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Adieu M. Haffmann

Adieu M. Haffmann
De Jean-Philippe Daguerre
Mis en scène par Jean-Philippe Daguerre
Avec Charlotte Matzneff
  • Charlotte Matzneff
  • Franck Desmedt
  • Julie Cavanna
  • Grégori Baquet
  • Alexandre Bonstein
  • Salomé Villiers
  • Théâtre de l'Œuvre
  • 55, rue de Clichy
  • 75009 Paris
  • Place de Clichy (l.2, l.13)
Itinéraire
Billets de 21,00 à 50,00
À l'affiche du :
27 août 2020 au 14 novembre 2020
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 19:00
    • 20:00
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Au milieu de la seconde guerre mondiale, les allemands occupent la France.

A Paris, en 1942, un marché peu ordinaire est conclu dans la boutique du bijoutier juif Joseph Haffmann. Ce dernier propose à son employé de lui confier son commerce et de le loger clandestinement en échange.

Pierre Vigneau accepte la prise de risque tout en formulant lui aussi une requête : stérile, il demande à Haffmann d'offrir à sa femme un enfant... Le pacte faustien est ainsi posé.

Combien de temps ce marchandage sera-t-il supportable ?

  

Adieu Monsieur Haffmann a été récompensée de 4 Molières : du théâtre privé, de l'auteur, du comédien dans un second rôle pour Franck Desmedt et de la révélation féminine pour Julie Cavanna (2018).

La critique de la rédaction : 8.5/10. Époustouflés par cette pièce de théâtre !

L’intrigue de l’homme qui demande à sa femme de coucher avec un autre pourrait faire penser à une pièce de boulevard. Elle contrebalance l’intrigue principale, ce même homme cache son patron bijoutier juif dans sa cave. Ces deux histoires s’articulent très bien, nous sommes complètement happés par l’enchaînement de mini scènes rythmées avec des dialogues intelligents, efficaces, avec des sous-entendus et des doubles sens.

Les acteurs sont sensibles, nous nous prenons d’empathie pour chacun des personnages. Sauf peut-être ce couple haut en couleurs qui débarque dans la dernière séquence, pleine d’intensité et de suspense. Eux sont à la fois humains et cruels. L’actrice Charlotte Matzneff est remarquable.

L’ensemble est très bien mis en scène et le fil rouge musical donne encore davantage de consistance.

À ne pas manquer !

Note rapide
Toutes les critiques
1 juil. 2020
10/10
2
« Adieu Monsieur Haffmann » une pièce écrite et mise en scène par l’incontournable Jean-Philippe Daguerre au théâtre du Châtelet pour une captation TV conduite par Philippe Thuillier qui sera diffusée fin août sur France 5.

Un moment de pure émotion sur fond d’actualité, avant sa reprise au théâtre de l’œuvre le 03 septembre prochain, sans oublier l’adaptation cinématographique qui a repris son tournage depuis la fin du confinement.
Une construction dramaturgique qui se prête d’ailleurs admirablement pour une version filmée et même par sa musicalité à une comédie musicale.

Quel bonheur de pouvoir retourner au théâtre, de retrouver les émotions procurées par le spectacle vivant, sans lequel nous ne serions rien.
Une émotion intacte qui a même gagné en intensité depuis la représentation à laquelle j’avais assisté en février 2018 au théâtre du Petit Montparnasse.
Une distribution identique à la différence près : Charlotte Matzneff jouait, ce soir, le rôle de la femme de l’insupportable nazi Otto Abetz, dans lequel j’avais apprécié Salomé Villiers.

Une pièce récompensée à juste titre par plusieurs Molière et le prix de la fondation Barrière.

Une pièce au cœur de l’histoire mais aussi de l’actualité dans l’évocation de la peur de l’autre, de sa différence, qui conduisent inexorablement au racisme.
Une évocation non sans humour qui dédramatise la situation tout en faisant corps avec les tensions palpables de la cohabitation où l’amour en est le ciment.

Notre cœur bat au rythme des répliques sans complaisance qui font mouche, qui ne cherchent pas l’effet, mais qui respirent aux sons des claquettes ou de la TSF qui déverse son flot d’insanités, ces informations qui se voulaient bien-pensantes.

Nous sommes à Paris dans la bijouterie de Monsieur Haffmann qui a comme employé Pierre Vigneau.
1942 : le port de l’étoile jaune est décrété pour les juifs.
Monsieur Haffmann qui a mis à l’abri sa famille en l’envoyant en Suisse veut au démarrage de la pièce préserver son commerce.
Il propose à son employé Pierre Vigneau de sauver les apparences. Pendant que lui vivra dans la cave comme un rat, évocation porteuse de symbole des nazis, son employé donnera le change et fera prospérer son commerce par son précieux talent que lui procurent ses mains et sa créativité, accompagné par le réconfort, le soutien, de son épouse Isabelle.

Pierre Vigneau prend un très grand risque qui ne va pas sans contrepartie, guerre oblige.
La nature humaine émerge toujours sa tête de l’eau, mais dans quel état !?
Chassez le naturel, il revient au galop.
En quelque sorte un pari gagnant gagnant, mais jusqu’où la fable peut-elle en tirer sa morale ?
Faut-il pactiser avec le diable ou préserver son intégrité : être irréprochable ?
Jusqu’où le courage peut-il être notre fierté ?

Dans une sobriété salvatrice, tant dans le jeu, que dans les décors de Caroline Mexme ou encore dans les costumes de Virginie H, Jean-Philippe Daguerre qui m’avait cueilli, fasciné avec sa dernière pièce « La famille Ortiz », m’a une nouvelle fois bouleversé avec son histoire aux dialogues ciselés où la gratuité n’a pas sa place.
Il a le sens du rythme sans forcer le trait, il dirige ses comédiens dans un jeu naturel aux couleurs généreuses qui vont droit à l’essentiel.
Il sait faire travailler notre imagination bien que cette histoire repose sur des faits réels.
Un pari gagné dans cette immense salle du Châtelet où l’émotion a grimpé jusqu’aux fauteuils du premier balcon.

Pour interpréter cette pièce magnifique, il fallait une troupe unie, à la hauteur de la puissance des dialogues, des situations. Ils ont trouvé le juste équilibre sans tomber dans un discours aux accents pathétiques qui auraient nui à sa réception. Ils sont tout simplement au service d’un auteur, d’un texte, sans chercher à se tirer la couverture sur un quelconque jeu qui aurait pu détruire l’édifice.

Alexandre Bonstein, Monsieur Haffmann, Grégory Baquet, Pierre Vigneau et Julie Cavanna, Isabelle Vigneau, forment ce trio au jeu émouvant, intelligent, dépouillé, efficace, qui nous prend aux tripes, sans nous lâcher jusqu’à la dernière réplique.

Cet équilibre est bouleversé par l’apparition d’Otto Abetz et de son épouse, qui fut l’ambassadeur d’Allemagne à Paris pendant la seconde guerre mondiale, francophile, ancien professeur d’art, mais qui malheureusement pour les juifs fut fasciné par la personnalité d’Hitler et sa barbarie.
Franck Desmedt est glaçant de vérité dans ce rôle où l’ironie présente nous conduit à sourire, à rire. Ce comédien me fascinera toujours par sa présence sur scène où dans chaque rôle qu’il interprète, il donne vie au personnage d’une façon inventive, fulgurante.

Il est accompagné par Charlotte Matzneff, qui est remarquable de drôlerie dans son rôle de femme insouciante à la bêtise mesurée.

Sans oublier « La femme assise » d’Henri Matisse dans son rôle muet mais tout aussi important dans l’intrigue.

Une pièce à ne manquer sous aucun prétexte !
1 mars 2020
9/10
2
Fort bon spectacle,
Un pacte réciproque passé entre un patron juif empêché de travailler par les événements politiques et son employé qui accepte de le cacher moyennement un service.
Le contexte historique est évoqué avec intelligence.
Les acteurs sont tous formidables.

L’histoire n’est pas triste, surtout pas ennuyeuse, on ressent la tension que devaient éprouver les gens a l’époque: la peur, l’envie de survivre, bref c’est un très bon spectacle à voir absolument.
3 janv. 2020
9,5/10
6
Cette pièce est une merveille d'émotion, de sensibilité, d'humour aussi, dans un contexte historique lourd.

Le sujet est grave et traité sans détour, la mise en scène est originale et bien rythmée, les acteurs sont parfaits dans leur rôle, les décors minimalistes mais très imagés; nous avons eu la chance d'y être le soir où le metteur en scène est lui même acteur.

Allez-y vite, c'est un grand moment !
3 nov. 2019
9/10
9
Très belle pièce !

Comme on me l’avait conseillé à plusieurs reprises, j’y suis allée en y emmenant ma maman qui n’est pas très théâtrophile... Et on a toutes les deux adoré ! On a trouvé la pièce bien écrite, subtile avec des personnages profonds. Ils ont tous une personnalité complexe où l’on sent qu’à certains moments ils vont basculer et que l’on est au bord d’une rupture.

Une pièce à aller voir !
1 nov. 2019
9/10
2
ADIEU MONSIEUR HAFFMANN inspiré par l’histoire d’un bijoutier juif sous l’occupation, et de personnages ayant existé comme Otto Abetz et sa truculente épouse.

Jean-Philippe Daguerre fait ici montre de son talent pour l’écriture et la mise en scène de ce joyaux. Dialogues ciselés, tempo d’une précision d’horloger, sertissage minutieux des jeux des comédiens de ce « diamantaire ». Dans un écrin minimaliste pour servir et sublimer l’interprétation des comédiens, Jean Philippe Daguerre s’attache à traiter les questions délicates et profondes dans le plus parfait dosage de la profondeur et de l’humour satirique :
– Comment garder son âme ?
– Peut-on pactiser avec le mal ?
– Comment ne pas trahir celui qui vous a tout donné ?
– Comment aimer l’enfant d’un autre ?
– Comment ne pas céder à la peur, à la jalousie morbide ?
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor