Critiques pour l'événement Plaidoiries
13 déc. 2018
9/10
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Richard Berry a une présence sur scène qui se suffit à elle même, permettant une mise en scène minimaliste.
Le choix des procès n’aurait peut être pas été les miens mais ils ont le mérite de couvrir et de stigmatiser notre époque.
A voir.
25 oct. 2018
9,5/10
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Richard Berry est époustouflant dans la peau de ces ténors du barreau qui ont marqué l'histoire !

C'est toute notre humanité qu'il nous expose au travers de ces 5 procès.
La lutte contre le mal menée par ces hommes et ces femmes, pleins de courage.
Qui se sont levés, se sont battus, ont gagné ou perdu, mais qui ont toujours fait avancer les choses.

Il suffit parfois d'une voix pour faire entendre une cause. Suspendus à celle de cet orateur hors pair, nous sommes émus, secoués, bouleversés ...

Magistral !!
1 oct. 2018
8/10
57 0
Une interprétation magistrale de Richard Berry, sur ces textes qui dépassent le cadre juridique duquel ils émanent.

L'écriture de ces plaidoiries nous transperce, qu'elles datent d'il y a 10 ou 40 ans, tout autant que les verdicts que la mise en scène fait apparaître sur un écran géant en fond de scène. Sentences que le recul nous rend encore plus amères.

La justice, l'injustice, des destins tragiques, voilà de quoi il est question dans ces cinq moments de vérité : avortement, infanticide, non assistance à personnes à danger, crime contre l'humanité, peine de mort.
Sur le bord de notre siège nous assistons à la métamorphose et à la performance d'un comédien, incarnant avec une classe incomparable, ces hommes de droit.

Berry disparaît sous ces discours poignants : sa voix change, sa posture, son intensité, et enfin lorsqu'il défend le droit à l'avortement, on le voit femme... Une leçon de théâtre.
29 sept. 2018
8,5/10
41 0
La mise en scène d'E. Théobald et la prestation de R. Berry sont toutes deux remarquables.

C'est un très bon moment de théâtre !
24 sept. 2018
8/10
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Un discours, des mots, des idées, des intonations, des gestes, des silences calculés, une argumentation structurée, tout cela constitue une plaidoirie et peut influencer un procès, charmer un jury et persuader un juge. La force de la parole. C’est cela que l’on perçoit grâce à la performance de Richard Berry au théâtre Antoine.

Cinq procès, cinq plaidoiries, cinq argumentations qui vont atteindre ou non leur cible.
Richard Berry fait revivre ces procès historiques avec brio et l'on voyage avec lui dans le temps en redécouvrant ces drames et leurs répercussions.
La scénographie est simple et épurée, deux tribunes, des panneaux blancs qui descendent du plafond et sur lesquels seront projetés les photos des accusés et les conclusions des procès. Et puis Richard Berry, au milieu, en robe d’avocat, symbole de la justice française.
Tout l’espace est laissé à la parole.
On est fasciné par la puissance des mots, la force du raisonnement, la précision de la démonstration. Richard Berry est brillant !
On en ressort avec l’envie d’en savoir plus sur les affaires citées, d’en comprendre les circonstances, les dessous, d’en saisir les nuances et les détours... Bref on souhaiterait comprendre ce qui a amené les juges et/ou les jurés à prendre cette décision finale lourde de conséquences.

Difficile de rester insensible à ces vies, à ces affaires sordides, à ces êtres humains dont l’avenir va se jouer lors de ces procès. Difficile de ne pas prendre parti à l’écoute de ces magnifiques plaidoiries qui pour certaines ont marqué l'histoire. On se prend au « jeu » en attendant avec impatience l'annonce du verdict. Captivant !
Un excellent moment de théâtre.
22 sept. 2018
8,5/10
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Tout avocat est quelque part un comédien passé maitre en rhétorique et qui sait dispenser ses effets au bon moment, il y en a peu mais ils sont marquants. Les cinq plaidoiries qui sont présentées sont issues d'affaires décisives. Elles ont défrayé la chronique et déchainé les passions :

- Le triple infanticide de Véronique Courjault et la mise en lumière du déni de grossesse : la plaidoirie de la défense est remarquablement intelligente.
- Les ados Zied et Bouna, électrocutés dans une armoire electrique pour avoir tenté d'échapper à la police et les émeutes qui se sont produites dans les banlieues sont encore bien présentes dans nos mémoires.
- La plaidoirie mémorable de Maitre Mignard pour tenter d'éviter la peine de mort à Christian Rannucci en 1976 (on attendra 1981 pour voir enfin l'abolition de la peine de mort) mais il fut l'antépénultième guillotiné par la justice française.
- Le procès de Maurice Papon et comment son rôle dans la chaine de commandement a été explicité.
- Enfin, la plaidoirie de Gisèle Halimi (signataire du Manifeste des 343) pour l'avortement et le droit des femmes à disposer de leur corps obtient en 1972 à la Cour de Bobigny un jusement historique : la relaxe de sa cliente, une jeune fille qui avait avorté suite à un viol, et l'histoire allait définitivement changer pour les femmes quelques années plus tard avec la loi Veil (n'en déplaise encore à certains).

Il fallait un grand comédien pour reprendre ses plaidoiries et Richard Berry prouve qu'il est un grand parmi les grands. Ses prestations sont parfaites avec une maitrise exemplaire sans fantaisie ou gestes superflus. Il provoque l'empathie de la Cour pour les personnes qu'il défend. Nous nous interrogeons sur ce que nous aurions pu décider en tant que jury dans ces affaires. Nous voulons savoir si la plaidoirie a porté ses fruits.

La mise en scène d'Eric Théobald est simple, souligne avec efficacité le propos de l'avocat. Le décor est sobre, des panneaux se meuvent en fond de scène et projettent notamment le jugement de chacune des affaires présentées.

C'est un grand moment !
D'ailleurs la salle s'est lévée pour ovationner Richard Berry.
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