L’Autobus

L’Autobus
  • Théâtre 13-Seine
  • 30, rue du Chevaleret
  • 75013 Paris
  • Bibliothèque François-Mitterrand (l.6, l.14, RER C)
Itinéraire
Billets de 14,00 à 30,00
Evénement plus programmé pour le moment
Réservation de tickets

Dans un bus délabré, branlant, un voyage surréaliste de neuf passagers embarqués malgré eux par un chauffeur invisible et omniprésent.

Le voyage forcé de ce microcosme vers une destination inconnue, va friser la catastrophe.

Victimes de ce manipulateur, les mesquineries et lâchetés des uns et des autres vont aller jusqu'à provoquer le pire. Grande métaphore du régime communiste bulgare des années 80, L'Autobus manie avec jubilation l'humour, l'absurde et la dénonciation.

Note rapide
8,8/10
pour 4 notes et 3 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
0 critique
Note de 4 à 7
0%
3 critiques
Note de 8 à 10
100%
Toutes les critiques
25 janv. 2018
8/10
8 0
Porté par une troupe investie et attachante. Critique acerbe des travers du communisme. Mise en scène efficace (on a vraiment peur pour eux tant la conduite de cet invisible chauffeur est hasardeuse!!).

Très bon spectacle!!
16 janv. 2018
9,5/10
12 0
Il faut vraiment prendre L’autobus vers le Théâtre 13 et ne pas passer à coté d’un petit bijou d’humour absurde, absolument délicieux et résolument loufoque ! Tout ce que j’aime. Je ne connaissais pas l’auteur bulgare, Stanislav Stratiev, bien qu’il ait écrit, entre autres, La vie bien qu’elle soit courte (que j’ai donc hâte de découvrir, à présent).

La pièce se passe dans un autobus où montent 9 personnages qui ne seront jamais désignés que par leurs vertus ou valeurs : le Virtuose, le Raisonnable, le Déraisonnable, l’Amoureuse, L’Irresponsable, l’Homme, la Femme, l’Amoureux, le Paysan. Mais le conducteur du bus, que nous ne verrons jamais, décide d’aller où il veut, sans se préoccuper de ses passagers, les brinquebalant malgré eux dans une épopée complètement barrée, au gré de son bon-vouloir et de ses volte-face. Quand ils comprennent qu’ils sont à sa merci, chacun réagit comme il le peut et le groupe explose, les natures se révèlent.

Épatant travail de groupe

Cette farce tragi-comique se veut une métaphore du régime communiste bulgare des années 80 : le conducteur invisible représente le pouvoir absolu et les passagers des pantins manipulés face au danger, qu’ils soient lâches, courageux, soumis, solidaires ou égoïstes, voire un peu de tout au fil des événements. L’absurdité de la situation est décuplée par la direction d’acteurs de Laurence Renn Penel, formée à la technique du clown : fardés, caricaturaux, les comédiens – tous excellents – incarnent à merveille le tragi-burlesque de la situation. La scénographie et les superbes lumières (Thierry Grand) font partie intégrante de la réussite du spectacle : une structure de fer, sans parois, représente le bus : quelques sièges montés sur ressorts, une échelle de fer, le tout est d’une ingéniosité folle au gré des virages que prend cet autobus et permet des retournements de situation… et de personnages drôlissimes.

Un pur moment de plaisir, donc, où la virtuosité des comédiens, le charme du décor et des lumières, la mise en scène ingénieuse mais pas prétentieuse servent à merveille un texte délicieusement absurde plus profond qu’il en a l’air. Sincèrement, ça fait un bien fou.

(on peut mettre 15/10 au décor et à la mise en scène ??)
15 janv. 2018
9/10
16 0
Dans les années 80, neuf personnes montent dans un autobus bulgare et délabré, emmenés dans un voyage catastrophe par un conducteur aussi invisible que fou.

Un voyage dans la petitesse et l’égoïsme de chacun, au théâtre 13. Neuf personnes montent dans un autobus. Neuf personnes, qui ne se connaissent pas, ou qui ne devraient pas se connaître. Neuf personnes, chacune avec son histoire, son caractère. Comme dans la vie, neuf personnes qui n’ont d’autre point commun que d’aller dans la même direction, chacun pour sa raison, à ce moment précis.

Au volant du bus – invisible, au dessus de tous comme une main divine surpuissante – le conducteur décide de ne pas suivre l’itinéraire prévu. Voilà le point de départ d’un voyage catastrophe. On est en Bulgarie dans les années 1980, la pression du régime communiste vient s’ajouter à l’inquiétude ambiante, la peur d’être dénoncé. Notre monde est-il si différent, où une femme peut se faire agresser dans le métro sans que personne ne bouge ? A froid, il ne devrait pas y avoir de problème. Ils sont neuf, il est seul, il suffirait de s’allier pour revenir sur l’itinéraire prévu, discuter avec le chauffeur, revenir à une situation normale. Mais pour ça, il faudrait se parler, s’écouter, se comprendre, se faire confiance. Préférer l’intérêt commun à l’intérêt de chacun, surtout quand au fond, l’intérêt commun et l’intérêt de chacun vont dans la même direction. Ils en sont incapables. Incapables de donner un peu chacun. Capables de vouloir que l’autre donne tout. Capables de sacrifier l’honneur, la vertu, la vie de l’autre.

Chacun défend son petit intérêt, incapable de s’ouvrir aux autres. Chacun veut sauver sa peau, oubliant que sauver la peau de tous, c’est aussi sauver la sienne. Plutôt que de se réunir, de réfléchir ensemble, le groupe va chercher une victime sacrificielle à offrir en hommage au Dieu-Conducteur tout puissant, jusqu’au moment où l’Autobus reprendra la route, où le groupe disparaîtra, où chacun reprendra sa place, ignorant des autres. L’autobus est une froide et glaçante description du comportement des groupes, de la façon dont un ensemble de personnes normales et pleines de bon sens peut se transformer en un groupe imbécile et méchant. On est aux bornes de l’expérience de Milgram (revoyez I comme Icare).

La mise en scène de Laurence Renn emmène les acteurs dans un ballet qui mérite un grand bravo, c’est réglé et joué au cordeau, quelque soit le passager sur lequel le regard se porte à un instant donné, il est vivant, j’aurais presque envie de revoir la pièce neuf fois, pour simplement pouvoir suivre chacun d’eux du début à la fin. Neuf acteurs, neuf gueules pour neuf profils marqués et différents.

La pièce se déroule en Bulgarie dans les années 1980, elle pourrait se dérouler en France en 2018, la mécanique de fonctionnement des groupes est toujours la même, toujours implacable. Une tragicomédie burlesque, grinçante et glaçante, à voir et à revoir.
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor