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Albert et charlie

Albert et charlie
Mis en scène par Christophe Lidon
Avec Daniel Russo
  • Daniel Russo
  • Théâtre Montparnasse
  • 31, rue de la Gaîté
  • 75014 Paris
  • Edgard Quinet (l.6), Gaité (l.13)
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Aucun savant n'a connu de son vivant la célébrité d'Einstein, aucun artiste la célébrité de Chaplin. L'un représente l'œuvre la plus complexe, l'autre l'œuvre la plus accessible. Tout semble les opposer. Et pourtant ils avaient en commun une totale indépendance, une profonde humanité, l'humour, l'amour de la musique… 

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L'AVIS DE LA REDACTION : 7/10

Deux porteurs d'histoire.

Deux grands génies du 20e siècle, Albert Einstein et Charlie Chaplin, se retrouvent au cours de trois rendez vous, à trois moments clés de l'histoire du siècle dernier.

Ces rencontres, fantasmées par l'auteur, ont lieu chez le savant à Princeton, dans un très beau décor où les formules mathématiques couvrent les murs.

Charlie Chaplin vient rendre visite au grand physicien, visites pendant lesquelles ils échangent sur la montée du nazisme, la bombe atomique et le Maccarthysme !

Malgré des enjeux aussi énormes, et des personnalités aussi incroyables, Olivier Dutaillis a fait le choix de rester sur un ton léger, de comédie, et de s'intéresser à leur intimité.
Ces deux êtres hors du commun, confrontés à un pan de l'histoire aussi dramatique, n'avaient ils pas d'autres choses à raconter, et sur un autre ton ?!

Les comédiens sont plutôt bons, même s'il faut un moment pour s'habituer au jeu et à l'accent d'Elisa Benizio.
Daniel Russo est parfait dans le rôle d'Albert, Jean Pierre Lorit un peu monocorde dans celui de Charlie.

Christophe Lidon, qui a fait beaucoup mieux dans sa carrière, nous offre une mise en scène très convenue dans laquelle il ne se passe pas grand chose.

A l'image de l'ensemble, d'une tiédeur qui nous a laissé sur notre faim.

Nul doute que ce spectacle plaira à certains.

Mais tout n'est il pas relatif ?

Sylvie Tuffier

Note rapide
8,5/10
pour 6 notes et 5 critiques
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1 critique
Note de 4 à 7
17%
4 critiques
Note de 8 à 10
83%
Toutes les critiques
7 févr. 2023
8/10
3
Université de Princeton, 1937, Einstein travaille à son bureau, il lit les journaux, les jette au sol en jurant, au grand désarroi de sa gouvernante Hélène, nous sommes en 1937 et les nouvelles du monde et en particulier l’Allemagne ne sont guère réjouissantes…

Chaplin rend visite à son ami, l’élégant acteur, fait toujours son petit effet sur Hélène, et Einstein est heureux de le revoir. Tous deux sont des exilés aux USA, ont-ils fait le bon choix ?

Charlie a une idée derrière la tête et souhaite l’approbation de son vieil ami. Hitler est au pouvoir, quelle meilleure arme contre ce dictateur que de faire un film qui le ridiculiserait et ferait rire ! mais Albert, grand admirateur de Chaplin, ne comprend pas, comment se moquer de la tyrannie, en faire un film ! Hélène fort heureusement est toujours présente pour calmer le jeu et Hélène est une grande admiratrice, Chaplin sait parler aux femmes !

194, Albert et la bombe atomique, lui qui déteste toute forme de haine et de violence… il ne s’attendait pas à cela, Hiroshima, Nagasaki … Quant à Chaplin ses films sont boycottés, une campagne de presse contre lui, il en devient paranoïaque… affronte la « chasse aux sorcières »,

1952, Chaplin décide de fuir les Etats-Unis avec sa dernière épouse. Il rend visite pour la dernière fois à Albert. Se reverront-ils ?

Daniel Russo est un parfait Einstein, bougon, lunatique, Jean-Pierre Lorit a l’élégance et le charme de Chaplin, et Elisa Bénizio, épatante Hélène, quel jeu, quel humour !

J’ai adoré le décor de Catherine Bluwal, poétique, lunaire, savant, la mise en scène de Christophe Lidon est sobre, dynamique et sert parfaitement le texte de Olivier Dutaillis.
4 févr. 2023
8,5/10
6
Poétique, Attrayant, Éloquent.
Olivier Dutaillis pour notre plus grand plaisir, imagine une relation amicale entre Albert Einstein et Charlie Chaplin, deux génies profondément humains, ayant marqués individuellement l’histoire scientifique et cinématographique du siècle dernier.
Il a imaginé trois rencontres entre Albert Einstein et Charlie Chaplin de1938 à 1952. L'avant et l’après guerre.
Nous pénétrons dans le bureau d’Albert Einstein dont les murs sont tapissés de formules physiques, nous ne sommes point surpris de la visite de Charlie Chaplin tant cette fiction aurait pu être réalité.
Tous deux partagent les mêmes convictions politiques, l’amour des jolies femmes, la passion pour le jazz et beaucoup d’humour.

