne portait pas Barbara dans son coeur, elle qui fut un soutien inconditionnel de François Mitterrand.

Elle le lui rendait bien : elle détestait cordialement le maire-chanteur.

En tant que militante engagée de la lutte contre le SIDA, elle m'avait racontée ceci :

Par testament, elle avait stipulé qu'à sa mort, sur le comptoir d'accueil de la mairie de Duteil, serait déposée une corbeille qui devait toujours être remplie de préservatifs.

Je pense que cette corbeille est toujours en place.
20 févr. 2016
7,5/10
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La voix d'Eric Emmanuel Schmitt lance le spectacle sur fond musical à peine perceptible de l'Aigle noir. Nous allons assister à une sorte de rétrospective sur un pan de vie de Barbara, raconté par Roland Romanelli qui partagea la scène une vingtaine d'années avec elle et qui fut son compagnon pendant huit ans, et chantée par Rebecca Mai qui est devenue sa compagne.

En quelque sorte, et comme nous l'annonce le metteur en scène avec à propos, la femme de son présent incarne la femme de son passé. C'est franchement très réussi car si la chanteuse a une voix puissante et grave qui aurait pu la conduire vers l'imitation elle ne cède pas à cette tentation. Elle parvient à faire vivre les chansons sans copier l'artiste qui demeure un modèle.

Roland a une stature de druide, auréolé de cheveux blancs très longs, au regard tendre. Debout au centre de la scène, il raconte le premier rendez-vous avec une sorte de timidité contenue. Il avait à peine 20 ans et passait son temps rue du faubourg Saint Martin dans la boutique d'un fabriquant d'accordéons. Il connaissait chaque instrument sur le bout des doigts. Accompagner Barbara n'était qu'un rêve qu'il pensait inaccessible. Celle ci l'appelle et lui donne rendez-vous au Moulin de la Galette, suggérant d'apporter son accordéon parce qu'on ne sait jamais.

Elle l'engage sur le champ. Il s'inquiète. Tout ira bien, le rassure-t-elle en le priant de voir avec Marie pour les détails. Deux jours plus tard ils partaient ensemble en tournée. Il apprendra ultérieurement que Barbara s'était disputée avec son accordéoniste et qu'elle avait cherché un remplaçant en espérant que Roland accepterait. Elle connaissait sa réputation et ne voulait que lui.

Rébecca chante en commençant par des titres peu connus, ce qui est une excellente idée. Je découvre ainsi Gare de Lyon (1964) :
Paris, sous la pluie, Me lasse et m'ennuie. (...)
Car il pleut toujours, Sur le Luxembourg.
Y a d'autres jardins, Pour parler d'amour. (...)
Viens, fais tes bagages. On part en voyage.
J'te donne rendez-vous, A la gare de Lyon,

Roland apprend la musique de trente chansons en vingt-quatre heures. Le soir du 21 mai 1967, Barbara le convie chez elle, au 14 de la rue Rémusat, près du Pont Mirabeau, à la même adresse où vécut Arletty, de 1966 à sa mort en 1992. Barbara y habita de 1961 à 1968, date à laquelle elle quitte l'immeuble à la suite du décès de sa mère, ce qui lui inspira quelques années plus tard la chanson "Rémusat" dans laquelle elle évoque ce double départ.

Mais ce soir de mai, c'est la fête, et Barbara offre à Roland le premier flacon d'un parfum qui ne le quittera plus, Habit rouge de Guerlain qui lui vaudra d'être appelé l'Homme en habit rouge. Leur union fut néanmoins discrète. C'était sans doute plus facile dans les années 60, sans i-phone pour enregistrer des images volées, et surtout sans la propagation des nouvelles sur les réseaux sociaux.

Toujours est-il que Barbara le séduit ce soir là et qu'il nous mime la scène du premier baiser avec romantisme. Je me suis senti gamin avec une vraie femme mais je n'ai pas porté plainte pour harcèlement.
6 févr. 2016
8/10
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Roland Romanelli a bien connu Barbara : il l’a accompagné durant vingt ans sur scène et huit ans dans la vie.

