Critiques pour l'événement Les Beaux
3 nov. 2019
9/10
1 0
Une très belle pièce, intelligente, subtile avec une écriture puissante.

Décidément Léonore Confino arrive toujours à nous surprendre !

A aller voir !
1 nov. 2019
8,5/10
11 0
Je t'aime ... moi non plus !

Une crise de couple écrite au scalpel, cruelle mais tellement juste et qui résonne en chacun de nous.
La descente aux abîmes est tumultueuse et amère.
Le mensonge et la vérité se mêlent et se confondent pour pouvoir dire l'intime.

Tour à tour victimes et bourreaux, les amants touchent le fond. Puis avec cette capacité de résilience de certains couples, ils reprennent leur route ensemble, apaisés pour un moment.

Mis en scène avec une folie réjouissante et féroce, les deux comédiens sont superbes de naturel et de complexité. Leur engagement physique est total, sans aucune retenue ...

Attachez vos ceintures, c'est parti pour le meilleur et pour le pire !
6 oct. 2019
10/10
3 0
Une intensité de jeu digne d'un Cassavetes, un miroir profond, actuel, jubilatoire de nous, de notre société, de nos courses sans tête.

Le couple est ici fouillé sous des angles rares. Les comédiens ne jouent plus... le spectateur ne joue plus... et pourtant, dans toute cette intimité, on rit beaucoup. Merci.
8,5/10
3 0
Une pièce pleine d’énergie. Les acteurs en débordent (heureusement pour eux le spectacle ne dure qu'une heure environ). Parfois, et notamment peu après le début, après la bascule Barbie-Ken vers parents, je me suis dit "c'est trop forcé". Et en fin de spectacle, je n'ai plus du tout eu ce sentiment.
J'ai beaucoup aimé comment est traité le sujet du couple face à la vie, au coup de canif dans le contrat, à une enfant perçue comme différente, aux autres...
La mise en scène est intéressante.
Suite à un bug informatique, l'éclairage a été géré en live. Et, à mon avis, géré de main de maître, parce que le spectacle n'a pas pâti de ce désagrément.

Une très belle soirée pour ma femme et moi.
25 sept. 2019
10/10
2 0
Texte génial, jeu d'acteur superbe. Des moments intenses voir violents qui font réfléchir.
24 sept. 2019
8,5/10
2 0
Voilà du théâtre qui décoiffe !

C'est percutant, intense, parfois violent... mais c'est du théâtre ; quoi que ?
Deux acteurs ébouriffants qui ne s'économisent pas, une mise en scène énergique, un texte ciselé : tout est réuni pour un bon moment théâtral, arrosé à la sauce vitriol.
23 sept. 2019
9,5/10
3 0
Confiante dans l’écriture de Léonore Confino, j’ai préféré ne rien savoir sur l’histoire de cette pièce et me laisser surprendre. De fait le début est réellement étonnant !

Elle, blonde et belle, lui, grand et beau : entre eux une relation un peu trop parfaite pour être réelle. Le couple semble sorti d’un téléfilm ou d’une publicité. Les clichés s’enchaînent, «Mardi je commence l’aquagym avec Toby» et les compliments se succèdent « tu es parfaite » "je t'aime"… ce magnifique couple nage autant dans le bonheur que dans les stéréotypes. Je n'en dis pas plus...

Et puis tout à coup, tout bascule. L’ensemble se craquelle et la réalité apparaît, brutale et sombre. Ce début original et remarquable nous plonge d’autant plus violemment dans la misère du quotidien de la seconde partie.

Au fur et à mesure de ses pièces, Léonore Confino creuse et analyse ce qu’il y a de plus sombre au sein des environnements du quotidien : l’entreprise, la famille, et bien sûr les relations homme/femme. Dans Les beaux, l'auteure met brillamment en lumière la dégradation du sentiment amoureux au sein du couple. Elle étudie comment celui-ci se détériore inéluctablement, broyé par les contraintes du quotidien et la violence de la vie.

Certaines scènes sont particulièrement exceptionnelles et les répliques à la fois caustiques et décalées font mouche. Le public rit jaune, c’est cruel et jouissif. «Arrête de me piquer mon jambon sinon je me suicide» c’est drôle et à la fois terriblement déprimant car le couple de comédiens apporte vérité et justesse même dans les moments que l’on pourrait trouver absurdes. Tout le monde dans la salle a malheureusement le souvenir d’une dispute aussi stupide que "la disparition du dernier yaourt à la cerise dans le frigidaire". Des disputes parsemées de phrases balancées un peu vite que l’on regrette ensuite même si l’on est malgré tout content de les avoir dites...
On se moque donc un peu de soi-même en observant ce couple tout en étant parfois aussi un peu gêné d’assister à cette violente et triste engueulade si familière. Mais la pièce va au delà de cette monotone et glauque quotidienneté et les personnages vont aller au bout de leurs travers, au bout de leur folie. Ils sont entiers et incontrôlables, la souffrance à l'état brut apparait alors, violente et intense.

Côme de Bellescize s’est littéralement emparé du texte de Léonore Confino. Sa mise en scène et le travail réalisé avec les comédiens sont remarquables. On sent comme toujours dans ses propositions une vraie recherche et des choix forts et pertinents.
Les comédiens sont engagés, précis, subtils et justes. Leur relation à la fois sensuelle, passionnelle et dévastatrice donne beaucoup d’intensité à la pièce.

L’ensemble est intelligent et corrosif à souhait. C'est une pièce de qualité dans laquelle on passe du rire à l'émotion (oui j'avoue, j'ai versé ma petite larme..), c'est surprenant, profond et généreux.
Quel plaisir de vivre de telles émotions au théâtre, c'est si rare !

Mon grand coup de cœur de la rentrée.
19 sept. 2019
8/10
1 0
J'veux du cuir : pas du peep show, du vécu.
J'veux des gros seins, des gros culs.
J'veux du cuir,
Sade et Shade et Suzy Q....

C’est sur ces paroles chaudes, la voix suave de Souchon résonnant dans ma tête, que sonne Sophie. Je ne la supporte pas. Avec Gentiane, ma femme, nous avons 2 baby-sitters : Léa et Sophie.
Autant Léa est plutôt discrète, douce. Autant, Sophie est bête. No life, no pote, no future ! Elle tient la jambe pour des platitudes débiles « Ah vous avez fait un clafoutis ? j’adore les cerises, et puis c’est pas cher et c’est bon pour la santé, hihi ! »
Je l’évite. Elle parle trop, déjà. Je laisse Gentiane opérer. Dernières recommandations, baiser aux minots, sourire chaleureux et assuré de père serein : « Passez une bonne soirée Sophie ».

La porte est derrière nous, libres pour quelques heures. Enfin.
Heureux, légers, c’est notre moment qui commence. Ce soir, nous allons au théâtre, voir « Les Beaux ». Le taxi est cool, le quartier aussi. Une bière en terrasse plus tard, nous sommes sur nos fauteuils, chauds, enthousiastes. Attaque, Jean-Jacques !

Et bien, mes aïeux ! Servis !
Mon garçon, si tu veux une petite soirée tranquille, genre moment simple, un peu tendre, un coin de romance, une bougie mielleuse qui suinte. Ne va pas voir ça. Tu vas dans ton vidéo club le plus proche et tu me chopes « coup de foudre à Nothing Hill » (avec un d, pas un t, gros dégueulasse !)
Parce que Les Beaux, tu vas te faire secouer. Ça va vite, ça chahute, ça tente de rallumer les synapses à tous les étages. Au départ, l’histoire n’est pas franchement originale : un couple a oublié de s’aimer, coincé entre une lassitude programmée et une enfant éreintante. Sur le papier, pas dingo, on imagine Tatiana pleurant de fatigue, simulant pendant les coïts du week-end avec son mari transformé en connard auto-centré, auto-suffisant, auto-mate….

He bien Walou ! C’est attaqué sous un angle très différent : Barbie et Ken, le couple parfait. La pièce démarre ainsi, un peu mièvre. Ils sont superbes, le vernis toujours nickel, l’appétit au beau fixe, le verbe jovial, la convivialité débordante.
Et puis Barbie et Ken disparaissent soudainement. Ils n’étaient vivants que dans l’imaginaire de leur fille. La réalité est bien plus rock, plus trash. Les personnages sont denses, entiers, intransigeants. Et c’est le postulat le plus réjouissant de cette pièce. C’est cela qui permet toute l’intensité qui suit. Leurs échanges sont chauds. Ils ne s’aiment plus vraiment, se supportent difficilement. Dans tous les sens de ces deux verbes. Ils n’aiment plus l’autre, mais ne s’aiment pas plus personnellement, dépourvus d’estime pour ce qu’ils deviennent. Et ne supporte plus l’autre, autant que l’image d’eux-mêmes que celui-ci leur renvoie.
Ils morflent et en sont profondément conscients. Ils veulent vivre, encore. Ils veulent baiser, danser, boire, se droguer. Ils veulent hurler. Ils ont le sentiment que la vie est juste, qu’elle s’acharne sur eux, leur faisant payer cette beauté, cette réussite permanente jusque-là : « est-ce que les personnes cool et belles au lycée ont une espérance de vie qui se limite à 50 ans ? »

En somme, une bonne grosse claque, intelligente et généreuse. Une claque aussi loufoque que réaliste, franchement drôle. Une claque qu’on a envie de renouveler car habités par ce sentiment de n’en retenir qu’une trop petite partie.
Nous rentrons tranquillement, légers, de notre évasion, certains d’avoir été les cools du lycée, mais pas à ce point-là, pas comme ces couples iconiques des bals de promo américain. Nous sommes tendres, enlacés dans ce taxi. Envie d’un Gin-Tonic et d’une baise un peu bestiale.

J’accroche mon manteau et sursaute, saisi par sa voie niaise et nasillarde : « Alors, comment c’était cette pièce ? Une amie à moi - dont les parents faisaient du théâtre étant jeunes - me dit souvent que ça fait plus vrai que le cinéma… je la crois volontiers. De toute façon, elle a souvent raison. A l’école, tous les profs le disaient que Naomie avait juste… »
Je l’avais oubliée. C’était l’une des nombreuses réussites de cette pièce… J’arrive près du réfrigérateur. Citron, Glace, Gin, et Tonic. Je sers 2 grands verres, seul dans mon esprit, heureux de prolonger notre soirée. Ils sont frais, ils sont beaux. Je veux du cuir.
- Sophie ?
- Oui Monsieur ?
- Ta gueule !
13 sept. 2019
10/10
3 0
L’auteure Léonore Confino allait déjà très loin dans l’analyse de l’aliénation de la vie en couple, dans « Ring » où l’amour était vu comme un combat de boxe dont l’homme et la femme finissaient tous les deux ko.

Elle va encore au-delà dans « Les Beaux » où la vision de l’harmonie amoureuse d’une maman Barbie et d’un papa Ken fantasmés par une petite fille laisse cède rapidement la place à une lutte entre deux bêtes féroces, une femme et un homme qui se griffent le cœur, lacèrent leurs rêves, se lèchent et se dévorent.
C’est un magnifique texte, très finement ciselé et qui dit des choses d'une vérité à en détourner le regard sur la vie de couple, et de parents, sur des enfants tellement gâtés par la vie dans leur jeunesse qu'une fois celle-ci passée ils n'ont aucune arme pour affronter la vie.

La mise en scène de Côme de Bellescize est subtile et puissante. Et les deux acteurs sont exceptionnels : Emmanuel Noblet saisissant jusqu’au vertige de violence et de frustrations trop longtemps contenue ; Élodie Navarre d’une vérité bouleversante dans le rôle d’une femme perdue entre son rôle d’épouse et de mère, une femme que la solitude et la haine de soi entraînent au bord du gouffre, inoubliable.
C’est un spectacle, effrayant, exutoire, perturbant, incisif, mais aussi souvent très drôle.

Je vous le recommande chaudement (mais attention si vous y allez en couple, la discussion qui suivra sera à vos riques et périls).
12 sept. 2019
10/10
2 0
Dans « Les beaux », on retrouve tout le talent d’écriture de Léonore Confino.

La pièce est très intelligemment construite sur le procédé de mise en abyme qui a fait ses preuves au théâtre. La tension ne cesse de monter tout au long du spectacle et on comprend vite que le jeu un peu niais de l’enfant avec ses poupées cache une réalité violente et une vraie cruauté. Quand les poupées deviennent des êtres de chair et d’os, ils ne sont plus manipulés par une petite fille mais par toute la société qui les a poussés à devenir de véritables monstres.

La mise en scène de Côme de Bellescize et le talent des deux interprètes servent particulièrement bien le texte et savent rendre cette montée en tension et cette animalité latente.

Un beau spectacle que ces « beaux » !