Critiques pour l'événement Hard
25 déc. 2018
8,5/10
82 0
Le vaporisateur à moustaches...
La toupie à toupet, La torpille nippone, Tintin dans le milou, Le lave glace à pédale, La visite au cyclope, Les poires au sirop ...
Ces positions fort imagées du Kamasutra San Antonien auraient bien eu leur place dans cette comédie ré jouissive !
Au vu du résultat, on se dit qu'ils ont vraiment dû se marrer aux répétitions.

Comme quoi ma grand mère avait raison : il n'y a pas de sot métier !
26 oct. 2018
9,5/10
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Soirée sous le signe de l'humour hier soir au théâtre de la Renaissance!

Quel plaisir de retrouver les acteurs que j'vais adoré dans la série originale : Roy, Corrado et Pierre sont irrésistibles! Le nouveau casting féminin est génial aussi!

Excellente adaptation de Bruno Gaccio, excellents dialogues, excellente mise en scène de Nicolas Briançon, excellents comédiens! Bref, "une comédie drôlement jouissive" :-)
16 oct. 2018
9/10
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A la mort d’Alexandre, sa femme Sophie se retrouve propulsée à la tête de la société de production porno qu’il dirigeait en secret. Bourgeoise coincée, Sophie découvre avec effroi le vrai travail de son mari qui travaillait en plus avec sa belle-mère (Nicole Croisille). Comble de l’histoire, l’acteur porno principal de "Soph'X", Roy Lapoutre, lui témoigne des preuves d’amour dont il est le premier étonné et auxquelles elle ne restera pas insensible...

C’est un régal de retrouver sur scène une partie du casting de la série originale. On sent que les acteurs s’amusent sur scène et l’humour direct n’en ai pourtant jamais graveleux. On rit de bon cœur et sans se gêner !

Dans le rôle de Roy, François Vincentelli est aussi délicieux que dans la série. Malgré son rôle un peu trash, son personnage respire la tendresse et la gentillesse. Corrado (Charlie Dupont), mon personnage préféré, est aussi déjanté et bouffon que dans sa version originale. Son jeu de scène est vif, sans langue de bois. Son assurance et ses répliques farfelues le rendent hilarant – à noter d’ailleurs quelques jeux de mots savoureux. Tout de cuir vêtu, Stephan Wojtowicz est une caricature vivante : un peu beauf, un peu râleur mais au cœur artichaut.

Nicole Croisille est, elle aussi, d’une drôlerie tendre dans son rôle de belle-mère lesbienne et Isabelle Vitari (Laure dans la saison 2) reprend à merveille le rôle de la meilleure amie un peu perverse. Elle est de loin l’actrice la plus assurée de ce casting féminin. Car il faut malgré tout relever une petite faiblesse de Claire Borotra dans le rôle principal de Sophie qui n’est parfois pas aussi naturelle et à l’aise que ses coéquipiers. Ce décalage est malheureux et casse parfois la veine comique basée sur l’exagération. Paradoxalement, elle n’en fait pas assez pour que cela prenne. Mais la barre était haute et l’actrice s’installe mieux dans son rôle vers le milieu de la pièce (même si je regrette un peu Natacha Lindinger).

La mise en scène de Nicolas Briançon est dynamique, multiplie les espaces et sert souvent à créer des incursions dans des scènes pour les rendre inattendues (je pense notamment à ce plateau de tournage sur roulette qui apparaît puis disparaît comme on tirerait un tiroir). L’esprit de la série canal est tout à fait respectée, je dirais même qu’il prend vie sur la scène- c'est une très belle transposition.

Un réel moment de décomplexion et de rire ! Bonne humeur garantie en sortant de cette comédie désopilante. Sans mauvais jeu de mots... Ca claque sec !
15 oct. 2018
8,5/10
16 0
Chaque année, je suis bluffée par le fait que Nicolas Briançon arrive, encore, à me surprendre. Surprise d’abord parce qu’en revenant cette saison avec Hard, le metteur en scène que je suis depuis plus de 7 ans maintenant parvient à renvoyer la balle loin de là où il l’avait laissée avec Faisons un rêve l’année dernière à la Madeleine. Il tape fort, il tape juste : en réalité, il tape même en plein dedans. Mon esprit prude craignait un humour lourdingue qui m’aurait laissée de côté. C’est mal connaître Nicolas Briançon : il ne laisse jamais son public de côté.

Hard est adaptée de la série du même nom présentée sur Canal + entre 2008 et 2015. Et pour ceux qui, comme moi, l’auraient manquée, en voici un court résumé : à la mort de son mari Alexandre, Sophie découvre qu’il n’était pas transporteur comme il le prétendait, mais patron d’une société de films pornographiques nommée Soph’X. Elle se retrouve alors à la tête de l’entreprise, avec pour mission de la sortir de sa lente agonie. Difficile d’accuser le coup, surtout quand on se rend compte que sa belle-mère est lesbienne et adepte de porno, et que l’acteur principal de la boîte surnommé Roy Lapoutre tombe soudainement amoureux de vous !

Que ce soit le titre de cette critrique ou celui du spectacle, le ton en est donné. Vous n’aurez plus l’excuse de ne pas savoir ce que vous alliez voir ni l’opportunité d’accuser une langue trop crue venue vous chatouiller votre oreille chaste. L’humour est gras et facile, ne nous le cachons pas, les expressions sont sans filtre, les jeux de mots lubriques s’enchaînent, et on rit. Mais on rit sans vulgarité, car dans ce spectacle rien n’est gratuit. C’est étrange de se dire que parmi les spectacles que j’ai vus récemment, Hard est l’un des seuls où je n’ai pas vu d’organe génital à l’air libre. On en parle, on en rigole, mais on ne montre rien.

Enfin, rien… Il faut reconnaître que François Vincentelli et Charlie Dupont passent une bonne partie du spectacle en sous-vêtements – ce qui n’est pas pour nous déplaire. Mais si l’atout-charme est important, il l’est moins que l’atout qualité, et le jeu des comédiens est sans faille dans ce spectacle. Le mot d’ordre semble avoir été la caricature : en tout cas, chaque comédien a forcé sur certains traits de la personnalité de son personnage. Mais c’est un comique qui fonctionne bien, et on a plaisir à les retrouver tout au long du spectacle : en se donnant pareillement pour chaque personnage, les comédiens sont à mourir de rire. Bravo donc à Charlie Dupont d’avoir ainsi maintenu seul la salle en haleine pendant un changement de décor, à François Vincentelli d’osciller avec finesse entre beaufitude et idéal masculin, à Stephan Wojtowicz pour cette mollesse désopilante !

Étrangement, la ligne directrice semble avoir été différente chez les comédiennes qui, ce soir-là, m’ont un peu moins convaincue. C’est un plaisir de retrouver Nicole Croisille sur scène et je dois dire que certaines de ses punchlines étaient très bien envoyées, mais il m’a semblé que d’autres manquaient encore d’aplomb. Une question de rythme, peut-être, mais quelques répliques ne m’ont décroché qu’un sourire alors que, mieux amenées, ou mieux répondues peut-être, elles auraient pu être hilarantes. A ses côtés, si Isabelle Vitari convainc en meilleure amie influente et ambigüe, Claire Borotra peine un peu plus avec le rôle de Sophie, clairement le plus ingrat du spectacle. On l’aurait souhaitée plus drôle.

Si ces situations rocambolesques et ces personnages caricaturaux fonctionnent, c’est principalement grâce à la main de Nicolas Briançon. Comme toujours, sa mise en scène intelligente et énergique permet à un texte qui – à mon avis – ne se suffirait pas à lui-même, de rendre l’essentiel de son essence comique et d’emmener le spectateur dans cette histoire délirante. On se surprend à rire de blagues toujours croissantes sur l’échelle de la grivoiserie, mais qu’est-ce que c’est bon ! Et, mine de rien, on entend également quelque chose sur ce milieu particulier, sur la considération d’un métier tel qu’acteur de film pornographique, sur le plaisir féminin ou encore sur la sexualité des personnes âgées. Je ne parle pas d’une ambition philosophique profonde, simplement d’un texte qui rentre, et qui, à travers le rire, donne quand même à réfléchir.

Un spectacle décidément bien monté !
13 oct. 2018
8/10
13 0
C’est le choc des cultures lorsque Sophie fait la connaissance des employés de « Sophix ». Le décor, les accessoires, les costumes… je ne vous parle même pas du trophée qui trône sur le bureau du directeur. Le metteur en scène, genre Calimero en pantalon de cuir, tente de fléchir la veuve, qui veut se débarrasser à tout prix de cet encombrant héritage.

Mais voilà Roy LaPoutre, beau mec, je n’en dirais pas plus, c’est le coup de foudre… Sophie voit la vie en rose, son amie Lucie aussi, mais si jolie soit-elle elle n’arrive pas à ses fins… pour l’instant.

Elle est bien entourée Sophie, Vulva Black, Eden Latex, et Bambi Cool, sans compter un acteur à l’accent à couper au couteau, brave type d’ailleurs, bon époux et bon père, et oui !

Le langage est fleuri, les termes crus, mais après tout c’est normal c’est le sujet de la pièce et surtout, bonne humeur garantie, un zeste de romantisme quand même, de la générosité. Claire Borotra et François Vincentelli forme le couple glamour, Charlie Dupont est irrésistible, Isabelle Vitari, sexy et vilaine copine de Sophie, Stephan Wojtowicz est le « Lelouch » du X, Nicole Croisille (drôlissime et coquine). Une mise en scène très joyeuse de Nicolas Briançon.

J'ai bien rigolé sans complexe !