C’est sur la mélodie de l’Aigle noir que la voix off explique cette histoire commune avant de céder la place à l’homme sur scène qui évoquera Barbara, la femme de son passé, avec Rébecca, la femme de son présent.

Leur rencontre, « comme dans un rêve », la tournée où il a dû apprendre une trentaine de chansons en 24h, le cadeau fait le 21 mai 1967 qui donnera le titre à l’hommage (Habit rouge de chez Guerlain), Roland se raconte en chansons, prenant appui sur les plus beaux textes de la dame brune, et nous fait partager un peu de l’intimité de l’univers mystérieux de l’artiste disparue à l’âge de 67 ans.
Bien évidemment, il est des textes incontournables lorsque l’on souhaite rendre hommage à Barbara. C’est le cas avec, notamment, Nantes, Göttingen, La petite cantate, Vienne, A mourir pour mourir, Drouot, Ma plus belle histoire d’amour ou encore Dis quand reviendras-tu ?, des chansons qui font toutes parties de ce spectacle musical qui permet également de découvrir des paroles un peu oubliées comme celles de Gare de Lyon, Toi, Le bel âge, A peine (la première chanson que Roland Romanelli a composé pour Barbara), Les insomnies, L’indien, Parce que je t’aime, Hop-là, La solitude ou encore la bouleversante chanson Cet enfant-là. Au total, vingt textes pour symboliser les vingt années de leur collaboration artistique.

Sur le plateau, Roland Romanelli joue de l’accordéon et du piano. Il est accompagné par Jean-Philippe Audin au violoncelle. C’est avec beaucoup d’émotion et une pudeur palpable qu’il s’exprime et replonge dans son passé. A ses côtés, Rébecca Mai, toute en retenue, donne de la voix pour faire revivre la grande dame. Toute vêtue de noir, elle se distingue par une sobriété et une sincérité touchantes mais aussi par un respect quasi religieux d’admiration sans jamais chercher à tomber dans l’imitation. On en apprendra un peu plus sur la femme qui sommeillait derrière l’artiste, de ses angoisses à sa cleptomanie en passant par ses exigences et son besoin de décider de tout. Mais c’est surtout une très belle occasion de réentendre les textes, les paroles des plus belles chansons de Barbara qui en disent long sur sa vie et sur la vie en général. L’interprétation est émouvante et teintée de nostalgie. Nous regrettons en revanche une mise en scène qui dessert le spectacle, avec trois écrans projetant des œuvres picturales pas toujours de très bon goût ou encore la présence de cette chaise à bascule qui se met en mouvement lorsque la voix de Barbara se fait entendre dans la salle grâce à des archives audio d’interviews enregistrés.

Quelques tentatives de déplacements scéniques viennent briser l’émotion qui s’installe. Seuls les jeux d’ombres et de lumières apportent une dimension poétique au spectacle. La clôture du spectacle, avec le Chœur de France, nous laissera sur une note de tendresse et de délicatesse que nous aurions aimé trouver tout du long, avec une très belle scénographie étoilée faisant de cet instant un moment suspendu au firmament, comme une dernière offrande.
Miles Davis se demandait « Pourquoi jouer tant de notes alors qu’il suffit de jouer les plus belles ? ». L’œuvre de Barbara, foisonnante, vient quelque peu contredire cette interrogation car toutes ses chansons sont les plus belles, de la plus connue à la moins populaire. Elle qui avait besoin de réinventer l’amour chaque jour nous a laissé des textes d’une rare beauté où chacun peut puiser des phrases clés pour en faire un guide de la vie, comme un cadeau du ciel laissé par une femme qui n’a jamais eu le talent de vivre à deux mais qui a su s’installer durablement dans le cœur de son public à qui elle se donnait avec passion, tendresse et ivresse.

Le spectacle musical proposé au Théâtre Rive-Gauche rend aux textes de l’immortelle longue dame brune toutes leurs lettres de noblesse. Un très bel hommage, respectueux et sincère.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Musique
Talent des artistes
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor