Critiques pour l'événement Opéraporno
21 avr. 2018
8/10
75 0
Opérette déjantée/trash. On parle bite/queue/couille en chantant. Puritains et bien-pensants s'abstenir : ça fait du bien. Evolution théâtrale ? ...
16 avr. 2018
8/10
78 0
Surprenant, dérangeant, grivois et drôle, à la fois !
Décors et accessoires astucieux qui permettent une mise en scène audacieuse.
Pour public averti et décomplexé sur la chose.
Avec des moments trash.
La ligne rouge est forcément dépassée, ce qui crée l'effet comique recherché !
6 avr. 2018
9/10
91 0
Opéra et pornographie réunis, vous en rêviez ?
Pierre Guillois l'a fait. Il est passé à l'acte. Et quel acte !

L'auteur de cette désopilante pochade s'est aperçu que l'opéra n'avait jamais abordé le registre pornographique.
Tel un Don Quichotte du Manche, il a décidé de remédier à cet état de fait, et il a donc concocté cette « opérette ordurière » pour reprendre ses mots.

Ici, la pornographie répondra à la définition suivante : représentation à caractère sexuel de sujets, de détails obscènes dans une œuvre littéraire.
Voyeurs, mateurs et autre flashers plus ou moins professionnels, passez votre chemin : vous ne vous rincerez pas l'oeil. Ou si peu...

Le porno de Pierre Guillois va consister à mettre en scène une série de tabous, et notamment l'inceste, la scatologie et autres perversions, au sein d'une famille de trois générations : un homme, sa seconde femme, son fils et la grand-mère.
Un quatuor on ne peut plus porté sur la chose.

Si le propos fonctionne à plein régime, c'est qu'un ingrédient majeur et essentiel compose la recette : le rire.
Et quel rire ! Un rire de dérision, un rire de subversion, un rire salutaire, un rire qui sert d'exutoire, de défouloir !

Sur le plateau se disent des choses grossières, obscènes, grivoises, salaces (en un seul mot), mais jamais vulgaire. La vulgarité, ce n'est pas de dire des gros mots. La vulgarité c'est bien autre chose.

J'ai hurlé de rire devant les aventures érotico-porno de ces quatre-là.
Ca en devient jouissif : rares sont les espaces actuels où l'on peut rire « de la chose » et du tabou à ce point.
C'est tellement gros (suivez mon regard...) que ça en devient un vrai bonheur.

Qui dit opéra dit musique, bien entendu.
Nicolas Ducloux a composé les parties vocales, et il accompagne les chanteurs-comédiens au piano, avec Jérôme Huille ou Grégoire Korniluk au violoncelle.

Le décalage est épatant : des airs de musique lyrique très sérieux avec des paroles évoquant la sodomie, le fisting ou le bon usage du godemiché, j'ai trouvé tout ceci drôlissime.

Bien entendu, il fallait quatre sacrés artistes pour se lancer dans une telle aventure lyrico-érotico-porno-scato, et j'en passe, tous se terminant par « o ».

La remarquable soprano Laura Neumann est Clothilde, la mère. (Inversez les voyelles de son prénom, pour voir...)
Melle Neumann s'en donne à cœur joie. Sa partition lyrique pas si évidente que cela met en valeur son talent vocal. C'est un bonheur de l'entendre chanter suavement ces délicieuses paroles plus crues les unes que les autres.

Son priapique beau-fils est interprété par Flannan Obé.
Les deux se connaissent bien, et cela se sent. Le jeune ténor ne ménage ni sa voix ni sa peine, et donne beaucoup de sa personne.

L'excellent François-Michel Van der Rest est le père qui se verra beaucoup rétréci au cours de cette heure et vingt cinq minutes. Lui aussi nous régale, en pater familias complètement dépassé par les événements.

Et puis la grand-mère indigne !
C'est Jean-Paul Muel qui joue la vieille. Il est véritablement truculent. (Honni soit qui mal y pense...)
C'est lui qui déchaîne bien souvent l'hilarité générale dans la salle, y compris avec son petit couplet post-saluts et rappels. Vive le plaisir !
A chacune de ses interventions, l'immense majorité de la salle a mal aux zygomatiques.

Oui, retrouver l'esprit de Reiser, de Cavanna, m'a replongé dans bien des délices et bien des souvenirs littéraires de jeunesse.
En ces périodes où nos sociétés coincées, sous un vernis faussement libertaire, se repaissent de politiquement correct, de pudibonderie et de doigt sur la couture, ça fait quand même du bien d'entendre parler librement et sans tabou de cul.

Et qui plus est de l'entendre chanté, ce cul ! (Au passage, on notera dans cette précédente phrase l'importance du participe passé...)
24 mars 2018
8/10
9 0
Immense joie lors de la présentation de saison : on annonce le retour d’un spectacle musical de Pierre Guillois dans la veine du Gros, la vache, et le mainate. Or pour moi, ce spectacle découvert en 2012 au même Théâtre du Rond-Point est simplement un chef-d’oeuvre. Politiquement incorrect, constamment surprenant, impeccablement joué, j’avais été totalement emporté par la folie et le culot de la troupe qui livraient une prestation incroyable et prometteuse d’une superbe soirée. Place fut donc prise pour ce nouvel opus qui devait s’avérer toujours plus trash… Une belle soirée.

Vous ne pourrez arguer d’avoir été trompé : le nom est clair et annonce bien le thème du spectacle, et vous devez être prêt à voir des fesses dès les 5 premières minutes du spectacle. Ceci dit, je rejoins tout à fait Pierre Guillois dans ce qu’il écrit dans sa bible : « Les amateurs d’opéra trouveront que ça manque de musique et les amateurs de porno que ça manque de sexe. » Le spectacle n’est pas entièrement chanté et ne présente finalement que 5 scènes que l’on pourrait qualifier de porno, même si le sujet reste omniprésent dans le spectacle. On se retrouve au coeur du week-end campagnard d’une famille : la grand-mère, le fils remarié à une jeune femme, et le petit-fils, et tout devient excuse à une partie de jambe en l’air. Oui, vraiment tout.

Je pense que l’exercice était vraiment délicat par rapport aux fans du Gros, la vache et le mainate, dont je suis. Impossible pour moi de ne pas comparer, tant le spectacle est encore présent à mon esprit. Deux petites déceptions sont donc à souligner : la première concerne la musique. Contrairement à sa précédente opérette, les airs sont bien moins entraînants et emballent moins mon oreille. D’autre part, en annonçant clairement le thème de la pièce, on perd en surprise. Là où on était constamment étonné, ahuri, choqués dans le premier spectacle car tout n’était sur surprise, ici, même si le propos semble encore plus culotté, il reste attendu, et l’effet y est donc amoindri.

Cependant, le pari est réussi. D’abord, si les airs ont quelque chose de moins folklorique, il, je suis aussi obligée de reconnaître qu’en recrutant Flannan Obé et Lara Neumann, Pierre Guillois réalise un coup de maître. Les deux voix résonnent très harmonieusement et leur lyrisme ajoute un décalage comique évident avec le sujet de la pièce. De plus, on retrouve quand même le Pierre Guillois tant adulé, et surtout dans les scènes parlées : l’inattendu, le côté hardcore, l’impression qu’on a atteint une limite qui rapidement sera à nouveau dépassée, sont autant de choses qui font sa spécificité et que j’ai plaisir à redécouvrir ici.

Et il faut bien avouer que son thème reste truculent et qu’on se surprend avec plaisir à conférer une forme de lubricité à tous les objets présents sur scène. J’ai été étonnée de constater que la salle, bien plus hétéroclite que je ne l’aurais imaginé, riait unanimement. C’est vraiment chouette de partager ce moment de complicité salace sans la moindre gêne ni aucune pudeur liée à l’âge. On ne voit ça qu’au Rond-Point, et je les en remercie franchement.

Là où une des grandes forces des spectacles de Guillois ne s’est en aucun cas amoindri, c’est sans nul doute dans sa distribution. Si les deux chanteurs alternent avec brio les parties chantées et parlées, les deux autres comédiens, dont la voix est sans doute moins préparée à l’exercice, ne restent pas en retrait. François-Michel Van Der Rest est éclatant dans un running gag sans fin, toujours plus dépité – et plus drôle – à chaque entrée en scène.

Et quel immense bonheur de retrouver Jean-Paul Muel dans le rôle de la grand-mère ! Le comédien ne boude pas son plaisir à incarner à nouveau ce genre de personnage et y est succulent. Chacun de ses gestes, chacune de ses mimiques, chacune de ses fins de phrase à l’accent si particulier est un véritable délice. Son discours à la fin du spectacle est dans la tonalité de la pièce : piquant, saugrenu, et drôle. Bravo.

Un spectacle… à se trouer le cul !
10/10
5 0
Un vent d’impertinence extrême souffle sur ce temps de folie, un spectacle incontournable pour le plaisir du rire crâne et intrépide.
21 mars 2018
9/10
9 0
L'opéra est bien sûr un prétexte à cette somptueuse loufoquerie.
La rime facile, comme les chants de certaines voix un peu fausses, servent les situations plus osées les unes que les autres.
A l'hilarité du plus grand nombre, on notera cependant la frilosité de certains, mais beaucoup d'émotions.
Le texte est travaillé, les décors, leurs changements, et la mise en scène sont remarquables.
Les acteurs parfaits dans leurs rôles.

Mon Dieu fillette !
(ps : ça rend mieux si les 2 premiers mots sont en anglais)
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15 mars 2018
10/10
4 0
Je pense n'avoir jamais autant ri durant toute une pièce de théâtre. Le texte est terriblement ordurier et osé ... mais on s'est marré comme jamais. Grand-mère se fait démonter le fion dans les buissons avant de fister son petit-fils sur le balcon.
Des situations vraiment hilarantes par des acteurs complètement déjantés !

Merci à l'auteur, merci à ces comédiens qui nous encouragent même à partager nos propres expériences érotiques avec eux à la fin du spectacle.
10 févr. 2018
8/10
4 0
TOTALEMENT IMMORAL !

Nous avons été accueillis par un vieux travelo désabusé... (Si bon... et si drôle !!!)

C'est une partie de campagne musicale en famille totalement déjantée qui vous attend.
Âmes sensibles s'abstenir !
Sous couvert d'opér(a)ette, c'est une heure et demi de rire (pour nous) ou d'interdit selon les sensibilités.

Le but est atteint puisque l'ambition avérée était de faire rire à tout prix ! Rire de plaisir, rire de gêne, rire de plainte... mais rire !!!

Un moment cathartique au sens propre... dans la plus pure fonction du théâtre... et cela fait du bien !

Nous passerons sur les faiblesses de texte qui favorisent la rime facile... La mise en scène est astucieuse... Les décors ingénieux... Les comédiens sont couillus ! Et les musiciens valeureux jouent une musique séduisante.