Critiques pour l'événement Barbara et l'homme en habit rouge
30 oct. 2016
8/10
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Je suis retournée voir ce spectacle et j'ai encore sorti mon mouchoir !

Barbara a été aimée par Roland et admirée par Rébecca, ils le racontent en chansons, Rébecca a trop d’amour à donner pour « imiter » Barbara, elle chante avec beaucoup de justesse et d’émotion, le répertoire de cette grande artiste. Elle interprète la grande dame brune avec humour, délicatesse, talent.

Mise en scène inventive de Eric-Emmanuel Schmitt, qui a tant aimé le précèdent spectacle sur Barbara de Roland Romanelli, il a apporté sa touche personnelle, Rébecca silhouette longiligne en ombre chinoise jouant avec son boa, couleurs, ambiance, le rocking-chair qui se balance. Et puis les souvenirs de Roland, anecdotes amusantes, leurs tournées de ville en ville, dormant dans la voiture, ils n’avaient pas le temps ou l’envie de prendre un hôtel. Et la Barbara que l’on n’aurait osé imaginer, « piquant » pour le plaisir de la faute, un vernis à ongle ou un rouge à lèvres et qui passait en caisse du Monoprix, tranquillement, pensant que l’on ne l’avait pas reconnue malgré ses lunettes et son chapeau ! Barbara qui décidait de partir pour Vienne, tout en restant chez elle et écrivant des lettres à Roland et les glissant sous la porte de sa chambre.

Barbara aussi, n’admettant pas que l’on puisse lui dire qu’elle s’était trompée et la rupture définitive.
Le spectacle est baigné des chansons de Barbara, d’une belle atmosphère, émouvante, marrante aussi, parce que le personnage n’était pas facile, intransigeante avec elle et les autres.

Une belle surprise, beaucoup d’émotions et d’amour, il faut y aller pour engranger autant de bonheur.
26 avr. 2016
8/10
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Il fallait bien cet homme en habit rouge pour concevoir un spectacle à la mémoire de la dame en noir.

Cet homme en habit rouge, c'est Roland Romanelli.
Compagnon de tournée de Barbara pendant vingt ans.
Compagnon tout court pendant huit.

S'il en est un qui l'a bien connue et qui peut en parler en connaissance de cause, c'est bien lui.
C'est d'ailleurs le propos de la voix-off d'Eric-Emmanuel Schmitt, le metteur en scène, avant le lever de rideau.

Encore fallait-il, pour monter ce récital, trouver une interprète.
Romanelli l'a trouvée : c'est son actuelle compagne, Rebecca Mai.
Si ça fonctionne ? Ah oui, alors !

Rebecca, accompagné de son homme à l'accordéon et au piano, de Jean-Philippe Audin au violoncelle recrée de brillante façon le monde de la monstresse sacrée !
Toutes les grandes chansons sont là, et grâce à la mise en scène intelligente de Schmitt, l'hommage est parfait.

Il n'est pour s'en rendre compte, que de constater que tous les fans participent en chantant à mi-voix les chansons.
Un petit bémol : les textes de Romanelli sont parfois un peu faibles, et dits d'une voix qui gagnerait à être plus assurée, moins monocorde. Dire un texte, c'est un métier. Mais passons.

Les lumières de Jacques Rouveyrollis, la video d'Antoine Manichon participent à la réussite du spectacle.

Sans oublier des extraits d'interviews de la Barbara qui viennent fort à propos ponctuer le récital, pendant qu'un rocking-chair se balance seul. Un très bel effet.

Au final, beaucoup d'émotion de retrouver l'interprète de l'Aigle Noir, de Göttingen, de la Petite Cantate, et bien d'autres « tubes ».

Oui, définitivement oui, Barbara fait partie de notre patrimoine commun !
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Avant de vous rendre à vos occupations, j'aimerais encore vous faire perdre un peu de votre précieux temps avec une anecdote personnelle.

Je l'avais rencontrée chez elle, Barbara, vers la fin de sa vie, dans son petit village seine-et-marnais de Précy-Sur-Marne.

A l'époque, le maire de Précy n'était autre que le chanteur dont la guitare le démangeait bien trop souvent, je veux bien sûr parler d'Yves Duteil.
Duteil, très engagé à droite, ne portait pas Barbara dans son coeur, elle qui fut un soutien inconditionnel de François Mitterrand.

Elle le lui rendait bien : elle détestait cordialement le maire-chanteur.

En tant que militante engagée de la lutte contre le SIDA, elle m'avait racontée ceci :

Par testament, elle avait stipulé qu'à sa mort, sur le comptoir d'accueil de la mairie de Duteil, serait déposée une corbeille qui devait toujours être remplie de préservatifs.

Je pense que cette corbeille est toujours en place.
6 févr. 2016
8/10
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Roland Romanelli a bien connu Barbara : il l’a accompagné durant vingt ans sur scène et huit ans dans la vie.

C’est sur la mélodie de l’Aigle noir que la voix off explique cette histoire commune avant de céder la place à l’homme sur scène qui évoquera Barbara, la femme de son passé, avec Rébecca, la femme de son présent.

Leur rencontre, « comme dans un rêve », la tournée où il a dû apprendre une trentaine de chansons en 24h, le cadeau fait le 21 mai 1967 qui donnera le titre à l’hommage (Habit rouge de chez Guerlain), Roland se raconte en chansons, prenant appui sur les plus beaux textes de la dame brune, et nous fait partager un peu de l’intimité de l’univers mystérieux de l’artiste disparue à l’âge de 67 ans.
Bien évidemment, il est des textes incontournables lorsque l’on souhaite rendre hommage à Barbara. C’est le cas avec, notamment, Nantes, Göttingen, La petite cantate, Vienne, A mourir pour mourir, Drouot, Ma plus belle histoire d’amour ou encore Dis quand reviendras-tu ?, des chansons qui font toutes parties de ce spectacle musical qui permet également de découvrir des paroles un peu oubliées comme celles de Gare de Lyon, Toi, Le bel âge, A peine (la première chanson que Roland Romanelli a composé pour Barbara), Les insomnies, L’indien, Parce que je t’aime, Hop-là, La solitude ou encore la bouleversante chanson Cet enfant-là. Au total, vingt textes pour symboliser les vingt années de leur collaboration artistique.

Sur le plateau, Roland Romanelli joue de l’accordéon et du piano. Il est accompagné par Jean-Philippe Audin au violoncelle. C’est avec beaucoup d’émotion et une pudeur palpable qu’il s’exprime et replonge dans son passé. A ses côtés, Rébecca Mai, toute en retenue, donne de la voix pour faire revivre la grande dame. Toute vêtue de noir, elle se distingue par une sobriété et une sincérité touchantes mais aussi par un respect quasi religieux d’admiration sans jamais chercher à tomber dans l’imitation. On en apprendra un peu plus sur la femme qui sommeillait derrière l’artiste, de ses angoisses à sa cleptomanie en passant par ses exigences et son besoin de décider de tout. Mais c’est surtout une très belle occasion de réentendre les textes, les paroles des plus belles chansons de Barbara qui en disent long sur sa vie et sur la vie en général. L’interprétation est émouvante et teintée de nostalgie. Nous regrettons en revanche une mise en scène qui dessert le spectacle, avec trois écrans projetant des œuvres picturales pas toujours de très bon goût ou encore la présence de cette chaise à bascule qui se met en mouvement lorsque la voix de Barbara se fait entendre dans la salle grâce à des archives audio d’interviews enregistrés.

Quelques tentatives de déplacements scéniques viennent briser l’émotion qui s’installe. Seuls les jeux d’ombres et de lumières apportent une dimension poétique au spectacle. La clôture du spectacle, avec le Chœur de France, nous laissera sur une note de tendresse et de délicatesse que nous aurions aimé trouver tout du long, avec une très belle scénographie étoilée faisant de cet instant un moment suspendu au firmament, comme une dernière offrande.
Miles Davis se demandait « Pourquoi jouer tant de notes alors qu’il suffit de jouer les plus belles ? ». L’œuvre de Barbara, foisonnante, vient quelque peu contredire cette interrogation car toutes ses chansons sont les plus belles, de la plus connue à la moins populaire. Elle qui avait besoin de réinventer l’amour chaque jour nous a laissé des textes d’une rare beauté où chacun peut puiser des phrases clés pour en faire un guide de la vie, comme un cadeau du ciel laissé par une femme qui n’a jamais eu le talent de vivre à deux mais qui a su s’installer durablement dans le cœur de son public à qui elle se donnait avec passion, tendresse et ivresse.

Le spectacle musical proposé au Théâtre Rive-Gauche rend aux textes de l’immortelle longue dame brune toutes leurs lettres de noblesse. Un très bel hommage, respectueux et sincère.
4 févr. 2016
8/10
128 0
Roland Romanelli, n'est pas un comédien. C'est un peu dérangeant les premiers instants.

Puis le spectacle prend place petit à petit, le personnage très attachant et la présence de Barbara s'installe et l'on oublie les premiers défauts...
On redécouvre les merveilleux textes de cette auteure, sa personnalité, et l'émotion nous gagne... Rebecca Mai, chante très bien et s'approprie les chansons de Barbara.

La mise en scène est rythmée, le déroulement chronologique est fluide... C'est très réussi à mon gout !