Albert « Ce que j'admire le plus dans votre art, c'est son universalité. Vous ne dites pas un mot, et pourtant, le monde entier vous comprend. »
Charlie « C'est vrai, mais votre gloire est plus grande encore : le monde entier vous admire alors que personne ne vous comprend"
Albert la tête dans les étoiles et Charlie des étoiles dans la tête converseront sur les tragiques évènements de ce début de siècle :
La montée du nazisme en Allemagne, le départ d'Albert pour l'Amérique.
La bombe d’Hiroshima, les remords et les questionnements d’Albert.
La critique d'Hitler à travers le futur film de Charlie ,"Le dictateur".
Le Maccarthysme et la chasse aux sorcières, le départ de Charlie pour la Suisse.

L’humour et les divergences ne manquerons point.
Charlie arrivera-t-il à convaincre Albert du bienfait de son film pour ridiculiser Hitler ?
Ce face à face est dynamisé par l’intervention de la pétulante gouvernante d’Albert qui chouchoute et protège son ‘maître’ et admire Charlie.
La mise en scènes de Christophe Lidon est vivante et magnifiquement orchestrée. Les personnalités sans pareil de ces deux personnages hors du commun transpercent le quatrième mur et nous émeuvent.
Le décor de Catherine Bluwal est époustouflant, esthétique et d’une grande poésie. Le bureau d’Albert s’ouvre sur l’univers couvert d’étoiles et de planètes, c’est magnifique.
Les comédiens nous entrainent avec grand brio dans cette passionnante fiction, Elisa Benizio, gouvernante protectrice, débordante de vitalité au petit accent pittoresque, Jean-Pierre Loris séduisant et élégant Charlie Chaplin qui à travers le rire et la gaité lance des vérités foudroyantes, Daniel Russo authentique Albert ébouriffé, observant avec passion les particules de poussière dans les faisceaux lumineux des caméras et qui se demande parfois ‘comment Dieu a créé le monde?'
Tous trois nous enchantent par la justesse de leur jeu et leur talent.
Agréable soirée théâtrale
25 janv. 2023
10/10
4
« Albert & Charlie » d’Olivier Dutaillis dans une mise en scène de Christophe Lidon sur la scène du théâtre Montparnasse est une rencontre savoureuse aux dialogues pittoresques entre deux génies du XXe siècle.

Christophe Lidon habitué à mettre en scène des personnages historiques comme par exemple Mazarin, Clémenceau, Monet ou encore Jeanne d’Arc, a pris un certain plaisir à mettre en scène la confrontation de deux hommes à la forte personnalité, en exposant devant un public conquis la vision humoristique proposée par Olivier Dutaillis.
Une vision intime de deux célèbres cerveaux opposés dans leur vision du monde, sous l’aspect d’une comédie qui donne à réfléchir sur le sens de la vie, et livre moult anecdotes qui rendent encore plus attachants ces deux génies qui chacun dans leur domaine nous ont fascinés : Albert Einstein et Charlie Chaplin dit Charlot.
Deux êtres d’exception à l’humour totalement différent mais joliment complémentaire.

Le très beau décor de Catherine Bluwal, éclairé à bon escient par Cyril Manetta, agrémenté des précieuses vidéos de Léonard, contribue largement à nous plonger dans cette atmosphère à la fois scientifique, avec les murs recouverts de formules mathématiques du bureau d’Albert à Princeton, et la poésie d’un acteur-réalisateur avec ce globe terrestre qui nous évoque tant de souvenirs, en passant par un piano attaché à la partition de Schubert, la tête à l’envers, sur des musiques de Cyril Giroux.

Olivier Dutaillis a su vulgariser cette « confrontation » en y ajoutant un personnage qui d’un premier abord pourrait sembler secondaire mais qui au contraire à une place de choix, celui d’Hélène, la gouvernante, secrétaire, infirmière et bien d’autres qualificatifs, du professor Albert, qui tel un feu follet apporte une gaîté, un brin de folie, exploités à merveille par Christophe Lidon, assisté de Mia Kumpan, et interprété d’une façon magistrale par Elisa Benizio. Avec son délicieux petit accent, elle fait exploser dans ses papotages, notamment avec le public, des bulles de rire en sauvant les situations qui pourraient être dramatiques, telle une mère qui couve sa progéniture sous ses ailes protectrices.

L’un, Albert, plongé dans son monde scientifique, qui va rarement dans les salles obscures, portant particulièrement un intérêt à la poussière qui traverse le faisceau de lumière du projecteur, et l’autre, Charlie, qui a gardé ses yeux d’enfant pour montrer aux adultes la réalité du monde qu’ils traversent.

Des rencontres qui vagabondent sur trois périodes clés, trois cycles de vie au bouleversement de l’ordre mondial : 1938 avec la montée du nazisme et son dictateur, 1947 avec la bombe atomique d’Hiroshima, et 1952 avec le maccarthysme dans sa chasse aux sorcières dont Charlie en fera les frais jusqu’à son exil en Suisse.
Une réflexion sous-jacente, une vision effrayante de notre société où l’on s’aperçoit que malheureusement rien ne change…

Des épisodes qui fourmillent d’anecdotes « éducatives », créant une atmosphère émotionnelle, réconfortante, où le combat de chacun dans leurs différences et leurs domaines de prédilection contribue à améliorer notre qualité de vie.
Comme celle d’Albert qui sous couvert d’un refus de la discipline ne porte pas de chaussettes ou celle de Charlie qui dans une preuve d’amour épouse les actrices de ses films, l’une chassant l’autre…

Un Albert qui déplore l’anéantissement de la pensée pendant que Charlie défend bec et ongles son film du dictateur, son acte de résistance, devant un Einstein farouchement opposé, le tout dans un émerveillement partagé.
A la question de la pertinence de l’utilisation de la bombe atomique, Albert répond : on ne pourrait plus écouter Mozart. La folie des hommes est sans limite !
Mais aussi de la légèreté avec cette complicité dans la musique de jazz qui les réunit dans un moment où la pensée s’évade vers la Suisse, l’oasis de l’Europe.
Une partie de verre de vodka russe viendra aussi libérer les esprits en trinquant au FBI, marqueur de la propagation de rumeurs non fondées qui détruisent les vies d’honnêtes citoyens.

Une conclusion pragmatique d’Albert, qui porte à réflexion : Quand je travaille, je me demande comment Dieu a créé le monde. Je veux connaître ses pensées…Tout le reste n’est que détails.

Une mention particulière pour les costumes et perruque de Chouchane Abello Tcherpachian qui ont transformé Daniel Russo dans le rôle d’Albert. Une sobriété de jeu, loin de ses rôles dans ses comédies loufoques, qui nous livre une autre facette surprenante de ce comédien à la renommée indiscutable.
Une écoute et une présence magnifiques rehaussées par un humour corrosif face à Charlie, interprété par Jean-Pierre Lorit à l’œil pétillant et malicieux. Son sourire éclatant donne de la lumière à cette histoire qui fera date dans les annales.
24 janv. 2023
7/10
2
Deux porteurs d'histoire.

Deux grands génies du 20e siècle, Albert Einstein et Charlie Chaplin, se retrouvent au cours de trois rendez vous, à trois moments clés de l'histoire du siècle dernier.

Ces rencontres, fantasmées par l'auteur, ont lieu chez le savant à Princeton, dans un très beau décor où les formules mathématiques couvrent les murs.

Charlie Chaplin vient rendre visite au grand physicien, visites pendant lesquelles ils échangent sur la montée du nazisme, la bombe atomique et le Maccarthysme !

Malgré des enjeux aussi énormes, et des personnalités aussi incroyables, Olivier Dutaillis a fait le choix de rester sur un ton léger, de comédie, et de s'intéresser à leur intimité.
Ces deux êtres hors du commun, confrontés à un pan de l'histoire aussi dramatique, n'avaient ils pas d'autres choses à raconter, et sur un autre ton ?

Les comédiens sont plutôt bons, même s'il faut un moment pour s'habituer au jeu et à l'accent d'Elisa Benizio.
Daniel Russo est parfait dans le rôle d'Albert, Jean Pierre Lorit un peu monocorde dans celui de Charlie.

Christophe Lidon, qui a fait beaucoup mieux dans sa carrière, nous offre une mise en scène très convenue dans laquelle il ne se passe pas grand chose.

A l'image de l'ensemble, d'une tiédeur qui nous a laissé sur notre faim.

Nul doute que ce spectacle plaira à certain.
Mais tout n'est il pas relatif ?
20 janv. 2023
10/10
6
Intelligence et finesse du texte. Justesse des trois acteurs. C'est une gageure de faire dialoguer deux génies de l'envergure d'Einstein et de Chaplin. Olivier Dutaillis relève le défi avec brio et Daniel Russo et Jean-Pierre Lorit livrent une interprétation dense, fine, et intime, des deux monstres sacrés. Ils nous interpellent sur le courage, l'Homme et la Science, la responsabilité, avec humour et pétillance. Le personnage d'Hélène, qu'on aurait pu croire secondaire, éclaire au contraire l'ensemble avec sensibilité, vigueur et drôlerie, porté par la magnifique Elisa Benizio. Mise en scène très maîtrisée de Christophe Lidon, claire et fluide, dans un très beau décor de Catherine Bluwal, avec un souffle cosmique et poétique.
À voir absolument.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor