Critiques pour l'événement Le Jeu de l'amour et du Hasard (avec Vincent Dedienne)
1 avr. 2018
8,5/10
74
Le jeu de l'amour et du hasard représentée pour la première fois en 1730 est une des pièces les plus connues et les plus jouées de Marivaux.
Silvia doit épouser Dorante, ils ne se connaissent pas.
En accord avec son père Monsieur Orgon, elle décide d'échanger son rôle avec sa servante Lisette afin de pouvoir découvrir son futur époux. Celui ci à la même idée, et fait le même échange sous le nom de Bourguignon avec son valet Arlequin.
C'est donc sous une fausse identité, que les quatre personnages vont évoluer au fil de la pièce, les maîtres devenant valets et vice versa sous l'oeil bienveillant de Mr Orgon père de Silvia qui est au courant de la ruse.
Jouant avec l'amour et le hasard, Lisette et Arlequin tombent amoureux, ainsi que Dorante de celle qu'il pense toujours être servante et il finira par lui révéler le stratagème.
Silvia feint alors d'être courtisée par Mario en réalité son frère pour l'éprouver au risque de le perdre.
Finalement tout rentrera dans l'ordre, chacun des protagonistes reprendra son statut Silvia épousera Dorante et Lisette Arlequin.
En entrant dans la salle, on est surpris et ébloui par l'imposant décor de Goury représentant un jardin fait de structures en bois et de plantes vertes.
C'est dans ce cadre que vont évoluer les comédiens.
Si Laure Calamy (Lisette) et Vincent Dedienne (Arlequin) tous deux épatants, se taillent la part du lion, Clotilde Hesme et Nicolas Maury respectivement Silvia et Dorante ne déméritent pas. Il faut citer aussi Alain Pralon (Mr Orgon), Cyrille Thouvenin (Mario), Arthur Gomez et 2 musiciennes en alternance Camille Gueirard ou Verene Westphal.
On est heureux de voir que la mise en scène ici est au service du texte (et pas le contraire)
Celle de Catherine Hiégel certes très classique est réussie, et les comédiens sont TOUS excellents. Si j'insiste sur tous c'est que j'ai lu ici et là des critiques virulentes sur Nicolas Maury.
Silvia dit au début de la pièce en parlant de Dorante et d'Arlequin qu'aucun n'avait l'air à sa place.
Si le jeu de Vincent Dedienne est très exubérant, celui de Nicolas Maury est toujours un peu décalé, je l'ai trouvé excellent car le personnage qu'il joue est il à l'aise dans le rôle de sont valet ?
En conclusion, un grand classique servi par une belle mise en scène et de très bons comédiens, toutes les raisons sont réunies pour y aller.
11 mars 2018
9/10
17
Le jeu, l'amour, le hasard.
La scène est une architecture tout en volume, sorte de pièce "dé"montée. La construction pourtant est légère, matrimoniale ludique sur un texte presque légendaire, bien sûr.
La lumière des expressions de C. Helme, ses vibrations brillantes et radieuses, la magie talentueuse de Vincent Dedienne, elfique, et le Punch émotif de Laure Calamy donnent un relief très précis à ce qui se passe.
Pas de point faible à mon sens à part l'architecture de la salle qui m'a privé de la partie supérieure gauche de la scène, c'est ainsi.

Vive le hasard du jeu, la précision de l'amour et vice versa...
9 mars 2018
8,5/10
16
J'avais déjà une certaine affection pour cette pièce et Marivaux et je n'ai pas été déçue. Tous les acteurs sont parfaits, on peut même voir dans l'interprétation de Silvia une crise de la quarantaine, le texte n'a pas pris une ride.
Tout l'humour et l'espièglerie de la pièce sont là et pas besoin d'être un initié pour prendre du plaisir ! De véritables trouvailles au niveau de la mise en scène et du décor, le duo Dedienne/Calamy fonctionne à merveille, j'ai beaucoup ri et j'ai passé un très bon moment !
8 mars 2018
8/10
11
Deux futurs, promis l’un à l’autre et inquiets pour leur mariage. Dotés de pères compréhensifs, les deux mettent en place le stratagème de se travestir en valet pour pouvoir s’observer l’un l’autre… Et se rencontrent ainsi sans le savoir dans l’erreur de leur fausse position sociale. S’aimeront-ils, ainsi relégués au rang de valet ? Marivaudage s’il en est un, « Le jeu de l’amour et du hasard » est un jeu de dupe et une comédie sociale.

Après les femmes savantes de Molière, Catherine Hiegel nous offre une mise en scène encore une fois classique et esthétique dont elle a le secret. C’est beau, les déplacements bien chorégraphiés et les comédiens bien dirigés sonnent clair dans la finesse et le rire. Les costumes (de Renato Bianchi) et le décor (Goury) sont magnifiques. Dans cette belle partition, les femmes dominent à nouveau- comme dans les femmes savantes.

En effet, dans le couple des bourgeois, Silvia (Clotilde Hesme) paraît capricieuse et têtue et malmène son pauvre prétendant. Dorante, dindon de la farce, est dupé jusqu'à la fin. Tiraillé entre devoir et amour, il est le personnage tragique de cette comédie ; rôle difficile que Nicolas Maury investi, tantôt gauche tantôt impatient. Silvia, elle, jubile, badine, soupire, réclame, doute, ordonne… Un vrai petit tyran dont le trait forcé juste ce qu’il faut devient bien amusant.

Du côté des valets, Vincent Dedienne en revanche n’est pas exceptionnel. Il est moins drôle dans ce rôle que lorsqu’il parle en son nom à la télévision. Il n’incarne pas son rôle de valet avec toute la force et l’agilité de sa compère Laure Calamy qui, elle, rayonne. C’est Lisette la reine de cette pièce et Laure Calamy prend un plaisir non dissimulé à la jouer et à nous faire rire. Nous sommes grâce à elle dans de la vraie comédie joyeuse et drôle qui n'a pas peur de la farce et du ridicule. Sans oublier les personnages secondaires : Alain Pralon dans le rôle du père attendri pardonnant aux jeunes gens tous leurs caprices et le frère (Cyrille Thouvenin) qui vient rajouter juste ce qu’il faut de drôlerie à la situation.

Tout cela est bien calme et bien gentil, j'en conviens. Mais toujours soucieuse de l’accessibilité du théâtre au jeune public (surtout pour les classiques), j’ai tendance à penser que si ces têtes d’affiche talentueuses (je répète: ta-len-tu-eu-ses), plus connues à la télévision ou au cinéma que sur scène, permettent d’amener au théâtre des générations plus friandes de série… Je dis « hourra » !
28 janv. 2018
9/10
56
Près de 300 ans et toujours jeune ! Quelle jolie pièce où les valets sont l'atout maître...!

Bravo Madame Hiegel pour la mise en scène excellente. Le décor est splendide.
Ni le texte, ni le scénario n'ont vieilli, et peut en apprendre à bien des pièces actuelles.
Félicitations tout particulièrement aux 2 valets pétillants, et aux père et frère. Vincent Devienne est éclatant, épatant.

Cette pièce est un bon moment de théâtre à ne pas manquer.
27 janv. 2018
8/10
54
J'ai adoré !

La mise en scène classique mais pas poussiéreuse, avec une bonne touche d'humour grâce à Laure Calamy et Vincent Dedienne qui sont absolument délicieux en Lisette et Arlequin.
19 janv. 2018
8/10
84
Ba non, je ne vais pas être aussi dure que mes camarades critiques au Balcon, j'ai juste apprécié ma soirée et je suis ressortie heureuse, ragaillardie.

J'ai adoré les décors qui utilisent tout l'espace scénique, fond de scène et cintres compris. J'ai trouvé ce décor très beau, très impressionnant. Evidemment classique, mais tellement esthétique. J'avoue préférer ça aux décors minimalistes gris froids et lugubres, comme c'est souvent la mode.

Mise en scène simple et classique aussi mais pleine d'entrain et de panache.
Côté comédiens j'ai comme tous été conquise par Laure Calamy, Vincent Dedienne mais aussi Alain Pralon qui exécute parfaitement le père avec beaucoup de tendresse.
Extrêmement gênée moi aussi par Nicolas Maury. Grosse erreur de casting. Tant dans l'apparence que dans son jeu. Rien n'y est. Cherche-t-il à cacher sa préciosité sous un aspect froid, désagréable, austère ? Gros gros problème pour lui avec ce texte qui devrait être une partition finement jouée.
Clotilde Hesme, larmoyante avec les yeux qui partent dans tous les sens m'a crispée.

Mais bon, malgré ça j'ai passé une excellente soirée. Hiegel sert parfaitement Marivaux.